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empreintes DIGITALes

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  • Jean-François Denis, empreintes DIGITALes in La Presse

    “La naissance d’une étiquette électroacoustique”, Alain Brunet, La Presse, April 1, 1990
    Sunday, April 1, 1990 Press

    Jean-François Denis, compositeur et initiateur de l’étiquette empreintes DIGITALes, prêche pour sa paroisse. Une jeune paroisse.

    Le disque du compositeur Robert Normandeau vient tout juste d’être lancé sur empreintes DIGITALes. Un enregistrement de Christian Calon a préalablement été mis en marché et l’on prévoit deux autres galettes d’ici quelques mois: le compositeur Alain Thibault et une compilation d’«Istantannés électro» figurent au menu.

    C’est beaucoup pour un label si frais.

    «Il y a environ 300 000 amateurs de musique contemporaine en Amérique du Nord. Alors pourquoi ne pas tenter notre chance?», soutient Denis. Pas si bête, le jeune homme.

    De concert avec un autre artiste montréalais, Claude Schryer, Jean-François Denis a senti l’urgence de mettre à jour le travail d’une foule de créateurs, dont l’ébullition se limite à un cercle d’initiés, regroupés autour d’un petit organisme — l’Association pour la création et la recherche électroacoustiques du Québec (ACREQ); petit cercle qui peut devenir vicieux, à force de fermenter dans la même marmite.

    On sait également que l’approche électroacoustique est un certain prolongement institutionnel de la musique contemporaine de tradition européenne; au lieu de l’orchestre, le compositeur dispose de toute la batterie des sons rendus possibles par l’électricité et l’électronique. Un genre sérieux, cela va de soi.

    Or jusqu’à une date récente, il n’existait aucun label électroacoustique sur le continent, et ce malgré l’activité de nombre de compositeurs. «À Montréal, plusieurs d’entre eux sont laissés pour compte et gagnent pourtant des prix à l’étranger. C’est le cas des Robert Normandeau, Christian Calon, Gilles Gobeil, Stéphane Roy, Mario Rodrigue, Marcelle Deschênes, Francis Dhomont, Jean Piché, Michel A Smith, Yves Daoust, etc.», d’énumérer le patron d’empreintes DIGITALes.

    Denis ajoutera que plus d’une vingtaine de projets seraient endisquables dès maintenant. «Un disque électroacoustique ne coûte pas cher car les créateurs disposent de leurs propres studios, avec tout l’équipement nécessaire».

    D’accord. empreintes DIGITALes devra maintenant faire ses preuves, car elle plonge dans une aventure totalement inconnue. Et puis, le fait qu’aucune firme n’ait risqué l’aventure n’est-il pas un facteur symptomatique?

    «C’est le phénomène Hygrade, rétorquera Denis. Si on offre un produit de qualité, on en voudra davantage». Et on est loin de parler de «fast food».

    empreintes DIGITALes devra maintenant faire ses preuves, car elle plonge dans une aventure totalement inconnue.

    empreintes DIGITALes in Qui fait quoi

    “empreintes DIGITALes”, Jean-François Brassard, Qui fait quoi, no. 72, March 15, 1990
    Thursday, March 15, 1990 Press

    C’est à Jean-François Denis, Suzanne Lortie et Claude Schryer que l’on doit la création d’une nouvelle maison de production et de diffusion d’arts médiatiques, DIFFUSION i MéDIA. Et c’est par ce canal qu’ils mettent sur pied empreintes DIGITALes, une étiquette de disques vouée exclusivement à la musique éiectroacoustique. Les moyens sont réduits et le public-cible est limité, mais le capital-idées est copieux.

    «Notre plan de développement prévoit la parution de quatre disques compacts d’ici novembre» explique Jean-François Denis. Fin janvier, on inaugurait officiellement l’étiquette avec Ligne de vie: récits électriques, du compositeur Christian Calon suivront Lieux inouïs, de Robert Normandeau (28 mars), puis Volt, d’Alain Thibault (25 avril). «Nous demeurons réalistes, reprend M. Denis. Il peut s’écouler deux ou trois ans avant qu’un enregistrement franchisse le cap des 1000 copies vendues.»

    empreintes DIGITALes in Voir

    “Doigts d’auteurs”, Luc Fortin, Voir, January 25, 1990
    Thursday, January 25, 1990 Press

    L’électroacoustique, c’est un peu le cinéma de l’oreille. On enregistre des sons, synthétiques ou naturels, pour ensuite les modifier et les disposer dans un ordre voulu, comme un cinéaste décide du montage après avoir tourné les séquences. Cette forme d’art relativement nouvelle, les premiers essais datant d’à peine 45 ans, a trouvé un terrain de prédilection au Québec.

    «Montréal regorge de compositeurs électroacoustiques, leurs œuvres sont présentées de plus en plus lors de concerts de musique actuelle et des Québécois se signalent régulièrement dans des concours internationaux», confirme Jean-François Denis, compositeur et cofondateur, avec Claude Schryer et Suzanne Lortie, d’une toute nouvelle étiquette de disques, empreintes DIGITALes, consacrée exclusivement à la musique électroacoustique québécoise.

    Pour une première année d’activité, ces pionniers y vont toutes voiles dehors; quatre lancements à l’horizon, puis des concerts présentant les pièces du disque. Le grand départ s’effectuera le 31 janvier à la Maison de la culture Frontenac avec le disque Lignes de vies: récits électriques, de Christian Calon. Ce lancement sera suivi d’une diffusion sur 16 haut-parleurs de trois autres œuvres de Calon, dont Minuit, qui lui a rapporté l’an dernier un premier prix au prestigieux Concours international d’électroacoustique de Bourges. Plus tard cette annce, auront lieu les concertslancements de Robert Normandeau aussi lauréat d’un prix à Bourges, et d’Alain Thibault, qu’on a pu entendre au festival de Victoriaville il y a deux ans, et qui aime bien faire intervenir des instrumentistes en direct dans ses œuvres. Enfin, un disque collectif, à l’automne prochain, marquera la tenue à Montréal du Festival New-Music America.

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