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  • Isostasie dans Avant Music News

    «AMN Review», Michael Eisenberg, Avant Music News, 15 février 2021
    mercredi 17 février 2021 Presse

    Natasha Barrett paints with sound… but the color of her canvas is black.

    After not hearing this wonderful release for several years, I recently went back and revisited much of her catalog (through headphones) and was amazed at the, lets call it 3-D’ness of this release, as well as the other empreintes DIGITALes release Bouteilles de Klein from 2010. The sense of multi-dimensionality in these recordings (and others not on this label) is at first curious, as in “wow, this is unusual” but then quickly graduates to utter fascination and childlike marvel at the sound tableau that is laid out in front, above, below and behind you.

    I mean, this stuff is totally surreal! What’s interesting to me is, as much as Ms. Barrett seems to live and breathe technology, her sound sources are primarily natural and elemental. Reading some of the notes on her website/blog she’s not afraid to go out into the world to capture the environment as field recordings. Some of these excursions sound downright risky. The longest piece on this record, Viva la Selva! takes us on an 18-minute sonic trip through a Central American rain forest. Incorporeal / intangible sounds seem to approach the listener from all directions. Human sounds are sometimes substituted for animal sounds, and the distinction is often blurred. The rain forest at night sounds at once inviting, and at the same time menacing. The spatiality of it all is astounding.

    Speaking of spatiality, this is a quality that turns up in most of her music. I opened this write-up by saying she paints on a black surface. I say this because the sensory perceptions that this listener gets while experiencing her music seems to come from some dark landscape and not from any particular direction in space. In the piece The Utility of Space, human voice and other indeterminate sounds appear to be materializing from a pitch-black velvet source, only to be momentarily illuminated to allow the brain to register that they are even there. My favorite piece on the album Red Snow has so many sonic easter eggs that delight the listener upon discovery it’s almost overkill. Between all the micro sounds that are spinning around the 3-dimensional sound stage and the more organic earthly sounds like footsteps in crunchy snow… the mind just struggles to keep up with it all.

    The shorter pieces on this album are no less appealing. The opening 3 works form a trilogy entitled Three Fictions and each presents the listener to a different micro-climate or meteorological event. Upon these backdrops, the composer added a whispered female voice that imbues a phantasmagorical / mystical quality to the piece. The whispered voice takes shape out of nowhere with nothing concrete holding it in place… a whisp of nothingness that somehow forms itself upon the listener’s psyche, if only for a few seconds before disintegrating into something less than its molecular structure… forever.

    This is music that does not reveal itself completely on the first, or for that matter the tenth listening. Instead, each visit back to these works is like listening to it fresh. New sounds that you swear you’ve never heard before appear out of nowhere. One can only relax and let it wash over you. If you are a fan of ambisonic or binaural recordings, recommending Natasha Barrett will be an easy sell. If you are a more seasoned Acousmatic listener but have never heard her, I would suggest running (not walking) to your favorite vendor and take the plunge. Careful headphone listening is strongly recommended. The composer makes ample use of deep, subsonic frequencies. Personally, from a guy who likes to listen to Acousmatic music at fairly high volumes, Barrett’s music doesn’t require this at all. In fact, as a word of caution, these deep (not bassy, but DEEP) sounds can really do a number on headphones or earbuds. Lower volume is in order here, and it in no way takes away from the enjoyment of the experience. Without headphones, a subwoofer will work wonders. Isostasie is a fantastic point of departure! I plan on doing a future write up of Bouteilles de Klein soon.

    … I would suggest running (not walking) to your favorite vendor and take the plunge.

    Isostasie, Rhizomes, Évidence matérielle, Traces, Jeu d’ombres, Sources / scènes, Tao, La limite du bruit, Jonty Harrison, Åke Parmerud, Denis Smalley, Annette Vande Gorne, empreintes DIGITALes dans electrocd.com

    «Itinéraire en Europe du Nord», François Couture, electrocd.com, 9 février 2004
    lundi 9 février 2004 Presse

    Voici une piste d’écoute sans prétention, une invitation au voyage; pas un tour guidé, mais plutôt un itinéraire, un peu comme les récits de voyages de l’ère romantique. Ce sera donc un itinéraire d’écoute, une invitation à découvrir une sélection hautement subjective de compositeurs d’un coin du globe. Notre destination: l’Europe du Nord.

    La France règne en reine despotique sur la musique électroacoustique européenne. L’influence persistante de l’œuvre de Pierre Schaeffer, plus de cinquante ans après l’invention de ce qu’il a baptisé la musique concrète, et la force d’attraction qu’exerce l’Ina-GRM ont tendance à occulter aux yeux du monde le travail qui se fait ailleurs en Europe.

    Alors partons d’une voisine de la France, la Belgique. Celle-ci doit en grande partie sa vie électroacoustique à Annette Vande Gorne, animatrice infatigable du centre Musiques & Recherches. Sa musique fait preuve d’une rare sérénité dans le domaine des musiques pour bande. Tao, un cycle sur les cinq éléments primitifs (l’air, la terre, le métal, le feu et l’eau), demeure un classique du genre. La compositrice y épuise les transformations possibles des sons associés à ces éléments avec une maîtrise et une poésie peu communes. Élève de Vande Gorne, Stephan Dunkelman partage sa grâce, une grâce qu’il transmute en mouvement. Souvent issues de collaborations avec des chorégraphes, ses œuvres sont mues par une force intérieure qui oppose à la charge philosophique (quasi mystique, en fait) de Vande Gorne la sensualité du geste. Ses pièces Rituellipses et Thru, Above and Between, parues sur le disque Rhizomes, méritent une attention particulière.

    Une courte traversée de la Mer du Nord et nous voilà en Angleterre. Nous nous dirigeons sur Birmingham, un important pôle créatif en musique électroacoustique, grâce au travail du compositeur Jonty Harrsison et de son Birmingham ElectroAcoustic Sound Theatre (ou BEAST), un espace de diffusion et d’expérimentation qui nous a donné plusieurs compositeurs de talents. Harrison est un incontournable. Sa pièce Klang (parue sur Évidence matérielle) figure parmi les œuvres électroacoustiques les plus connues des 25 dernières années. La clarté architecturale de ses œuvres et sa façon distinctive de comprimer les sons en jets d’énergie le placent au même niveau que les Henry, Dhomont et Bernard Parmegiani de ce monde. On retrouve sa manière de faire chez l’un de ses élèves, Adrian Moore, en particulier dans son intérêt pour les sources sonores simples (un marqueur sur un tableau blanc, une feuille de papier aluminium) exploitées à travers des transformations complexes. Sieve, parue sur le disque Traces, utilise un ludisme accrocheur pour rendre ce processus transformatif transparent.

    Denis Smalley est d’origine néo-zélandaise, mais il réside au Royaume-Uni depuis le milieu des années 70. Sa contribution au corpus acousmatique et au concept de diffusion sonore en fait non seulement le contemporain mais en quelque sorte l’acolyte de Harrison. Les deux compositeurs partagent d’ailleurs un même souci de la forme, un même intérêt dans le déplacement dans l’espace-temps de corps sonores abstraits. Wind Chimes (sur Impacts intérieurs) et Base Metals (sur Sources/Scènes) illustrent bien cette beauté un peu froide mais fascinante. L’un de ses élèves, John Young (un autre Néo-zélandais qui a étudié et enseigne maintenant en Angleterre), utilise une approche similaire tout en remplaçant les sources sonores élémentaires (c’est-à-dire issues des éléments et donc en quelque sorte philosophiques) par des images aux évocations plus chargées. Les pièces de son premier album, La limite du bruit, présentent à l’auditeur plusieurs occasions de replonger dans ses souvenirs au son d’une balançoire qui grince ou d’une porte qui craque (comme autant de madeleines dans les tasses de thé de Proust). Time, Motion and Memory constitue un morceau de choix.

    L’électroacoustique scandinave demeure encore trop peu connue chez nous, mais le catalogue d’empreintes DIGITALes nous permet d’y faire un court arrêt pour compléter ce périple. Natasha Barrett a étudié avec Harrison et Smalley et a fait partie du BEAST, mais depuis 1998 elle habite la Norvège. Là, elle a su s’écarter du style de ses maîtres à penser et se laisser imprégner du climat nordique. Ses Three Fictions, parues sur Isostasie, méritent plusieurs écoutes. Enfin, terminons cette piste d’écoute avec l’un des phares de la musique électroacoustique d’aujourd’hui, le Suédois Åke Parmerud, dont la pièce Renaissance (parue sur Jeu d’ombres) redonne au synthétiseur analogique ses lettres de noblesse sans tomber dans la nostalgie.

    Isostasie, Rhizomes, Parr(A)cousmatique dans Skug

    «Kritik», Tobias Bolt, Skug, no 54, 14 juin 2003
    samedi 14 juin 2003 Presse

    Der, zumeist im geologischen Zusammenhang verwendete, und einen Gleichgewichtszustand beschreibende Begriff der»Isostasie«ist der Titel von Natasha Barrets drittem Album, auf dem die Komponistin und Sound-Ökologin verschiedene lokale Naturphänomene, wie die Mitternachtssonne oder »Roten Schnee« mittels elektroakustischer Klangforschungen abstrakt umreißt. Die zehn glasklaren, kalten Impressionen aus ihrer Wahlheimat Norwegen, durchwegs spannend und mit einer ausgeprägten Liebe zum Detail gestaltet, fegen wie ein eisiger Nordwind aus den Boxen und kristallisieren zu glitzernden Klangskulpuren voll gespenstischer Schönheit.

    Noch ein wenig abstrakter kommt das Album des belgischen Komponisten Stephan Dunkelman daher. Seine nicht nur für Konzerte, sondern auch für Ausstellungen und Tanzaufführungen komponierten Stücke spielen gekonnt mit Musik im Raum/Zeit-Kontext, sowie laut/leise-Kontrasten. Die zu Beginn etwas diffus anmutenden Soundscapes geraten mit zunehmender Spieldauer zu einem durchaus hörenswerten Ganzen, in dem sich die verschiedenen Geräusche tatsächlich wie»Rhizome«(dieser ursprünglich aus der Botanik stammende Begriff wurde von Deleuze und Guattari als Metapher für Hypertextualität verwendet) von den Spitzen weg in verschiedenste Richtungen fortpflanzen.

    Der Titel von Arturo Parras Album wiederum weist ganz konkret auf seine Entstehungsweise hin: fünf »acousmatische« Stücke für Tape, von Parra an ebenso viele verschiedene Komponisten in Auftrag gegeben, werden auf»Parr(A)cousmatique«von dem kolumbianischen Gitarristen mit seinem expressiven Spiel auf der akustischen Gitarre konterkariert. Ein atmosphärisch unglaublich dicht geratenes Album, in dem sich ruhige, einfühlsame Passagen mit explosiven Fingerpickings und stakkatoartigen Rhythmusattacken abwechseln. Das in Parras Spiel omnipräsente lebensfreudige Flamencofeeling paart sich hier auf ganz wunderbare, ungewöhnliche Weise mit der Musique Concrète der Tape-Kompositionen. Eine absolute Empfehlung. Alle drei Veröffentlichungen beinhalten in den äußerst ansprechend gestalteten Pappkarton-Schubern umfangreiches Informationsmaterial, darunter Biographien, Details zum Release sowie Kommentare der Künstler zu den einzelnen Stücken in englischer und französischer Sprache.

    Eine absolute Empfehlung.
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