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electrocd

Interstices

Ingrid Drese

Il y a de solides et beaux moments… Monsieur Délire, Québec

Livret numérique PDF de 29 pages (6 Mo) inclus dans le téléchargement

  • Communauté française de Belgique (Direction générale de la culture, Service de la musique)

DVD-Audio (IMED 10103, 2010)

  • Étiquette: empreintes DIGITALes
  • IMED 10103
  • 2010
  • UCC 771028100392
  • Durée totale: 109:48
  • OGplus
  • 142 mm × 125 mm × 10 mm
  • 55 g

Téléchargement (IMED 10103_NUM, 2010)

Notes liminaires

À propos de Interstices

C’est par ces interstices, quand la conscience — ce présent à soi — s’assoupit; par cet infime intervalle entre deux instants, que surgit ce à quoi on n’avait pas pensé; Errements de la pensée; par les failles ainsi créées, on prête la voix à ces personnages qui règnent sur une existence inconnue.

Trop riches, ces sons, dans toutes leurs existences possibles; je ne puis imaginer toutes leurs résonances; alors, le regard tourné vers l’intérieur, je les vois, tourbillonnants, fuyants, inertes… qui gravitent, louvoient, se traînent mollement, dans un espace poétique en devenir.

Entre songe et pensée, la tête pleine de désirs de sons et d’absolu, on prend la route, sinueuse, accidentée et sans balises; il faut l’apprécier dès à présent, car on ignore tout des instants futurs.

Découvrant le monde acousmatique par l’écoute de Voyage au centre de la tête (de François Bayle), un véritable séisme agit sur moi, émerveillée. L’univers musical — le mien — allait changer; il fallait tout revoir, les références, les repères, les certitudes, les amours. Il fallait faire de la place dans la tête et dans le cœur pour accueillir le nouveau, l’inconnu jusqu’ici.

Et puis, il y a eu Sous le regard d’un soleil noir et Forêt profonde (de Francis Dhomont) données en concert, qui m’ont mis la tête et l’âme à l’envers. Deux expériences profondes et décisives. Et il y eut tant d’autres, tout aussi belles.

Face à cet autre infini donc, celui du monde des sons, peut-on réinventer les règles du jeu, imposer des limites — conscientes celles-ci —, faire des choix, sans cesse? Accepter le vertige, l’errance et l’inattendu?

Ingrid Drese, Bruxelles (Belgique) [ii-09]

D’une étonnante cohésion

Ingrid Drese fait partie des compositeurs qui possèdent un style, une expression personnelle et intime. Voici une musique d’une étonnante cohésion qui semble développer, au cours des œuvres successives, les chapitres d’un long récit, égrenant, titre après titre, les facettes multiples d’une profonde sensibilité, fidèle à elle-même bien que toujours renouvelée. Pas de répétitions, mais le dévoilement progressif d’un attachant monologue intérieur. Par ses choix morphologiques, son écriture ciselée, fouillée, élégante et toujours en mouvement, par ses développements matériologiques foisonnants, ses «figures sur figures» et ses préférences spectrales tournées vers l’aigu — il y a du Bayle ici —, la compositrice nous livre une musique volubile et néanmoins secrète, par moment murmurée, tremblée même, toute en finesse, mais fermement ouvragée, discrète et frémissante à la fois.

Pénétrer cet univers de fourmillements, de bruissements devenant impondérables, c’est découvrir la luxuriance d’un monde complexe peuplé d’«êtricules» — ces brèves molécules sonores dotées d’une vie interne si bien nommées par Michel Chion — et traversé d’éclats subits, comme longtemps contenus.

Parfois inspirée de textes poétiques porteurs de sens et de matière vocale comme ceux d’Étienne Leclerq dans Tout autant ou Marc Jaffeux dans Sept œils sauvages, la musique d’Ingrid Drese introduit aussi subtilement au mystère de Paysage avec miroir, la troublante vidéo d’Inés Wickmann, pour s’effacer bientôt derrière le dit de l’image, l’accompagnant intelligemment avec économie.

Francis Dhomont, Avignon (France) [v-09]

Merci à…

Pour leur confiance et leur aide tout au long de ce parcours, je tiens à remercier Annette Vande Gorne, Francis Dhomont, François Bayle, Daniel Teruggi, Christian Zanési, Robert Normandeau, Denis Dufour, Raphaël de Vivo et Jean-Marie Simonis; pour leur belle amitié et leur complicité Renaud De Putter, Marc Jaffeux, Étienne Leclercq, Thérèse Malengreau, Elizabeth Anderson, Inés Wickmann, Elsa Justel et Marc Moniez.

Ingrid Drese, Bruxelles (Belgique) [ii-09]

Quelques articles recommandés
La presse en parle

Journal d’écoute

François Couture, Monsieur Délire, 1 décembre 2010

L’électroacousticienne Ingrid Drese fait dans l’acousmatique et nombre des pièces présentées sur ce DVD-Audio de 110 minutes (son stéréo seulement, fidélité normale) portent l’influence de Francis Dhomont. Il y a de solides et beaux moments, particulièrement dans Papillon, abîme, nuit (très onirique), Plis de la nuit (vraiment très Dhomontesque dans sa plastique) et Sept œils sauvages, quoi que cette dernière contiennent aussi de sérieuses longueurs. Très recommandable, bref.

Il y a de solides et beaux moments…
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