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  • Les méandres du rêve dans Circuit

    «Chronique de disques», Dominique Olivier, Circuit, no 5:2, 1 juin 1994
    mercredi 1 juin 1994 Presse

    La musique de Serge Arcuri, si elle est manifestement «inspirée», reste cependant à cheval entre deux tendances, apparemment contradictoires. L’exigence de qualité propre à la musique électroacoustique (lire plutôt «acousmatique») québécoise, qui fait maintenant école, et une approche plus commerciale tendant à donner à cette musique un caractère de divertissement, telle qu’on la rencontre associées au théâtre ou au cinéma, par exemple. Cela n’en fait pas pour autant une musique bâtarde ou inintéressante, mais vient certainement nuancer notre opinion à son sujet. Tout d’abord, disons que le projet des Les méandres du rêve est né d’une volonté du compositeur d’intégrer à son travail les avenues électroccoustiques, instrumentales et scéniques. En évolution depuis 1984, cette œuvre en mosaïque est construite sur la thématique hautement inspiratrice du rêve, donnant au créateur la possibilité d’aller chercher son matériau dans un vaste corpus d’éléments musicaux rappelant l’univers onirique. Mais là se trouve l’écueil, le stéréotype qui attend au tournant même le compositeur le mieux intentionné et le plus imaginatif. On ne peut bien sûr reprocher aux compositeurs de musique électroacoustique d’utiliser ces clichés, puisque la musique, comme le langage, en est faite. Devant les possibilités infinies de cet art encore neuf, le créateur est justifié de chercher un langage composé d’éléments signifiants pour l’auditeur. Mais la frontière reste facile à traverser entre une musique utilisant le stéréotype comme aide, comme support devant l’immensité des possibilités sonores, et une autre qui se sert de celui-ci comme élément constitutif et privilégié. Voilà le piège où glissent beaucoup de jeunes crécteurs qui abordent l’art électroacoustique, et c’est malheureusement le cas ici. Si on y retrouve tour à tour des échos de musique modale La porte des sables, minimaliste Lueurs ou balinaise Chronaxie, la musique de Serge Arcuri n’est pas anecdotique, mais plutôt évocatrice, et excelle dans l’art de créer des atmosphères. On voudrait pourtant que son talent l’amène à être plus exigeant intellectuellement.

    … excelle dans l’art de créer des atmosphères.

    Paul Dolden, Robert Normandeau, Stéphane Roy dans SOCAN — Paroles & Musique

    «Nos compositeurs triomphent en France», SOCAN — Paroles & Musique, 1 juin 1994
    mercredi 1 juin 1994 Presse

    On compte trois compositeurs canadiens parmi les gagnants du 3e Concours international Noroit de composition acousmatique, qui a eu lieu en mars dernier à Arras, France. Le montréalais Stéphane Roy s’est vu décerner le premier Prix du jury, d’une valeur de 3000$, pour Crystal Music, commandée par l’ACREQ (Association pour la création et la recherche électroacoustiques du Québec) avec le concours du Conseil des arts du Canada. Cette œuvre a été composée au Center for Computer Research in Music and Acoustic de l’Université Stanford, Californie, et complétée à la Faculté de musique de l’Universilé de Montréal. Paul Dolden de Vancouver, a reçu le deuxième prix pour L’ivresse de la vitesse, alors que le Prix du public est allé à Robert Normandeau, de Montréal, pour sa pièce Spleen (il avait reçu le premier Prix du jury et du Prix du public en 1991). Des 73 œuvres soumises provenant de 17 pays, le jury en a sélectionné six de l’Angleterre, du Brésil, des États-Unis et du Canada. Celles-ci seront publiées sur CD au cours de l’année 1994.

    Les corps éblouis dans Libération

    «Critique», Dominique Druhen, Libération, 10 mai 1994
    mardi 10 mai 1994 Presse

    Au concert de la soirée du 4 mai à La Criée […] la nouvelle version de Les corps éblouis (pour bande seule) de Christian Calon plongeait l’auditeur dans un foisonnement sonore sans respiration. Facture irréprochable pour un déferlement quasi océanique. […] la recherche aboutie d’un continuum de la matière parvenait à abolir le temps.

    Facture irréprochable…

    Les méandres du rêve dans Paris Transatlantic

    «Review», Christopher Elson, Paris Transatlantic, no 5, 1 mai 1994
    dimanche 1 mai 1994 Presse

    Serge Arcuri, a former student of Gilles Tremblay (see PNMR No. 2, Présences francophones), is one of Canada’s leading electroacoustic composers. This disc, true to its word, meanders a wee bit, but leaves the listener with a positive picture of Arcuri’s work. The electronic component is cutting, at times externally-oriented, referential, at others inward and self-defining — we hear for example, shimmering streets of static, and the fall of electronic rain — but also pick out more mysterious psychic groans, the grinding of deep structures like tectonic plates or a lake freezing in the night. The perfomances by some of the finest interpreters of new music (Cherney, Ouellet, Tureski, Goodman) are seamlessly integrated with the electronic materials. Lueurs is rather conventional but is so recognizably of Montréal that one half expects Uzeb’s guitarist Michel Cusson to cut in with a solo.

    Francis Dhomont, empreintes DIGITALes dans Le Devoir

    «Du côté de l’électroacoustique», Carol Bergeron, Le Devoir, 23 avril 1994
    samedi 23 avril 1994 Presse

    Deux concerts acousmatiques présentés par le compositeur Francis Dhomont et le Cercle de Composition de la Faculté de musique de l’Université de Montréal rassembleront des musiques de Belgique, Espagne, France, Grande-Bretagne, Slovaquie, Suède et du Québec, dimanche à 13h00 et à 20h30 à la Faculté de musique de l’avenue Vincent-d’Indy.

    Attardons-nous donc un instant sur cette musique en prenant pour acquis qu’il n’est plus nécessaire de définir le terme acousmatique, considérant que l’électroacoustique qui l’englobe, couvre un secteur de la musique contemporaine qui n’a cessé de se développer depuis sa naissance vers la fin des années quarante.

    Pour reprendre la pensée du compositeur belge Annette Vande Gorne, l’émergence de ce nouveau mode d’expression témoigne que certains artistes ont fait un choix: plutôt que d’opter pour un «retour au passé, à ses formes et consonances», ils ont préféré le risque d’une «projection vers le futur», ils ont parié sur des technologies nouvelles qui les ont orientés vers la mise en forme d’un langage mieux adapté à leur sensibilité. Près d’un demi siècle plus tard, l’électroacoustique a en quelque sorte engendré des musiques acousmatiques, concrètes, mixtes, électroniques, interactives, écologiques etc.

    Une des plus importantes caractéristiques de l’électroacoustique est sans doute la suppression de l’intermédiaire entre le compositeur et l’auditeur. En fixant son travail sur une bande magnétique, l’électroacousticien ne dépend plus de l’interprète, ce traducteur qui risque de gauchir sa pensée. En principe, tout est réglé d’avance: le message et la manière de le dire. Dans ce cas, le disque laser, surtout à cause de la perfection de la technologie qu’il emploie, s’impose comme un outil exceptionnel de diffusion. Un outil unique par la qualité du lien qu’il permet entre le créateur et le mélomane.

    Ainsi, les musiciens ont-ils rapidement compris qu’ils avaient tout intérêt à se faire connaitre par le disque numérique. Or, jusqu’à présent, le marché du disque classique ne s’est pas préoccupé avec un empressement comparable du secteur électroacoustique qu’il semble plutôt vouloir restreindre à la marginalité d’une circulation officieuse. C’est en vain, par exemple, que l’on fouille les guides du disque compact publiés chez Fayard, Plon et Robert Laffont. Il faut souvent se décarcasser pour acquérir tel disque paru en France, en Italie, en Hollande ou en Suède.

    Enfin un catalogue

    C’est donc pour répondre à un pressant besoin qu’un catalogue des musiques électroacoustiques vient d’être coédité en Europe par l’Ina-GRM (11, av. Président Kennedy, F 75786, Paris Codex 16, France) et Musiques & Recherches (Place de Ransbeck 3, B 1380 Ohain, Belgique) — c’est en communiquant à l’une de ces deux adresses que l’on pourra se le procurer sous forme imprimee ou sur disquette d’ordinateur. Quelque 1400 œuvres réparties sur plus de 250 DC. Y ont été répertoriées: par auteurs, les œuvres réalisées directement sur un support d’une part, et celles qui ont nécessité la participation d’interprètes d’autres part par éditeurs, reprenant le titre général du DC et sa référence — on y trouve également les adresses des éditeurs. Soit dit en passant, les productions canadienne et québécoise n’y ont pas été ignorées puisque les auteurs du catalogue se sont assurés de la collaboration de personnes ressources sur place.

    Bien que récemment parus sous l’étiquette québécoise DIFFUSION i MéDIA, les disques de Michel Chion, Annette Vande Gorne et Serge Arcuri ont bel et bien été répertoriés dans le nouveau catalogue franco-belge. Respectivement de France, de Belgique et du Québec, ces trois musiciens reflètent le rayonnement international qu’en très peu de temps et par un souci exemplaire de qualité, l’éditeur montréalais a su donner à son entreprise. Et ici, la meilleure preuve de la confiance qu’il a su gagner auprès des musiciens vient sans doute de la présence même de Michel Chion, l’une des figures dominantes de la musique électroacoustique. Son Requiem avait d’abord été publié en France, dans la prestigieuse collection Ina-GRM (AM 689.05) en microsillon, après sa création en 1973.

    Destinées à la bande magnétique les œuvres qui forment le programme de ces trois laser reflètent neanmoins des esthétiques fort différentes. Chion nous confronte à une fresque où le dérisoire rappelle à certain Jérôme Bosch. Vande Gorne dépeint une vision cosmique des éléments de la nature alors qu’Arcuri prête une oreille sensible aux bruits d’une nature et de microcosmes qu’il explore et qu’il invente.

    … ces trois musiciens reflètent le rayonnement international qu’en très peu de temps et par un souci exemplaire de qualité, l’éditeur montréalais a su donner à son entreprise.

    Corazón Road dans Paris New Music Review

    «Review», Christopher Elson, Paris New Music Review, no 4, 1 avril 1994
    vendredi 1 avril 1994 Presse

    Kristoff K.Roll is Jean-Christophe Camps and Carole Rieussec, two Paris-based composers with backgrounds in electroacoustic music and acousmatic composition. Latin-American inspired and Canadian-produced, this is world music at its un-labelled, un-cliched best. One of many rediscoveries, re-visions of America which were all the rage in the early nineties, Kristoff K.Roll’s work is a travel diary evoking a circuit in Latin America. Heard on the Corazón Road: sounds of humans in unspecified motion, groaning of doors, synthesized swishing of hammocks, sampled caresses of tropical rain, high hissing of tape birds, and ever-resurgent, the human voice — chattering children, crooning / complaining adults, tough Belize rappers, a patchwork of Mexican, Spanish, Québécois French, Caribbean-inflected English. This is an astounding humanistic collage, celebrating and commemorating the discoveries of the heart.

    … this is world music at its un-labelled, un-cliched best.
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