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  • Bleak 1999 dans Dusted Magazine

    «Review», Everett Jang Perdue, Dusted Magazine, 12 octobre 2003
    dimanche 12 octobre 2003 Presse

    As electronic music is a virtually faceless beast, it is noteworthy when a regional breakout of excessive talent occurs, as such is the case with the current influx of Canadian artists who are taking the global scene by storm. The likes of Akufen, Tim Hecker, Deadbeat and Tomas Jirku have been using Montréal’s Mutek festival as a springboard, employing a hometown advantage to work their sonic goods to the max; ensuring that at night’s end they are taken home by the most seductive of tourists. Case in point, after opening for Thomas Brinkmann at the first edition of Mutek, Jirku was signed to Germany’s Force Inc. label to produce his Sequins disc.

    Rather than sticking with an instantly recognizable regional sound and identity, each of these artists has developed their own unique voice and direction stretching out the confines of electronic music. Jirku’s 12” collaborations with Robin Judge, which were eventually compiled by Onitor as Plusism, set a precedent for the combination of abstract beats and convulsive motion. Together they produced the sounds you expected to become commonplace in your childhood Bradbury/Heinlein visions of the near future. His own work offers an entirely different perspective, leaning towards minimal techno, incorporating rhythmic glitch, ambient and even taking a potshot at cartoonish gangsta rap (as the GI Joe Killaz).

    Bleak 1999 is the fifth solo release from Jirku and a return to his Canadian label of origin, No Type. The disc revolves around a medical theme, with medications (though nothing so obvious as narcotic acronyms), vital sign readings, even what appears to be a couple of chest x-rays in place of the traditional song title. This is a fair representation of its sound as Jirku’s brand of minimalism in techno has much more in common with the sounds of hospital machinery than the dancefloor.

    Every track of Bleak 1999 segues together masterfully to produce a work of clinical starkness, perfectly suited for nightshift workers everywhere. The smooth static field of Glucose duplicates the hum of life support; until a distant viral code shuffles to the fore, breaking the stasis of the hum like a live wire loose in the gears. All ensuing ambience dissipates as the code is assaulted by the antibiotic Cefuroxime, cranking up the distortion with a pronounced dub-drenched beat, a la M4-M7 aka Maurizio. The onset of Haloperidol introduces a gentle off balanced scraping; not unlike a warped and dirty 78 rpm running quarter speed; smoothly building momentum till trifled upbeat Detroit synth touches break the bleak atmospherics. A respirator’s cyclic oxygen output invades the throbbing delay of Input fluid, furthering the incessant brooding aura, drawing strength from the sense of loss that permeates hospital corridors.

    Throughout Bleak 1999, Jirku uses a mix of analog inventiveness and concrete ambience to produce electronic music that squeezes out of its canned genre, demanding to be studied intently for clues to the unsolved riddles of machinery.

    Throughout Bleak 1999, Jirku uses a mix of analog inventiveness and concrete ambience to produce electronic music that squeezes out of its canned genre…

    Seuil de silences dans Le Devoir

    «Critique», François Tousignant, Le Devoir, 11 octobre 2003
    samedi 11 octobre 2003 Presse

    Si bien de ces pièces ont déjà été portées au disque, nous ne sommes pas pour autant en présence d’une réédition. La musique «électronique» a en effet ceci de particulier que sa technologie change et que des idées parfois rendues un peu maladroitement à cause justement de limitations techniques peuvent, avec les avancées des ordinateurs, se refondre en une meilleure mouture. C’est le pari que tient ici Paul Dolden en offrant des ‘remix’ de pièces qui ont déjà fait sa gloire. Pari gagné, car tous les propos du compositeur pour justifier sa démarche s’avèrent nécessaires. Oui, on entend bien mieux — et bien plus — d’événements dans ces bandes chargées souvent au bord du supportable. L’approche de Dolden a ceci de paradoxal que, cherchant le «seuil du silence», il nous assomme de son(s); sans gratuité, ce canardage acoustique fait aspirer au silence. Avec la «nouvelle version» de Below the Walls of Jericho, tout devient effectivement plus clair, l’idée plus nette. Parfois, le retour sur de vieilles œuvres produit une forme d’académisme; ici, il n’en est rien. Dolden se montre un peu comme Léonard de Vinci qui, jusqu’à sa mort, a raffiné sa Joconde, qui reste comme le premier monument de cette incroyable saga des ‘works in progress’. Ceux qui connaissent ce répertoire seront ravis de retrouver un autre visage de cette musique. Les néophytes, eux, n’ont plus aucune raison de lui résister.

    … en offrant des ‘remix’ de pièces […] tout devient effectivement plus clair […] Dolden se montre un peu comme Léonard de Vinci…

    Sings the Blues dans Absorb

    «Review», Philip Raffaele, Absorb, 9 octobre 2003
    jeudi 9 octobre 2003 Presse

    After his debut album battle cry Throw Down Your Laptops on Deathbomb Arc, and critical acclaim on both sides of the atlantic, Todd Drootin brings his messy electric-noise-analogue sound back to the forefront with sixteen tracks of old fashioned sonic construction. the styles and genres that weave in and out of this record are pretty amazing, in the way that they continually sound fresh and not as repetitive as a project like this could be. Republic Of ends up as a successful downtempo number, with a simple break-beat sound moving back and forth. See You In Tokyo picks up the tempo a bit, but not succumbing to any kind of conventional electronic track archetype. the notes throb like a bad ekg reading.

    Structure is the most important element to Drootin’s work. He never seems to take the easy way out, (which apparently is what laptop music programming is to him), and continually loop samples and sections; each song is strategically arranged, and the sounds all take on a life of their own, all orchestrated rather amazingly.

    Healthy and lively, this is an excellent argument to all of those people sick of how easy electronic music has become to both create and consume. By combining an amalgam of musical styles, all under one basic pretense, of making music in a somewhat organized fashion, in order to reach an end result of it sounding enjoyable, Books on Tape does so in a way that sounds unbelievably brand new and non-recycled. Quite a breath of fresh air in a stifled genre.

    Quite a breath of fresh air in a stifled genre.

    Le contrat dans Voir

    «Tout un contrat!», Réjean Beaucage, Voir, 9 octobre 2003
    jeudi 9 octobre 2003 Presse

    Il y a sept ans que Gilles Gobeil et René Lussier travaillent à une œuvre commune. Le résultat de leur alchimie sonore sera présenté deux fois durant la série Rien à voir (14). On en parle avec Gilles Gobeil.

    Une créature surprenante est sur le point de voir le jour. Un être hybride, qui relève autant du cinéma pour l’oreille que de la musique actuelle et qui est le fruit de la mise en commun des savoirs de deux de nos grands compositeurs, l’électroacousticien Gilles Gobeil et l’improvisateur tous azimuts René Lussier. L’œuvre qu’ils dévoileront ce 15 octobre à l’Espace Go, dans le cadre de la série de concerts de musique acousmatique Rien à voir (14), ne ressemble à rien de ce qu’ils auraient pu produire chacun de leur côté, mais porte pourtant leur marque distinctive. J’ai discuté de cette œuvre, Le Contrat, avec Gilles Gobeil.

    Première révélation, c’est bien une œuvre acousmatique qui nous sera présentée, c’est-à-dire que Gobeil sera à la console de diffusion et que la salle sera plongée dans la pénombre. Pourtant, les deux versions de travail qui ont pu être entendues jusqu’ici (en novembre 1999 au Théâtre La Chapelle, puis en 2000 à Victo, après un détour par Paris) étaient des versions mixtes, avec le guitariste sur scène accompagnant la bande diffusée par son acolyte. «Cette fois-ci, c’est la version définitive, celle du disque, qui sera entendue, explique Gilles Gobeil. Ça fait déjà sept ans qu’on travaille sporadiquement là-dessus. Le grand désavantage de ce genre de production sur une longue durée, ce sont les problèmes physiques liés aux progrès de la technologie… En sept ans, il y a bien des choses qui ont changé! Les ordinateurs et les logiciels ont évolué rapidement, et comme on travaillait chacun de notre côté, lorsque l’on essayait de mettre tout ça ensemble, ça n’allait pas toujours de soi, alors ça nous a retardés aussi. Si nous avons fait des présentations mixtes, c’était surtout des façons de brusquer le travail pour faire avancer la production, mais le but premier a toujours été de répondre à une commande de Jean-François Denis (de l’étiquette empreintes DIGITALes) qui voulait une pièce électroacoustique faite par deux compositeurs.»

    On peut dire que Jean-François Denis a été bien inspiré de se tourner vers ces deux-là parce que le résultat est certainement une grande réussite. Il faut dire que ce n’est pas leur première rencontre. Celle-ci remonte à 1990, alors que Gobeil produisait la pièce Associations libres pour le disque Électro clips (encore chez empreintes DIGITALes). «J’avais demandé à René de faire, avec sa guitare, autre chose que des notes, et il m’avait fait un bon échantillonnage, à partir duquel j’ai construit une première bande. Ensuite, en studio, puisque René est un fantastique improvisateur, on essayait des choses selon ce que j’avais préparé. Disons que pour ces trois minutes, j’ai travaillé trois semaines à temps plein, tandis que René a fait deux heures d’enregistrement, dit Gilles Gobeil avec un sourire en coin. Mais ça, c’est un peu nos manières de faire. Moi je suis du genre à triturer la matière sonore longtemps avant de me fixer, alors que René est plutôt dans l’instant de la création. Je lui accorde tout le mérite du côté de l’improvisation. Mon travail consiste plutôt à créer des mondes imaginaires, des virtualités sonores faites de plans, de profondeurs, de matières et d’un souci de l’écriture sur le plan de la forme.»

    La collaboration des compositeurs s’est poursuivie à travers d’autres projets que l’on pourra aussi entendre le 15. Ainsi, Gobeil offrait de l’aide technique à Lussier pour sa pièce acousmatique Prise de terre en 1997 et, la même année, le guitariste fournissait encore de la matière sonore à l’électroacousticien pour sa pièce Point de passage, une adaptation du roman The Time Machine de HG Wells. Le Contrat est aussi une adaptation, inspirée par les multiples dérivés littéraires et musicaux du Faust de Goethe . Bourrée de sens et de références, l’œuvre dure 66 minutes et pourra certainement supporter plusieurs écoutes!

    Une créature surprenante est sur le point de voir le jour. Un être hybride, qui relève autant du cinéma pour l’oreille que de la musique actuelle…

    Louis Dufort dans Voir

    «Louis Dufort: Les particules élémentaires», Réjean Beaucage, Voir, 2 octobre 2003
    jeudi 2 octobre 2003 Presse

    Grosse saison pour le compositeur Louis Dufort, qui participe à cinq événements dans les deux mois qui viennent. Tour d’horizon.

    «Je voudrais contribuer à atténuer, voire abolir, la dichotomie qui existe entre les compositeurs qui étudient la musique dans des institutions et les autodidactes.»Louis Dufort

    Il y a d’abord la musique qu’il a composée pour le spectacle Les cerisiers ont envahi les espaces comme incendie, de Jocelyne Montpetit (les 7 et 8 octobre au Théâtre Outremont), que l’on pourra entendre durant le FIND, puis celles qu’il a composées pour la Compagnie Marie Chouinard, alors que seront présentées en première montréalaise, les 8 et 9 octobre au Théâtre Maisonneuve, les chorégraphies Études #1 et Chorale. Louis Dufort est un spécialiste du traitement électronique des sons en direct, une technique qu’il a appliquée ces dernières années dans des œuvres pour voix (Émilie Laforest), saxophones (Quatuor Quasar) ou flûte (Claire Marchand). Cette fois-ci, dans Études #1, c’est le son des claquettes de la danseuse Lucie Mongrain qui est à la base de l’œuvre.

    Dufort collabore avec Marie Chouinard depuis sa rétrospective Les solos, en 1998. «Dans ce cas-ci, il ne s’agit pas de transformation du son des claquettes, explique Louis Dufort, parce qu’elles ont un son très court et assez mince, mais ce son est détecté par l’ordinateur qui déclenche alors des échantillonnages. Tous les sons utilisés ont en commun d’être produits par du métal et composent des trames électroacoustiques, mais c’est finalement la danseuse qui les contrôle.» Pour Chorale, c’est encore autre chose: «on pourrait dire que c’est plus léger, dit le compositeur. J’y utilise des musiques moins expérimentales, comme le drum’n’bass. Évidemment, comme l’indique le titre, j’ai travaillé à partir d’enregistrements de voix, solo ou en chœur».

    On verra une autre collaboration Chouinard-Dufort le 13 novembre prochain dans le cadre de la série Elektra, durant laquelle ils présenteront une œuvre vidéo/musique pour quatre écrans, faite à partir d’un logiciel de synthèse granulaire audio que le compositeur a adapté au traitement vidéo.

    Le 9 octobre à La Sala Rossa (4848, boulevard Saint-Laurent), dès 20h37 (!), Louis Dufort présentera une autre soirée Tentacules de la société de concerts Codes d’accès. «L’idée est d’offrir un lieu ouvert afin que les jeunes compositeurs de tous styles puissent faire entendre leurs œuvres. Je voudrais contribuer avec ces soirées à atténuer, voire abolir, la dichotomie qui existe entre les compositeurs qui étudient la musique dans des institutions et les autodidactes. Le produit reste de la musique et chacun peut trouver chez l’autre des sources d’inspiration. Alors les soirées présentent de la musique contemporaine instrumentale, parce que bien que ça bouge beaucoup de ce côté-là à Montréal, je trouve que l’on n’en entend pas assez. Il y a aussi de la musique acousmatique, projetée dans le noir, de l’art audio et de la musique électro.» On y entendra le violoncelliste électrique allemand Ulrich Maiss, qui donnera sa version de Metal Machine Music de Lou Reed, un quatuor de trombones composé par Félix-Antoine Fréchette, une improvisation d’Isabelle Fortier (harpe), Nicolas Caloia (contrebasse) et Philip Hornsey (percussions), une œuvre acousmatique de Martin Bédard, et Cal Crawford représentera le courant «post-digital». La soirée sera aussi l’occasion pour Codes d’accès de présenter sa programmation pour la saison à venir. Lancement à 19h37!

    Louis Dufort participera aussi, le 15 octobre, à la série de concerts Rien à voir, avec l’Orchestre de granulation (on y revient la semaine prochaine).

    «Je voudrais contribuer à atténuer, voire abolir, la dichotomie qui existe entre les compositeurs qui étudient la musique dans des institutions et les autodidactes.»
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