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  • 8 juin 2003: Dedans/dehors, une installation de Chantal Dumas

    jeudi 17 avril 2003 En concert

    Il y a un espace en ville où l’on peut écouter la forêt respirer, où l’on peut entendre un ruisseau s’écouler, des insectes et le vent dans les arbres. Il y a un numéro de téléphone que le public est convié à composer pour raconter quelque chose au sujet des arbres qu’ils aiment. Chaque histoire racontée est un nouvel arbre qui s’ajoute à la forêt. Et il y a vous, qui vous vous baladez dans cette forêt. Et comme chaque système réagit à une présence étrangère, la forêt réagira à la vôtre. Cette installation sonore opposer sa résistance à la rapide disparition de nos forêts. Téléphonez au +1/514-872-2766 dès le 16 avril 2003, Vous avez une minute pour faire un commentaire sur votre arbre, raconter son histoire dans la langue de votre choix! Ensuite, venez visiter la forêt de Chantal Dumas à L’Art qui fait boum! — la triennale de la relève québécoise en art du 16 avril au 8 juin 2003 au Marché Bonsecours (Montréal).

    Sonopsys: Francis Dhomont dans Le Devoir

    «Critique», François Tousignant, Le Devoir, 12 avril 2003
    samedi 12 avril 2003 Presse

    […] Toujours dans le même ordre d’idées, ceux qui s’intéressent à ce grand créateur seront comblés par le premier exemplaire de la collection Sonopsys — Cahiers musique concrète/acousmatique, édité par Licences. Un disque, des textes de Dhomont, des commentaires, des entretiens, une présentation remarquable et un contenu de qualité vous feront mieux saisir l’univers, les inquiétudes et les forces de cet humaniste musicien.

    … ceux qui s’intéressent à ce grand créateur seront comblés par le premier exemplaire de la collection Sonopsys.

    Jalons dans Le Devoir

    «Critique», François Tousignant, Le Devoir, 12 avril 2003
    samedi 12 avril 2003 Presse

    On pourrait appeler cela une collection de miniatures. Sur cette parution de notre belle collection de musique acousmatique empreintes DIGITALes, revoici la musique de Francis Dhomont. Encore, diront peut-être certains. À la différence de bien des parutions précédentes consacrées à ce compositeur — où on avait principalement des œuvres au long souffle, à la réflexion qui prenait le temps de faire se confondre espace et temps, psychologie et physicalité, lieu et durée de l’art —, voici un disque consacré à des pièces brèves, voire de circonstance.

    Cela impose donc un autre type d’écoute que celui auquel Dhomont nous avait habitués. Travailler sur la profondeur des strates et trouver l’art de l’aphorisme poétique, voici deux disciplines qui exigent une autre manière de concevoir et de réaliser la musique. Surtout que Dhomont va du clin d’œil — un peu à la manière des Éventails de Mallarmé — à la prise de position politique qui rappelle des sonnets de Rimbaud, d’Aragon ou d’Éluard.

    Dans le premier cas, la tendresse et l’humour semblent emprunter un jeu de codes parfois pictural, autrefois un peu secret. On se délecte de la finesse de ces petits bijoux entendus à l’occasion de concerts et qu’on peut maintenant se remettre à loisir pour mieux les savourer. Soulignons la grande qualité de ce genre de répertoire: si certains auteurs tombent facilement dans le ton carte postale, l’intelligence et le raffinement de Dhomont font que ce qui ne pourrait s’avérer qu’anecdotique devient toujours objet d’habitation; la légèreté permet un souffle frais pour l’imaginaire heureux, ce que le compositeur sait fort bien faire partager.

    On trouve aussi trois œuvres plus engagées et plus lourdes: En cuerdas, Les moirures du temps et Lettre de Sarajevo. Si En cuerdas pose encore des problèmes de rhétorique et paraît toujours comme une œuvre moins réussie, les deux autres montrent un Dhomont maître de son propos. Qu’elle soit «abstraite» ou dénonciatrice, cette musique porte un programme latent. Ce n’est pas à l’histoire que s’attache le propos mais davantage à l’expression d’une émotion ressentie en un certain endroit de l’être et que l’artiste transpose en un autre médium.

    Ici, on se surprend pour une rare fois à apprécier comme essentielle l’écoute sur nos deux bêtes haut-parleurs. En salle, la diffusion spatiale peut parfois orienter l’attention davantage sur le faire de l’œuvre que sur l’œuvre elle-même. Dans notre antre d’écoute, Dhomont vient démontrer la vérité de son «inspiration» et la nécessité de ses choix esthétiques, comme si la «réduction de moyens de diffusion» soulignait plus haut le contenu qui s’incarne en sons. C’est encore donner d’autres lettres de noblesse à une forme d’art souvent jugée marginale ou décorative (pensons aux sonorisations d’espaces et de lieux publics pollués par de bâtardes réalisations d’ameublement) qui arrive à exprimer sans agressivité, mais avec une vigueur implacable, la force d’un art engagé et en mouvement, musique dans laquelle le message ne se limite pas au médium. […]

    On se délecte de la finesse de ces petits bijoux entendus à l’occasion de concerts et qu’on peut maintenant se remettre à loisir pour mieux les savourer.
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