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  • Les corps éblouis, Impulsion, Musiques naïves, petits Big Bangs, Sous le regard d’un soleil noir, La mécanique des ruptures, Mantra, Puzzles, Kaleidos dans La Scena Musicale

    «10 compositions québécoises: musique électroacoustique», Émilie Payeur, La Scena Musicale, no 20:3, 1 novembre 2014
    samedi 1 novembre 2014 Presse

    Décidément, le Québec n’a rien à envier aux autres pays en matière de musique électroacoustique. En effet, la province regorge de compositeurs créatifs qui ne cessent de repousser les limites de leur discipline et d’être reconnus internationalement. Même si dans la majorité des cas, la musique de ces compositeurs se rapproche du style acousmatique que l’on peut entendre en Europe, il y a bel et bien quelque chose qui les distingue: ils ont un son et une esthétique bien à eux.

    Je vous propose donc une liste de dix œuvres incontournables par des compositeurs et compositrices d’ici afin de découvrir le panorama de notre production électroacoustique.

    Crystal Music (1994) de Stéphane Roy

    Dans Crystal Music, le compositeur Stéphane Roy traite sa matière sonore comme s’il s’agissait de verre en la dilatant, la moulant, la faisant se transmuter. D’ailleurs, la nature même des sons employés vient rappeler le verre, le cristal. Il y a quelque chose de nerveux, d’instable dans cette pièce. L’œuvre se caractérise par de grandes variations de la dynamique ainsi que par des explosions d’énergie qui émergent soudainement du silence pour ensuite s’éteindre aussi rapidement. À l’écoute, l’auditeur peut trouver des ressemblances avec certaines pièces les plus abstraites de Francis Dhomont. Ce n’est pas un hasard puisque Stéphane Roy a été son élève.

    Stéphane Roy est l’auteur d’un ouvrage sur l’analyse de la musique électroacoustique, L’analyse des musiques électroacoustiques: Modèles et propositions. Au cours de sa carrière, il a également enseigné à l’Université de Montréal ainsi qu’au Conservatoire de musique de Montréal. Sa pièce Crystal Music a notamment obtenu le premier prix au 3e Prix international Noroit-Léonce Petitot (Arras, France, 1994)

    Kaleidos, empreintes DIGITALes, 1996

    StrinGDberg (2001, 02, 03) de Robert Normandeau

    Véritable tour de force musical, StrinGDberg est une œuvre minimaliste 16 pistes entièrement basée sur deux sources sonores: une prise de son d’une vielle à roue d’une durée d’une minute et une autre tirée du jeu d’un violoncelle. Le caractère tramé de la pièce, voir méditatif, invite l’auditeur à pénétrer au cœur du son et à être témoin des microvariations qui surviennent, à s’en émouvoir même. Une partie plus rythmique, caractéristique de l’œuvre de Normandeau, s’insère vers la moitié de la pièce. Comme pour une bonne partie de son catalogue, StrinGDberg a été composée pour accompagner une pièce de théâtre, Mademoiselle Julie d’August Strindberg, dont la mise en scène était assurée par Brigitte Haentjens et présentée à l’Espace GO (Montréal) en mai 2001.

    Robert Normandeau enseigne à l’Université de Montréal. Ses œuvres ont été maintes fois primées lors de concours internationaux. Il est à noter qu’il est le cofondateur de Réseaux, une société de concerts dédiée à la diffusion des arts médiatiques qui a présenté les séries de concerts Rien à voir et Akousma.

    Puzzles, empreintes DIGITALes, 2005

    Les corps éblouis (1992-93, 94) de Christian Calon

    Les corps éblouis tire ses matériaux sonores d’une seule source: la guitare électrique. Véritable travail sur la métamorphose, non seulement des sons de base mais également dans sa durée, la pièce a été pensée afin d’engendrer un effet de spirale où tout s’imbrique dans une perpétuelle mouvance. Ici on reconnaît le savoir-faire exemplaire de Calon, et une technique d’écriture comparable à celles des Parmegiani et Dhomont de ce monde. Les corps éblouis a obtenu le 2e prix du jury au 22e Concours international de musique électroacoustique de Bourges (France, 1994) ainsi que des distinctions au Prix Ars Electronica (Linz, Autriche, 1995, 97).

    Christian Calon est un artiste indépendant œuvrant également en photographie et dont les œuvres ont maintes fois été récompensées aussi bien à l’international que chez nous.

    Les corps éblouis, empreintes DIGITALes, 1998

    Le vertige inconnu (1993-94) de Gilles Gobeil

    Le vertige inconnu est probablement la pièce la plus forte non seulement de l’album La mécanique des ruptures, mais aussi du répertoire entier de Gilles Gobeil. Construite à partir de sons concrets, dont on peut reconnaître la provenance, le compositeur crée un univers cinématographique quasi surréaliste à l’intérieur duquel coexistent grillons et machines à air comprimé. Toutes les habiletés de Gobeil qui en font un compositeur si unique sont brillamment illustrées dans cette pièce: articulations vives, rupture du silence par des explosions sonores soudaines… Le vertige inconnu a remporté le Prix des arts électroniques de Stockholm, un concours international de musique électroacoustique (Suède, 1994) et a obtenu le 2e prix au Prix Ars Electronica (Linz, Autriche, 1995).

    Gilles Gobeil est professeur en technologies musicales au Cégep de Drummondville (depuis 1992) et a été professeur invité de composition électroacoustique à l’Université de Montréal (2005-06) et au Conservatoire de musique de Montréal (2007). Il est également lauréat de plus d’une vingtaine de prix sur la scène nationale et internationale.

    La mécanique des ruptures, empreintes DIGITALes, 1994

    Sous le regard d’un soleil noir (1979-81) de Francis Dhomont

    Cette œuvre tourmentée, faisant partie du Cycle des profondeurs, explore et illustre l’univers de la schizophrénie en huit parties. Une des particularités de l’œuvre est l’emploi de la narration. Afin d’entrer dans le sujet, Dhomont utilise des textes du psychiatre et psychanalyste Ronald D Laing. Mais cette narration ne sert pas seulement à informer. Elle guide carrément le développement de la pièce, devenant même matériau sonore à certains moments. Selon Dhomont, cette œuvre propose la rencontre de l’imagination et de l’imagerie mentale produite par le traitement des sons. Sous le regard d’un soleil noir a obtenu le 1er prix de la catégorie Musique à programme au 9e Concours international de musique électroacoustique de Bourges (France, 1981).

    Originaire de Paris, Francis Dhomont a passé une bonne partie de sa vie à Montréal pendant laquelle il enseigna à l’Université de Montréal (de 1980 à 1996). C’est d’ailleurs lors de cette période qu’il composa Sous le regard d’un soleil noir. Il est une des figures les plus marquantes dans le domaine de la musique électroacoustique et son travail a été largement reconnu et encensé.

    Sous le regard d’un soleil noir, empreintes DIGITALes, 1996

    Water Music (1991) de Yves Daoust

    C’est par un beau jour de printemps que le compositeur eut l’idée de Water Music. Les gouttelettes tombant des glaçons fondants lui semblèrent mélodiques. La beauté de cette pièce vient du fait qu’elle met en vedette un matériau qui nous est assez familier, l’eau, permettant à l’auditeur de vraiment lui porter attention pour une fois. Le passage entre les différentes sections est particulièrement bien réussi.

    Parallèlement à son enseignement au Conservatoire de musique de Montréal (qu’il a quitté en 2011), Yves Daoust a contribué au développement de la scène électroacoustique au Québec, notamment en participant très activement en 1978 à la fondation et au développement du premier organisme au pays voué à la promotion et à la diffusion de la musique électroacoustique, l’ACREQ. En 2009, il a reçu le Prix Serge-Garant (Fondation Émile-Nelligan) pour l’ensemble de son œuvre.

    Musiques naïves, empreintes DIGITALes, 1998

    eXpress (2001-02) de Jean Piché

    Jean Piché est décidément un innovateur. Au départ compositeur (pensons à la pièce Taxis to Burning Sky), il s’est rapidement tourné vers l’image pour ensuite développer une toute nouvelle discipline à laquelle il donnera le nom de «vidéomusique». Ce que le compositeur tente de traduire, c’est une perception symétrique entre l’image et le son, une synergie. Pour eXpress, une œuvre pour trois écrans, Piché a filmé les images dans le train reliant Bourges et Paris. On peut y reconnaître des paysages. L’allure très cinétique d’Express est obtenue en réglant la caméra à une vitesse d’obturation très rapide avec une grande ouverture de l’objectif. La musique minimaliste et répétitive contribue à l’effet de transe de l’œuvre.

    L’enseignement et la recherche en composition électroacoustique à l’Université de Montréal occupent une part importante de la vie professionnelle de Jean Piché. Il est également impliqué dans le développement de logiciels. On lui doit notamment Cecilia, un logiciel de traitement sonore.

    www.jeanpiche.com/express.htm

    Big Bang II (1987, 95) de Marcelle Deschênes

    Dans Big Bang II, on se retrouve dans un univers postnucléaire. L’œuvre avait d’abord été conçue comme trame sonore servant d’accompagnement à une installation multimédia du sculpteur holographe et artiste de la lumière, Georges Dyens, intégrant sculptures holographiques, éclairages, fibre optique, musique électroacoustique, le tout en mouvement chorégraphié par un système de synchronisation programmée. De nature tramée et minimaliste, la pièce est brillamment écrite et a inspiré bon nombre de compositeurs.

    De 1980 à 97, Marcelle Deschênes enseigne à la Faculté de musique de l’Université de Montréal la composition électroacoustique et multimédia, la perception auditive et les techniques d’écriture électroacoustique. Elle met sur pied, développe et dirige un programme inédit en composition électroacoustique aux trois cycles (baccalauréat, maîtrise et doctorat).

    petits Big Bangs, empreintes DIGITALes, 2006

    Arksalalartôq (1970-71) de Micheline Coulombe Saint-Marcoux

    Cette pièce joue autour de l’abstraction de la parole, de la voix et même des instruments de musique. Arksalalartôq, d’après des textes des poètes québécois Noël Audet et Gilles Marsolais, exprime le vertige des mots, des sons, par analogie avec le jeu inuit où les participants (le plus souvent des femmes) mettent à l’épreuve leur capacité d’invention à créer et de résistance à émettre des sons, des mots pour la plupart sans signification. Entrecoupée par des sons percussifs ou dans d’autres cas tirés de synthétiseurs analogiques, Arksalalartôq rappelle certaines pièces de Stockhausen ainsi que Pierrot lunaire de Schönberg.

    En 1968, Iannis Xenakis recommande vivement à Micheline Coulombe Saint-Marcoux d’aller à Paris pour y étudier la musique électroacoustique avec le désormais célèbre Groupe de recherches musicales (GRM), ce qu’elle fit. À son retour à Montréal, elle enseignera au Conservatoire de musique de Montréal jusqu’à son décès en 1985.

    Impulsion, empreintes DIGITALes, 2001

    Mantra (1997) de Jean-François Laporte

    Dans l’ère moderne où nous vivons, nous sommes envahis, submergés par des sons de toutes sortes qui accompagnent notre existence. Jean-François Laporte les nomme «mantras», d’où le titre de la pièce. À l’image des mantras orientaux, ceux du compositeur doivent par exemple être d’une bonne longueur et se répéter de façon cyclique dans le temps. Pour cette pièce, Laporte a utilisé exclusivement les sons générés par un compresseur de refroidissement des patinoires lors d’une prise de son unique. Toutes les modifications timbrales ont été effectuées lors de la prise de son, sans aucune manipulation en studio.

    Jean-François Laporte est surtout connu pour ses instruments inventés. Il est fondateur et directeur artistique et général des Productions Totem contemporain (PTC), et ses œuvres sont éditées aux Éditions Babel Scores.

    Mantra, Cinéma pour l’oreille, 2000


    Je ne pourrais passer sous silence les œuvres de ces compositeurs qui deviendront sans doute des incontournables de la musique électroacoustique du Québec dans quelques années: Champs de fouilles (2008) de Martin Bédard, Transit (1998) de Louis Dufort, frequencies (a) (2011-12) de Nicolas Bernier, L’appel (2008) de Georges Forget… et la liste pourrait continuer.

    [Article édité en collaboration avec la rédaction du site Cette ville étrange. Chronique de la création musicale (www.cettevilleetrange.org).]

    Décidément, le Québec […] regorge de compositeurs créatifs qui ne cessent de repousser les limites de leur discipline et d’être reconnus internationalement.

    Who Has the Biggest Sound? dans The WholeNote

    «Review», David Olds, The WholeNote, 29 septembre 2014
    lundi 29 septembre 2014 Presse

    I have not often experienced epiphanies in this life. The first I remember was as a teenager on a family holiday which took us to Washington, D.C. and included a visit to the National Gallery of Art where, wandering off on my own, I turned a corner and found myself face to face with Salvador Dali’s The Sacrament of the Last Supper. That was a profoundly moving moment and all at once I understood what was meant by the term masterpiece. That would have been in the late 1960s. The next came in 1984 while attending the finals of the CBC National Radio Competition for Young Composers. That year the only prize awarded in the electronic music category went to Paul Dolden for The Melting Voice Through Mazes Running. Although this extremely dense and dynamically intense work drove a number of people from the hall with fingers plugging their ears, I was enraptured by its visceral power. It was that work which inspired me to commission radiophonic works for my program Transfigured Night (1984-1991) at CKLN-FM. With the assistance of the Ontario Arts Council and later the Canada Council I was able to commission a dozen composers, beginning with Dolden who produced Caught in an Octagon of Unaccustomed Light which went on to win the Third Prize of the Luigi Russolo International Competition (Varese, Italy 1988).

    Some 30 years later Dolden is still at it, honing his technique which involves recording and layering hundreds of tracks of instrumental and vocal sounds, and more recently including field recordings — cicadas, grasshoppers and crickets in the current instance — to create works of vast sonic complexity. The predominantly acoustic nature of the sound sources — although there is an extended electric guitar solo included here — is integral to his process which, while using technology to stack the layers, does not manipulate the samples electronically thereby leaving the purity of sound intact. In essence Dolden, who plays most of the instruments himself, creates and conducts a vast orchestra which could not exist in the everyday world.

    Paul Dolden’s latest release, Who Has the Biggest Sound? (Starkland ST-220 starkland.com), includes two titles. The somewhat tongue-in-cheek, or at least playfully self-referential, title track which includes a narrator (Dolden) asking questions such as “Who can play the fastest? Who has the dreamiest melodies? Who can talk faster: crickets or man?” was co-commissioned by Réseaux des arts médiatiques (Montreal) and Diapason Gallery (New York). Although the narration seems a little condescending and self-indulgent, the layered textures that constitute the bulk of the composition are incredible to behold, or more accurately, behear.

    The companion piece, The Un-Tempered Orchestra, commissioned by the Sinus Ton Festival (Germany), takes Bach’s exploration of the equal-tempered tuning system in the Well-Tempered Klavier as its point of departure. Whereas Bach demonstrated the viability of the then new symmetrical division of the octave into 12 equal steps, Dolden’s intention is to establish a “non-symmetrical building which uses non-tempered tuning systems, many of which have no octaves […] to create a new musical space within which Western and non-Western musical practices can co-exist […] a big modern multi-cultural family.” He goes on to say “In order to construct this house, first I wrote simple diatonic melodies and chord progressions. Then I recorded Eastern and Western performers reading these lines in their native dialect or tuning system. With the aid of new technologies I edited all these performances to fit under one symmetrical roof. […] Specifically we see our current Western [style] of playing reflected back to us and distorted by ancient musical tuning systems. By combining different musical languages and styles we invert time: what is old becomes new and vice versa. Please enjoy these moments of musical transcendence.” I know I did, but buyer beware. These sounds are big, bold, brash and often abrasive, and listening is not recommended for the timid.

    These sounds are big, bold, brash and often abrasive, and listening is not recommended for the timid.

    Who Has the Biggest Sound? dans Vital

    «Review», Dolf Mulder, Vital, no 950, 22 septembre 2014
    lundi 22 septembre 2014 Presse

    Paul Dolden is a Canadian composer of electroacoustic music. He started at a young age playing guitar, cello and violin. Exploring the possibilities of recording techniques he gradually entered the realms of electroacoustic music. His music is often made from hundreds of digitally recorded instrumental and vocal performances, creating a virtual orchestra. This is his main tool. He became a very respected composer of electroacoustic music, with his composition L’ivresse de la vitesse (Intoxicated by Speed) released by Empreintes Digitales, as a landmark recording. His new work Who has the biggest sound? is his first release since nine years! This is due to the fact that Dolden follows very time-demanding procedures. For the title work “he worked full-time over a 3-year period from November 2005 to December 2008, logging over 6000 hours in the studio”. The second composition, The Un-Tempered Orchestra took about 1800 studio hours. In both works one can identify the original instruments, as Dolden uses long samples. But also processed to an extent that cannot be realized by playing the instrument. There is a similarity with the work of Noah Creshevsky, who also sticks to identifiable acoustical sources for his electroacoustic music. Concerning the structure of the pieces, Dolden’s music remains close to popular music, which is the case for other American composers on Starkland as well. This makes this music accessible and also humour is not far away. Some pieces sound as an speeded up Philip Glass-track. It is at a more detailed level that this multi-layered music moved me. One hears strange combinations of sounds and odd patterns that simply fascinate.

    It is at a more detailed level that this multi-layered music moved me. One hears strange combinations of sounds and odd patterns that simply fascinate.

    Allusions sonores dans Liability Webzine

    «Critique», Fabien, Liability Webzine, 19 septembre 2014
    vendredi 19 septembre 2014 Presse

    Canadien vivant au Royaume Uni, David Berezan signe avec ce deuxième album son intérêt pour les sonorités asiatiques mais pas uniquement. En tout cas, la musique acousmatique de Berezan est clairement régionalisée. Chaque morceau d’Allusions sonores correspond à un lieu défini, son environnement mais aussi à des sonorités précises qui tient évidemment à du field recordings mais aussi à une instrumentation particulière. Ce qui ressort surtout de ce disque c’est bien l’association qui est faite de toute cette matière. David Berezan, comme beaucoup des compositeurs acousmatiques, construit et modèle, transformant le réel pour créer chez l’auditeur la vision d’une réalité différente qui s’approche bien souvent du fantasme. Pour autant, ce fantasme repose sur quelque chose de profondément concret, une musique qui se base sur le vivant pour en créer une réalité augmentée. Fatalement, cette réalité se focalise sur le vivant et sur ce qui l’entoure. Tout y est alors amplifié, nous arrivant aux oreilles comme une information décryptée et débarrassée de toutes les scories qui pouvaient empêcher sa compréhension. Mais, au-delà de ça, Allusions sonores est aussi une exploration de paysages très différents les uns des autres faisant se rencontrer le monde industrialisé à celui encore assez proche de la nature mais qui n’est jamais abandonné de l’homme. Allusions sonores donne donc dans le vivant et l’organique sans jamais perdre de vue que la musique qu’il construit à partir d’une matière brut, sert également à décrire et imaginer des lieux précis, des moments de vie que l’on observe d’une manière quasi effacée mais admirative. David Berezan passe d’un pays à l’autre, d’un continent à un autre, d’une culture à une autre tel un ethnologue qui observerait ce qui se passe sans jamais chercher forcément à l’expliquer. Il fait simplement ressortir la beauté de sons et de rythmes qu’ils peuvent générer. En ce sens, il fait ressortir quelque chose d’unique qui ne peut être reproduit deux fois de la même manière. L’invitation vers l’ailleurs fonctionne alors à plein régime et on se laisse forcément embarquer.

    L’invitation vers l’ailleurs fonctionne alors à plein régime et on se laisse forcément embarquer.

    Who Has the Biggest Sound? dans Gapplegate Classical-Modern Music Review

    «Review», Grego Applegate Edwards, Gapplegate Classical-Modern Music Review, 14 août 2014
    jeudi 14 août 2014 Presse

    When your ears meet the immediate present, the music that notifies you that it is not, certainly, 1910… Nor is it 1930, 1950, 1970, or even 1990… When you hear music that tells you it is 2014, is it a cause for celebration? Perhaps not celebration necessarily, but certainly it causes you to wake up a little bit, take stock of where you are and where we all are. To rethink the possibilities that music holds for us.

    Electroacoustic wizard Paul Dolden and his Who Has the Biggest Sound? (Starkland 220) has that kind of abrupt contemporaneity. He is a sample creator and manipulator, sample here meaning a recorded sound sequence of any sort. His samples can be quite lengthy (as opposed to the typical use of samples in the commercial music world) or quite short. Most importantly the samples, whether they are borrowed from source materials or fashioned by Dolden himself (I believe here much of it is the latter), are made anew by virtue of Dolden’s acoustic-musical vision, his eccentric and unexpectedly wayward combinatory logic, which is the critical element at work here.

    He combines, electronically transforms and re-sequences diverse sounds into often surprising juxtapositions, for an electroacoustic orchestral melange that shows extraordinary creativity and a sense of direction.

    There are two interrelated works presented on the album, the title track Who Has the Biggest Sound? (2005-2008) and The Un-tempered Orchestra (2010). Both have a jagged abstractness about them, yet an organic through-flow, an asymmetry and also a sense of poetic humor, which is somewhat rare these days.

    The Un-tempered Orchestra seeks to counter Bach’s Well-Tempered Clavier by creating something the opposite, a six-movement work that uses non-tempered tuning and is as formally amorphous as Bach was formally ordered and symmetrical in his brilliant way.

    Who Has the Biggest Sound? is in 15 parts and following the tongue-in-cheek title creates a sonic largess and diversity that adapts and parodies styles at the same time as it has sound-color innovation as its most serious goal.

    The results in both cases are almost unworldly at times, gamelan sounding clanks, orchestral audio super-exotica, insects, animals, rock chaos, percussion blasts, a cowboy melody, a tango, you practically name it and there’s something in there you will find. And the point of all this diverse material is an intent to refabric our perceptions and expectations of what is what in a rather radical way.

    That he succeeds in creating phantasmagorical universes that give you genuine pause attests to his ingenuity, vision, brilliance even. Paul Dolden shows us that he is one of the most consistently interesting and inventive electroacoustic composers-assemblers today. He is most definitely a force to contend with here in 2014 and no doubt (I would hope) for many years to come.

    Highly recommended!

    That he succeeds in creating phantasmagorical universes that give you genuine pause attests to his ingenuity, vision, brilliance even. Paul Dolden shows us that he is one of the most consistently interesting and inventive electroacoustic composers-assemblers today. He is most definitely a force to contend with here in 2014 and no doubt (I would hope) for many years to come.
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