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  • Radio Roadmovies dans La Scena Musicale

    «Le voyageur immobile», Réjean Beaucage, La Scena Musicale, no 10:1, 1 septembre 2004
    mercredi 1 septembre 2004 Presse

    […] l’électroacousticien Christian Calon et l’artiste sonore Chantal Dumas font paraître sous étiquette 326music un album double intitulé Radio Roadmovies, qui rend compte de leur périple à travers le Canada «de Montréal au Cercle Arctique à travers les Prairies». Le premier disque fait entendre Le petit homme dans l’oreille, un «carnet de voyage narratif» qui s’est mérité le Grand Prix du documentaire Phonurgia Nova 2001. Bribes de conversations, musiques et sons divers, glanés tout au long du voyage, subissent un montage pour le moins créatif qui donne à ce «documentaire» des allures surréalistes. Le deuxième disque contient une œuvre intitulée Documents de surface, qui n’offre aucun dialogue, mais présente plutôt les sons (bruissements d’insectes, murmures de cours d’eau, etc.) à l’état brut. Un paysage sonore moins directif que le premier, dans lequel on peut se glisser à notre guise pour inventer notre propre scénario. Grande qualité au niveau de la prise de son. […]

    Grande qualité au niveau de la prise de son.

    Le contrat dans SOCAN — Paroles & Musique

    «Lancements», Gilles Boisclair, SOCAN — Paroles & Musique, no 10:4, 1 septembre 2004
    mercredi 1 septembre 2004 Presse

    Amis de longue date, Gilles Gobeil et René Lussier renouent avec le plaisir de composer et jouer ensemble. Ils ont mis sept ans pour signer Le contrat, inspiré du Faust de Goethe , grâce à la commande de Jean-François Denis pour empreintes DIGITALes et avec l’appui du Conseil des arts du Canada. L’électroacoustique peut être une plongée dans l’inconnu, donc je vous conseille d’écouter cet album avec casque d’écoute, pour bien en apprécier toutes les subtilités et les surprises.

    … pour bien en apprécier toutes les subtilités et les surprises.

    Aparanthesi dans Revue & Corrigée

    «Critique», Paul-Yves Bourand, Revue & Corrigée, no 61, 1 septembre 2004
    mercredi 1 septembre 2004 Presse

    Biographie: coupable de tailler avec affront des costumes dans les œuvres des autres, pour les remonter ensuite à sa guise sans leurs accords, tout en conservant à ses emprunts un aspect reconnaissable. Multirécidiviste, s’est attiré les faveurs (et les foudres) de quelques tribunaux, suite aux plaintes d’épiciers dont nous tairons les noms afin de leur épargner toute publicité gratuite. Sur commande, s’est également livré à un hommage au groupe Grateful Dead (Grayfolded), d’excellente facture.

    Mais que peuvent donc avoir en commun les locataires d’une volière, un anonyme accordeur de piano, la violoncelliste Joan Jeanrenaud (ex-manieuse d’archet du Kronos Quartet) et les grondements d’un orage précédant une pluie battante? Selon le metteur en ondes, de produire des vibrations de l’air aux alentours de 440 Hertz, le fameux la qui fait vrombir d’un même accord instrumentistes et vocalistes des pays occidentaux.

    L’album se divise en deux longues plages qui prennent les formes de vagues sonores que l’on dirait filmées au ralenti. Celles-ci enflent, enflent, enflent, puis s’abattent et se répandent interminablement sur la grève jusqu’à leur dernière goutte (le silence). Avant que ne se produisent ces (fatales?) échéances, Oswald joue sur tous les registres des superpositions, entrelacements, juxtapositions, émiettant ses sources en des myriades de sons qui peuvent n’être qu’à peine perceptibles. De curieuses mues qu’une écoute distraite parvient à confondre en un bourdonnement uni et apaisant.

    Pépiements, bruissements d’ailes et de feuillages, stridulations d’insectes, vol d’un moustique, ruissellements et souffles, crissements des chevilles quand la clef de l’accordeur les fait tourner dans leur sommier, vibrato obstiné de violoncelle, appel sourd d’une corne de brume, tous subissent peu ou prou quelques modulations hertziennes à l’aide de l’effet Doppler. Une mise en perspective des tâtonnements qui s’opèrent avant d’obtenir l’accord parfait.

    Pour ce travail de longue haleine (en gros, trois ans de charcutages et de remises en cause) John Oswald a fait appel tant à ses réminiscences cinématographiques qu’à ses trouvailles antérieures (notamment sur Discosphere). La longue interview (insérée dans le livret) que le compositeur accorde à Norman Igma lui permet de revenir sur toutes les étapes qui furent franchies pour atteindre le résultat final. Le lecteur y apprend ainsi que certains motifs ont été effacés ou sont devenus inaudibles pour toute autre personne que l’artisan, mais leurs présences demeurent en négatif.

    Des propos qui ne font que renforcer la stupéfaction qu’avec des matériaux aussi disparates (voire d’une banalité confondante), il est possible de rejoindre les papes de la musique minimaliste ou répétitive. Du grand art qui emporte l’adhésion. Fascinant.

    P.S.: Dommage qu’aucune puissance divine n’existe, elle aurait sûrement aimé saisir l’occasion pour intenter plusieurs procès retentissants quant au sort que fait l’agenceur à quelques unes des créatures qui lui servent d’ingrédients.

    Du grand art qui emporte l’adhésion. Fascinant.

    Radio Roadmovies dans Revue & Corrigée

    «Critique», Jean-Christophe Camps, Carole Rieussec, Revue & Corrigée, no 61, 1 septembre 2004
    mercredi 1 septembre 2004 Presse

    Voici un double disque sur la captation et la restitution de sons de l’environnement. Deux propos qui partent du même argument: une montée de Montréal au cercle arctique (Yukon) à travers les prairies, puis descente vers le Pacifique, et retour vers les Badlands. Il n’est pas si fréquent d’entendre ces deux musiciens composer ensemble, et c’est une réussite! Le titre Radio Roadmovies invite à se poser la question de l’appartenance de cette œuvre au genre radiophonique, genre en mouvant, aux définitions et pratiques multiples, et de ce fait très ouvert à l’expérimentation.

    Même si Chantal Dumas et Christian Calon se «permettent de modifier la matière originale, souvent, les matériaux sont présentés avec un minimum de transformation», disent-ils dans les «liner-notes». Ce travail de transformation minimale met en valeur la transformation due à la captation par micros, et de l’écoute hors du contexte; et il s’agit de transformations extrêmement importantes.

    Documents de surface et Le petit homme dans l’oreille pointent deux attitudes d’écoute et de fabrication distincte, l’une est tentée par l’objectivation et l’autre par ce qu’on nomme poésie au sens de subjectivité dominante. Radio Roadmovies réunit dans un même objet deux pellicules: l’une dans le sillon de Rouch et l’autre dans la veine de Rhomer, elles racontent deux histoires en écho. La précision des acoustiques (intérieur voiture, réverbération du lieu, larges espaces extérieurs, échos naturels, corbeau isolé, voix dans un haut-parleur… ), la masse des sons dans le spectre sonore (vent grondant ou criquets) est remarquable. A certains moments, le micro creuse l’intime, ou bien révèle le poids abstrait d’une figure de sons (passage d’un camion, frémissement d’insectes, ligne de grillons, vent à la fenêtre). La captation sonore et le rendu peuvent devenir extrêmement sensuels. Le petit homme dans l’oreille se distingue par une sorte de trace-trame continue. Trace des auteurs, trame du réel; ici l’acte de mixage est très savamment calibré et le sampling crée un léger trouble là où on attend un ensevelissement sonore. Continuum d’intensité, minimalisme oujet présence assurant une mise à distance du monde? Mélodies de la présence sur fond atmosphérique donnent cette couleur indéfinissable. Ce doux fondu des sons-voix-monde nous éloignent d’une certaine esthétique où l’intensité qualifie la présence, où la rupture fait jaillir des brèches du silence: est-ce une mort organique pour une vie abstraite ce qui relierait d’autant plus ces deux volumes? Dans Le petit homme dans l’oreille, on entend une respiration perpétuelle, celle du désir, de l’écoute, de la technique: «My batteries are over». Il y a comme un flouage entre le réel, la fiction et l’autofiction. Documents de surface nous emmène plus loin d’un «réel», plus proche de la «surface du son». Ces épures d’un train la nuit ou d’une corne de brume sur le Pacifique nous révèlent l’abstraction de l’image. La référence au dessin est tentante, le son est terriblement bien ourlé. Nous voici comme face à une esquisse ou un lavis qui force à faire apparaître du son, ce que ces deux compositeurs de la matière veulent bien nous y faire entendre. Ensuite, l’écoute permet toutes les digressions mentales — métaphysiques et banales. Derrière la plastique, on sent les musiciens jouant du rythmique ou de l’étal, du vif et du lent, etc.

    Si l’écoute tient si longtemps dans ces deux longues formes (respectivement 57 et 52 minutes), c’est par la force de la forme, de la composition construite sur des critères sonores abstraits.

    Si l’écoute tient si longtemps… c’est par la force de la forme, de la composition construite sur des critères sonores abstraits.

    Fractures, Lumière dans la nuit dans Revue & Corrigée

    «Critique», Pierre Durr, Revue & Corrigée, no 61, 1 septembre 2004
    mercredi 1 septembre 2004 Presse

    S’il est vrai que toute musique peut prétendre à être du cinéma pour l’oreille, et plus particulièrement celles que l’on qualifie d’acousmatiques, les enregistrements ci-dessus le sont tout particulièrement. Fractures est le premier recueil (sur le label montréalais) d’un jeune créateur québécois. Lumière dans la nuit émane d’un membre du GMVL de Lyon.

    Une même préoccupation les habite: sons transformés parsemés de citations plus ou moins identifiables, avec pour le Québécois, une prédilection pour les ruptures plus ou moins brutales tandis que le Français travaille davantage la continuité, la linéarité. En témoigne d’ailleurs la structure même des pièces: celles de Bouchard (mise à part Angle mort) se déclinent en plusieurs volets plutôt courts (deux à cinq minutes) quand celles de Fort sont d’un seul tenant.

    Le propos du Québécois reflète, principalement à travers Parcelles 1 et Parcelles 2 une préoccupation plus humaniste, dans la mesure où ses pièces restituent des instants de vies humaines, entre jeux d’enfants et bruits échappés du chaos urbain, entre une relative sérénité campagnarde et, par exemple, diverses sonorités captées dans les aéroports: Le Concorde, Orly, passage d’avions… Même humanisme, mais dans une approche plus poignante, la lutte pour la survie (Angle mort).

    L’approche du Français est sensiblement plus naturaliste, bien que L’impatience des limites, la première pièce, soit d’essence plus intime. Qu’il s’agisse d’une transposition sonore de paysages danubiens, mêlant faune et flore (La paix de l’entendre) ou d’une promenade faisant crisser la neige sous les pas (Silence radieux), l’ensemble du recueil trouve son unité dans une déambulation sonore à la fois grave et sereine.

    Des passages de Charnière et autres pièces + Ma magie dans The WholeNote

    «Review», Tiina Kiik, The WholeNote, no 10:1, 1 septembre 2004
    mercredi 1 septembre 2004 Presse

    Composer Michelle Boudreau’s charnière is the musical element of the artwork ‘sculpture/object’ of the same name by Luc Bourbonnais. Comprised of five pieces (four of which appear on this release), the aural element of this music-theatre work succeeds independently. The bilingual liner notes support the listener’s ability to navigate this fascinating work. Though it may require repeated listenings to fully understand the musical nuances, this effort is certainly time not wasted. Having never seen this work live, I can only assume that with the accompanying visuals, this would not be the case.

    Boudreau’s work utilizes both electroacoustic elements with live performance; her work is especially moving when she employs the human voice. The first track, charnière: langage oublié, is mesmerizing. Over 17 minutes in length, the work opens with a sound reminiscent of a squeaky wooden door at a remote cottage. Referred to as “a piece with its own complete universe,” the accompanying vocal chants, performed superlatively by soprano Danièle Forget, create an hypnotic ‘universal’ ambiance and the strongest example of Boudreau’s ‘charniere’ recordings on this release. Of the two other works, Berté litice, la suite (introduction), for four cellos, is a compelling piece that shows another side of Boudreau’s musical vision.

    Michelle Boudreau’s work here remains an enignia for me. My 2 initial difficulty in listening quickly changed to fascination. Des passages de Charnière + Ma magie et autres pièces is a learning and mind opening experience worth every effort.

    … a learning and mind opening experience worth every effort.
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