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  • Paul Dolden dans The Georgia Straight

    «Sonic Boom», Robert Jordan, The Georgia Straight, 20 mars 1997
    jeudi 20 mars 1997 Presse

    […] Far more engaging was Paul Dolden’s The Gravity of Silence. Resonance #5, for flute and piccolo (both excellently played by Chenoa Anderson) accompanied by taped sounds. The Gravity of Silence. Resonance #5 turned out to be a volte-face for the typically irascible Dolden — it sounded as though he was having fun sending up classical showpiece clichés. This tonal and melodious music is a long way from the noisy, chaotic territory his music usually explores.

    Forêt profonde, Francis Dhomont dans Le Devoir

    «Critique», François Tousignant, Le Devoir, 8 mars 1997
    samedi 8 mars 1997 Presse

    Chose promise… Voici donc la deuxième partie de ce fabuleux mélodrame de Francis Dhomont Cette fois c’est par la porte des contes de fées, de Grimm notamment, que l’imagination créatrice de Dhomont vient nous déranger et nous enrichir.

    Il s’agit de la troisième version que le compositeur livre de son œuvre, lui qui, comme Boileau, cent fois sur le métier… La musique y est plus prégnante que dans la première partie du cycle. On pourrait lancer l’hypothèse que le compositeur s’est plus servi de la parole comme moteur dans la première partie du cycle (Sous le regard d’un soleil noir), territoire des adultes, et qu’il a plus besoin d’enrobage sonore pour aborder le monde de l’enfance, plus fugitif et plus intuitif. Le discours de deuxième niveau est donc plus utilisé.

    S’inspirant fortement des travaux de Bruno Bettelheim sur les contes pour enfants, de manière un peu trop soulignée en un certain passage, Dhomont tente d’allier discours fantastique et séduisant (on pense parfois à des trames sonores d’Hollywood) à celui plus exigeant de la confrontation avec des utilisations acousmatiques pures et dures (la «fureur humaine»). Le résultat est fascinant. Comme par exemple, dans le début de la troisième partie où la trame narrative est claire et efficace. Des sons «bizarres» et tout à coup une chaude voix de femme qui dit «Ce n’est rien» et plus loin: «Qu’est-ce qui se passe?».

    Oui, il faut vraiment écouter cela comme un conte de fées. Francis Dhomont se révèle ici un formidable conteur. Et même les enfants embarquent dans son périple, y comprenant bien ce qu’ils peuvent, comme nous d’ailleurs.

    On oublie la technique tant tout cela est fait avec l’inéluctabilité de la vérité qui se dévoile. Je parle ici aussi bien de la réalisation sonore et de la mise en bande (équivalent à l’écriture de la partition pour Dhomont) que de la structure du propos. Un mélodrame, c’est avant tout du théâtre, et Dhomont se montre dramaturge trés original et sûr. Sitôt qu’on pense que la pièce va tourner en rond, arrive une clé — sons synthétiques, parole, sons familiers, Scènes d’enfants de Schumann, bruits connus — qui nous ouvre une nouvelle porte de perception et de compréhension. Encore une fois, Dhomont joue du Labyrinthe en véritable Dédale: il conçoit un édifice dans lequel on pénètre sans savoir comment on en sortira, chacun à sa manière.

    C’est donc la partie forte du cycle qui se clôt ici. On a l’impression qu’on ne saurait applaudir: on est tellement pris par cette musique, que quand se fait le silence, on le cultive afin de mieux se pénétrer de ce qui pourrait bien être en passe de devenir une des réussites acousmatiques les plus grandes de cette fin de siècle.

    … une des réussites acousmatiques les plus grandes de cette fin de siècle.

    Sous le regard d’un soleil noir dans La Tribune

    «Un peu de neuf sous un soleil timide», Rachel Lussier, La Tribune, 8 mars 1997
    samedi 8 mars 1997 Presse

    Miam! Les initiatives intelligentes, moi j’aime. Et voilà en plein ce que nous offre la maison québécoise empreintes DIGITALes, seule en Amérique à se spécialiser dans les musiques électroacoustiques. Montréal n’est-elle pas d’ailleurs la capitale nord-américaine du genre? Voici 10 nouveautés et trois rééditions, albums dont nous vous parlerons avec plaisir au fil de l’année. Collection convoitable et le grand privilège de pouvoir s’offrir les albums un à un, de choisir exclusivement qui on aime sans se farcir un onéreux coffret.

    À tout seigneur tout honneur, il faut me semble-t-il saluer dès le départ les musiques du montréalais Francis Dhomont. Sous le regard d’un soleil noir et Forêt profonde étaient sans conteste au nombre des rééditions qui s’imposaient (Le cycle des profondeurs, 1982). Ici présenté en dyptique, sous un emballage absolument délicieux et généreux, Sous le regard d’un soleil noir, notamment, nous amène dans des profondeurs de la quête humaine qui parfois fait un peu peur et ailleurs transcendent toutes inepties. Facile d’écoute? Oui et non, comme toute grande musique électroacoustique. Il faut dans un premier temps oser se laisser prendre au langage sans nécessairement chercher à le décoder, puis, se risquer dans l’attrait d’une esthétique différente. C’est ca l’art, il en appelle à l’artiste, il en appelle parfois aussi à qui le reçoit. Réflexion psychanalytique, une quête terrible face au sens de l’existence. Osez pour voir et vous verrez que cette «non musique», comme disent les méchants, est de loin plus musicale qu’on peut le prétendre à la première écoute.

    Polyphonie-polychrome dans Contact!

    «Critique», Frank Koustrup, Contact!, no 10:2, 1 mars 1997
    samedi 1 mars 1997 Presse

    Ce disque m’a pris par surprise. Lors des premières auditions, je n’y ai pas tellement porté attention. La musique ne m’a pas impressionné. Mais après quelques essais supplémentaires, ce disque est devenu captivant. Je le trouve maintenant presque indispensable et le considère comme faisant partie de la meilleure musique acousmatique que j’ai entendue. L’orientation stylistique de Patrick Ascione est acousmatique et s’apparente à celle de Francis Dhomont et Michel Chion. Mon indifférence du début était peut-être due à la manière distraite dont j’écoute la musique maintenant. Je ne prends presque jamais le temps de m’arrêter et d’écouter. J’ai perdu contact avec ma vieille habitude d’une écoute méditative, le type d’écoute que mérite cette musique.

    Chacune des trois pièces de ce disque dure vingt minutes ou plus. Lune noire débute mécaniquement mais sensuellement. Malgré leur qualité métallique, les timbres s’apparentent à la voix. Sur champ d’azur est un paysage panoramique, plutôt peint que photographié, davantage une interprétation qu’un document. Son étendue est vaste. Valeurs d’ombre termine ce disque dans une ambiance plus sombre qui nous emporte. Cette pièce est belle, cependant qu’elle finit trop abruptement, sans sentiment de cadence.

    M. Ascione décrit son approche compositionnelle comme s’apparentant à celle d’un peintre. Il juxtapose les couleurs sonores comme un expressionniste abstrait le ferait avec les pigments de couleurs. Tel un Jackson Pollock acousmatique, il compose des textures massives et enchevêtrées sur une toile de grande dimension. Dans l’espace, le temps et l’orchestration, la musique est gigantesque et d’une grande complexité. Deux haut-parleurs étranglent ces trois pièces. Elles exigent obstinément une salle de concert, un système à voies multiples et la pénombre. Afin de créer l’illusion d’un espace plus profond, j’ai récemment écouté ce disque avec un casque d’écoute en laissant également le son sortir des haut-parleurs stéréo. De cette façon, les hautes fréquences se répandaient près de ma tête alors que les basses fréquences résonaient de plus loin. Ce type d’écoute m’a donné une meilleure idée de l’espace musical de ces compositions.

    Comme d’habitude, le produit d’empreintes DIGITALes est complet et attirant.

    Tel un Jackson Pollock acousmatique, il compose des textures massives et enchevêtrées…

    Sous le regard d’un soleil noir, Francis Dhomont dans Le Devoir

    «Aux antipodes des apparences», François Tousignant, Le Devoir, 1 mars 1997
    samedi 1 mars 1997 Presse

    Magnifique cadeau que cette mise en compact de la musique de Francis Dhomont. Vraiment, il faut saluer bien bas et avec une infinie gratitude l’initiative des Jean-François Denis et consorts pour avoir vaillamment produit ces disques magnifiquement et très originalement présentés, qui ne cessent de nous faire faire des découvertes et qui sont d’une qualité plus qu’exceptionnelle.

    J’ai écouté trois fois la première partie du Cycle des profondeurs que l’on présente ici et qui s’intitule Sous le regard d’un soleil noir (je vous parlerai bientôt de la seconde, Forêt profonde), pour chaque fois me demander; «Mais qu’est-ce que cette cette musique de la non-musique a pour m’émouvoir si musicalement?»

    Ce qu’on entend, c’est d’abord un texte qui s’inspire de la réflexion psychanalytique (fuyant donc tout le psychologisme facile) et de la difficulté de l’existence dans son sens le plus vaste. S’y allie cet intérêt de Dhomont pour orienter son message par une qualité littéraire certaine et sérieuse. On ne lit pas ce texte comme un poème; on le lit comme prétexte au poème ultime qu’est sa mise en sonorisation dans l’univers d’apparence discret du compositeur. Attention: en art, les apparences sont trompeuses!

    Le verbe prend toute sa portée dans son contexte. Ici, il se conjugue avec un traitement subtil des mots dits, des significations orientées par le contexte musical. Ou alors serait-ce le contraire? Est-ce que la mise en forme de ce texte, la vraie porteuse de sens dans sa profondeur car la moins immédiate, ne serait-elle pas cet état béni de l’art musical que le mot nettement énoncé vient révéler à notre conscience acoustique?

    On le comprend, le va-et-vient entre les formidables réseaux créés ici par Dhomont est infiniment riche. A chacun, donc, sa propre stratégie, dont l’effort lui sera récompensé par une émotion — oui, une véritable et profonde émotion — d’autant plus pleine qu’on désire recommencer l’expérience.

    Le compositeur se fait Virgile et nous Dante. Le labyrinthe de l’Enfer, s’il est moins violent ici que dans les images apocalyptiques de l’Italien, n’en rejoint pas moins la même originalité, faisant renaître en nous cette quête d’un idéal nouveau. L’exploration est sombre.

    Le court poème sur «l’m No One, l’m A No One» va peut-être servir de clé pour tout à coup comprendre à quel travail s’est livré le compositeur pour nous livrer sa pièce. Faites attention: le travail n’est pas la pièce. Cette dernière est le résultat du travail, ne serait-ce que celui d’une main tendue vers l’extérieur.

    On ne trouve pas ici le plaisir léger des valses viennoises, confronté que l’on est aux douleurs de la «maladie mentale». Il y en a que cela choque, mais je suis sûr qu’ils admirent van Gogh. Alors, pourquoi se refuser de faire un autre type d’expérience esthétique? Physiquement, rien n’agresse. Artistiquement, on est pris, séduit et enrichit. Et aussi comblé.

    Physiquement, rien n’agresse. Artistiquement, on est pris, séduit et enrichit. Et aussi comblé.

    Léone dans Revue & Corrigée

    «Critique», Jérôme Noetinger, Revue & Corrigée, no 31, 1 mars 1997
    samedi 1 mars 1997 Presse

    Terminons cette série de nouveautés avec le CD de Philippe Mion. Léone, un opéra composé entre 1987 et 1993 avec un livret de Philippe Minyana. On est en plein burlesque délirant et absurde basé sur l’ambiance “Détective” et autres torchons à scandales. La partie électroacoustique (excellente) de Mion va dans le sens du foisonnement de l’action devenant presque un personnage supplémentaire parmi Léone et sa farnille, ou bien un baromêtre nous indiquant les pressions en jeu.

    On est en plein burlesque délirant et absurde…
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