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Robert Normandeau

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  • Puzzles, Robert Normandeau in Matériaux pour Médée (Sybillines)

    Robert Normandeau: Le metteur en son”, Stéphane Lépine, Matériaux pour Médée (Sybillines), October 19, 2004
    Tuesday, October 19, 2004 Press

    Électron libre de la scène musicale montréalaise, acousmaticien féru d’expérimentations sonores, Robert Normandeau, qui compte parmi les pionniers de l’électro québécoise et de la conquête audio, suit depuis près de vingt ans une trajectoire rigoureusement oblique qui l’a porté à la pointe des musiques chercheuses et a composé pour le théâtre de véritables longs métrages sonores, à la fois tragiques, ludiques, virtuoses et parfaitement jubilatoires. Il y a chez cet éclaireur buté un côté définitivement énigmatique et insaisissable, décourageant tous ceux qui ne goûteraient que les gibiers marqués, faciles à traquer. Il y a aussi chez lui quelque chose d’un peu intimidant même, dans cette attitude résolument distanciée vis-à-vis des modes et des autres courants plus ou moins constitués/institués du moment et la nonchalance désinvolte avec laquelle il les emprunte pourtant à l’occasion, jouant sa singularité moins dans une exploration forcenée des marges et des «avant-gardes» que dans une très maîtrisée traversée libre des genres et des styles. Faut-il donc voir dans cette démarche spontanément rétive aux protocoles de l’époque – et aux servitudes volontaires qu’ils induisent – la marque d’un militantisme? Pas le moins du monde. Plutôt la rémanence d’un chant libertaire, harmonisé à la seule musique des désirs. Ainsi Robert Normandeau n’en fait-il qu’à sa tête et pioche-t-il alentour et tous azimuts (musiques savantes, improvisation libre, machines et instruments, tout le monde des sons), en une attitude parfaitement non alignée, de quoi fonder un univers affranchi de tout présupposé esthétique, de plus en plus personnel et, partant, parfaitement insituable.

    Aujourd’hui, après des années d’aventure musicale aux quatre coins de l’électrosphère et de la planète (sa musique est en effet diffusée partout dans le monde), depuis ses premières armes dans le prolongement de l’œuvre du grand maître Francis Dhomont jusqu’à sa participation active aux univers de Brigitte Haentjens, Robert Normandeau, porté par le désir de créer jusqu’au bout son propre univers, aligne les chefs-d’œuvre de musicalité et d’intelligence formelle: synthèse idéale entre l’exigence d’authenticité et d’engagement émotionnel dont il se réclame et la sophistication toujours plus affirmée d’une écriture à la fois rigoureuse et ludique. Au théâtre, où il a signé depuis Quartett (1996) de Heiner Müller une dizaine de musiques uniquement pour la metteure en scène Brigitte Haentjens (Électre, Antigone, Mademoiselle Julie, Malina, Farces conjugales, L’Éden Cinéma, La Cloche de verre, Hamlet-machine et aujourd’hui Médée-Matériau), cette originalité foncière, Robert Normandeau la fonde principalement sur une vraie réflexion sur la relation musique/représentation théâtrale. Partant de sa propre expérience d’électroacousticien, il propose pour le théâtre des œuvres joyeusement impures, qui deviennent souvent ensuite des œuvres de concert(*) et qui ne cessent, comme en négatif, d’en interroger les fondements théoriques et de les transgresser, cela en ne se refusant aucune hérésie.

    (*) Malina (2000), née de la musique de scène conçue pour Malina et Érinyes (2001), née de la musique pour la production d’Électre, deux œuvres disponibles sur étiquette Empreintes digitales; Chorus (2002), née de la musique pour Antigone, StrinGDberg (2001-03), née de la musique pour Mademoiselle Julie, Puzzle (2003), née de la musique pour les Farces conjugales, Éden (2003), née de la musique pour L’Éden Cinéma et Hamlet-Machine with Actors (2003), née de la musique pour Hamlet-machine: cinq œuvres qui sont publiées sur le cinquième disque solo de Robert Normandeau chez empreintes DIGITALes, Puzzles.

    «La musique de théâtre n’est pas à mes yeux un sous-genre musical, comme on peut le croire parfois en écoutant certaines œuvres écrites spécifiquement pour la scène. Mais je me rends compte que j’ai vraiment beaucoup de chance de travailler avec une femme comme Brigitte Haentjens, précise Robert Normandeau. J’entreprends tous mes projet avec elle comme si je démarrais une nouvelle composition. Je ne le savais pas à l’origine, mais la musique pour Malina a été vraiment déterminante sur ce point. N’oublions pas qu’il s’agissait seulement de ma seconde collaboration avec Brigitte et que c’était en fait la première musique originale que je faisais pour elle, Quartett, qui l’avait précédé, étant une série de réarrangements de mes musiques déjà endisquées. Je travaille toujours très longtemps et intensément sur un projet en adoptant une attitude quelque peu schizophrénique car je pense en même temps et parallèlement aux développements théâtral et musical. Pour Malina, Erinyes, Puzzle et Hamlet-Machine with Actors, les deux projets sont très proches, la version concert prenant alors en charge une gestion temporelle autonome débarrassée des contingences du jeu. Pour StrinGDberg, Éden et Chorus, les musiques de concert sont plus éloignées de la musique pour la pièce de théâtre dans la facture, mais pas dans l’esprit.»

    De ce point de vue, ses œuvres destinées d’abord au théâtre se présentent aux auditeurs/spectateurs comme d’authentiques laboratoires formels mettant en branle d’infernales petites machineries sonores, explorant avec virtuosité les vertus évocatrices des voix réelles (celles des acteurs d’Électre par exemple), des sons réels (provenant d’une gare de triage pour Hamlet-machine) et alors des instruments traditionnels (la flûte shakuhachi pour Malina, la vielle à roue pour Mademoiselle Julie) pour les transmuer en matériau sonore puissamment (et souvent violemment) poétique. C’est précisément dans son rapport à la spatialité (espace théâtral/espace sonore) que Robert Normandeau innove singulièrement aujourd’hui, concevant dorénavant sa musique non pas tant comme une collection d’objets sonores individuels que comme l’espace d’une dramaturgie. Du coup, l’omniprésente musique de Malina (évoquant à la fois un espace industriel et le départ des trains vers les camps de la mort, l’espace intérieur fracturé d’une femme et les échos d’une échappée possible hors de son cachot mémoriel), les instantanés amusés et joyeusement déglingués des Farces conjugales de Feydeau ou alors la masse sonore étouffante conçue pour Hamletmachine dessinent l’espace d’un conflit, métaphorisent en quelque sorte le lieu de son énonciation. Du coup, dans son rapport au temps, dans sa façon d’agencer les morceaux non comme autant de séquences, mais bien plutôt comme une série de palimpsestes se superposant et dialoguant entre eux, dans son art du montage, à l’intérieur du plan pour ainsi dire (où les images sonores se recouvrent l’une l’autre), avec toutes ces sources sonores imbriquées qui créent de la profondeur de champ, mais aussi d’un plan à l’autre, avec sa science consommée du déroulement, l’œuvre pour le théâtre de Normandeau fonctionne très précisément comme une suite de films sonores, tantôt atmosphériques, tantôt expérimentaux, tantôt ludiques, toujours liés intimement à la matière dramatique. Robert Normandeau, avec ces œuvres follement sophistiquées dans leur processus d’élaboration et extrêmement limpides dans leur relation directe à la vie et à l’émotion de l’auditeur/spectateur, semble bien avoir trouvé là la place la plus juste et plus évocatrice de la musique au théâtre.

    … œuvres follement sophistiquées… et extrêmement limpides dans leur relation directe à la vie et à l’émotion de l’auditeur…

    Normandeau and Bédard are Finalists at Métamorphoses d’Orphée

    Wednesday, June 23, 2004 General

    Robert Normandeau is one of the selected finalist for the international acousmatic music competition Métamorphoses d’Orphée. His composition, Hamlet-Machine with Actors was commissioned by Vancouver New Music and premiered on October 11, 2003 during the “Electric City” event. Young Montréal composer Martin Bédard was also selected for his work Check-point. The final will be held October 20, 2004 in Brussels (Belgium).

    June 6, 2004: Normandeau and Parmerud are Guests in Buffalo

    Thursday, May 13, 2004 In concert

    Robert Normandeau is one of the guest composers at the festival June in Buffalo (NY) on June 1 to 6, 2004. The theme in 2004 is “Music + Computers.” Robert Normandeau will present two recent multiphonic works, Chorus (2002) and StrinGDberg (2001-03). Åke Parmerud, Zack Settel, Tristan Murail, Elainie Lillios and Cort Lippe (who is the festival’s co-curator with David Felder) are amongst the featured composers.

    May 1, 2004: Barrett and Smalley’s Premieres at Sonorities, Belfast

    Thursday, April 22, 2004 In concert

    Composers Natasha Barrett and Denis Smalley will each premiere a new composition for the Sonorities festival of contemporary music, held in Belfast (Northern Irland) from April 23 to May 1, 2004. Natasha Barrett presents her new work, Abemolpas, April 27. This concert also features works by Christian Calon and Elio Martusciello. The following day, April 28, Denis Smalley will premiere his new composition, entitled Resounding. On, April 29 the concert will feature works by Robert Normandeau and Jonty Harrison. Finally, the May 1 concert will showcase the works of Barry Truax, including the latest “remix” of his classic composition Riverrun

    April 1 – 30, 2004: empreintes DIGITALes in April 2004 in Lille, France

    Wednesday, April 14, 2004 General

    For the “Monde parallèle Montréal 45°N//” event, organized by Lille — Cultural Capital of Europe, label empreintes DIGITALes presented a portrait of Montréal’s electroacoustic creation since 1971 through 24 works by 21 Montréal composers: Serge Arcuri, Yves Beaupré, Christian Bouchard, Ned Bouhalassa, Christian Calon, Micheline Coulombe Saint-Marcoux, Yves Daoust, Francis Dhomont, Paul Dolden, Louis Dufort, Gilles Gobeil, Monique Jean, René Lussier, Robert Normandeau, Arturo Parra, Mario Rodrigue, Stéphane Roy, Alain Thibault, Jacques Tremblay, Marc Tremblay, Roxanne Turcotte. Electroacoustic label empreintes DIGITALes, new media and electronic art festivals Elektra and Mutek with the collaboration of the Society for arts and technology (SAT) all teamed up to present the best of Montréal’s electronic music and video.

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