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Paul Dolden

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  • Délires de plaisirs, Seuil de silences, Paul Dolden in SOCAN — Paroles & Musique

    Paul Dolden: le plaisir du son”, Guy Marceau, SOCAN — Paroles & Musique, no. 12:2, June 1, 2005
    Wednesday, June 1, 2005 Press

    Une équation se dessine d’emblée lorsqu’on écoute L’ivresse de la vitesse (1992), une des œuvres de Paul Dolden qui a fait l’unanimité des milieux musicaux contemporains ici et en Europe, et qu’on écoute le volubile compositeur parler de son art. À bientôt 50 ans, avec une propension à l’excès, l’accélération et l’accumulation des plans sonores, Paul Dolden parle aussi vite que la musique qu’il compose, mais ralentit un peu lorsqu’il clame ne pas être un vrai électroacousticien. Comment le situer?

    Paul Dolden, né à Vancouver mais vivant à Montréal, a tout du compositeur atypique mais passionné de musique. Très easy going, cheveux longs, relent du freak qu’il était dans les années 70, attitude un peu désinvolte et joyeusement pince-sans-rire, il est surtout très allumé et non élitiste. «Même si on compose la musique à l’aide de machines électroniques et numériques, il faut toujours rester dans le plaisir organique, de la même manière qu’on écoute simplement Led Zeppelin ou Brahms par exemple, explique Paul Dolden. Je ne suis pas un électroacousticien au sens de Robert Normandeau, par exemple, notre travail est très différent. J’aime notamment intégrer à ma musique des instruments acoustiques et des emprunts au rock ou au jazz, des styles que j’ai toujours eu beaucoup de plaisir à écouter. Ma musique parle plus au corps et au cœur qu’à la tête.»

    Dolden fait mentir l’adage Less is more. Il excelle dans la surimpression de styles musicaux disparates, «pas pour en faire de bêtes pastiches, précise-t-il, mais bien pour exploiter les grandes beautés de ces musiques dans une orchestration imposante que la machine me permet de réaliser et qu’aucun orchestre ne pourrait jouer. Dans mes œuvres, je peux superposer jusqu’à 400 couches musicales pour créer mes sonorités…» À l’écoute, en effet, sa musique parle à tous nos sens: puissante, obsédante et parfois décadente, toujours hautement chargée et recherchée. Il combine ce souci de l’ordre dans le désordre, l’idée de vitesse dans le contrôle, en exploitant les textures, ryrthmes et sonorités sur l’échelle élastique du temps au profit d’une plasticité des plus incarnées. On pense parfois à Varèse ou Zappa, mais toujours dans un «traitement électronique sensible».

    Autodidacte

    Rockeur dans l’âme, Paul Dolden apprend à 16 ans la guitare électrique, puis le violon et la basse en solo. Il s’est même récemment mis au violoncelle! Las de faire de la scène (rock, jazz) dans des spectacles et avec des groupes à géométrie variable de Vancouver, il se lance dans l’expérimentation électronique au joyeux temps de la technologie analogique. «La nécessité est la mère de toutes les inventions. En cherchant de nouvelles façons de faire ma musique, j’ai découvert toute la quincaillerie électronique des années 70. C’est fou ce qu’on peut faire avec ça! Mais, tout comme maintenant, la machine était un moyen, pas une fin en soi.» Ses bidouillages créatifs font mouche au Canada: dès 1981, Paul Dolden remporte des premiers prix coup sur coup. «Avec ces prix, on me disait entre les lignes que la musique que je composais était ce qui se faisait de mieux au Canada! Alors j’ai continué, pensez-donc!»

    Et des prix, il y en aura plus d’une vingtaine d’autres. Presque chaque année, une de ses œuvres reçoit une récompense par ses pairs de l’industrie musicale contemporaine et électroacoustique canadienne. La bonne nouvelle se répand ensuite hors de nos frontières et dès 1984, ses œuvres sont primées en Italie, France, États-Unis, République Tchèque, Suède, Angleterre… Un pied de nez à certains autres compositeurs canadiens, puisqu’il n’a pas le profil académique universitaire requis, mais bien seulement un baccalauréat en histoire générale…

    Revisiter ses œuvres

    Pour qui voudrait entendre le fruit de sa créativité, l’essentiel de ses enregistrernents figure chez empreintes DIGITALes. Son avant-dernier, Seuil de silences (2003), remportait en janvier dernier le Prix Opus du disque de l’année dans la catégorie Musique actuelle, électroacoustique. L’album réunit des œuvres de 1987 à 1996 où, à la trame numérique, s’ajoute le jeu de trois solistes, Julie-Anne Derome (violon), François Houle (clarinette) et Leslie Wyber (piano). «Il faut savoir qu’avec la venue du numérique, j’ai décidé de remixer toutes mes œuvres… Compte tenu que pour réussir à produire une pièce de 15 minutes, il me faut souvent plus de 50 heures de travail, j’en ai eu au total pour un pou plus de deux ans!» Paul Dolden dit avoir fait ce travail pour rendre justice aux œuvres elles-mêmes, qui devenaient ainsi plus précises, plus efficaces et plus sonores.

    Rétrospective en Suède

    Après plus de 20 ans de carrière, et quelque 40 œuvres plus tard, la reconnaissance ne s’est pas démentie. À la fin avril, Paul Dolden était l’artiste invité au Borderlines Festival en Suède où l’on présentait une rétrospective de ses œuvres (12 pièces, dont deux créations, en neuf jours). Et l’affiche était prestigieuse: aux côtés de ses œuvres, 12 signées Gyorgy Ligeti, un des importants compositeurs du 20e siècle, Ligeti et Dolden partagent certaines approches et techniques d’écriture, notamment dans la complexité polyrythmique. Dolden était en quelque sorte le porte-parole canadien d’une facette de notre paysage musical contemporain électroacoustique, ce qui visiblement l’enchante. Un projet en chantier? «Toujours! Je travaille présentement sur une installation sonore à grande échelle qui se tiendra l’an prochain pendant un mois à la Galerie Diapason de Manhattan (New York).»

    Avril a vu la parution de son dernier disque, Délires de plaisirs, regroupant des œuvres remixées dont Entropic Twilights (1997-2002) pour bande en trois mouvements, The Gravity of Silence. Resonance #5 (1996) pour flûte et bande, et The Heart Tears itself Apart with the Power of its own Muscle. Resonance #3 (1995) pour 10 cordes et bande. Aux atmosphères très prenantes s’ajoutent de larges citations musicales, dans une orgie de références très ludiques. La musique force l’écoute et ne laisse pas indifférent. On peut en écouter des extraits sur le site d’empreintes DIGITALes au www.empreintesdigitales.com.

    Aux atmosphères très prenantes s’ajoutent de larges citations musicales, dans une orgie de références très ludiques.

    eD: Dolden Unleashes a Storm of Pleasures

    Tuesday, April 26, 2005 New releases

    Délires de plaisirs is the latest release of the empreintes DIGITALes label. After five years of efforts, Paul Dolden reveals his latest opus on this disc, Entropic Twilights: a work of gargantuan proportions which pairs the maximalist drive of the composer with tonal and optimistic melodies. The disc also features two works from the Resonance Cycle: The Gravity of Silence. Resonance #5, with Chenoa Anderson on flute, and The Heart Tears itself Apart with the Power of its own Muscle. Resonance #3, on which Dolden plays the violin, viola, cello and double bass parts.

    April 29, 2005: Dolden: Retrospective in Sweden, Solo Concert in Denmark

    Tuesday, April 12, 2005 In concert

    Paul Dolden, Ligeti and Yoshimi are Guest Composers at the Borderline Festival, in Malmö (Sweden), on April 25 — 29, 2005. More than twenty works by Dolden are featured in this great retrospective. Furthermore, the last evening will see the premiere of the complete and final version of Entropic Twilights. The previous week, on April 20, 2005, Dolden will give a solo concert at DIEM in Århus (Denmark).

    Seuil de silences, L’analyse des musiques électroacoustiques, Luigi Ceccarelli, Paul Dolden, Robert Normandeau in La Scena Musicale

    “Gala des prix Opus 2004”, Réjean Beaucage, La Scena Musicale, no. 10:6, March 1, 2005
    Tuesday, March 1, 2005 Press

    […] La musique électroacoustique est également sortie du gala la tête haute, mais ne s’est pas pour autant privée de montrer les dents! En effet, le compositeur Robert Normandeau a utilisé une bonne partie du mot de remerciement qu’il prononçait pour Luigi Ceccarelli, récipiendaire du prix du «concert de l’année — musiques actuelle, électroacoustique», donné dans le cadre de la série Rien à voir (14), organisée par Réseaux, pour apostropher le Conseil des arts et des lettres du Québec et le nouvel Espace musique de Radio-Canada. Les deux organismes seraient en effet coupables de laisser à eux-mêmes les artistes ayant choisi de s’exprimer par l’électroacoustique, un art dont le Québec est certes l’un des meilleurs représentants à l’échelle mondiale, Normandeau faisant lui-même figure de chef de file dans le domaine. Le «disque de l’année — musiques actuelle, électroacoustique» est allé à Seuil de silences, de Paul Dolden, publié chez empreintes DIGITALes, et le «livre de l’année» est celui de Stéphane Roy, L’analyse des musiques électroacoustiques; Modèles et propositions, publié dans la collection Univers musical chez Harmattan.

    La musique électroacoustique est également sortie du gala la tête haute…
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