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  • Les méandres du rêve, Serge Arcuri in Montreal Mirror

    “Mr. Sandman”, Andrew Jones, Montreal Mirror, no. 9:29, December 16, 1993
    Thursday, December 16, 1993 Press

    SONGWRITERS LOVINGLY CALL their dreams muses — a vocabulary to translate the compositional process. Hip artists, such as Brian Eno and Suzanne Vega, have gone so far as to say they have even heard entire songs handed down to them while they slept.

    Dreams have long fascinated composer Serge Arcuri. Yet he could never quite bring their surreal, unearthly power to the stage with orchesiral instruments that were hundreds of years old. “Dreams, like myths, express themselves in a symbolic language, communication both obscure and universal,” Arcuri writes in the liner notes to his debut CD for empreintes DIGITALes, Les méandres du rêve. “At the heart of the night, brandished against this apparent death that is sleep, the dream world is more a product of senses and seduction than one of speech.”

    The breakthrough for the 39-year-old native of Beauharnois was hearing electroacoustic music. This oft-misunderstood branch ofthe musical tree was born in 1949 when Pierre Schaeffer started using a tape recorder to bulk erase the musical past and record over it the music of the future, “musique concrète.” Forged and sculpted in the multi-track recording studio with both live and synthetic sound sources, electroacoustic music has always been headphone fodder, music for our personal headspace. Like dreams, electroacoustic music offers a hot-wired short cut to the subconscious, the topology of sounds triggering something different in every listener, a soundtrack to films and visuals limited only by our imaginations.

    “I like the ease with which electroacoustic music can transport yourself into many different acoustic surroundings,” says Arcuri. “That’s much more diffcult to do in a concert hall. But on the other hand, I don’t like excluding instruments. I like to have a mix of electroacoustics and live instruments, so the work is somewhere between reality of the concert stage and the ‘inouïe’.”

    Arcuri studied with Yves Daoust at Conservatoire de Musique de Montréal, and has an impressive list of commissioned works to his name from the SMCQ, ACREQ, CBC and The Vancouver New Music Society. It’s not difficult to understand why: Arcuri’s work avoids the studied aridity of most “musique concrète.” It’s dazzling, texturally ravishing, and propulsive, recalling the recent pop-oriented work of John Adams on Hoodoo Zephyr — only minus the minimalist pulse.

    Les méandres du rêve (Dreams’ Meanders) was a long-term project begun in 1982 with Arcuri’s first electroacoustic piece Errances. Arcuri tried to keep a diary of dreams and incorporate them into the pieces as they were written, but found his dreams weren’t up to the quality of the project, so he decided to stick to themes rather than specifics. Indeed, most of the pieces here work on a visceral rather than literal level. Murmure, for example, revisits tribal myths about the origins of life and the big bang through processed and sampled breath sounds.

    La porte des sables, for oboe, English horn, MIDI percussion and tape, is inspired by the fables of Moroccan writer Tahar Ben Jelloun’s novel The Sand Child. The music, while bereft of the quarter tones that permeate most Arabic music, evokes the serene, still mood of the desert through the arabesques of the horn playing. “Reading Jalloun opened my ears,” says Arcuri. “The idea of each door leading you deeper into myth, deeper into the unconscious.”

    Arcuri has had the good fortune to work with intuitive and passionate soloists such as oboist Lawrence Cherney, harpist Erica Goodman, French homplayer Francis Ouellet and percussionist Trevor Tureski. “More and more instrumentalists are interested in working with electroacoustics,” Arcuri explains. “After all, these pieces were written to be included in someone’s repertory and to be easily played. I like to have open rhythm sections for the player to roam. I don’t like to be a metronome.”

    Corazón Road in Diapason

    “Critique”, Elzbieta Sikora, Diapason, no. 398, November 1, 1993
    Monday, November 1, 1993 Press

    Curieux disque, qui donne à entendre, à voir et à lire. En forme de journal sous-titré Carnet de voyage musical, Corazón Road est avant tout une aventure sonore pleine de couleurs et de surprises. Ici chantent les oiseaux, là cornent les sirènes de bateaux, plus loin une conversation se fait entendre ou un rameau se casse. Le tout très évocateur. La chaleur des tropiques s’installe parmi les sons, les villages vivent, la nature respire. Quelques passages se montrent plus abstraitement musicaux, la Danse au rythme prenant, Sieste, lent et paresseux, ou encore la Remontée du Rio Grande, exotique. Dans d’autres il est aisé de percevoir un signe amical envoyé à Pierre Schaeffer (bruit de locomotives) ou à Luc Ferrari (bal musette). Ce vovage à travers l’eau, l’air et la terre se termine sur Le Pacifique avec un accent final large et paisible.

    Atlantide; Golgot(h)a, Michel-Georges Brégent in SOCAN — Paroles & Musique

    “Un adieu à Michel-Georges Brégent”, François Bourgouin, SOCAN — Paroles & Musique, November 1, 1993
    Monday, November 1, 1993 Press

    Comme le dit si judicieusement Arkel, de l’opéra Pelléas et Mélisande de Debussy, «la maladie, la vieille servante de la mort», a eu raison, le 4 septembre dernier, de Michel-Georges Brégent.

    Essentiellement autodidacte, le compositeur, né à Montréal le 29 janvier 1948, a suivi un parcours très singulier. Sorte de génie musical, il compose ses premières œuvres peu avant son adolescence et aborde avec le temps différents styles: tonal, romantique, sériel, etc. Selon Walter Boudreau, ami du compositeur et directeur artistique de la SMCQ, Brégent réussit la jonction de plusieurs visions musicales. Évoluant vers un style éminemment personnel, il devient quelque peu ermite. Tout comme Charles Ives, il se révèle inclassable. L’œuvre la plus représentative de sa production reste sans doute Atlantide (1985), où se dégagent des éléments aussi variés que les musiques ancienne, classique, ethnique et populaire. «Michel-Georges était un alchimiste qui cherchait la pierre philosophale. Celle-ci était à ses yeux l’œuvre ultime qui embrasserait toutes les œuvres et tous les styles et, à ce titre, il était un merveilleux utopiste», explique Boudreau. «Brégent était un musicien actuel qui n’avait pas oublié ses racines,» poursuit-il. «Il avait les deux pieds dans le fumier et la tête dans les nuages, avec tous les degrés imaginables entre ces deux extrêmes.»

    Longtemps négligée, car en certains cas jugée injouable, sa musique s’achemine vers une nouvelle renaissance. La technologie numérique (échantillonages, séquenceurs) permet maintenant de faire des miracles. À cet égard, le concert qui sera donné à sa mémoire le 26 mai 1994 à la Salle Pierre-Mercure du Centre Pierre-Péladeau proposera notamment Mitzvot, une œuvre pour quatuor de saxophones commandée à Brégent par Boudreau il y a maintenant six ans, à l’époque impossible à exécuter. Walter Boudreau conclut en ces termes: «Il reste triste de constater dans nos sociétés que les utopistes meurent de chagrin. Il nous faut des gens qui rêvent, des utopistes, des visionnaires. Des gens qui se disent que si c’est pas demain, ce sera après demain et ainsi de suite. Cela donne envie de vivre et redonne de l’espoir. Hélas! tout réside dans la sacro-sainte efficacité…»

    Qui osera reprendre le flambeau? Utopistes demandés!

    Sorte de génie musical…

    Corazón Road in Répertoire des disques compacts

    “Critique”, Jean Vermeil, Répertoire des disques compacts, no. 62, October 1, 1993
    Friday, October 1, 1993 Press

    Kristoff K.Roll, c’est Carole Rieussec et Jean-Christophe Camps. Un nom valise qui sent son Rita Mitsouko. La volonté de séduction de ce tandem est évidente, entre savant et branché: pourquoi pas, puisqu’il s’agit d’électroacoustique? Leur sérieux est tout aussi évident: on n’est pas ancien élève de Denis Dufour (Accord) pour rien. Leur œuvre brasse et compose des souvenirs d’un voyaoge en Amérique centrale. Ils s’en défendent, mais le côté reportage, carnet de route, est là, et c’est bien. Ce jeu d’impressions sonores est l’un des moyens les plus sympathiques de renouvellement de notre bonne vieille musique concrète. Nos compères ont du rythme, de la concision, de l’esprit. Ils sont même capables, un comble, de somprueux silences. On avance, avec eux, mieux que dans la récente Sonate baroque d’Alain Savouret (CDM). Quant au travail de studio, et de son en studio, et de synthèse du son dans le studio. il est aussi discret qu’efficace. A suivre de près…

    Lieux inouïs in Concept

    “Critique”, Concept, no. 17, October 1, 1993
    Friday, October 1, 1993 Press

    Une chose est sûre, les inconditionnels du «repère», du petit rythrme, de la structure rassurante, seront deboussoleés et refuseront cette œuvre avec violence, cette plongee acousrmatique dans l’inconnu…

    Des le premier titre, Jeu, le decallage est brutal. Comme placé dans un ascenceur qui s’ouvrirait à différents étages sur de nouveaux mondes, nous découvrons par sections des plages électroacoustiques relevant d’un état psychique particulier laissant toujours l’imaginaire et la surprise mener cette recherche aux aspects automatiques.

    Sans cesse la composition se dépouille d’artifices sonores, sombre plus profondément dans le minimalisme jusqu’à explorer par des voix detournées un son, une onde de synthèse, un bruit d’habitude quasi-imperceptible mais ici hyper-amplifié.

    L’écoute du troisième morceau: Rumeurs (Place de Ransbeck) nous propulse hors du terme musique, tel qu’il est vulgairenent préjugé. Nous sommes dans un univers de micro-bruitages qui paraissent parfois quotidiens mais pourtant jamais totalement identifiables.

    Impossible de fredonner cette musique en se proaenant ou de se remémorer la place exacte de ces plages sonores, nous ne pouvons que garder une vague impression de la sonorité entendue: une sorte d’iamge mentale auditive ou l’émotion doit sans doute résulter d’une satisfaction inconsciente qui peut nous pousser jusqu’au plaisir de garder sous la forme d’onoamatopées ces extravagances.

    Alors procurez-vous cette œuvre et decouvrez une nouvelle dimension en mettant le casque Lieux inouis… Virtuel…

    Anecdotes in Concept

    “Critique”, Concept, no. 16, September 1, 1993
    Wednesday, September 1, 1993 Press

    Compositeur canadien, Yves Daoust nous livre Anecdotes une œuvre d’une qualité remarquable. Nous écoutons une suite de schémas électroacoustiques caracterisant ce qu’on appelle la musique concrète.

    On pourra penser que ce ne sont que des bruits repompés, il n’empêche gue la destructuration et les collages, les interpretations, le souci des plans et le rapport entre l’imaginaire et la réalité ainsi que le rejet de l’académisme semblent caracteriser cette création.

    Un véritable décalage se produit dès le premier morceau, non conparable à l’écoute d’une autre musique. Ici le spectateur devient acteur: certains seront surpris de croire entendre des sonorités provenant peut-être de chez leurs voisins, de la rue ou même de leur propre lieu d’habitation. Il participe ainsi à l’élaboration de la musique, divague au travers de ses continuités jamais ennuyeuses qui créent une vie a part entière. Le modèle cubiste peut-être un bon exemple (rappelé par la pochette): decomposition des plans, points de vue unique et mentale de différents angles sur un même chose: la banalité quotidienne (bulletin météorologigue, circulation etc… ) Faute! La quotidienneté filtrée par un imaginaire regorgeant de creativité et d’humour… Rejet ou approbation… La réaction est passionnée de tous côtés… Excellent…

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