Grosse saison pour le compositeur Louis Dufort, qui participe à cinq événements dans les deux mois qui viennent. Tour d’horizon.
«Je voudrais contribuer à atténuer, voire abolir, la dichotomie qui existe entre les compositeurs qui étudient la musique dans des institutions et les autodidactes.» —Louis Dufort
Il y a d’abord la musique qu’il a composée pour le spectacle Les cerisiers ont envahi les espaces comme incendie, de Jocelyne Montpetit (les 7 et 8 octobre au Théâtre Outremont), que l’on pourra entendre durant le FIND, puis celles qu’il a composées pour la Compagnie Marie Chouinard, alors que seront présentées en première montréalaise, les 8 et 9 octobre au Théâtre Maisonneuve, les chorégraphies Études #1 et Chorale. Louis Dufort est un spécialiste du traitement électronique des sons en direct, une technique qu’il a appliquée ces dernières années dans des œuvres pour voix (Émilie Laforest), saxophones (Quatuor Quasar) ou flûte (Claire Marchand). Cette fois-ci, dans Études #1, c’est le son des claquettes de la danseuse Lucie Mongrain qui est à la base de l’œuvre.
Dufort collabore avec Marie Chouinard depuis sa rétrospective Les solos, en 1998. «Dans ce cas-ci, il ne s’agit pas de transformation du son des claquettes, explique Louis Dufort, parce qu’elles ont un son très court et assez mince, mais ce son est détecté par l’ordinateur qui déclenche alors des échantillonnages. Tous les sons utilisés ont en commun d’être produits par du métal et composent des trames électroacoustiques, mais c’est finalement la danseuse qui les contrôle.» Pour Chorale, c’est encore autre chose: «on pourrait dire que c’est plus léger, dit le compositeur. J’y utilise des musiques moins expérimentales, comme le drum’n’bass. Évidemment, comme l’indique le titre, j’ai travaillé à partir d’enregistrements de voix, solo ou en chœur».
On verra une autre collaboration Chouinard-Dufort le 13 novembre prochain dans le cadre de la série Elektra, durant laquelle ils présenteront une œuvre vidéo/musique pour quatre écrans, faite à partir d’un logiciel de synthèse granulaire audio que le compositeur a adapté au traitement vidéo.
Le 9 octobre à La Sala Rossa (4848, boulevard Saint-Laurent), dès 20h37 (!), Louis Dufort présentera une autre soirée Tentacules de la société de concerts Codes d’accès. «L’idée est d’offrir un lieu ouvert afin que les jeunes compositeurs de tous styles puissent faire entendre leurs œuvres. Je voudrais contribuer avec ces soirées à atténuer, voire abolir, la dichotomie qui existe entre les compositeurs qui étudient la musique dans des institutions et les autodidactes. Le produit reste de la musique et chacun peut trouver chez l’autre des sources d’inspiration. Alors les soirées présentent de la musique contemporaine instrumentale, parce que bien que ça bouge beaucoup de ce côté-là à Montréal, je trouve que l’on n’en entend pas assez. Il y a aussi de la musique acousmatique, projetée dans le noir, de l’art audio et de la musique électro.» On y entendra le violoncelliste électrique allemand Ulrich Maiss, qui donnera sa version de Metal Machine Music de Lou Reed, un quatuor de trombones composé par Félix-Antoine Fréchette, une improvisation d’Isabelle Fortier (harpe), Nicolas Caloia (contrebasse) et Philip Hornsey (percussions), une œuvre acousmatique de Martin Bédard, et Cal Crawford représentera le courant «post-digital». La soirée sera aussi l’occasion pour Codes d’accès de présenter sa programmation pour la saison à venir. Lancement à 19h37!
Louis Dufort participera aussi, le 15 octobre, à la série de concerts Rien à voir, avec l’Orchestre de granulation (on y revient la semaine prochaine).