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  • Titakti dans Revue & Corrigée

    «Critique», Jérôme Noetinger, Revue & Corrigée, no 25, 1 septembre 1995
    vendredi 1 septembre 1995 Presse

    Philippe Le Goff est de la nouvelle génération, de celle qui sait voir au-delà, qui sait qu’ailleurs existe et qui, éventuellement, veut en témoigner, comme par exemple les Kristoff K.Roll, Lionel Marchetti ou Dominique Petitgand.

    Philippe Le Goff est un voyageur, un défricheur. Titakti son premier disque, nous propose quatre études réalisées à partir de ses voyages au Nunavik (Arctique québécois) et au Nunavut (Territoires du Nord-Ouest), chez les Inuit. Les voix, les rires, la langue ont cette particularité inimitable et se confrontent parfois à des bribes de musique occidentale, on a aussi le souvenir, la trace du voyage dans l’interprétation de la musique des Inuits par des musiciens d’ici.

    On aurait pu imaginer une rencontre entre Philippe Le Goff et les Residents d’Eskimo.

    On aurait pu imaginer une rencontre entre Philippe Le Goff et les Residents d’Eskimo.

    Métamorphose d’un jaune citron, Patrick Ascione dans Revue & Corrigée

    «Critique», Jacques Debout, Revue & Corrigée, no 25, 1 septembre 1995
    vendredi 1 septembre 1995 Presse

    De mon enfance, rythmée par les insoutenables attentes de la parution du journal de Spirou débarquant, en milieu de chaque semaine, entre le sucre vif des pochettes surprises et le vert sexué du «Hérisson», à l’étal du libraire-confiseur-cafetier (partie terminale vers laquelle je ne me glisserai que bien plus tard), je garde, du jaune et du citron, un souvenir très particulier, via les aventures militaro-réacs vécues sur double planche couleur hebdomadaire par le capitaine Buck Danny, aviateur héros de l’impérialisme yankee, lui-même vainqueur de l’impérialisme nippon par quelques centaines de milliers de morts à mettons-presque-zéro, en ce jour du six août mille neuf cent quarante-cinq sur les stades non homologués d’Hiroshima et Nagazaki. Entre loopings et descentes en mortelles chandelles («Mayday, mayday, arrgh, ce maudit voile noir et mon hood qui ne s’ouvre plus!!!»), plongeant au milieu des atolls du Pacifique et, plus tard, dans le ciel de Corée, Buck Danny et ses amis, les sous-fifres Tumbler et Tucson, croisaient jaunes et citrons; mais entre leurs jaunes, toujours maudits et leurs citrons, régulièrement sales faces de, je n’ai jamais vu de métamorphose s’opérer, tout au plus la durée de la phrase, la permanence du discours hystérico-bidasso-raciste me permettaient-ils d’y voir filer la métaphore à la vitesse de mach 1 ou 2…

    Qu’on se rassure, Patrick Ascione n’emprunte guère aux attitudes homo-belliqueuses en deux dimensions de ces as pour barouds célestes ringards, tout juste un peu peut-être de cette vitesse (mais en nettement moins macho) ainsi que l’idée, d’avantage que la lettre, d’une certaine puissance de feu, puisque cette Métamorphoses d’un jaune citron, titre dont on ne sait s’il signifie la lente évolution d’un monochrome ou qualifie un quelconque état stationnaire allègrement coloré, est assez «baston», et qu’on pourra la ranger sans aucun mal aux côtés de Ton Dieu ne s’appelle-t-il pas égo? de Alain De Filippis, du Credo Mambo de Michel Chion ou du Gloire à… de Jérôme Noetinger, parus dans la même collection. Tout ici «cartonne» comme dans les meilleurs disques d’électricité et «c’est l’époque qui veut ça…» lisait-on justement à l’intérieur du programme du Cinéma pour l’oreille précédent.

    J’aime à raconter cette histoire: c’était l’été dernier, au Disobey, club londonien branché type, donc de fort modeste dimension, très enfumé, à la déco incertaine, aux chiottes épouvantables que précède une bière tiède servie par des jeunes femmes au charme insensé, à la faune limitante et, surtout, dotée d’une sono fabuleuse; derrière celle-ci, faisant le lien qu’il jugeait bon de faire entre les groupes se succédant dans la moiteur de la scène, officiait Bruce Gilbert, grand monsieur serré dans un costume noir élimé assez court, cravaté de rayures, crâne taillé court surplombant une paire de verres pour myope, quarantaine très avancée, mais qui sut faire face, en temps et en heure, en plein milieu des années punks, sur le front d’un drastique combo répondant au nom de Wire; et je me souviens très bien (à la combientième bière en était-on, ça je ne saurais le dire) avoir fait remarquer aux amis présents, alors que Bruce Gilbert en était à subtilement mixer un vinyl de Ligeti avec une trasherie techno-indus peut-être déjà passée de mode à ce moment-là, que c’était là, dans le décollage à 180° des aigus sur les haut-parleurs collés au plafond du Disobey, la meilleure musique de la soirée et que cela tenait sans doute à ce splendide mariage, tout autre que de raison, des coups de sabre de Hussards de la Garde du contemporain avec les coups de jus de l’électricité banlieusarde sale. Pour fêter l’évidente découverte, on s’en remit une… Et il y a de ça dans cette Métamorphoses d’un jaune citron de Patrick Ascione.

    À ceux que ces faciles propos d’ivrognes effrayeraient, je rappellerai l’année de composition de cette claquante métamorphose: 1979… C’est dans ces eaux-là, sur disque Cobalt, qu’apparut le premier noir de Ghédalia Tazartès, sur lequel Michel Chion, d’ailleurs, faisait cadeau de la moitié du Quasimodo Tango; il y a du Tazartès chez Ascione ou de l’Ascione chez Tazartès, ce je ne sais quoi qu’Alain De Filippis (grâce lui soit rendue) nomme le «Vas-y tout seul!»… et ceux-ci, tout seuls, y sont allés et n’en sont jamais totalement revenus.

    Pourquoi y être allé, et tout seul, alors direz-vous? «C’est l’époque qui veut ça…» répondent, en chœur, De Filippis et Ascione, et, du bout du bar du Disobey, je me sens assez d’accord avec eux.

    Tout ici «cartonne» comme dans les meilleurs disques d’électricité…

    L’ivresse de la vitesse, L’ivresse de la vitesse 1, L’ivresse de la vitesse 2 dans Village Voice

    «Review», A, Village Voice, 1 août 1995
    mardi 1 août 1995 Presse

    Dolden, a Canadian sampling fanatic, makes “crash music” on tape, overlaying hundreds of simultaneous overdubbed tracks for an astonishing and utterly original complexity of timbre. This two-disc set of nine works, split between pure tape and pieces for soloist and tape, ranges chronologically back to Veils of 1984-85, whose walls of sound with up to 280 tracks of the same instrument seethe slowly and loudly as though the gates of hell are opening. The harrowing title work (the well named “Intoxication by Speed”) features multiple virtual choruses making strange vocal sounds and several orchestras devolving into military rhythms, rock, and tape loops, while Beyond the Walls of Jericho boasts forests of plucked instruments, impossibly extended glissandos, and armies of percussion. As weary as I am of modernism, Dolden’s apocalyptic hypermodernism so transcends what the 20th century had in mind that it opens up a whole new realm.

    Dolden’s apocalyptic hypermodernism so transcends what the 20th century had in mind that it opens up a whole new realm.

    Alchimie dans SOCAN — Paroles & Musique

    «Critique», SOCAN — Paroles & Musique, 1 juillet 1995
    samedi 1 juillet 1995 Presse

    Le compositeur montréalais Mario Rodrigue explore dans ces cinq nouvelles œuvres électroacoustiques la «zone tampon entre ce qui est et ce qui parait être». Il décrit notamment l’enjeu d’une partie de «machine à boule» dans Tilt, crée une poésie sonore inspirée de deux différents états de l’eau dans Cristaux liquides et suit un vovageur céleste qui pénètre dans l’orbite terrestre dans Le voyageur.

    L’ivresse de la vitesse, L’ivresse de la vitesse 1, L’ivresse de la vitesse 2 dans SOCAN — Paroles & Musique

    «Critique», SOCAN — Paroles & Musique, 1 juillet 1995
    samedi 1 juillet 1995 Presse

    Chacune des neuf pieces électroacoustiques de ce disque du compositeur vancouverois Paul Dolden a été créée grâce au mixage numérique de centaines de pistes sonores d’une densité ahurissante dont la plus séduisante est sans doute celle de Veils pièce en trois mouvements qui lui a valu le prix Chalmers.

    Alchimie dans SOCAN — Words and Music

    «Review», SOCAN — Words and Music, 1 juillet 1995
    samedi 1 juillet 1995 Presse

    Montréal composer Mario Rodrigue offers five electroacoustic works in this release, each demonstrating his keen ear and sense of humor. In Tilt, he creates an imaginary pinball machine and explores the sounds it might make; Cristaux liquides is described in the notes as “sound poetry inspired by two different physical states of water—solid and liquid”; and Le voyageur relates a space traveiier’s exploration of one of earth’s major metropolises.

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