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  • All Your Dreams Are Meaningless dans Earpollution

    «Favorite Song I Can’t Wait to Play for My Son», Mark Teppo, Earpollution, 1 décembre 2003
    lundi 1 décembre 2003 Presse

    Coin Gutter’s Lullaby from All your dreams are meaningless (No Type). A musique concrète song, Lullaby mixes the soothing sounds which moms and pops like to let their wee children listen to with bursts of noise and digital fuckery. A song for the 21st century child. Well, a song for my 21st century child. This song will ensure that no matter what sort of music my soon-to-arrive son ultimately finds to annoy Dad with, I’ll have scrambled his noodle first.

    Aparanthesi dans The WholeNote

    «Review», Alison Melville, The WholeNote, no 9:4, 1 décembre 2003
    lundi 1 décembre 2003 Presse

    I first discovered this label through Humeur de facteur, an electroacoustic recording created by Yves Beaupré from the various sounds made during construction of a harpsichord. It was a fascinating and revelatory experience, and Aparanthesi by John Oswald is no less so.

    Oswald, born in 1953 to what he describes as “a profoundly amusical family”, is a familiar Canadian figure in the world of new music. He created Aparanthesi, of which two versions appear on this disc, as an exploration of a single pitch, an idea with which he has worked in several earlier compositions. “I was hoping to find an interesting way to follow… the morphing of a pitch through various instrumental, acoustic and electronic forms,” he tells the reader in a lengthy interview contained in the CD package. The results are quite remarkable. Using the sounds of piano, cello, birds, thunder and rain, cattle, a foghorn, and more, Oswald has created an extraordinary, interior/exterior auditory experience. There isn’t sufficient space here to go into further ‘technical’ details; follow the links at www.electrocd.com if you’re curious. What I personally appreciate is Oswald’s invitation to tune into a particular musical sound-world, and then to follow its effects upon one’s own inner world. Kudos to empreintes DIGITALes for providing us with the opportunity.

    … a fascinating and revelatory experience…

    Ohmix, Fanfare Pourpour, Fred Frith, Klaxon Gueule, Frank Martel, Martin Tétreault dans actuellecd.com

    «En cadeau, élargir des horizons», François Couture, actuellecd.com, 25 novembre 2003
    mardi 25 novembre 2003 Presse

    Les Fêtes approchent. Vous vous demandez quoi offrir en cadeau cette année? Vous cherchez le truc original, ce qui étonnera et fera plaisir? Pourquoi ne pas élargir les horizons musicaux d’un être cher, d’une collègue de travail ou d’un cousin que vous n’avez pas vu depuis le dernier Noël. Voici une sélection toute personnelle d’idées cadeaux pour initier quelqu’un (ou vous-même, on peut bien se faire plaisir!) à la musique actuelle.

    La chanson

    Cela peut paraître un peu simpliste, mais tout le monde apprécie une bonne chanson. Cela dit, nous n’avons pas tous la même définition de ce qu’est une bonne chanson. Et les artistes du catalogue de DAME prennent beaucoup de liberté avec cette forme musicale, c’est d’ailleurs ce qui rend la chose si excitante. Frank Martel et Tomás Jensen sont des chansonniers au verbe ludique et à la musique intemporelle, chacun à sa façon (les amateurs de Richard Desjardins ou d’Urbain Desbois y trouveront leur compte). Et les Chansons d’un jour de Geneviève Letarte plairont à quiconque recherche une chanson au texte poétique et à la mélodie intelligente et accessible. Pour les rockeurs dans l’âme, Locomotive d’André Duchesne (des riffs à fond de train) demeure un classique.

    Castor et compagnie de Joane Hétu a déjà un côté plus pernicieux avec ses textes sensuels (voire érotiques) et ses moments de douce folie, une folie qui s’accentue dans le rock déconstruit du groupe féminin Justine: leur premier album, (Suite), tient du rock progressiste, alors que le second, Langages fantastiques, fait plutôt dans la chanson à haute teneur en improvisation. Comme va-tout, la compilation Chante! 1985-2000 offre une vaste sélection de chansons tordues et touchantes.

    La fête

    Moment de célébration, de carnavalesque, de transgression des interdits, la fête est aussi musicale et donne lieu dès lors à une distorsion des règles couramment admises. L’Orkestre des pas perdus insuffle à la musique de fanfare un air de cirque actuel, un R ‘n’ B (rhythm ‘n’ brass, bien sûr) qui rafraîchirait n’importe quelle parade. Son cousin Les Projectionnistes (les deux projets sont pilotés par Claude St-Jean) remplace le cirque par le rock et de fanfare fanfaronne la section de cuivres se transforme en funk frénétique. Pour sa part, la Fanfare Pourpour troque le caractère officiel des costumes de parade pour la spontanéité d’une fanfare de rue, une musique pour Tout le monde qui ne s’abaisse pas au plus petit dénominateur commun.

    Dans le même esprit, mais en ajoutant un côté est-européen et une imagination débridée, le groupe Interférence Sardines (qui compte en ses rangs deux membres du groupe néo-trad Les Batinses) brasse fort. Jean Derome et les Dangereux Zhoms adoptent un angle plus jazz avec un côté frivole qui pousse parfois jusqu’à l’exubérance. Les trois albums du groupe sont hautement recommandables, mais Carnets de voyage demeure un excellent point de départ. On trouve le même esprit de démesure et d’émotion pure dans La boulezaille (Pierre Langevin et Pierre Tanguay) et Plinc! Plonc! (Jean Derome et Pierre Tanguay), des disques où s’entremêlent improvisation, musiques du monde, jazz et fantaisie libératrice.

    Et pour aller plus loin

    Mais peut-être voulez-vous allez plus loin et donner le goût d’une musique actuelle plus audacieuse et abstraite? Voici quelques suggestions de musiques improvisées et électroniques.

    Martin Tétreault est l’un des artistes expérimentaux les plus fascinants en ce moment. Son utilisation du tourne-disque projette 45 questions par minute. Son récent disque Parasites avec Diane Labrosse pose la loupe sur de petits bruits inquiétants. Et sa nouvelle collaboration avec le Japonais Yoshihide Otomo, Studio — Analogique — Numérique, offre une musique de recherche étonnante dans une présentation originale: un coffret de trois mini-disques compacts.

    Actif sur la scène des musiques d’avant-garde depuis le début des années 70, Fred Frith demeure le favori de plusieurs amateurs du genre. Les deux albums de son Fred Frith Guitar Quartet (avec René Lussier, Nick Didkovsky et Mark Stewart) sont essentiels. DAME offre aussi les titres de son étiquette Fred Records.

    L’un des premiers groupes de l’écurie DAME à s’être tourné vers l’improvisation électroacoustique, Klaxon Gueule donne dans les textures bruitistes et le plaisir exigeant. Les albums Muets et Grain ont été acclamés par la critique internationale. Mentionnons aussi la compilation Ohmix, un projet électronique audacieux où une brochette d’artistes (dont Martin Tétreault, David Kristian, John Oswald, Terre Thaemlitz et Ralf Wehowsky) remixent les disques de l’étiquette Avatar.

    Enfin, au lieu d’envoyer les habituelles cartes de souhaits, je vous suggère les cartes postales sonores de l’étiquette Ouïe-Dire, des cartes accompagnées de mini-disques compacts. Et bon temps des Fêtes!

    All Your Dreams Are Meaningless dans EtherREAL

    «Critique», Fabrice Allard, EtherREAL, 23 novembre 2003
    dimanche 23 novembre 2003 Presse

    Coin Gutter est un [duo] canadien, basé à Vancouver pour être précis, formé par Graeme et Emma. Ensemble ils produisent films et musique depuis 3 ans, et ont créés leur propre structure afin de diffuser leur musique avec le micro-label Vanity Records, exclusivement dédié à leurs productions. Après 3 CDs, dont le premier intitulé Promo, les voici signés chez No Type aux côtés de Tomas Jirku, Books on Tape ou Headphone Science dont on parlera très bientôt. Cet album, qui est aussi pour eux une chance de se faire connaître auprès d’un plus large public, présente la plupart de leurs précédents travaux puisque l’on retrouve ici, à la manière d’une compilation, de nombreuses pièces déjà sorties sur leurs trois précédents CDs.

    L’album s’ouvre sur Lift With the Knees qui, avec ses 36 minutes, composait à lui seul leur deuxième disque. Une longue pièce généralement ambient malgré ses deux passages bruitistes, composées d’une multitude d’éléments: on démarre avec quelques grésillements et une rapide explosion qui forme une longue nappe de bruit grésillant. Quand celle-ci s’éteint, elle ne laisse derrière elle que quelques bleeps suraigus. On passe alors à des paysages désolés formés par des souffles, des ronronnements de machines, de moteurs et autres bruits sourds, des ambiances moites, des voix lointaines extraites d’ondes radio, des nappes produites par la résonance infinie de quelques tintements, des martèlement sourds qui font penser aux battement d’un cœur, des grésillements et grincements saturés qui nous rappellent une imprimante matricielle, et pour finir, un retour à l’apaisement avec de longues notes plus claire.

    Si l’ensemble est plutôt original et d’une construction intéressante, ce n’est rien au regard de ce qui nous attend.

    Lullaby par exemple débute par une voix grave, déformée, inquiétante. Une fraction de seconde bruitiste sert de coupure et semble nous transporter dans une autre dimension: musique classique avec solo de piano et bientôt une voix à mi-chemin entre le chant religieux et l’opéra, dans lequel se glisse quelques erreurs numériques imitant un CD qui saute ou encore ces textures bruitistes qui s’immiscent au beau milieu de ce chant. Le genre de morceau sur lequel pourraient se retrouver les fans de Dead Can Dance et Fennesz. A propos de Fennesz, Terminal nous rappelle fortement le travail de l’autrichien: ils font ici pleurer les machines avec une magnifique mélodie cruellement noyée dans des distorsions numériques. Le mélange se révèle de toute beauté, fin et sensible.

    D’ailleurs le duo se rapproche petit à petit de l’intime puisque sur Solitaire et Timewise des voix viennent donner vie et apporter une dimension cinématographique à la musique de Coin Gutter. Des boucles ambient se répètent et évoluent lentement, un femme répète «He’s gone… he’s just gone» de façon de plus en plus triste, émouvante. Puis une autre voix prend le relais et ajoute «She’s crying» à la manière d’une voix off. Quand on les abandonne, il n’y a que le tic-tac de la pendule qui continue, imperturbable.

    S’il y a parfois des raisons de se dire que l’electronica tourne un peu en rond, ce genre de disque, tout comme celui de Leafcutter John chroniqué il y a quelques temps, nous redonne confiance en ouvrant de nouveaux territoires d’expérimentation. A ce titre et pour sa charge émotionnelle, Coin Gutter est notre gros coup de cœur du moment.

    … pour sa charge émotionnelle, Coin Gutter est notre gros coup de coeur du moment.

    Ned Bouhalassa, Marie Chouinard, Louis Dufort dans Le Devoir

    «Stockhausen, Quay, Chouinard et Dufort, sans les autres», François Tousignant, Le Devoir, 17 novembre 2003
    lundi 17 novembre 2003 Presse

    La soirée commence par un ratage monumental. La présentation d’Automates surlaplage montre exactement le piège dans lequel on tombe en art technologique quand on croit que le média est le message — surtout quand le média est défectueux (ici je reste très poli). Au moins, on prouve par l’absurde que MacLuhan avait tort. On oublie aussi le vidéoclip de Bradley Grosh: amusant, sans plus, mais Walt Disney fait mieux, sauf peut-être dans le propos «critique sociale» à la mode de l’obésité Made in USA.

    Il y a aussi mOrpheus du tandem Bouhalassa et Vu Dang. Quelques belles images, bien traitées, mais cette tentative de reconstruction du mythe d’Orphée dans le Berlin contemporain, où les Enfers sont le zoo de cette vielle et la lyre du demi-dieu une guitare fait bien facile… L’histoire d’Orphée est longue, les œuvres qu’elle a suscitées sont nombreuses, et ce pavé n’apporte rien à l’édifice.

    Voilà qu’arrivent les Brothers Quay qui se sont trouvé l’heureux courage de travailler avec le redoutable Stockhausen pour in Abstentia. La musique est ici formidable. Du grand Stockhausen qui renoue avec la verve du Gesang der Jünglinge et d’Oktophonie, incluant des traitement vocaux en parfait développement avec Stimmung et certains passages des Unsichtbare Chöre.

    Dans ces conditions, on aurait vraiment aimé une diffusion sur haut-parleurs plus élaborée, vivante et enveloppante. Ce qu’on a entendu reste malheureusement trop plat et démonstratif et montre un contentement certain sinon un petit vide d’imagination interprétative. Quant à la vidéo, le film des frères Quay a assurément tiré bien des démons de l’enfance du maître allemand.

    Dans une esthétique qui se réclame du meilleur film noir américain comme de l’expressionnisme de Murnau, voire du surréalisme du Un chien andalou d’un autre tandem célèbre, Buñuel / Dali, on tire des images saisissantes de la folie de cette pauvresse, de la déconstruction psychologique. Vraiment tres bon, oul, et passionnant, mais on se présentait à l’Usine C surtout pour autre chose.

    Qui était la nouvelle création vidéo de la chorégraphe Marie Chouinard et du compositeur Louis Dufort. Cantique II est la poursuite du travail entrepris avec Cantique I. L’œuvre se révèle à nous avec une remarquable force de conviction. Enfin, dans cette soirée, nous voici devant une création totalement quoiqu’il fasse émettre quelques réserves sur la sonorisation qui s’avère un peu tiède encore — n’est pas Granular Synthesis ou Jonty Harrison qui veut.

    Des photos ou petits bouts de films s’enchaînent de manière absolument fluide, comme si la photo qui fixe et se répète devenait mouvement expressif. Haute qualité de la définition picturale oblige, la conception visuelle de Chouinard use des nouvelles technologies pour tout démultiplier sur huit écrans, quatre pour l’homme, quatre pour la femme. Ils tentent de se rejoindre, de s’aimer, et la querelle éclate comme pour montrer l’impossibilité de la fusion. Les bouches font des sons que Dufort utilise de manière idoine, fusionnelle ou heurtante, en un contrepoint foudroyant. On réinvente ici la fugue à huit voix dans une perfection qui rendrait un Jean-Sébastien Bach jaloux. Se lon le nombre d’images, l’épaisseur sonore s’enrichit ou s’amenuise et quand huit écrans font huit sons, on suit cette polyphonie visuelle acoustique avec une fascination toujours renouvelée.

    Une construction dans le plus pur des granits, une forme toujours nette, un discours hautement original où l’émerveillement devant la perfection de la chose l’emporte sur les émotions qu’elle peut susciter, une véritable œuvre abstraite, aboutie, voilà ce qui ressort de cette présentation. Voilà aussi ce qui fait que l’Élektra festival mérite toutes ses lettres de noblesse en permettant à une salle archicomble de découvrir et partager tout cela. Surtout, à une époque où un certain conservatisme tente de s’insinuer davantage, pouvoir voir les avancées vivantes mérite bien des bravos.

    … mérite bien des bravos.

    We Remain Faded dans Jade

    «Critique», Julien Jaffré, Jade, 10 novembre 2003
    lundi 10 novembre 2003 Presse

    No Type a sans doute marqué un tournant dans son approche musicale autant qu’une petite révolution dans la ligne directrice de sa production, en sortant l’an passé des références aux pourtours «mélodiques». Fers de lance dans des domaines autres, essentiellement la musique improvisée et la création électroacoustique, David Turgeon a ouvert le champ des possibles du label en offrant une alternative musicale qu’on qualifiera de «narrative et rythmique»; l’occasion pour des formations tel qu’Œuf Korreckt, et à présent Headphone Science de laisser libre court à une imagination débridée.

    Une aventure que ce Headphone Science, barrée par le capitaine du navire.

    Pour ambient que soit le ton général de l’album, s’affiliant auditivement à des formations expertes et trop rares tels que The Orb (et ses premiers chef-d’œuvres) ou FSOL (période Dead Cities), cet album reste profondément marqué par le hip-hop et l’essence de son rythme.

    Une atmosphère obscure et ombrée, qui garde pourtant une visée optimiste; un climat sur lequel vient s’agglomérer une formidable foule de rythmiques énergiques, saccadées, finement ciselés comme une exégèse / une interprétation personnelle des travaux mis en avant par Scott Herren voire quelquefois d’Autechre (Air Bubble Material). Dustin Craig (Headphone Science), résident d’Oakland en Californie réalise pour No Type, après divers albums en ligne sur Subverseco et Observatory un We Remain Faded d’une grande lucidité et attractivité (le très jazzy To Dine in Distance). De l’abstract hip-hop qui aurait sombré dans les limbes d’un océan d’ambient. Un excellent moment.

    De l’abstract hip-hop qui aurait sombré dans les limbes d’un océan d’ambient. Un excellent moment.
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