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  • Le contrat dans Liability Webzine

    «Chronique», Fabien, Liability Webzine, 6 avril 2004
    mardi 6 avril 2004 Presse

    En France nous avons l’Ina-GRM pour tout ce qui concerne les musiques acousmatiques et concrètes. Vous savez tous les Pierre Henry, François Bayle, Michel Chion, Bernard Parmegiani, Jean Schwarz ou autre Christian Zanési. Il existe son équivalent au Québec. Enfin tout du moins une structure qui édite les compositeurs canadiens de ce type si particulier de musique. empreintes DIGITALes a ainsi pu publier des gens comme Robert Normandeau, Yves Daoust ou Francis Dhomont. Gilles Gobeil et René Lussier ne nous sont pas forcément inconnus. Gobeil est l’un des compositeurs principaux de la Montréal School et remporté de nombreux prix internationaux pour ces compositions (Bourges, Luigi-Russolo, Ars Electronica). Quant à René Lussier, celui-ci est surtout connu pour ses collaborations avec Fred Frith, Eugene Chadbourne, Jean Derome ou Martin Tétreault.

    Le contrat est librement inspiré du Faust de Goethe et a nécessité plus de sept ans de travail avant d’arriver au résultat final qui a finit par arriver entre mes mains. Il y a toujours un côté mystique dans ce genre de musique, une musique qui se voudrait presque hors du temps mais qui serait comme une forme de reflet de l’humanité. Gobeil et Lussier ré-utilisent tous ces dogmes, ce mélange de musique électroniques, de bandes, de sons acoustiques, de lectures de textes etc… On assiste également à des mélanges d’ambiances. Le duo a su faire varier leurs compositions passant de moments à la limite de l’ambient à des moments nettement plus baroques.

    Pour ceux qui ne sauraient pas ce qu’est ce style musical ne vous attendez pas à une redite de Messe pour un temps présent parce que j’aurai cité Pierre Henry. On en est très loin même. Les deux canadiens font comme leurs collègues c’est à dire qu’ils expérimentent tous les formes de sons en créant une musique volontairement complexe mais qui ne demande qu’à s’épanouir. Ce sera peut-être l’occasion de découvrir un label et des artistes hors normes qui délivrent une musique certes difficile mais tout à fait enrichissante.

    … passant de moments à la limite de l’ambient à des moments nettement plus baroques.

    Bleak 1999 dans Echoes Online

    «Tonträger», Teodorowicz Slawomir, Echoes Online, 6 avril 2004
    mardi 6 avril 2004 Presse

    Eine alte journalistische Weisheit, die ich mir vor wenigen Minuten ausgedacht habe, besagt, dass man lieber nicht mit kleinen Elektronik-Labeln seinen Spaß treiben sollte. Und nachdem ich bereits zwei Releases aus dem Hause No Type verrissen habe, kam ein mulmiges Gefühl in der Magengegend auf, als mal wieder, wie gewöhnlich schön und umständlich verpackt, eine Scheibe des kanadischen Vertriebs in meinem Postkasten auftauchte. Die Vor-Sorge war jedoch unbegründet, denn „Bleak 1999“ offenbarte ungefähr die Musik, nach der ich mich seit Längerem verzehre. Düsteres Ambiente, durchbrochen von entspanntem Drum’n’Bass und umschwärmt von gothischen Keyboard-Flächen der billigeren Sorte, Stimmung, die sich über mehr als eine Stunde hinzieht. Was will der Mensch mehr? Einiges. Aber in poststressalen Momenten, während man nach einer zwölfstündigen Arbeitsschicht im Internet seichte Unterhaltung sucht, will man kontinuierlich-entspanntes Fließen und keine Kanten. Das Wort heißt „Erholung“. Das bietet Tomas Jirku. Einfache Soundstrukturen strengen nicht an, die Eintönigkeit ist qualitativ wertvoll. Die Rhythmen sind übersichtlich und nicht zu schneidend produziert, mantraartig aufgebaut. Die Kompositionen streben keinen Höhepunkt an, es brummt angenehm und nach und nach kristallisieren sich auch einige Mini-Schlager im weitesten Sinne heraus, vor allem das sehnsüchtig in die Ferne des abgedunkelten Raumes vordringende ‚Glyburide‘, das ich gerne in mein Programm aufnehmen würde, falls sich irgendein Clubbesitzer dazu aufraffen sollte, mir ein Forum für meine Ambiente-PostPunkige Discjockey-Spinnereien zu gewähren.

    Die Kompositionen streben keinen Höhepunkt an…

    Rumors of War dans L’entrepôt

    «Kritiek», Tom, L’entrepôt, 4 avril 2004
    dimanche 4 avril 2004 Presse

    Dit Italiaanse duo wordt gevormd door Maurizio Martusciello en Filippo Paolini. Deze twee heren hebben afgaande op het concept van hun plaat zeker een breder wereldbeeld dan hun president (niet echt moeilijk maar ja). Waarover de plaat gaat wordt al duidelijk met de titel, oorlog. De twaalf tracks dragen elk een markering in de tijd met de vermelding waar op dat moment de wapens werden opgenomen, bijvoorbeeld 07021964 Saigon of 02051982 Falkland. En de heren geven met hun gedreven elektroakoestische hoorspelen de gruwel van de oorlog knap weer en maken een anti-oorlogs statement met hun muziek. Alle facetten worden waargegeven, de gruwel van het moment, het verweesde van na de oorlog, het verdriet, het schrijnende van de waanzin. Muziek waar je niet echt vrolijk van wordt maar die tot nadenken stemt. Denk aan de soms intense hoorspelen van Monique Jean, maar meer toegankelijk, dichter bij de pop cultuur aanleunend. De plaat werd geproduceerd door Louis Dufort.

    Bleak 1999 dans Trigger Fish

    «Raue Electronica aus Kanada», Sascha Bertoncin, Trigger Fish, 2 avril 2004
    vendredi 2 avril 2004 Presse

    Nicht übertrieben aufdringlich, aber ungewöhnlich und gelungen umgesetzt, weiß als erstes die Verpackung von Bleak 1999 des Kanadiers Tomas Jirku zu gefallen: Bedruckter Karton zum Ausfalten im Schuber. Chic!

    Nicht minder zu gefallen weiß jedoch auch das, was der Silberling preisgibt: Über matt schwarz glänzende Flächen wirft Jirku sein Netz aus Clicks und Beats aus und agiert damit zwar durchgehend auf rhythmischen Boden (auch wenn die Beats ganz und gar nicht im Vordergrund stehen), aber durch das gedrosselte Tempo und die dichte Atmosphäre der Tracks eher im Heim- oder Loungegebrauch, denn auf den Dancefloor einsetzbar.

    Wer Jirku’s Veröffentlichungen auf Force Inc, Alien8 oder Tigerbeat6 kennt, dem wird wahrscheinlich die für seine Verhältnisse ungewohnt raue und direkte Produktion auffallen, sollte sich davon aber nicht abschrecken lassen, denn genau davon leben Tracks wie das dumpf und beklemmend pochende Psychosis oder das verrauschte Glucose. Und spätestens bei Glyburide mit seinen extremen Tiefenbass wird sich zeigen, wie wohlgesonnen einen die Nachbarn sind. 5/6

    Chemin de fer, Magali Babin dans P45

    «La bricoleuse de sons», Stéphane Martel, P45, no 16, 2 avril 2004
    vendredi 2 avril 2004 Presse

    La mystérieuse Magali Babin, ancienne guitariste du quintette féminin punk/improvisatoire Les Nitroglycérines, travaille le son et le métal depuis fort longtemps. En réalité, sa fascination pour les instruments et objets métalliques remonte au tout début des années 90, immédiatement après la phase fuzzée des Nitros. Son premier album Chemin de fer, paru sur l’étiquette No Type il y a deux ans précisément, présentait une musique définitivement non-conventionnelle, différente, aventureuse, ingénieuse et parfois même vaguement sensuelle. Une musique de silences et de bruits, d’espace et d’écho. La quincaillerie métallique de Magali se veut large et variée: casseroles, ressorts, écumoires, batteurs à mains, archets, cordes de guitares, table-tournante, roches… Tout y passe. Une démarche singulière et étonnante qui aurait certainement plu aux Berlinois d’Einstürzende Neubauten. Active sur la scène locale de musique actuelle depuis une dizaine d’années, la jeune femme aux longs cheveux noirs, coupe Louise Brooks, a partagé la scène avec, entre autres, Martin Tétreault, Éric Létourneau, Lori Freedman, Alexandre St-Onge et James Schidlowsky et offert des performances à Philadelphie, Baltimore et New York. De quoi rendre jaloux bien des musiciens. Rencontre avec la pétillante bricoleuse de sons.

    Depuis quand travailles-tu avec les objets métalliques?

    Depuis que je joue de la musique. Même en 86, quand j’étais guitariste dans un groupe punk, mon instrument était avant tout un objet qui servait à amplifier six cordes métalliques.

    On a déjà qualifié ta musique de «sculpture sonore» et de «cinéma pour l’oreille». Éventuellement, serais-tu intéressée à créer de la musique pour un projet filmique ou pour la télévision?

    On m’a déjà approchée pour le cinéma. C’était pour un film mi-science-fiction, mi-horreur, parfait pour moi! Malheureusement, le projet ne s’est pas concrétisé; un rêve parti en fumée. J’aime créer des ambiances sonores inquiétantes, hypnotiques et mystérieuses. Ce qui provoque chez les gens des images en écoutant ma musique vient en grande partie du fait qu’on ne reconnaît pas l’instrumentation, on imagine d’où proviennent les sons. Pour certains, ce sera un bruit d’eau, pour d’autres un bruit de feuille, etc. Mais pour revenir à ta question, les propositions pour le cinéma reviendront peut-être, je l’espère. Mais pour ce qui est de la télévision, ça me semble un domaine difficile à atteindre.

    Comment procèdes-tu pour la «composition» de tes pièces? Dans quel environnement travailles-tu?

    Avant, le geste improvisé était pour moi un bon canevas mais de plus en plus ma musique commence par une idée. J’intellectualise beaucoup ce que je recherche comme son, comme geste. J’écris, je dessine, je cherche des références. Quand l’idée devient trop vivante dans ma tête, je la concrétise en son.

    Parle-moi de la collaboration studio de Jogging dans la maison hantée avec Mario Gauthier et Alain Chénier. Comment s’est-elle produite?

    Cette pièce a été créée tout simplement grâce à un heureux hasard. En fait, nous nous sommes amusés avec une des pistes déjà enregistrées. Nous l’avons jouée à l’envers et manipulions la vitesse manuellement grâce à un logiciel de son. Chacun à notre tour, nous avons fait un tour de piste.

    Certains ont comparé ton travail avec celui de Seth Nehil, Alexandre St-Onge, Jupitter-Larsen. Des comparaisons dérangeantes ou flatteuses?

    Les comparaisons, comme les étiquettes, je n’y fais pas très attention. Je travaille avec Alexandre depuis plusieurs années. Je pense que nous avons la même qualité d’écoute pour jouer de la musique improvisée. Nous avons également travaillé avec Éric Létourneau sur des œuvres plus complexes au sein de notre trio de performance sonore, Mineminemine. La relation que nous établissons entre le son et la performance est sûrement un élément commun entre le travail de Larsen et le mien.

    Tu travailles déjà sur un prochain projet d’album? Tu as une idée à quoi cela ressemblera?

    Oui j’y travaille, mais j’aime dire paresseusement. Ce prochain album aura comme thématique l’intimité.

    Sur Pluie de homards, on retrouve la pièce Rain de Ian Nagoski en fond sonore. Pourquoi ce choix?

    Je dirais que c’est le concept de la complémentarité des contraires qui m’a une fois de plus inspirée. Lorsqu’on écoute Pluie de homards, on entend deux univers sonores qui ne sont pas vraiment fondus l’un dans l’autre. Il s’agit de deux sources indépendantes et jouées parallèlement l’une à l’autre. L’une est loin, l’autre est proche. L’une est claire et répétitive, l’autre et saccadée et énigmatique. L’une a été produite à partir d’un objet en acier inoxydable, très lisse, l’autre est le son cru de la rouille que je gratte. La rencontre des extrêmes est un leitmotiv important dans ma démarche.

    Quel genre de musique as-tu l’habitude d’écouter chez toi?

    J’ai la chance de vivre avec un collectionneur de musique. Nous écoutons (et faisons connaître à nos enfants) vraiment plusieurs genres de musique. Mais, étrangement lorsque je suis seule, je n’en écoute pas. J’aime les bruits de fond. Les sons organisés de mes appareils électroménagers. Les bourdonnements confus provenant de chez mes voisins. Les sons de ma vieille maison qui craque de partout. Les sons anecdotiques provenant de l’extérieur. Je suis une auditrice contemplative, parfois je pense même que j’aime écouter l’herbe qui pousse (rires).

    Quelle expérience auditive particulière désirais-tu faire vivre à celui qui tend l’oreille à Chemin de fer?

    Si expérience il y a, disons peut-être celle des possibilités.

    Comment envisages-tu l’avenir de la musique dite «bruitiste», «abstraite» ou «avant-gardiste»?

    Je pense que la création sonore sera toujours en marge de «l’industrie» de la musique. Par contre, elle est et restera une partenaire indispensable aux autres formes de création. En ce qui me concerne, j’aimerais travailler davantage avec les dimensions qu’apportent par exemple la danse, le théâtre, le cinéma et pourquoi pas l’art web, les nouveaux médias. Ce que j’ai à offrir, ce sont des ambiances, des textures, des lieux, des personnages sonores. Comme je le disais auparavant, depuis trois ans je travaille au sein d’un collectif de performance sonore. Avec Mineminemine, le son est un accessoire, tout comme l’espace, l’éclairage, la présence. Ces éléments composent une action performative qui peut être narrative ou non. Je pense que la création sonore, qu’elle soit «bruitiste», «abstraite» ou «avant-gardiste», a tout intérêt à se produire autrement que sur les supports conventionnels et dans les circuits de la scène dite musicale…

    Sings the Blues, Books on Tape dans Convergence

    «Sens, intensité», Éric Thériault, Convergence, no 26, 1 avril 2004
    jeudi 1 avril 2004 Presse

    Books on Tape berce sa création dans l’idéologie et l’influence du rock ’n’ roll. Par sa façon de jouer staccato et son instrumentation analogique, il offre toute l’intensité et l’énergie de la musique punk. En fait, il qualifie son style de «beatpunk», terme qui engloberait par la magie d’une puissante juxtaposition sa passion pour la guitare, le jazz et le dub. Cette vision particulière, cependant, est marquée par un désir profond d’exprimer son caractère et sa personnalité par le biais d’une structure instrumentale. Books on Tape n’est pas le type de musicien électronique qui joue pendant 45 minutes sans dire un mot. Il pause entre les chansons et s’engage pour enchanter son public. C’est sa façon, dit-il, d’offrir la sensation et l’énergie d’un spectacle rock n’roll. Nous avons rencontré l’artiste lors de son récent passage à Montréal.

    Convergence: Vous avez une connexion spéciale avec Montréal grâce à votre association avec l’étiquette No Type. Comment a débuté cette relation?

    J’échangeais des pièces sur Napster avec un mec il y a 4 ans. Il m’a dit: «Vous devriez vous joindre à No Type. On aimerait vous avoir». Je n’avais jamais entendu parler de cette étiquette. Alors j’ai composé un court métrage pour eux. Parce que ma musique est un peu atypique pour No Type, j’étais vraiment honoré de faire partie d’une telle ligue de musiciens. Et avec une étiquette mp3, on peut rapidement recevoir du feedback.

    Convergence: Los Angeles ne nous vient pas à l’idée quand on pense à la musique électronique. Y apprécie-t-on votre style?

    Absolument. Nous sommes un petit groupe de musiciens électroniques à Los Angeles. Il y a des fêtes tous les mois et les supporteurs sont nombreux. J’en ai vues de toutes sortes — d’un chanteur heavy métal avec de la guitare et distorsion au-dessus d’un rythme électro, jusqu’à un gars qui s’appelle le ‘TV Sheriff’ [qui performe] devant un écran vidéo très explicite. La musique essentielle est sans doute le hip hop des débuts ’90. Je me rendais souvent dans des régions plutôt dangereuses pour voir ces spectacles.

    Convergence: Vous étiez en spectacle au Festival CMJ de New York récemment, c’était une belle expérience?

    En raison de ma performance et de la réaction de la foule, je la classe dans mon top 3 de tous les temps. Parfois, il faut sortir de son environnement et se dire: «Je suis loin de chez moi et je vais tout donner ce soir». J’ai été chanceux, car il y avait peu de musique électronique cette année. Quand j’ai levé la tête, la salle était pleine à craquer, c’était saisissant!

    Convergence: Sings the Blues est votre nouvel album — le titre nous semble un peu trompeur.

    Ah… c’est mon côté farceur. J’ai pensé que ça serait amusant de fabriquer une couverture à la ‘Blue Note’ et de me montrer derrière un microphone alors que je ne chante pas du tout. Mes chansons ont aussi des titres très rigolos. La musique et le spectacle, voilà ce qui m’importe.

    Convergence: Votre style frappe avec une énergie qui rappelle le rock n’ roll, particulièrement les chansons She’s Dead To Me et Siberian Soundsystem. Ça s’explique par votre formation?

    Exactement. J’étais batteur dans des groupes rock dès l’âge de onze ans jusqu’à mes 20 ans. C’est à la suite de ma rencontre avec Kerri, ma future fiancée, que j’ai abandonné. Elle était bien meilleure que moi. J’avais commencé à découvrir les samplers quelques années avant ma retraite du rock car je vivais dans un duplex où il fallait être silencieux. J’étais donc à la recherche de la technologie et la transition s’est faite tout naturellement. Ma structure punk s’est maintenue car je m’intéressais à la musique alternative, punk, ainsi qu’au dub de Scratch Perry et de King Tubby.

    Convergence: Le terme «electronica» convient-il à votre musique?

    Mais oui, c’est de la musique électronique! J’embrasse le son et la technologie d’aujourd’hui. La combinaison est nouvelle et reste à découvrir. J’aime la sonorité du punk, mais pour moi, le terme ‘punk’ veut dire manipuler le son comme personne ne l’a jamais fait. C’est comme l’ancienne citation du groupe The Grateful Dead: «Nous ne sommes pas les meilleurs dans ce que l’on fait, nous sommes les seuls à le faire.» Tel est mon objectif!

    Convergence: En ce qui concerne le sampling, comment éviter les embêtements de la part des compagnies de disque?

    Habituellement je ne jouerais pas la pièce sur le même ton que l’originale. Je la coupe, je la renverse et je la manipule à quelques reprises. Je tente de la transformer et de créer quelque chose de neuf. J’utilise des pièces sous les yeux de mes amis qui font partie de quelques groupes rock et ils ne les reconnaissent pas. Peut-être un jour je leur dirai!

    Convergence: Bicycle Beat rappelle les sommets atteints sur l’album My Life in the Bush of Ghosts de David Byrne et Brian Eno. Vous connaissez cet album?

    C’est l’un de mes préférés de tous les temps! Vous pouvez carrément méditer sur ce disque! Je suis un gros fan de Talking Heads aussi. Je crois qu’ils sont les pionniers du mouvement réversible [cross-over] de l’ère moderne. Le rock en a profité beaucoup. Il est toujours vital. Il n’y a rien de mieux que de se faire comparer à un tel album.

    Convergence: Dans la pochette de l’album Sings the Blues vous confirmez que «cette musique n’aurait jamais vu le jour sans des groupes comme Albert Ayler, Sonic Youth, Public Enemy, Art Ensemble of Chicago, même David Bowie. Vous étes à la poursuite d’une fidélité sonore particulière?

    Je recherche un certain individualisme en associant ma personnalité à ma musique. J’adore ce culte de la personnalité. J’aimerais bien que les gens puissent dire «cela doit être Books on Tape.» Je veux que ma musique reflète ma personnalité.

    Convergence: Votre musigue s’adapterait facilement aux domaines de la publicité et du cinéma?

    J’y pense tous les jours! J’en ai déjà licenciées beaucoup à des êmissions de télévision. D’ailleurs, c’est la raison pour laquelle je peux me permettre de visiter des villes comme Montréal. J’ai aussi déjà travaillé pour un superviseur responsable de sélectionner de la musique pour le cinéma. Vous pouvez retrouver plusieurs de mes pièces, celles non appropriées pour mes albums, sur des émissions MTV comme Real World, Road Rules et des petites émissions de télé-réalité du genre. Ils me surnomment le «Maître de la tension» Genre: si une fille tombe enceinte ou s’il y a une bagarre quelconque, on utilise ta musique.

    Convergence: Selon le L.A. Alternative Press, vous seriez «peut-être trop ingénieux et trop difficile pour gagner la ferveur populaire.» Mission accomplie?

    C’est ma plus grande peur. Je ne souhaite pas devenir trop expérimental au point où les gens se demanderaient si ce que je fais est vraiment de la musique. Je ne veux pas qu’on me retrouve parmi les collections coûteuses oubliées chez le disquaire dans la section expérimentale. Certains ont toujours peur de la musique instrumentale. À la maison, j’écoute de la musique spéciale — du jazz expérimental et des musiciens comme Don Caballero. J’ai peur que les gens n’en viennent à vouloir que des groupes vocaux, mais je ne changerai pas de direction. Personne ne me changera.

    … il offre toute l’intensité et l’énergie de la musique punk.
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