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  • Gratte-cité dans Earlabs

    «Review», Jos Smolders, Earlabs, 5 avril 2009
    dimanche 5 avril 2009 Presse

    Empreintes Digitales presents new works by Ned Bouhalassa, a new generation Canadian electroacoustic composer presenting gutsy and urban electroacoustic music. Definitely a leap forward!!

    This prestigious Canadian label is renowned for its high quality sound releases. 95% of its artists have a degree in composition and lecture at some place in the world. The sound quality of the releases are sublime, 24-bit recording and mastering. The best you can get. Still, in the past few years I somehow had heard enough. It was all too shiny and also the software used by the composers and their semantics became somewhat too similar. There was a rather clear cut “Empreintes Digitales” sound. This release stands out from the crowd.

    Bouhalassa, in the liner notes, writes that he imagines himself a giant who plays the city with a record player needle. The composer has an impressive career in scoring for film music as well, which helps to improve underscoring real life sounds and images, of course.

    Bouhalassa makes a connection to contemporary city life and so takes the music out of the state of the art high tech studio. The center piece of the disc is the 34 minutes Urban Cuts featuring the work of poet Fortner Anderson and electronics added with cello (Delphine Measroch) and drums (Christian Olsen). The feel of this work is definitely ’urban’. It’s a journey (the poem tells about it) but not in the ’conventional’ acousmatic style. No, there are parts where the drums really work a groove, together with the basses that we know from the drum ’n’ bass area. These are alternated with the recitation by Anderson (himself) accompanied by field recordings and electronics. A true adventure for the listener with a firm musical background in modern dance music (like my kids, who enjoyed this a lot as well).

    The other tracks on this disc, though as lengthy as ’urban cuts’ also breathe the outdoor, city atmosphere. Field recordings of the Berlin underground at some point grow out to become massive sound walls. Bouhalassa uses slamming doors as turning points in one of the other works, Impulse. It starts with the sound of a car driving away (immediate reference to Kraftwerk) and later doors are on several occasions breaks to a new soundscape. The city is almost always somehow the general background.

    This is a very strong collection of works. May be so Bouhalassa regarded himself a DJ, selecting what he likes from his large collection of recordings. His choices are well made, and I hope Empreintes Digitales will allow more of such adventurous composers to release their work.

    Rated: 9/10

    … gutsy and urban electroacoustic music. Definitely a leap forward! […] This is a very strong collection of works.

    3 avril 2009: Marchetti, Zanési et Skoltz_Kolgen lauréats à Qwartz, Paris

    samedi 4 avril 2009 Général

    Le gala des 5e Prix des musiques nouvelles Qwartz a eu lieu le 3 avril 2009 au Cirque d’hiver Bouglione à Paris (France). Lionel Marchetti a reçu le prix Qwartz artiste et est gagnant dans la catégorie expérimentale avec son œuvre Adèle et Hadrien (le livre des vacances). Dans la catégorie vidéo, le récipiendaire est Skoltz_Kolgen avec Silent Room. Le Qwartz Spécial a été attribué à Christian Zanési.

    Les arbres dans EtherREAL

    «Critique», Fabrice Allard, EtherREAL, 2 avril 2009
    jeudi 2 avril 2009 Presse

    C’est la première fois que l’on parle de Nicolas Bernier sur ce site, jeune compositeur québécois, élève de Robert Normandeau auprès de qui il a étudié la composition de musiques électroacoustiques. Ses pièces musicales sont généralement des parties d’œuvres plus globales, installations, danse, cinéma et jusque là de rares enregistrements que l’on trouve en particulier chez No Type. Cela fait bien longtemps que l’on n’avait pas parlé de ce génial label canadien qui nous avait fait découvrir Tomas Jirku ou les italiens de Metaxu.

    Du coup, et rien qu’avec le nom du label, on se doute un peu de la musique que l’on va trouver sur cet album alors que l’on ne connait pas encore Nicolas Bernier. On ne s’y trompera pas puisque dès les premières notes on trouve une œuvre exigeante, riche et subtile. Le Québécois produit certes une musique électroacoustique, mais ne partez pas tout de suite!!… Sur la forme c’est bien plus que cela puisque l’on y trouve des passages ambient, des glitchs, textures grésillantes et granuleuses, des traitements électroniques à la Fennesz (les guitares délicieusement fracturées de This is a Portrait), des rythmiques à rapprocher de l’electronica sur Piano, de nombreux instruments (piano, cuivres, vibraphone, accordéon, guitare) dont des cordes qui nous rapprochent même parfois d’une musique néo-classique sur Ouverture. Une richesse étourdissante, pour des pièces qui tiennent vos sens en éveil, où chaque seconde peut surprendre, sans pour autant jouer sur les facilités de la déconstruction et de l’abstraction rythmique et/ou mélodique.

    Bien au contraire, la musique de Nicolas Bernier est extrêmement sensible, sensuelle, fine et subtile. Exigeante sur la forme mais sans oublier d’être humaine, source d’émotions diverses sur le fond. Le jeune compositeur semble avoir trouvé l’équilibre parfait entre complexité de la composition et des codes mélodiques ou sonores (instruments classiques) auquel l’auditeur peut se raccrocher facilement. On appréciera en particulier la précision chirurgicale de son sens du rythme avec des cassures et relances particulièrement bien amenées, comme les inspirations de Spleen ou les montées de souffles métalliques et les caisses enregistreuses de Bora.

    On arrêtera là les compliments, de toute façon Les arbres est parfait de bout en bout. On ajoutera que même sur cet album le travail a été un peu plus large qu’une “simple” bande son puisque Nicolas Bernier a collaboré avec Urban9, photographe et graphiste responsable du packaging mais aussi auteur des six cartes (une par morceau) qui accompagnent le CD. Enfin pour être complet, on précisera que Nicolas Bernier n’est pas tout seul sur cet album puisqu’il est régulièrement accompagné (entre autres) de Delphine Measroch (accordéon / violoncelle) avec qui il a créé le duo de musique concrète Milliseconde topographie en 2004. Tout un programme!

    Vous l’aurez compris, quelle que soit votre sensibilité musicale (entre néoclassique et electronica le champ est assez large), vous pouvez vous jeter sur cet album surprenant. S’il est peut-être un peu moins abouti, on vous conseille tout de même le très beau Ail et l’eau faille sorti en 2007, disponible en téléchargement, toujours chez No Type.

    Les arbres est parfait de bout en bout…

    Åke Parmerud dans MCD — Musiques & cultures digitales

    «Åke Parmerud: L’électroacoustique en interaction», Laurent Diouf, MCD — Musiques & cultures digitales, no HS02, 1 avril 2009
    mercredi 1 avril 2009 Presse

    Lauréat de nombreux prix, Åke Parmerud mène depuis 1978 une carrière internationale de compositeur. Après une formation en photographie, il a étudié la musique à l’université et au conservatoire de Göteborg, en Suède, où il enseigne aujourd’hui. Son œuvre prolifique, plus de cinquante opus, inclut électroacoustique sur support, poésie sonore, musiques instrumentale, mixte, interactive, multimédia, installation, musiques de scène et pour la danse. Un champ d’action qui fait de lui l’autre lauréat du Qwartz Pierre Schaeffer…

    Annette Vande Gorne écrit:

    Åke Parmerud réussit une rare synthèse entre la pensée énergétique et morphologique de tradition schaefférienne (Les objets obscurs, 1991, studio du GRM), et la relation au passé stylistique de la musique européenne (Gesualdo da Venosa, Dowland, Alias, 1990), et du jazz (Charlie Parker, Retur, pour quatuor de saxophones et bande, 1992-93), ou à ses instruments (le quatuor à cordes Stringquartett, 1988, la harpe Strings & Shadows, 1993, le synthé analogique et les instruments du XVIème siècle Renaissance, 1994, la flûte avec Les flûtes en feu, 1999, l’orchestre de chambre Rituals, 2006), et encore le clavecin, la guitare, les percussions, l’orchestre symphonique…

    Mais, les œuvres de Åke Parmerud sont sous-tendues par un projet expressif plus large. Grains of Voices (1994-95), est à la fois un travail de traitement radical de la voix, par étirement et granulation, ou non, et une œuvre symbolique, créée dans l’auditorium de l’ONU, qui reflète à travers toutes les catégories d’âges, de cultures et d’émissions vocales l’unité d’un monde complexe où ethnies, cultures et idiomes se fondent dans une nouvelle forme, dans une grande pièce sauvage et libre de graffiti vocaux. Autre exemple, le jeu d’échec et ses stratégies devient un modèle de comportement pour Parmerud, dont les pièces sont objets sonores, phrases et structures (Jeux imaginaires, 1993), ou encore le compositeur en studio comme alchimiste des sons (Les flûtes en feu).

    Le monde invisible, celui de la musique, et visible, celui de l’image l’interpellent. Depuis la fin des années 90, il multiplie les œuvres multimédia (The Heart of Silence, 1997-988 pour chœur, bande, photo et danse, Bows, Arcs and The Arrow of Time, 2004 pour orchestre à cordes, ordinateur et vidéo), les installations (L’espace qui vous regarde, 2001), les musiques pour chorégraphie (Strata: mémoires d’un amoureux, 2001), les systèmes interactifs ou de traitement en direct (Tide In, 2001, Zeit aus Zeit (The Stockhausen Variations), 2001-02. Rituals, 2006)…

    Åke Parmerud:

    «Mon intérêt pour la danse contemporaine provient de Fylkingen (une sorte d’atelier underground dédié à la musique électronique, la danse et le multimédia), à Stockholm, où j’allais voir des performances. J’ai réalisé mon premier vrai travail de scène en 1980, avec 3 danseurs, un fakir, 15 écrans de projections et une installation quadriphonie. Cela s’appelait [Floden av Glas, 1978-81], on l’a joué seulement 10 fois en tout.

    Ce n’est qu’avec le développement des possibilités de vidéo interactive en temps réel, à la fin des années 90, qu’il est vraiment devenu intéressant de faire des installations de ce genre.

    J’ai travaillé pendant quelques années avec deux artistes/performeurs danois. Cette collaboration m’a beaucoup appris sur la manière de penser, de concevoir une interactivité qui fasse sens à la fois en termes artistique et psychologique… Pour ma première installation audio/vidéo interactive, The Fire Inside en 2000, j’ai reçu un prix de l’ICMC [International Computer Music Conference]. Le public pouvait se déplacer autour d’un feu, un peu à la manière d’un jeu vidéo. Une autre installation, Lost Angel (2004), a rencontré un certain succès international. Là, le public était invité à danser avec sa propre image-miroir qui se transformait en ange au fur et à mesure des mouvements.»

    Un champ d’action qui fait de lui [un] lauréat du Qwartz Pierre Schaeffer…
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