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Christian Calon

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  • Christian Calon in Voir

    “Christian Calon au festival Elektra”, Réjean Beaucage, Voir, October 31, 2002
    Thursday, October 31, 2002 Press

    Arrivé au Québec en 1966, Christian Calon s’équipait d’un premier studio de composition électroacoustique en 1975, à l’âge de 25 ans. C’est durant les années 80 que ses premières œuvres furent remarquées (premier prix du Concours international Luigi Russolo en 1985). En 1989-90, il était vice-président de la Communauté électroacoustique canadienne et, en 1991, il repartait pour quelque temps en France afin d’assumer la responsabilité du Groupe de musique expérimentale de Marseille. Ses œuvres, dont plusieurs sont regroupées sur deux disques parus chez empreintes DIGITALes, lui ont valu de nombreuses distinctions. Il conçoit des pièces radiophoniques, des installations sonores et des musiques de concert.

    Il y a déjà un bout de temps que Christian Calon travaille au spectacle auquel l’Association pour la création et la recherche électroacoustiques du Québec (ACREQ) nous permettra d’assister le 8 novembre prochain. La première ébauche du projet remportait en 1996 le prix Lynch-Staunton du Conseil des arts du Canada; en 1998, une première réalisation radiophonique en allemand et en anglais était diffusée sur les ondes de la radio allemande, puis au planétarium de Berlin (sur 89 haut-parleurs!). Cette version récoltait en 1999 le Grand Prix Marulic de l’Union européenne des radiodiffuseurs. En juin 2001, c’est à la Chaîne culturelle de Radio-Canada que fut réalisée et créée l’adaptation française dont nous aurons finalement la création sur scène, avec traitements et spatialisation, au Festival Elektra. J’ai rencontré le compositeur à son studio afin d’avoir un avant-goût de l’œuvre et d’en discuter avec lui.

    Le Projet Ulysse est presque aussi dense que l’Odyssée d’Homère dont, bien entendu, il s’inspire. Viennent s’y greffer des références au Ulysses de James Joyce, au satellite Ulysses de l’agence spatiale européenne et des hommages à la musique concrète… «J’ai commencé à composer la pièce sans trop savoir où j’allais aboutir, explique Calon; je me rendais compte cependant que je m’embarquais sur un gros bateau et, de fait, j’ai débuté en 1995 et je suis actuellement en train de finir. De faire la réalisation radiophonique, c’est une chose, mais la transposition sur scène en est une autre. Lorsqu’il m’arrive, à l’occasion, de diffuser en concert une pièce qui contient de la voix, des paroles, je ressens un manque; le manque de la présence du corps. Dans cette pièce-ci, le texte m’apparaissait trop important, il fallait que les personnages soient là afin de défendre les mots avec leur corps, les cautionner. Ça rejoint un peu le théâtre et ça en fait un projet hybride qui est difficile à caser…»

    Les références à Joyce se situent surtout sur le plan de la forme, les 24 chants qui constituent la pièce étant tous traités de façon différente, comme les chapitres de Ulysses sont tous écrits dans des styles différents. C’est aussi de cette manière que Calon peut faire des allusions à divers compositeurs qui ont marqué l’histoire de la musique concrète. «Je ne cite pas forcément ces compositeurs, précise-t-il, mais des manières de travailler.» Bien sûr, lors du concert, c’est Calon qui sera à la console de mixage pour spatialiser la bande sur l’orchestre de haut-parleurs et procéder au traitement des voix. Les voix en direct seront celles de Gabriel Gascon (Homère), Elisabeth Lenormand (Athéna), Wajdi Mouawad (Ulysse) et de la New-Yorkaise Shelley Hirsch (Pénélope). Cette dernière, véritable pasionaria surréaliste, chantera sa partie en anglais. Les choeurs, ainsi que d’autres personnages, seront sur bande, comme la musique dont une grande partie du matériau de base a été fournie par les guitares acoustique et électrique de René Lussier. Les versions radiophoniques allemande et française du Projet Ulysse devraient bientôt se trouver sur deux disques compacts édités par empreintes DIGITALes.

    En avant-programme, le compositeur diffusera Time Well (La Fontaine du temps), une œuvre qu’il a créée à Paris en mai dernier et que Wayne Siegel nous faisait découvrir le 11 septembre dernier lors d’un concert de la série Rien à voir 12. Notez que le Festival Elektra débute le 7 novembre avec une soirée qui présentera une série de premières d’œuvres vidéo-musique de compositeurs montréalais, parmi lesquels Jean Piché, Zack Settel et VJ Pillow.

    Christian Calon in AllMusic

    “Portrait”, François Couture, AllMusic, September 1, 2001
    Saturday, September 1, 2001 Press

    One of the most interesting composers of the generation that was born with Pierre Schaeffer’s discovery of musique concrète, Christian Calon developed in his works a unusually strong evocative vein that links him stylistically to his mentor Francis Dhomont. His musical interests shifted from acousmatics to hörspiel when he relocated in Berlin in the mid-’90s.

    Born in Marseille (France) in 1950, only a few years after Schaeffer and Pierre Henry’s first experiments with electroacoustics, Christian Calon started his career as a composer in Montréal. There he created his first works and co-founded the Canadian Electroacoustic Community. Paradis (1984) was his first major opus, but Portrait d’un visiteur, premiered the following year, was the piece that introduced him to the world, thanks to a first prize at the 1985 Luigi Rossolo international competition. His love for long works with complex architectures and multi-level metaphors seduced aficionados of sound art. His first CD, Ligne de vie: récits électriques (“Life Line: Electrical Tales,” 1990) was the first item to be released by the Montréal label empreintes DIGITALes, who would soon grow up to become a leader in electroacoustic music.

    In 1991, Calon was offered the musical direction of the studios of the Groupe de Musique Expérimentale de Marseille. He stayed there until 1995, creating a few more works including Les corps éblouis, released on CD. In 1995-1996 he was artist in residency at the DAAD in Berlin and decided to relocate there permanently. The world capital of the hörspiel had quite an influence on him and he started to apply his poetic approach of acousmatics to literature. The results were two radio plays, Die Zimmer der Erinnerung (“The Rooms of Memory”) in 1997 and Le projet Ulysse (“The Ulysses Project”) in 1998-1999.

    Christian Calon developed in his works a unusually strong evocative vein…
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