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  • Sings the Blues in Gonzo Circus

    “Kritiek”, Gonzo Circus, no. 62, April 1, 2004
    Thursday, April 1, 2004 Press

    Een staande ovatie voor Todd Drootin Books, graag. Want wat de Amerikaanse sample-dj op Sings the Blues laat horen is grensverleggend. En totaal niet gekunsteld of uit intellectuele drang. Books giet de meest uiteenlopende loops, scratches, soundbites en ritmes (punk, jazz, Timbaland-hiphop, mellow, indierock) in echte nummers. Hijzelf noemt het beatpunk. Prachtige en lading-dekkende term, maar ondanks de ietwat doffe productie kan Books on Tape me de juiste hypemachine snel in een adem met Kid606 of Aphex Twin worden genoemd. Zeker als hij dit ook live neerzet. Verplichte kost voor dj’s die een scherp randje aan hun setlist willen geven. Ook een tip voor reclamemakers: sommige fragmenten lijken wel geknipt voor een tv-spot-je van een splinternieuwe Honda die door de straten van Tokio scheurt.

    Sings the Blues in Terz

    “Made My Day”, Honker, Terz, April 1, 2004
    Thursday, April 1, 2004 Press

    Todd Drootin (daher der schöne Titel) aus LA nach seinem Debut Throw Down Your Laptops mit seiner erweiterten Definition von „Beatpunk”: einmal Indie, immer Indie, jedoch verstärkt durch sein simpel-trickreiches Programming. Dazu ein klasse Humorvibe und jede Menge powervolle Psycho-Styles, nur den Blues suchen wir hier vergeblich. Klare Empfehlung: geht doch nach Indien!

    Bleak 1999 in Wreck This MeSS — Paris

    “Critique”, Laurent Diouf, Wreck This MeSS — Paris, April 1, 2004
    Thursday, April 1, 2004 Press

    Bizarre, bizarre ce Tomas Jirku. On le retrouve sur pratiquement tous les labels qui compte actuellement: Tigerbeat6, Traum, Alien8, Klang Electronik et Force Inc/Mille-Plateaux. C’est d’ailleurs dans la veine «click ’n’ cut», tendance «broken dub», que se situait Entropy, un de ses précédents album paru sur Intr_version. Sur ce nouvel opus, il montre une facette plus abstraite de son travail. Très espacé, le tempo est enveloppé dans des textures assez froides. Les rythmiques pesantes se répercutent sur des basses fréquences qui palpitent. Des lignes mélodiques aux accents étranges servent de passerelle entre deux breaks. Régulièrement, Tomas Jirku introduit des samples et autres virgules sonores comme autant de pauses ou de repères dans ce no man’s land insolite.

    Migrations in De:Bug

    “Kritik”, ASB, De:Bug, April 1, 2004
    Thursday, April 1, 2004 Press

    Elektroakustik und Lautsprechermusik sind die Bereiche, in denen sich der Kanadier Stéphane Roy bewegt. Seine Kompositionen sind also am Computer entstanden und nicht von einem Orchester zu spielen. Er verarbeitet mit abstrakten, kühlen Kombinationen aus bearbeiteten Naturklängen und rein digitalen Elementen zu àußerst stimmungsvollen Soundbildern und dynamischen Klangcollagen. Kopfhörer auf und los geht’s! 3/5

    Front, Bleak 1999, Rumors of War in Exibart

    “Decibel ascoltàti”, Marco Altavilla, Exibart, March 31, 2004
    Wednesday, March 31, 2004 Press

    L’etichetta canadese No Type conferma ancora la sua determinazione e lucida consapevolezza estetica pubblicando nei primi mesi del nuovo anno Front di Max Haiven/Jon Vaughn. 73 minuti durante i quali i due musicisti assemblano materiali sonori e che, in perfetta tradizione elettroacustica e concreta, mirano a risvegliare la dimensione dell’ascolto. L’interesse dei due compositori si rivolge ad una dimensione concettuale che, allo stesso tempo, non esime il suono dal trascurare la possibilità di narrare attraverso un sottile approccio pop. Più socialmente impegnato Rumors of War del progetto Metaxu (Maurizio Martusciello e Filippo Paolini). I due italiani percorrono le strade della sperimentazione elettroacustica ed elettronica evitando la retorica, pur rasentandola (per questioni di materia), grazie ad un rigoroso approccio compositivo. Con il suo quinto album Bleak 1999 il canadese Tomas Jirku spinge gli esiti della minimal techno oltre i cliché che sembrano contraddistinguere la maggior parte delle produzioni laptop oriented. Intercettazioni radio, beat vivisezionati ed evanescenti linee melodiche si incastrano alla perfezione dando vita a scuri paesaggi sonori. […]

    Ned Bouhalassa, Marcelle Deschênes, Robert Normandeau, Stéphane Roy in Aligre FM, Dissonances

    “L’école de Montréal, 3/4”, Bernard Girard, Aligre FM, Dissonances, March 30, 2004
    Tuesday, March 30, 2004 Press

    Nous poursuivons notre découverte de la musique concrète, acousmatique produite par ce que l’on appelle l’école de Montréal. Nous avons souligné le rôle de la chaire de composition de musique électroacoustique dans la formation de toute une génération de compositeurs, chaire que Francis Dhomont a occupée pendant de longues années, mais qu’il n’a pas créée. C’est une canadienne, Marcelle Deschênes, qui en fut la première titulaire.

    Comme beaucoup d’autres, Marcelle Deschênes a découvert la musique électroacoustique à Paris, au Groupe de recherches musicales de l’ORTF. De retour au Québec, elle a enseigné la perception auditive et a fait une carrière d’artiste multimédia. Elle s’intéresse aujourd’hui à l’intégration des technologies nouvelles aux arts de la scène ce qui l’a conduit à travailler sur un opéra. La discographie de Marcelle Deschênes est, si je ne me trompe, très courte. Je ne connais que deux disques d’elle, ce qui condamne à rêver devant les titres de ses œuvres, titres qui font penser qu’elle ne manque pas d’humour. Je pense notamment à Moll, opéra lilliput pour six roches molles, qui lui a valu un premier prix en 1978 au Concours international de musique électroacoustique de Bourges. Faute de disposer de cet enregistrement, je vous propose une œuvre plus récente, Lux æterna, qu’elle a dédiée à l’état d’âme des scientifiques de Los Alamos. Il s’agit d’une musique écrite, composée pour accompagner des spectacles multimédias qu’elle a réalisés avec Georges Dyens et Renée Bourassa. Comme son titre l’indique, ces spectacles traitent de la lumière, lumière éternelle, lumière primitive. Il est assez rare que des mots évoquant la lumière entrent dans les titres d’œuvres musicales. Il y a les six quatuors à cordes de Joseph Haydn, le Soleil des eaux que Pierre Boulez a composé sur des textes de René Char, les Chroniques de la lumière de Francis Dhomont… Les musiciens semblent préférer la pénombre des nocturnes… Mais il faut naturellement se méfier des titres.

    Je ne suis pas sûr qu’un public auquel on aurait demandé de donner un titre à l’œuvre de Marcelle Deschênes aurait spontanément pensé à la lumière éternelle (Lux æterna).

    Cette musique n’évoque pas forcément la lumière éternelle telle que nous l’entendons, mais elle paraît en phase avec les projets de Georges Dyens, un artiste qui s’intéresse aux forces telluriques, et pour lequel la lumière est, je cite, «matière révélatrice du monde mais aussi matière modelable au même titre que la glaise possédant un contenu spirituel.»

    Marcelle Deschênes n’est pas la seule à s’être intéressée à l’art multimédia. C’est également le cas de Robert Normandeau qui enseigne aujourd’hui la composition électroacoustique à l’université de Montréal après avoir été l’élève de Marcelle Deschênes et Francis Dhomont.

    La discographie de Robert Normandeau, né en 1955, est importante. Elle comprend des œuvres acousmatiques mais aussi des œuvres pour le théâtre et des musiques pour la radio.

    Normandeau est de ces compositeurs de musique concrète qui se sont beaucoup intéressés à la voix, à son mystère, chaque voix est différente, à son épaisseur, à sa force émotive: les sons fabriqués, construits avec la voix ont toujours quelque chose de plus. Robert Normandeau a composé de nombreuses œuvres à partir de la voix, dont Bédé.

    Il s’agit d’une œuvre composée à partir de ces sons, onomatopées, descriptions de bruits de chute, de coups, de sirènes… que l’on trouve dans les bandes dessinées prononcées par une enfant de onze ans. On observera que l’univers que décrit cette pièce courte, elle dure moins de trois minutes, n’est pas d’une grande douceur.

    Ces citations de bruits empruntés au monde dessinée illustrent bien l’éclectisme des membres de l’école de Montréal. Robert Normandeau, Gilles Gobeil, Christian Calon, Alain Thibault, Mario Rodrigue… tous ces compositeurs nés dans les années 50 et formés dans les classes de Francis Dhomont et de Marcelle Deschênes ont une culture musicale complexe qui intègre le jazz, le rock et les musiques pop, la pratique de la guitare, de la musique populaire… Je ne veux pas dire que leurs collègues européens formés dans des conservatoires classiques, dédiés à la musique savante, ignorent ces musiques, ils les connaissent et il leur arrive également de les pratiquer, mais il est plus rare qu’ils les intègrent directement dans leur travail.

    On trouve explicitement trace de cet éclectisme musical dans Constamment (autoportrait), une œuvre émouvante de Ned Bouhalassa, un compositeur qui a été l’élève de Francis Dhomont et de Kevin Austin. Constamment (autoportrait) reprend des sons familiers qui ont été ceux de l’enfance et de l’adolescence de Bouhalassa auxquels il adjoint une réflexion sur le métissage. Métissage des cultures chez cet enfant né d’une mère bretonne et d’un père algérien, métissage des musiques chez cet amateur de techno dont il nous dit qu’il en écoute quotidiennement et qu’il lui arrive parfois de danser dessus jusqu’aux petites heures du matin.

    Constamment (autoportrait) date de 1997. Ned Bouhalassa avait alors 35 ans. Constamment (autoportrait) a été, comme beaucoup d’autres œuvres dont nous parlons aujourd’hui, composée dans le studio du compositeur. C’est une des caractéristiques de la musique de l’école de Montréal qui explique pour partie au moins son ton original. En France, les compositeurs travaillent dans des institutions, l’Ircam, le GRM, le Grame de Lyon, le GMEM de Marseille… qui mettent à leur disposition des moyens techniques, des matériels, des techniciens et des bibliothèques de son. A Montréal, il en va tout autrement: le studio de l’université est réservé aux élèves et aux enseignants. Une fois diplômé, un musicien qui veut continuer de produire doit créer son propre studio. Ce qui a plusieurs conséquences.

    Cela le force, d’abord, à constituer sa propre bibliothèque de son, à se faire reporter, preneur de son, ce qui l’amène à enregistrer son quotidien, son entourage, à travailler sur le motif comme les peintres impressionnistes qui posaient leur chevalet sur les bords de la Seine ou de la Marne. On retrouve, d’ailleurs, chez les compositeurs de l’école de Montréal ce goût pour le plein air, notamment dans ces œuvres que l’on pourrait qualifier de paysages, qui nous décrivent l’atmosphère si particulière de la capitale francophone d’Amérique du Nord. Fête d’Yves Daoust décrit l’été à Montréal. C’est un autre portrait de Montréal que nous propose Stéphane Roy dans Appartenances, une œuvre qui tente de mettre en évidence la richesse culturelle, la polyphonie d’une ville qui parle plusieurs langues, qui accueille et laisse vivre ensemble des gens d’origine très différente, une ville qui, enfin, échappe au conservatisme si fréquent en Amérique du Nord. Il s’agit d’une pièce en trois mouvements qui décrivent successivement les univers latins, celtes et orientaux de la ville. «Appartenances, explique Stéphane Roy, est issue de phonographies de cette mosaïque montréalaise, saisies à la volée lors de promenades dans les rues de la ville. J’ai fait, poursuit-il, usage de ces phonographies comme d’une matière sonore à l’état brut que le travail en studio m’a permis de modeler, de faire dériver vers une expression plus abstraite.»

    Normandeau est de ces compositeurs de musique concrète qui se sont beaucoup intéressés à la voix, à son mystère…
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