Skip to main content
electrocd
  • This website is also available in English.

Blog

4252 results
  • 144
  • 145
  • 146
  • 147
  • 148
  • 149
  • 150
  • 151
  • 152
  • November 30, 2013: Dhomont, Chowning, Henry Get the Giga-Hertz-Award 2013

    Monday, November 11, 2013 General

    The Giga-Hertz-Award 2013 celebrates the career of two composers and three production prizes are given to composers for projects to be realized at the ZKM or the Experimentalstudio. The grand prizes for electronic music were attributed to John Chowning and Francis Dhomont while the three production prizes were awarded to Roque Rivas, Alexander Schubert, and Ying Wang. The grand prize for sound art was attributed to Pierre Henry. The awards will be presented on November 30, 2013 at the ZKM (Karlsruhe, Germany).

    François Bayle, Brunhild Ferrari, Monique Jean, Adrian Moore in Montréalistement

    “Akousma: tout contact”, Normand Babin, Montréalistement, October 28, 2013
    Monday, October 28, 2013 Press

    Samedi soir s’achevait en apothéose le festival Akousma avec les œuvres du très respecté François Bayle. Le festival nous aura fait réaliser en quatre événements, toute la diversité de l’art acousmatique, et nous aura aussi permis de jeter un œil sur ce monde un peu fermé sur lui-même il faut bien le dire.

    Après une soirée consacrée à la relève mercredi (voir mon article: http://montrealistement.blogspot.ca/2013/10/akousma-premier-contact.html), on a eu droit jeudi aux œuvres de deux femmes au génie incontestable. Brunhild Ferrari a plus que fréquenté l’œuvre de Luc Ferrari, décédé en 2005, et reprend avec brio le travail là où il l’avait arrêtée. Dans une esthétique minimaliste et répétitive, un peu à la manière de Steve Reich, Brunhild Ferrari nous a offert de longues plages sonores où presque rien ne bouge. Force est donc d’écouter attentivement: l’action est dans le détail. Un pointillisme musical d’une grande délicatesse, une musique un peu planante mais jamais endormante!

    En deuxième partie de programme, Monique Jean a présenté ce qui représente à mon avis le plus important travail fait sur la recherche de nouveaux sons entendus au festival. À partir de sons réels et de sons synthétiques, elle compose de longs poèmes pour l’oreille. Je garde en tête des épisodes inouïs, le mot ici pris dans son sens premier, des craquements, des éclats doux. Les œuvres de Monique Jean sont très délicates, ici pas d’impression de Dolby Surround ou de manœuvres d’écrasement de l’auditeur. Il faut porter attention, rester aux aguets tout le temps que dure sa prestation.

    Avant la performance de François Bayle, nous avons eu droit à la tonitruante musique d’Adrian Moore. Composée expressément pour l’acousmonium, l’orchestre de haut-parleurs, la musique se propulse, se ballade, circule tout autour de l’auditeur. Parfois proche de ce que nous pourrions entendre sur certains jeux vidéos, la pièce Battle nous plaçait au centre d’un genre de partie de ping-pong où les haut-parleurs de gauche répondaient à ceux de droite. Amplifiant et grossissant constamment le son, Moore appuie la pédale à fond, et termine avec un immense climax dans Junky.

    Le maître français François Bayle, 81 ans, a un peu donné une petite leçon de style à ceux qui l’avaient précédé au cours du festival. Il utilise le matériel sonore qu’il crée comme un compositeur pour orchestre le ferait avec les sons des différents instruments de musique. C’est donc une œuvre parfaitement construite et élaborée, où l’on entend clairement des thèmes, leur déconstruction, leur développement. Fabuleusement luxuriante, la palette sonore de Bayle nous donne à entendre des insectes, des grincements d’arbre, de lointains échos de cris d’oiseaux, une jungle hyperactive. La richesse des textures et le raffinement de l’écriture font des œuvres de François Bayle une véritable bible de l’électroacoustique, de l’acousmatique ou comme il vous plaira de l’appeler.

    De l’oreille au XXIe siècle

    Il n’y a pas tant d’années, le consommateur se rendait dans une boutique très spécialisée, avec ses propres CD et allait écouter des amplificateurs et des haut-parleurs, tentait de faire le meilleur alliage possible et retournait chez lui avec un système de son souvent plus intéressant, quoique moins puissant, que celui de bien des salles de spectacles. Aujourd’hui, on ajoute des haut-parleurs sur l’ordinateur directement, on écoute avec casque, parfois on s’achète une station iPod, mais on se fout un peu de la qualité du son. On veut que ce soit compatible avec notre équipement informatique, sans fil et design. Les concerts d’Akousma étaient diffusés sur plus de 40 haut-parleurs de très haute qualité, par un technicien ultra-qualifié. Voilà qui réveille notre ouïe un peu paresseuse. En fait, on a soudainement l’impression que nous avons trop de choses à écouter à la fois. Ce qui confère beaucoup de pertinence à ces concerts, l’écoute étant mille fois plus riche que ce que nous pourrions avoir à la maison. De plus le compositeur est à l’œuvre, et règle à mesure les effets qu’il désire obtenir en cours de performance. De la musique enregistrée certes, mais diffusée dans un contexte exceptionnel, qui justifie amplement l’appellation contrôlée de “spectacle”.

    Monique Jean in Cette ville étrange

    T.A.G. (Trottoir, asphalte, goudron) de Monique Jean”, Patrick Saint-Denis, Cette ville étrange, October 27, 2013
    Sunday, October 27, 2013 Press

    Dès les premiers moments, on entend des bruits de sirènes de police, des bruits de pas sur l’asphalte et des ambiances de foules, mais très rapidement, la compositrice se distancie d’un discours représentatif. Elle invite plutôt à plonger dans la matière même qui constitue ces sons et à y abandonner toute lecture autre que celle du sensible.

    Cette invitation emprunte essentiellement deux sentiers. Un premier qui consiste en une série de traitements auxquels sont soumis entres autres les sons de sirènes de police. Vient ensuite un ensemble de sons obtenus par synthèse qui vont venir rappeler ces sonorités concrètes dans leur profil général tout en les transposant ailleurs. En écho aux mouvements de groupes propres aux foules en marche, la compositrice développe une écriture de la masse faite d’accumulations qui trace un parcours formel limpide tout en proposant une conduite complexe de l’écoute.

    Les sons de sirènes de polices, déjà proches en soi des sonorités synthétiques, sont surtout présentes dans la première moitié de l’œuvre. Le glissando typique de ces sonorités est amplifié et repris dans la synthèse et finit, après de multiples boucles en aparté et autres digressions, par engendrer un long glissando descendant. Un moment phare de l’œuvre où l’on peut apprécier l’ampleur du savoir-faire de la compositrice. C’est tout un tour de force que de pouvoir mener l’écoute vers des gestes d’une telle ampleur et concision. L’œuvre fait intervenir ensuite des sonorités de bruits de pas sur l’asphalte que la compositrice agence en une série d’accumulations avant de devenir eux-mêmes source de synthèse sonore.

    Difficile de résister à la tentation de créer des liens entre l’œuvre de Monique Jean et les manifestations étudiantes qui ont marquées le printemps 2012. Mais l’œuvre échappe aux rapprochements trop directs et ces références planent au-dessus d’elle sans jamais s’y ancrer. Dans Qu’est-ce que la littérature? (Gallimard, Paris 1948), des propos de Jean-Paul Sartre pourrait résumer en quelques sortes ces affiliations:

    «Les notes, les couleurs, les formes, ne sont pas des signes, elles ne renvoient à rien qui leur soit extérieur. Le petit sens obscur qui les habite, gaîté légère, timide tristesse, leur demeure immanent ou tremble autour d’elles comme une brume de chaleur.»

    Les occasions sont rares de pouvoir assister à des œuvres nouvelles qui créent un consensus aussi fort lors de leur création. Il ne fait aucun doute que T.A.G. a laissé une impression semblable au public du festival Akousma jeudi dernier à l’Usine C.

    Les occasions sont rares de pouvoir assister à des œuvres nouvelles qui créent un consensus aussi fort lors de leur création.
  • 144
  • 145
  • 146
  • 147
  • 148
  • 149
  • 150
  • 151
  • 152