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  • Rumors of War dans EtherREAL

    «Critique», Fabrice Allard, EtherREAL, 22 mai 2004
    samedi 22 mai 2004 Presse

    Sans connaître Metaxu, on pose avec confiance ce deuxième album sur le plateau de notre platine CD. Confiance envers le label canadien No Type au parcours irréprochable, qui sortait l’an dernier l’album de Coin Gutter, et envers Maurizio Martusciello, moitié de Metaxu qui nous offrait un excellent concert il y a un an et demi lors du festival Batofar cherche Italie.

    Cet a priori positif est immédiatement transcendé à l’écoute du premier morceau. Avec pour thème la guerre, tous les morceaux de cet album prennent pour titre une date et un lieu, repères temporels et géographiques d’un événement historique. Ce premier morceau intitulé 28061914 Sarajevo, nous séduit immédiatement avec une sorte de boucle de cordes subtilement traitée et parsemée de petits glitchs, craquements, et autres bruitages électroniques, samples trafiqués, le tout étant construit autour d’une lente montée. On sait déjà que l’on est en présence d’un grand disque, mais chaque nouveau morceau sera une surprise dépassant nos espérances, chaque pièce venant surpasser la précédente.

    Le style est suffisamment original pour être intéressant, une sorte de musique néoclassique ou musique de film, parsemée de petites erreurs numériques apportant une vie fourmillante alliée à une finesse et précision mathématique. Ici des cordes, plus loin un piano lumineux, ou même des cuivres et bleeps sur le superbe 01041939 Alicant, pour une pièce ambient-jazz contemporain. On est tenté de comparer la musique de Metaxu à un croisement entre Max Richter et Steve Reich qui auraient confié leur démo à un artiste de chez Mille Plateaux. Plus tard, 07121941 Pearl Harbour est une véritable bande son de film avec un mixage parfaitement maîtrisé: des cordes tendues mais discrètes créent un sentiment d’inquiétude bientôt appuyé par des nappes de cordes plus graves, le tic-tac d’une pendule, une montée de voix fantomatiques, des cris. Des voix que l’on retrouve à plusieurs occasions, que ce soit via des samples d’émission de radio, ou des choeurs à vous donner la chaire de poule. Plus proche de nous, on prêtera forcément une attention particulière à 11092001 New York: chant du Moyen-Orient et éléments électroniques métronomiques, nappe grave et menaçante, puis montée de cordes bientôt stridentes et souffle d’une déflagration sonore terminant le morceau cut-up.

    Rumors of War est assurément l’un des plus beaux disques que l’on ait pu écouter ces 6 derniers mois, utilisant à merveille le mélange entre musique classique et électronique, certainement le meilleur chemin que pouvait prendre l’electronica dont on semblait avoir fait le tour.

    … l’un des plus beaux disques que l’on ait pu écouter … certainement le meilleur chemin que pouvait prendre l’electronica dont on semblait avoir fait le tour.

    6 juin 2004: Normandeau et Parmerud invités à Buffalo

    jeudi 13 mai 2004 En concert

    Robert Normandeau sera l’un des compositeurs invités au prochain festival June in Buffalo (NY) qui se tiendra du 1 au 6 juin 2004 et dont le thème est «Music + Computers». Il y présentera deux œuvres multiphoniques récentes, Chorus (2002) et StrinGDberg (2001-03). On retrouve parmi les compositeurs invités Åke Parmerud, Zack Settel, Tristan Murail, Elainie Lillios et Cort Lippe (qui en est le co-directeur artistique avec David Felder).

    liberum arbitrium, morceaux_de_machines dans Voir

    «morceaux_de_machines à Victoriaville», François Gariépy, Voir, 13 mai 2004
    jeudi 13 mai 2004 Presse

    Être invité à assister à une répétition en privé de morceaux_de_machines ne se refuse pas. Le duo formé d’Aimé Dontigny et d’Érick d’Orion, réputé pour clapoter une noize électronique improvisée partout dans le monde, sera de la première soirée du Festival international de musique actuelle de Victoriaville la semaine prochaine. L’heure est donc au peaufinage. Surtout que la démarche semble tellement compliquée pour certains néophytes qu’il devient formidable de pouvoir questionner en direct les bidouilleurs à chacune de leurs interactions avec le surprenant lot de machines devant eux, toutes branchées les unes aux autres. À quel genre de performance auront droit les spectateurs qui assisteront au concert de jeudi? «On a prévu 55 minutes d’improvisation musicale avec canevas, soutenue par les projections visuelles de Boris Firquet et Éric Gagnon, qui sont à mon avis les meilleurs VJ au monde…» annonce Érick d’Orion, qui ne déteste pas feindre de venir de la constellation d’Orion.

    Bruit. Musique. Musique faite de bruit. Assemblage sonore qui ne revendique à peu près pas de statut musical. Difficile de s’amouracher facilement de morceaux_de_machines, tant le résultat prend davantage de sens en spectacle. Pour bien comprendre la dynamique de travail: Érick donne un spectacle en jammant sur un ordinateur portable superpuissant équipé des logiciels Traktor et Audiomulch, alors qu’Aimé mélange des sons à partir de disques de sons et de bruits qu’il a lui-même gravés, pour ensuite les mélanger à la source sur une double platine laser. «Cela me donne l’impression de presque jouer d’un instrument!» rigole Aimé, qui ne voit aucun mal à ce que l’on s’échange gratuitement sa musique via Internet. Et de rajouter: «Si jamais on me harcèle juridiquement pour utilisation d’un sampling de Fernand Gignac par exemple, je m’en fous! J’irai alors piger dans une chanson de Jean-Pierre Ferland et ainsi de suite…»

    Bruit. Musique. Musique faite de bruit.
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