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  • Morphogenèse dans 5:4

    «Review», Simon Cummings, 5:4, 5 juin 2015
    vendredi 5 juin 2015 Presse

    Morphogenèse, featuring music by Swedish composer Erik Nyström. Permeating all five pieces on this disc is an overt sense of evolution, as though the music was changing shape and manner in real-time as we listen. In Latitudes, everything begins from a simple bell strike, its resonance (which, although not always obviously, remains throughout) leading to a plethora of developments that, parallel to the notion of evolution, also suggest a sense of moving ever closer to something, in the process discerning increasing amounts of surface detail. The rather gorgeous sheen of this piece makes the effect hypnotic, but in works like Far-From-Equilibrium and Catabolisms Nyström’s concern is with sounds altogether more granular and fragmented. Yet these are moulded and compacted into startlingly present episodes where the music, bristling with organic energy, appears to muscle its way beyond the confines of the loudspeakers. Lucent Voids, at 20 minutes the longest work on the disc, makes both the deepest and most long-lasting impression. It could be heard as a synthesis or a summation of the other four works, embracing granular textures, extended pitch resonances, burly inner movement and gradual transitions of forms. But it transcends all of this, Nyström constructing a vast dramatic canvas that begins in the depths, passing through a hectic interplay of pitch and noise, and a number of increasingly vertiginous high points, to a place of genuine grandiosity, enveloping us in layer upon layer of highly variegated seams of material, dissipating into something resembling the crackle of vinyl mixed with an excited Geiger counter drenched by falling rain. Absolutely breathtaking.

    Absolutely breathtaking.

    Dômes dans 5:4

    «Review», Simon Cummings, 5:4, 5 juin 2015
    vendredi 5 juin 2015 Presse

    … I’ve been catching up with some of Empreintes DIGITALes’s output from late 2014 and want to flag up a couple of highly impressive discs. The renowned Canadian electroacoustic composer Robert Normandeau‘s latest offering is Dômes, featuring five pieces either revised or completed in the last three years. As in all his work, the interaction between familiar sound sources and their more abstract treatment is fascinating. Kuppel uses the bells of a church in Karlsruhe as an omnipresent pulse, pitch centre and point of perspective. Normandeau layers the noises of trams and a squealing door over these bells such that a strange kind of veracity appears, simultaneously life-like yet obviously artificial. Baobabs is the most obtuse piece on the disc, a 15-minute surreal stream of consciousness for four voices, six percussion and tape that persistently keeps one at a distance. Thankfully, it’s the exception to the rule. Hamlet-Machine without Actors and Pluies noires engage with theatrical drama; the latter piece, with the Bosnian conflict in mind, is a disconcerting aerated dronescape peppered with heavy dull impacts that seem to squash and leave dazed every other sound. They become reduced to extended whispers and gargles, occasionally marshalling themselves sufficiently to form potent but short-lived eruptions; a sense of struggle is palpable. The former piece also employs a drone at its centre, a beautiful, radiant core beneath shifting metallic/industrial strata. A work about “the oppression of man by society”, perhaps Normandeau locates humanity within this luminous core, in which case its persistence makes this a positive statement. La part des anges is the album’s highlight, though, an opulent, shining piece of pure sonic ecstasy, full of rich clouds of complex tonalities and the evocation of a myriad celestial voices.

    La part des anges is the album’s highlight, though, an opulent, shining piece of pure sonic ecstasy, full of rich clouds of complex tonalities and the evocation of a myriad celestial voices.

    Morphogenèse dans Le son du grisli

    «Critique», Fabrice Vanoverberg, Le son du grisli, 5 juin 2015
    vendredi 5 juin 2015 Presse

    Au premier abord, l’acousmatique d’Erik Nyström ne sort guère de l’ordinaire, pour autant que ce terme puisse être appliqué à une sortie du merveilleux label canadien Empreintes DIGITALes. Chemin faisant, et passées les premières minutes, Morphogenèse subjugue par ses innombrables variations, complètement à l’opposé d’une vision où les drones se noient dans la monotonie.

    Tel un Markus Schmickler qui extirperait l’ombre de Fennesz sous le manteau de Robert Normandeau, l’œuvre du compositeur basé à Londres exploite à merveille une foule de registres des musiques électroniques abstraites, et sa force de conviction est telle qu’on se laisse emporter sans le moindre détour. Leçon numéro deux: aux trente premières secondes d’un disque, tu ne t’arrêteras pas.

    Chemin faisant, et passées les premières minutes, Morphogenèse subjugue par ses innombrables variations, complètement à l’opposé d’une vision où les drones se noient dans la monotonie.

    Dômes dans Rif Raf

    «Love on the Bits», Fabrice Vanoverberg, Rif Raf, no 211, 1 juin 2015
    lundi 1 juin 2015 Presse
    D’une transcendance hypnotique qui dépasse les cieux, l’ici-bas et le très-haut fusionnent en des harmonies distillées à la perfection…

    Poupées mathématiques dans EtherREAL

    «Critique», Pierre-Luc Senécal, EtherREAL, 27 mai 2015
    mercredi 27 mai 2015 Presse

    «Un sympathisant de gauche, qui éprouve un froid mépris envers les méthodes et idéologies actuelles de l’industrie, […] mais qui a aussi l’oreille qui regimbe à l’écoute des constructions sonores expérimentales et engagés de certains camarades.»

    Et vlan! C’est avec cette savate verbale que Dominique Bassal se présentait en décembre 2002, dans son écrit La pratique du mastering. Ingénieur du son reconnu pour son expertise unique en musique électroacoustique, c’est en tant que compositeur que Bassal lançait, en janvier 2014, son deuxième album sur l’étiquette montréalaise Empreintes digitales, la même étiquette pour laquelle il effectue la pratique délicate de «masteriser» les pièces des compositeurs depuis près de 15 ans. Ainsi, égalisation, correction de la dynamique, volume et autres traitements sont apportés afin de «normaliser» au possible l’écoute. De votre salon aux baffles de votre bagnole, la pièce sonnera «pareil».

    Avec 13 ans d’expérience et cinquante albums masterisés sous la cravate, Bassal a développé une opinion très critique des conditions d’écoutes et de la faible qualité de production des musiques électroacoustiques. Non seulement la qualité de production de cette musique n’a pas suivi les avancées observées dans la musique pop, mais en plus, le conformisme académique derrière sa réalisation en ont fait un genre répudié par le grand public. C’est donc une véritable croisade idéologique et esthétique à laquelle se livre Bassal, une lutte au nom de laquelle il s’est détourné de l’esthétique purement acousmatique propre à son tout premier album Ubiquités (2009).

    «Le second album Poupées mathématiques (2014) représente l’aboutissement d’énormément de questionnement de ma part sur la viabilité réelle de la musique électroacoustique. Pourquoi on fait ça? Pour qui compose-t-on? Sur le plan technique, il faut absolument trouver un format universel haute qualité qui rende justice au contenu, mais il faut également changer le contenu et sortir de notre tour d’ivoire.»

    Pour la haute qualité, Bassal a donc choisi de rendre sa musique disponible grâce à un disque Blu-Ray, capable de contenir les 6 pièces de l’album à 96 kHz, 24 bit, et ce, en format stéréo, 5.1 et 7.1. Et pour l’esthétique choisie?

    «Il s’agit de rendre le tout plus attrayant pour l’ensemble des gens. Pour faire ça, et j’admets que le processus n’est pas tout à fait abouti, j’ai intégré plusieurs éléments de musique conventionnelle que je composais moi-même et que je modifiais afin qu’il y ait ce cadre mélodique au sein d’un univers électroacoustique. Il y a des bouts de mélodies et de séquences rythmiques en soutien à cette trame narrative qui évoque la science-fiction, les espaces éclatés, tout ce qu’on peut imaginer.»

    À l’écoute, on trouve effectivement bien des choses que le compositeur promet. Chaque pièce est traversée par une panoplie d’instruments (carillon, ensemble de jazz et de cordes, violon, contrebasse et j’en passe) tout en étant drapée d’un tissu sonore, parfois enveloppant (merci à la version 7.1) parfois en trame de fond. Bien que le compositeur ait pris l’habitude d’écrire ses notes de programme après la composition, on tisse facilement les liens entre les titres et les univers qu’ils créent. Dans Choraal, un halo de voix désincarnées jaillissent et s’élancent en pétillant, et tout cela semble d’une terrible beauté. Il y a également un jeu important sur les clichés: La main visible est un égarement dans le jazz d’une Noir York City ou du film Birdman, Babylone les regrets est ouvertement une parodie des films américains kitsch aux gros violons et même Broto et sa z’complice est en référence aux vieux films de science-fiction avec ses sonorités plus datées.

    Avec cet à-cheval entre musiques acousmatique et instrumentale, plusieurs questions se posent, notamment par rapport à la prochaine direction à prendre. Le compositeur le dit lui-même, il s’agit d’une démarche temporaire, et il souhaiterait que le côté avenant et ouvert de sa musique soit généré par autre chose que des mélodies. En effet, certaines mélodies pourraient être plus recherchées, et les élans acousmatiques volent parfois la vedette par leur force et leur caractère magistral. S’il est vrai que de faire l’équivalence entre accessibilité et mélodie peut sembler naïf, il faut reconnaître que la démarche est sincère, la musique, bien faite, et surtout qu’elle «donne à voir».

    Sera-t-elle assez acousmatique pour séduire les puristes? Cela reste à voir, mais le plus important sera de voir si elle ouvre la porte à tous les auditeurs en quête d’une musique à la fois abstraite et accessible.

    … la démarche est sincère, la musique, bien faite, et surtout qu’elle «donne à voir».
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