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  • Lieux inouïs in Circuit

    “L’électroacoustique sur orbite [3]”, Francis Dhomont, Circuit, no. 3:1, March 1, 1992
    Sunday, March 1, 1992 Press

    Robert Normandeau: Lieux inouïs: Jeu, Mémoires vives, Rumeurs (Place de Ransbeck), Matrechka, Le cap de la tourmente.

    Ce deuxième disque est consacré à un autre acousmate convaincu et convaincant qui a le bon goût de revendiquer son choix et dont le talent ne cesse de s’affirmer. Chez Robert Normandeau, le souci de la syntaxe est évident en dépit — ou peut-être à cause — de la complexité de son vocabulaire. Je pense notomment à Jeu et à Rumeurs (Place de Ransbeck) (ainsi qu’à La chambre blanche, absente sur le disque) qui articulent avec virtuosité, selon une dialectique permanence/variation, un abondant corpus sonore d’éléments contrastés ou récurrents qui renouvellent sans cesse le discours tout en lui conservant une solide cohérence. Mémoires vives, comme La disparition de Calon, puise dans le réservoir des musiques du passé la plupart de ses éléments constitutifs. Elle est ainsi plus accessible, étant plus reconnaissable mais ce n’est peut-être pas une bonne raison. Néanmoins ne boudons pas notre plaisir, le son y est d’une telle qualité et le lyrismé si persuasif qu’on aurait tort de chipoter. Matrechka et Le cap de la tourmente appartiennent à une première manière, moins maîtrisée mais généreuse (dont on retrouve des traces dans Mémoires vives), très révélatrice d’une personnalité qui refuse de rester unidimensionnelle. Une oreille aux aguets, un style robuste, une pensée chaleuleuse très bien servie par une habileté technique qui sait se faire oublier. À écouter d’urgence.

    Une oreille aux aguets, un style robuste, une pensée chaleuleuse très bien servie par une habileté technique qui sait se faire oublier. À écouter d’urgence.

    Cycle de l’errance, Les dérives du signe, Mouvances~Métaphores, Francis Dhomont in Circuit

    “Francis Dhomont: deux disques pour un anniversaire”, Stéphane Roy, Circuit, no. 3:1, March 1, 1992
    Sunday, March 1, 1992 Press

    Le 2 novembre 1991, tous s’étaient donné rendez-vous à la Chapelle historique du Bon-Pasteur de Montréal pour célébrer l’anniversaire de l’acousmaticien Francis Dhomont. Les collègues compositeurs, amis, gens de la radio, étudiants et écrivains étaient là pour dire et écouter dire à Francis Dhomont ce que sa générosité d’homme et de créateur a su faire jaillir au fond de chacun d’eux.

    Francis Dhomont est un grand initiateur qui ne cesse de répandre et de partager l’amour de son art. Le compositeur, le pédagogue, le communicateur, l’écrivain, le polémiste a surpris parfois, mais toujours il a su capter l’intérêt de ceux qui étaient à l’écoute: il a persuadé sans contraindre, seulement par sa profonde conviction personnelle. Il n’a jamais imposé de diktats; en grand pédagogue et communicateur, il a partagé sa passion, une passion que j’oserais dire rigoureuse, car le penseur a toujours opéré une réflexion discursive sur son art. Enfin, le compositeur a donné naissance à des œuvres génératrices, des œuvres dotées d’un curieux pouvoir de fascination, étonnant les uns et suscitant l’admiration chez les autres.

    Cet événement-anniversaire a été arganisé par Réseaux avec l’aide de huit principaux collaborateurs. La première partie de la soirée a été consacrée au lancement du double compact Mouvances~Métaphores, sous étiquette empreintes DIGITALes en collaboration avec BVHAAST d’Amsterdam et l’Ina-GRM de Paris. L’ensemble, d’une présentation particulièrement soignée, comporte un livret bilingue de 208 pages dans lequel se trouvent les notices de présentation, les notes de programme, un catalogue d’œuvres et d’écrits, une biographie détaillée préparée par François Guérin et soixante-sept témoignages de collèques, compositeurs et amis de Francis Dhomont. Fait remarquable on a rassemblé entre les différentes sections de ce livret de nombreux extraits de partitions d’écoute. À l’occasion de ce lancement, deux œuvres extraites du coffret, … mourir un peu et Espace/Escape, ont été données en concert sur un acousmonium de dix-huit haut-parleurs.

    D’autres activités, préparées dans le plus grand secret, figuraient au programme. Ainsi, Francis Dhomont a eu la surprise d’assister à la présentation d’une œuvre-hommage — fort bien assemblée par le compositeur Gilles Gobeil — constituée exclusivement d’extraits d’œuvres commandés à seize compositeurs québécois.

    Enfin, en guise de présent, un coffret d’anniversaire a été remis au compositeur. Ce cofret contenait le texte intégral des témoignages, un dossier rassemblant des analyses thématiques et structurales de son œuvre, ainsi que l’ensemble des partitions d’écoute des œuvres figurant sur le disque. Le lancement attendu du deuxième numéro de la revue L’Espace du son, dirigé par Francis Dhomont, concluait la soirée.

    Mouvances~Métaphores, œuvres synthèses

    Le disque Mouvances~Métaphores est animé par deux thématiques. Un premier volet s’organise autour du thème de l’errance, tryptique dominé par la notion de voyage, de déplacement dans des espaces virtuels ou réels, évocation de trajectoires diverses, de ruptures, de rencontres. Œuvre autobiographique s’il en fut, métaphore d’une «errance» que Francis Dhomont assume depuis tant d’années entre le Québec et l’Europe. Points de fuite (1982) est l’œuvre génératrice de ce cycle, puisque ses éléments et sa symbolique se retrouvent cités dans les deux autres pièces, … mourir un peu (1984-1987) et Espace/Escape (1989).

    Les Dérives du signe constituent le second volet thématique du disque avec quatre œuvres: Novars (1989), Chioroscuro (1987), Météores (1989) et Signé Dionysos (1986-1991). Ici règnent l’«ambiguïté des signes,» le sens «détourné,» le déplacement d’un univers de référence vers un second univers, une «seconde nature» à laquelle l’objet symbolique n’était pas destiné. Francis Dhomont écrit: «La mouvance est ici celle des sables. On croit tenir l’image mais elle fuit entre les doigts ou se laisse recouvrir, engloutie par une image nouvelle qui se referme sur elle.» (Dhomont, 1991, p. 17). L’ubiquité du sens domine ici comme ailleurs dans l’œuvre de Dhomont. Longtemps préoccupé par les modèles linguistiques, il a aussi posé la question de l’intériorité et de l’extériorité de l’œuvre, il énonce la problématique notamment dans Espace/Escape, où il dit avoir tentê la «rencontre d’éléments hétérogènes reliés par deux critères — l’un sonore et dénotatif (situation du son dans l’espace), l’autre symbolique et connotatif (renvois au thème de l’errance) […]» (Dhomont, 1991, p. 16). L’ambiguité posée par cette double perspective d’écoute — celle du son et du sens —, Francis Dhomont la revendique avec conviction à travers les deux parcours thématiques que constitue Mouvances~Métaphores.

    L’acousmatique pensée par Francis Dhomont

    Dans ses œuvres comme dans ses écrits, Francis Dhomont est un ardent défenseur de l’art acousmatique. Cet art s’articule autour d’une pensée; il se fonde aussi sur des œuvres vivantes porteuses de leur propre dynamique évolutive. Comme produit culturel, il est appuyé par une démarche historique résultant d’une évolution esthétique et non d’un assujettissement conceptuel. L’acousmatique tire son origine d’autres musiques — elle a originellement «autonomisé des variables,» comme dirait Jean-Jacques Nattiez — pour devenir un art nouveau, libéré des apories des musiques «grammaticales.»

    L’acousmatique n’a théorisé son objet qu’après avoir été confrontée avec l’expérimentotion. Est-ce pour autant du «bricologe»? Si l’acousmaticien éprouve et expérimente, il pose des choix tout aussi intentionnels et organisés que ceux pratiqués dans d’autres musiques. L’évolution de l’acousmatique a souvent été contrée par l’attitude normative des idéologies esthétiques et «technicistes» dominantes. Ce que Francis Dhomont combat avec des arguments fort bien articulés, c’est cet art de la concession que l’on exige de l’acousmatique. Si cette forme d’expression porte en elle sa spécificité, et c’est ce qu’il croit, pourquoi tenter olors de l’adapter aux comportements musicaux dominants, de diluer sa portée novatrice en l’astreignant à ce qui préexiste? Est-ce de la musique? demande-t-il. Tout dépend des a priori que chacun impose à sa réflexion, mais comme les définitions précèdent souvent les réalités vécues, l’ambiguité terminologique demeure. À une phénoménologie de la perception devrait se joindre une phénoménologie de la réflexion esthétique, cela éviterait bien des attitudes réactionnaires, et l’auditeur y verrait plus clair: les leçons cagiennes auraient-elles été oubliées?… A titre d’exemple, Francis Dhomont s’insurge contre le mythe que «pour être de la musique, la musique doit être chaque fois recréée par ceux qui la jouent» (Dhomont, 1989, p. 115). Cette conception n’est-elle pas issue d’un conditionnement historique fondé à la base sur l’impossibilité pour la musique d’être mémorisée contrairement à la peinture ou au roman? Ingarden affirmait que la partition n’est pas l’œuvre; cela est juste, mais aujourd’hui «ce qui est une nouveauté radicale, révolutionnaire, c’est que maintenant la chose enregistrée «est» l’œuvre.» (Dhomont, 1989, p. 114). Dès l’avènement de l’enregistrement, une certaine musique devient un art de support comme l’est devenu le cinéma par rapport au théâtre. Ce leurre de la musique réanimée par son interprétation relève d’un a priori esthétique qui refuse au sonore l’accès à toute autonomie hors du visuel; la préséance de l’œil sur l’oreille appartient au mème cercle vicieux que celle de la pensée formaliste sur l’écoute réduite et l’expérimentation en composition. Et la peinture, le roman, le cinéma, la video alors, demande Dhomont, ne sont-ils pas figés? Et pourtant on relit, on revoit, on en redemande encore. Quant à la musique, «lui reprocher d’être une expression figée ou de la ‘musique en boîte’ […] équivaut à reprocher au tableau de donner à voir le même sourire sur le même visage, au film les mêmes plans dans un ordre immuable, au livre de répéter les mêmes signes aux mêmes endroits» (Dhomont, 1989, p. 115).

    Un langage: l’acousmatique

    Qualifier aujourd’hui une œuvre d’électroacoustique ne veut plus rien dire, et c’est pourquoi Francis Dhomont préfère utiliser le terme d’acousmatique, lequel est plus propre à décrire un langage, une pensée, une manière plutôt qu’un médium technologique.

    L’acousmatique, «c’est un esprit, une pensée, possédant ses propres mecanismes ses abstractions: une cosa mentale» (Dhomont, 1986, p. 79). Comme tout langage elle est aussi l’objet d’un métalangage, d’une réflexion dont Francis Dhomont n’hésite pas à faire remanter l’origine au Traité des objets musicaux. Cette œuvre multidisciplinaire de Schaeffer (1966), qui se réclame de l’approche phénoménologique, défend la primauté de l’oreille contre les conditionnements musicaux et les approches scientistes. Pour Francis Dhomont l’état actuel de la musique acousmatique est tributaire de cette réflexion. S’il y a un style GRM et des tendances esthétiques qui ont proliféré de par le monde, donnant des «croisements fructueux qui préservent du dogmatisme et de la stérilité» (Dhomont, 1986, p.77) c’est parce qu’en amont, une pensée a stimulé une telle arborescence.

    L’acousmatique est un art de support qui rend la substance musicale manipulable à valonté. Ce qui avant ne pouvait que se penser peut maintenant être expérimenté, manipulé, trituré, être pleinement offert à la perception sans approximation aucune. Pour Francis Dhomont, l’œuvre a priori — celle qui va de l’abstrait au concret, qui ne peut être assurée d’une quelconque équivalence entre sa poïétique et son esthétique et garantir ainsi un résultat artistique — a exploité les paramètres et les unités formalisées par son exercice d’écriture. La notation, initialement conçue comme procédé mnémonique ou de réalisation, devient le code d’un certain «positivisme» musical par lequel s’engendre la musique. C’est ce que Francis Dhomont dénonce comme «le rejet du qualifiable ou profit du qantifiable» (Dhomont, 1989, p. 116). Parler de la substance musicale en des termes approximatifs parce que non quantifiables, mais obtenir en revanche un résultat à la mesure de notre oreille, est le choix que fait l’œuvre acousmatique. Cela ne veut pas dire rester dans le domaine du vaporeux, de l’imprécision et de la cécité conceptuelle; la musique acousmatique s’articule à travers une terminologie qui lui est propre, suffisamment précise, claire et opérationnelle au niveau de so dénomination pour alimenter une réflexion. Alors que toute forme de notation de réalisation oblige à la précision — nécessaire parce que l’existence de l’œuvre en dépend — l’acousmatique n’a pas à se préoccuper d’une telle exactitude puisqu’elle n’a pas d’interprète.

    D’autre part, Francis Dhomont déplore que l’électroacoustique recoure à une pensée technologique s’articulant sur une recherche fondamentale de nature technique et dont l’œuvre n’est plus que la démonstration. Non que l’évolution technologique soit pour lui sans intérêt — il lui reconnaît d’ailleurs la possibilité d’«entrainer de nouvelles images de son et la mise en place de nouveaux rapports entre ces images, et de nouvelles fonctions.» (Dhomont, 1988, p.70) — mais une fascination naïve pour le médium entraine la créction d’œuvres qui n’ont de musical que le nom.

    Témoignages

    Comme une mosaïque, les hommages publiés avec les deux disques compacts ont éclairé, chacun à sa manière, les nombreux visages de Francis Dhomont. Voici quelques extraits de ces témoignages qui permettront de cerner la personnalité multiple de ce compositeur.

    Ces textes soulignent d’obord, et unanimement, la droiture de l’homme, sa capacité d’affronter avec une intégrité exemplaire les pressions sociales et politiques imposées par l’environnement intellectuel. Ses étudiants, amis et collègues voient en lui l’homme ponctuel, respectueux de ses engagements et d’autrui, ne refusont jamais un service et n’exigeant rien en retour, mais ils reconnaissent aussi et surtout celui qui foit figure de Maître, qui incite à la réflexion, qui questionne, ce professeur fécond et de grande culture doté de l’autorité naturelle que l’on reconnait chez qui porte un amour profond à son art. Homme doué de grandes qualités humaines, enthousiaste et disponible mais aussi bouillant, provocant et intransigeant, Francis rèvèle sa noblesse à travers sa simplicité, sa profondeur et son authenticité.

    Tous se réjouissent de connaître ce poète migrateur pour la santé artistique et l’oxygène électroacoustique qu’il insuffle à chaque lieu — certains regrettent même qu’il n’existe qu’à un seul exemplaire. Ici comme outre-mer, Francis Dhomont est reconnu pour son rôle d’ambassadeur important de l’acousmatique. Partageant et échangeant les prodigalités du trièdre avec les richesses d’outres contrées, il a fait beaucoup dans l’art du métissage des genres. Francis est aussi un animateur très sollicité. Homme d’action persévérant et tenace, il a su animer avec grand talent et pendant plusieurs onnées un événement comme le Festival de musique contemporaine de Provence. Ses Acousmothèques sur France-Musique ainsi que ses Voyages au bout de l’inouï à Radio-Canada témoignent d’une grande virtuosité dans la manipulation du médium radiophonique: là comme ailleurs, le poète, le penseur et le communicateur fusionnent avec le compositeur. Enfin, toujours soucieux de détendre les axes fondamentaux de l’acousmatique, Francis Dhomont a dirigé les deux numéros spéciaux de la revue Lien sur L’Espace du son. À la manière d’un homme de la Renaissance en grand humaniste et en infatigable explorateur, il rassemble et classe les morceaux d’un puzzle pour le rendre intelligible et cohérent.

    Et le compositeur, que pense-t-on de lui? Pour plusieurs, il y a et aura toujours cet indicible Soleil noir, obscure clarté qui éclaire l’environnement acousmatique depuis plus de dix ans. Un Soleil qui représente un grand défi, en intégrant avec succès un texte de nature abstraite et spéculative dans une forme musicale très dense. Tous reconnaissent de différentes façons la fécondité du compositeur à l’aube de ses soixante-cinq ans. À la manière d’un mystèrieux alchimiste, Francis Dhomont maîtrise de subtils dosages, qu’il n’hésite pas à partager d’ailleurs. Il est aussi un créateur d’illusions, de simulacres, un holographiste sonore qui passe pour un maître de la technologie la plus folle à cause de sa grande virtuosité, mais détrompons-nous: sans rejeter l’évolution technologique, Francis Dhomont est reste un bel et bon artisan, qui, patiemment et passionnément, taille et retaille sons et bruits jusqu’à ce qu’en jaillisse la musique. À la manière de la sculpture et du monument d’architecture, ses œuvres sont saisies comme de merveilleux objets plastiques situés dans un espace imaginaire. Dhomont donne à «voir» des œuvres sans visuel, à toucher des œuvres sans matière, il occulte le moyen technologique par un mystérieux envoûtement poétique.

    À ce créateur brûlé par l’urgence de l’œuvre à réaliser, à cet homme de lutte et homme de charme qui tisse sa dentelle avec des poings de velours, nous souhaitons, dans l’attente impatiente de nouvelles œuvres, un bon anniversaire.

    … toujours il a su capter l’intérêt de ceux qui étaient à l’écoute…

    Anecdotes in Vital

    “Review”, IS, Vital, no. 23, March 1, 1992
    Sunday, March 1, 1992 Press

    Daoust is an electroacoustic composer whose work, in contrast to that of Dhomont is (relatively) more easily grasped. This has two causes: one is that he often includes an acoustical counterpoint (accordeon, flute, plano, voice) to the electroaoustical sounds. This enables the listener to choose a side. Secondly, his musical movements have much stronger ‘gestalt’. The movements are more defined. In form (envelope, granularity, etc.) as well as in relation to their environment.

    A thought that jumped up, when I listened to this CD, was that the music is so sympathetic. It shows a sympathetic personal feeling. Daoust is much concerned with two themes: the musical past, and the performer (a remnant of the musical past). He is unable to explain in words why this is so, and why bother? He expresses himself clearly enough through his works.

    … the music is so sympathetic.

    Cycle de l’errance, Les dérives du signe, Mouvances~Métaphores in Vital

    “Review”, Ios Smolders, Vital, no. 23, March 1, 1992
    Sunday, March 1, 1992 Press

    This coproduction is a tribute to the great pioneer of acousmatic music, Francis Dhomont, at the occasion of his 65th birthday. In order to explain what his music is all about I will quote from a text in the accompanying 210 page booklet: “In 1955, the writer and poet Jerome Peignot, at the beginning of musique concrète used the adjective acousmatic meaning ‘a sound that we can hear without knowing its cause’ to designate ‘the distance that separates a sound from its origin by obscuring behind the impassivity of the loudspeaker any visual element that may be connected to it. Finally, around 1974 Francois Bayle introduced the term acousmatic music as a specilic kind of music. as the art of projected sounds which is ‘shot and developed in the studio. projected in halls, like cinema’.”

    Francis Dhomont’s career has been a curious one. He grew up. and initially built a living in the south of France. At fifteen he composed music for piano. Much interested in both sounds and technology in 1947 he bought a wirerecorder and started experimenting. When Schaeffer raised a lot of dust in Paris he travelled to the capital and followed courses. Late 70’s he moved to live in Canada. The booklet features an extensive biography.

    The music on these two CD’s spans some ten years of work. It shows music, makes music visible. Dhomont’s works exactly follow the above-mentioned definition. I have my questions about parts of the acousmatic philosophy, but listening to this muslc is quite an experience. DIFFUSION i MéDIA initlated this project and have. again, done a wonderful job.

    … listening to this muslc is quite an experience.

    Électro clips in Sound Choice

    “Review”, Bill Tilland, Sound Choice, no. 17, March 1, 1992
    Sunday, March 1, 1992 Press

    These 25 «electroacoustic snapshots» purport to extract a three minute essence from each of the 25 North American experimental sound artists represented. If Électro clips itself is considered as an extended composition — which in a sense it is — then the alternations between space and density allow the piece to breathe, and provide necessary transitions between radically different textures and treatments. Most of the clips are worthy of attention, and the overall sequensing seems carefully organised. On either count — as a collection or an aggregate — this is a very successful effort.

    On either count — as a collection or an aggregate — this is a very successful effort.

    Lieux inouïs in Sound Choice

    “Review”, Bill Tilland, Sound Choice, no. 17, March 1, 1992
    Sunday, March 1, 1992 Press

    Normandeau’s work, represented on this CD by five substantial pieces, has a strong affinity with the work of the French electronic music group GRM, wich includes major experimental sound artists such as Parmegiani, Reibel and Bayle. Normandeau’s general æsthetic falls into the category of musique concrète; all sounds — human, natural and electronic — are potential compositional material. Normandeau’s music makes no concessions to popular tastes. It has no regular rythm or melody as such, only textures and more or less recognizable patterns. Mémoires vives, wich samples and maniupulates fragments of traditional Christian requiems, is the most “musical” of the group, and Rumeurs (Place de Ransbeck), wich utilizes the natural sounds of closing doors and dogs barking, is perhaps the least. All the selections require close attention and a reflective listening atmoisphere. Normandeau’s compositions are fascinating and resonate with an internal emotional force, tapping into the mysterious mental territory where sounds hover on the edge of meaning.

    … fascinating and resonate with an internal emotional force, tapping into the mysterious mental territory…
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