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  • Ligne de vie: récits électriques, Christian Calon in Le Devoir

    “Calon: un musicien des plus intéressants”, Carol Bergeron, Le Devoir, February 3, 1990
    Saturday, February 3, 1990 Press

    À portée de métro du centre-ville, la Maison de la Culture Frontenac offrait, mercredi et jeudi, un concert électroacoustique consacré à une seule œuvre en trois parties de Christian Calon.

    Avec Ligne de vie, ce compositeur encore peu connu du public mélomane s’impose cependant comme l’un des musiciens les plus intéressants de la génération montante au Québec.

    Si cette monumentale Symphonie pour bande nous fait découvrir un artiste dont la créativité et la sensibilité s’imposent avec force, il y a autre chose encore. Cet ouvrage transcende les limites mêmes du langage électroacoustique qu’il emploie. Il fait oublier les artifices de la technique et le travail plus ou moins laborieux de son concepteur — six années de labeur avant d’atteindre sa forme actuelle tripartite. Nonobstant la qualité et l’intérêt des explications fournies dans les notes du programme, on serait tenté de dire qu’ici la musique se suffit à elle-méme. Le premier volet se caractérise par une superbe stratification du matériau; le second insiste sur l’harmonisation des éléments — une sorte d’homogénéisation des voix le troisième, aussi le plus élaboré (40 minutes), propose un parcours plus narratif, que guide d’ailleurs un texte parlé qui s’intègre à la trame sonore.

    Dans la diffusion en salle, Ligne de vie est présenté de manière à ne laisser à l’auditeur que le soin d’écouter. Discret, l’éclairage ne devient à aucun moment une source de distraction pour l’œil. Et puisqu’il s’agit de musique «acousmatique» (dont on ne discerne pas les instruments que l’on entend, comme lorsqu’on écoute un disque), on n’a qu’à se fermer les yeux… pour ouvrir plus grandes les oreilles. C’est bien à l’écoute d’une Symphonie que nous convie Christian Calon. Du moins est-ce ainsi qu’on l’imagine puisque le compositeur, avec un certain humour, peut-être, a voulu que l’environnement sonore qui précède l’œuvre, nous rappelle celui d’une salle de concert avant que le chef d’orchestre fasse son entrée. Lorsque Calon apparaît sur la scène avant de gagner son poste à la console de diffusion, il devient l’interprète de son œuvre. D’ailleurs ce que les électroacousticiens entendent par la «mise en espace» (l’animation des haut-parleurs à partir d’une console de diffusion) n’est pas sans analogie avec la direction d’orchestre. Cette opération, indispensable à mon avis, permet à la musique de créer son propre espace, d’habiter le lieu (la salle) qu’elle occupe. Par l’oreille à laquelle elle s’adresse exclusivement, elle pénètre ensuite l’imaginaire pour donner à l’expression musicale un sens cosmique vertigineux.

    Ligne de vie a fait également l’objet d’un disque audio-numérique dont on a fait le lancement officiel mercredi.

    … un des musiciens les plus intéressants de la génération montante au Québec.

    empreintes DIGITALes in Voir

    “Doigts d’auteurs”, Luc Fortin, Voir, January 25, 1990
    Thursday, January 25, 1990 Press

    L’électroacoustique, c’est un peu le cinéma de l’oreille. On enregistre des sons, synthétiques ou naturels, pour ensuite les modifier et les disposer dans un ordre voulu, comme un cinéaste décide du montage après avoir tourné les séquences. Cette forme d’art relativement nouvelle, les premiers essais datant d’à peine 45 ans, a trouvé un terrain de prédilection au Québec.

    «Montréal regorge de compositeurs électroacoustiques, leurs œuvres sont présentées de plus en plus lors de concerts de musique actuelle et des Québécois se signalent régulièrement dans des concours internationaux», confirme Jean-François Denis, compositeur et cofondateur, avec Claude Schryer et Suzanne Lortie, d’une toute nouvelle étiquette de disques, empreintes DIGITALes, consacrée exclusivement à la musique électroacoustique québécoise.

    Pour une première année d’activité, ces pionniers y vont toutes voiles dehors; quatre lancements à l’horizon, puis des concerts présentant les pièces du disque. Le grand départ s’effectuera le 31 janvier à la Maison de la culture Frontenac avec le disque Lignes de vies: récits électriques, de Christian Calon. Ce lancement sera suivi d’une diffusion sur 16 haut-parleurs de trois autres œuvres de Calon, dont Minuit, qui lui a rapporté l’an dernier un premier prix au prestigieux Concours international d’électroacoustique de Bourges. Plus tard cette annce, auront lieu les concertslancements de Robert Normandeau aussi lauréat d’un prix à Bourges, et d’Alain Thibault, qu’on a pu entendre au festival de Victoriaville il y a deux ans, et qui aime bien faire intervenir des instrumentistes en direct dans ses œuvres. Enfin, un disque collectif, à l’automne prochain, marquera la tenue à Montréal du Festival New-Music America.

    Robert Normandeau in MTL

    “Souvenirs actuels”, Philippe Tétreau, MTL, March 1, 1989
    Wednesday, March 1, 1989 Press

    La trentaine bien portante, la mine souple et dégagée, tout semble réussir à Robert Normandeau. Le succès de ses études musicales n’a d’égal que ceux obtenus dans divers concours de composition, tant en Europe qu’au Canada. Faut-il alors se surprendre de voir cet électroacousticien de Québec (installé à Montréal depuis quatre ans) afficher une confiance tranquille?

    Pas le moins du monde. Il accumule les commandes, heureux de pouvoir exercer son art. Les Événements du Neuf viennent de le solliciter en ce sens. Sa nouvelle pièce, intitulée Mémoires vives, est construite de requiem composés à travers l’histoire. «Il s’agit donc de «mémoires», parce que j’utilise du matériel informatique et parce que cette pièce est composée à la mémoire de compositeurs: Ockeghem, Schütz, Mozart, Fauré. Toutefois, ce ne sera une œuvre ni morbide, ni dramatique.»

    En cette époque où l’apprivoisement des machines se traduit si souvent par une musique standardisée, Robert Normandeau s’obstine à trouver mieux. Il garde ses distances vis-à-vis du fameux New Age qui, «tel qu’on l’entend ordinairement, continue d’exploiter le système tonal populaire occidental. En fait, c’est de la chanson. C’est une musique qui n’a aucun aspect novateur».

    Robert Normandeau, à vrai dire, préfère la compagnie du cinéma et de la peinture. «Dans le métier que je fais, le monde sonore, créé en studio, peut être mis sur tout genre de support, disquette d’ordinateur ou bande magnétique. C’est une musique de support qui se rapproche du cinéma avec ses procédés de montage, de filtrage, de plan. D’autre part, les électroacousticiens évoquent souvent le langage des peintres abstraits. Ils parlent de textures, de surfaces, de grains pour décrire les sons.»

    N’étant pas le fruit d’une génération spontanée, on peut croire que l’électroacoustique est à la musique ce que le cinéma est à la peinture. Un huitième art?

    New Music / Musique actuelle in The Globe and Mail

    “Review”, Robert Everett-Green, The Globe and Mail, June 9, 1988
    Thursday, June 9, 1988 Press

    Several decades after its revival as a concert instrument, the harpsichord is well into its second renaissance. This new album by the Canadian harpsichordist Vivienne Spiteri features six works written for the instrument since the mid-seventies.

    Included are pieces by Louis Andriessen and Bengt Hambraeus and by lesser-known Dutch and Canadian composers. Spiteri has been touring with this repertoire for some time, and her recorded efforts have a mature, authoritative sound.

    Several of the pieces display curiosity about the harpsichord’s distinctive sonority, and a few make feints in the direction of its brave baroque past. HambraeusCapriccio I, for example, is sprinkled with souvenirs of eighteenth- and nineteenth-century idioms, the easy co-existence of which suggests a notion of the tradition that is like a view through several translucent panes of glass.

    Hope Lee’s Melboac rigorously parses the permutations of her virile sonograms, while Andriessen’s Overture to Orpheus sets up a languid canon of voices so close as to seem each other’s shadow. Tim Brady’s Reaching Past and Micheline Coulombe Saint-Marcoux’s Miroirs use electronics to play with some of the harpsichord’s steelier sonorities, while Ton de Leeuw’s acoustic, Mo-Do has a contemplative Oriental cast.

    In all, this is a fine release from Société nouvelle d’enregistrement, and a brilliant debut album for Spiteri.

    … a brilliant debut album for Spiteri.
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