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  • Articles indéfinis dans The War Against Silence

    «Review», Glenn McDonald, The War Against Silence, no 143, 23 octobre 1997
    jeudi 23 octobre 1997 Presse

    Noise is available in a wide range of noisinesses, from the subliminal ebb of ambient to the cacophonous roar of industrial noise, but one of its stranger manifestations is electroacoustic music, a form that appears, as best I can discern, to be the near-exclusive province of the Québec experimental label empreintes DIGITALes [produced by DIFFUSION i MéDIA]. The simplest generalization for this style, summarized on the first disc of the Sombient compilation A Storm of Drones, is that it is a lot like ambient, only not relaxing. If you imagine that Brian Eno’s Music for Airports is not a single album, but rather a compilation of isolated peaceful moments from other sources, like an abstract instrumental version of those Enya-heavy Pure Moods collections sold on late-night television, then electroacoustic could be the less-peaceful source material that got left out.

    Most of Jonty Harrison’s Articles indéfinis sounds like the exasperated monologous rant of an R2D2 the size of a killer whale. Noises come in clusters, sudden and decisive, whipping through the stereo field and the human audio spectrum on impatient errands to somewhere else entirely. If stars were actually living creatures, existing simultaneously on time scales both faster and slower than our own, arguing with each other on topics beyond human comprehension, much less grammar, then this is what Fiorella Terenzi’s would hear in her radio telescopes.

    Noises come in clusters, sudden and decisive, whipping through the stereo field and the human audio spectrum…

    Tangram dans Splendid E-Zine

    «Review», Noah Wane, Splendid E-Zine, 13 octobre 1997
    lundi 13 octobre 1997 Presse

    Academic electronic music can be so cold at times, so calculated and intellectualized, so academic! The pleasure of Tangram is that the music it contains is so human. Part of the reason for this lies in the fact that Robert Normandeau creates his music entirely from acoustic samples (often human voices), thereby giving his music an innate organicism. Another reason is that each piece on Tangram is aurally cinematic in the sense that each tells a story — which is refreshingly human in a century like ours where the trend in ‘serious’ music has been decidedly anti-programmatic. Finally, there is Normandeau’s recording technique, which aims to recreate a live-concert-type atmosphere. Rather than mix his works electronically, he ‘mixes’ them acoustically by routing each track to a speaker and spacing the speakers in different configurations in the studio. Thus each ‘mix’ is actually a distinct capturing of the sonic diffusion created by a given speaker setup. If you want to hear what this adds up to, Tangram has two ‘mixes’ of each piece so that you can compare and contrast. Mr. Normandeau is to be applauded for creating such inviting and sensitive electronic music.

    Mr. Normandeau is to be applauded for creating such inviting and sensitive electronic music.

    Kaleidos dans Contact!

    «Critique», Andrew Lewis, Contact!, no 11:1, 1 octobre 1997
    mercredi 1 octobre 1997 Presse

    Des enregistrements qui apportent un argument convaincant quant à la valeur de la musique acousmatique paraissent trop rarement, mais c’est ce que fait avec éloquence le CD de Stéphane Roy. Voici de l’art acousmatique dans sa forme la plus pure, la plus élevée. Il y a une fluidité et une mobilité dans le contrôle et la mise en forme du matériau qui révèlent une approche véritablement sculpturale du son — le son comme médium plastique. On remarque immédiatement l’attention soignée portée au détail dans cette musique, bien qu’elle ne soit jamais trop contenue. Il y a toujours un sentiment de joie réelle, de réjouissance dans la beauté des sons pour eux-mêmes.

    Cette musique est, dès la première écoute, immédiatement attirante (peut-être à cause du contenu principalement centré sur les sons à hauteur déterminée), mais elle laisse également prévoir qu’une écoute plus approfondie offrira cependant de plus grandes récompenses. Ce qu’on remarque particulièrement dans les pièces présentées est que le compositeur ne fait pas que manipuler des matériaux comme s’ils étaient de la matière inanimée. Au lieu de cela, les sons sont réellement faits pour vivre et respirer, comme s’ils possédaient eux-mêmes une intelligence et montraient des comportements particuliers en réponse directe à leur environnement sonore.

    Toutes les pièces sur ce CD ont des attributs stylistiques en commun, en particulier l’utilisation caractéristique du ‘ré-enveloppement’ des sons, à la fois en intensité et en hauteur. Les pièces plus anciennes Ondes / Arborescences et Paysages intérieurs partagent une vitalité parfois écrasante, mais en même temps toujours clairement sous contrôle, alors que Mimetismo réussit, avec une apparence d’aisance, la difficile tâche de transporter un langage si fortement acousmatique dans le champ instrumental d’une façon telle que la guitare et la bande ne font réellement qu’un (ce qu’on prétend souvent pour d’autres pièces, mais rarement de façon réellement justifiée).

    Un point important à mentionner à propos de ces œuvres est qu’elles ne témoignent pas seulement de l’art du compositeur mais également de son métier, chose indispensable dans le domaine acousmatique puisque le compositeur ne fait pas que concevoir la musique, mais il la “fait” également. Dans la dernière pièce Crystal Music, le métier est porté à de nouveaux sommets, avec ses explorations extrêmement contrôlées de tessons de sons doux mais intensément actifs.

    Voici de l’art acousmatique dans sa forme la plus pure, la plus élevée.

    Forêt profonde dans Contact!

    «Critique», Jonty Harrison, Contact!, no 11:1, 1 octobre 1997
    mercredi 1 octobre 1997 Presse

    Avec Forêt profonde, nous sommes plus à même d’entrer en rapport avec la proposition centrale — nous avons au moins tous été enfant, même si ce n’est qu’un des nombreux niveaux où la pièce agit. Chez Dhomont, l’évocation de l’enfance au moyen de contes de fée est puissante — dangereuse même — pour nos sensibilités urbanisées. Ce qui est stupéfiant à propos de cette œuvre, comme c’est le cas avec tant d’autres œuvres de Dhomont, c’est la grande justesse de l’observation — il peut être en train de parler de moi, de ma vie, de mon expérience singulière; la perspicacité coupe l’auditeur comme le ferait un couteau. La pièce présente un entremêlement magistral et poignant de sons de l’enfance (actuelle? remémorée?), une conscience adulte du contenu “réel” des contes de fée, et des références documentaires sur la vie de Bettelheim, qui a survécu à Dachau mais s’est suicidé en 1990.

    Ceux qui connaissent d’autres œuvres de Francis Dhomont reconnaîtront quelques marques distinctives: le monde sonore raffiné; les enregistrements de sons du monde réel admirablement réalisés; la simplicité en apparence, pourtant d’une justesse totale par rapport à l’intention poétique, des transformations en studio (de la voix en particulier dans ces deux œuvres); le sens de faire advenir tout au bon moment, à la bonne vitesse, avec la bonne densité; la stupéfiante profondeur de champ, de l’infinité à l’extrême proximité; la référence subtile, non seulement au monde réel (mais qu’est-ce qui est vraiment “réel” dans cette évocation orale d’une super-réalité interne?), mais à un héritage musical dont il est pleinement conscient même si son art se prolonge au-delà de cet héritage. Dans Sous le regard d’un soleil noir, cela se manifeste dans l’insistante note si (si s’emploie également pour marquer le conditionnel en français) qui se répand dans l’œuvre, rappelant ce que le compositeur nomme “la mémoire de Wozzeck” (de l’“Invention” de Berg à partir de cette note dans l’opéra du même nom), et se faisant l’écho de la répétition de ce que Nattiez nomme “le si conditionnel… [qui] devient allitération obsédante”. Dans Forêt profonde, Schumann est la principale référence musicale. Comme Dhomont l’explique, “chacune des treize sections emprunte un bref élément, une couleur, une atmosphère, aux 13 Kinderszenen (Scènes d’enfants)”.

    Comme toujours avec les œuvres de Dhomont, l’oreille de l’auditeur est rehaussée par le compositeur dans ces deux pièces remarquables — il nous fait entendre mieux que nous ne le pourrions autrement. Il nous fait prendre conscience des rapports, des subtils échanges et interactions, et par contraste, il confère au matériau radicalement différent un caractère “juste”, organique et logique. Il tient l’auditeur dans une suspension de la croyance, dans un pays magique qui n’est pas sans ressembler à la “forêt profonde” de l’imagination, guidé — ce qui est si rare en ces temps, et est ainsi encore plus frappant — par nos oreilles. Ce que nous dit Dhomont est vrai — la preuve est la confirmation de la perception orale: entendre, c’est croire.

    … entendre, c’est croire.

    Sous le regard d’un soleil noir dans Contact!

    «Critique», Jonty Harrison, Contact!, no 11:1, 1 octobre 1997
    mercredi 1 octobre 1997 Presse

    Le nom de Francis Dhomont est bien connu des membres de la CÉC de même que des lecteurs des publications de cette dernière. Actif depuis bientôt vingt ans à Montréal comme compositeur et enseignant, il est le “père musical” de presque toute la jeune génération de compositeurs québécois qui ont laissé leur marque dans le monde de l’électroacoustique durant la dernière décennie.

    Les deux CDs recensés ici sont parus en même temps qu’une réédition opportune de l’album double Mouvances~Métaphores de Dhomont sur empreintes DIGITALes, ce dernier paraissant cette fois sous la forme de deux disques simples, Cycle de l’errance et Les dérives du signe.

    Comme c’était le cas avec l’ancien album double, les deux nouveaux CDs forment un cycle, le Cycle des profondeurs inspiré de la pensée psychanalytique. La première pièce du cycle, Sous le regard d’un soleil noir, est conçue à partir de textes du psychanalyste britannique Ronald D Laing; la seconde, Forêt profonde prend comme point de départ les écrits de Bruno Bettelheim. Dhomont déclare que le cycle pourrait inclure une troisième œuvre, «consacrée aux œuvres de Kafka, guidée par les écrits de Marthe Robert». Si l’on en juge d’après la qualité de ces deux disques, j’attends cette troisième pièce avec impatience!

    Sous le regard d’un soleil noir date de 1979-81, une partie en a été composée dans les studios du GRAM à Paris (les deux CDs ont été produits en collaboration avec l’GRM). D’après Dhomont lui-même, Forêt profonde l’a ‘accompagné’ durant les quinze dernières années, sa production finale l’occupant pendant les années 1994-96.

    La première caractéristique remarquable des deux œuvres est leur désignation de ‘mélodrames acousmatiques’. Il y a une part substantielle de texte dans les deux pièces, qui durent chacune près d’une heure, et l’auditeur non francophone pourrait bien sentir une certaine agitation à propos de sa capacité à s’engager dans ce qu’offre Dhomont. De fait, le compositeur partage cette inquiétude. Lors d’une performance récente de Forêt profonde ici à Birmingham [RU], Dhomont tenait vivement à ce que la traduction anglaise des textes soit disponible, au point même de garder l’éclairage de la salle à un niveau assez élevé pour favoriser leur lecture durant la performance! Cependant, la sensation de son pur est si merveilleusement contrôlée que ce problème se pose bien moins qu’on ne pourrait le penser, et la richesse des œuvres est telle qu’elles supporteront plusieurs écoutes répétées, bien que des niveaux de sens additionnels se révéleront certainement à l’étude des textes et des traductions offerts dans le très généreux livret.

    Sous le regard d’un soleil noir a rapport à la schizophrénie. À l’instar de Laing, de qui elle s’inspire, la pièce ne traite pas de la schizophrénie mais en est plutôt une sorte d’analogue. Non seulement le matériau suggère-t-il une détérioration de l’état (par exemple, par la séparation et la distribution du texte en “trios de moi”), mais même l’organisation spatiale suggère les dichotomies et la polarisation implicite dans le contenu: le contraste entre le matériau très “présent” à la sonorité réverbérée et des sons centrés de façon très serrée, presque mono, sujets à des interjections soudaines, hautement stéréophoniques. C’est une caractéristique de cette pièce que de tels traitements ne soient jamais simplistes mais toujours frais et en constante redéfinition — servant toujours à rehausser l’“expérience” (dont nous ne pouvons pas faire) de l’expérience d’un autre. Ce faisant, Dhomont construit, comme le fait remarquer Jean-Jacques Nattiez dans son introduction à l’œuvre, un mythe plus général à travers lequel l’homme “normal” découvre ses propres traits schizoïdes.

    Transformations dans Splendid E-Zine

    «Review», Elliott S, Splendid E-Zine, 22 septembre 1997
    lundi 22 septembre 1997 Presse

    Normally I’d take the sounds of the city over the ambience of a forest as the urban soundscape is more eventful and full of the unexpected. Westerkamp, though, is so gentle in her use of environmental sounds that the opening track, A Walk Through The City, doesn’t as convincingly find the composer in her element as Cricket Voice or Beneath the Forest Floor. The care given to these compositions is so delicate that you can’t help but feel as though you’ve entered a marvelous world of sound. What’s peculiar is that these sounds are nothing new to our ears, but the manner in which they’re assembled makes us more aware of the surrounding environment. On Kits Beach Soundwalk you can hear the faint sound of the city in the background, but as the narrative progresses the sound is filtered out in favor of magnifying the small sounds barnacles make. If DJ Shadow can be labeled the Jimi Hendrix of the sampler than it makes perfect sense that Hildegard Westerkamp is the Pauline Oliveros of such devices.

    The care given to these compositions is so delicate that you can’t help but feel as though you’ve entered a marvelous world of sound.
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