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  • Polyphonie-polychrome dans Vital

    «Review», MP, Vital, no 22, 1 mars 1996
    vendredi 1 mars 1996 Presse

    I first heard the work of Patrick Ascione on a collection of stuff released on CD as an audio documentation of the Prix International de Noroit 1989. The piece was titled Lune noire and it is also the first of three compositions on this 1995 release of some of his work on the impeccable Canadian label empreintes DIGITALes. Lune noire is sonic topography, little is recognisable in this new audio terrain which is viewed multi-dimensionally from extremely unusual angles in strange attractor space. many of the studio techniques, and I suspect, some of the sounds used on Lune noire occurred earlier on Sur champ d’azur which was finished in 1986. It’s a study of the sky as canvas and the clouds that cross it. Huge slabs of sounds interspersed with microscopic investigation move us across this azure field as it slides past us. Truly enormous — this man has seen how big clouds can be.

    Valeurs d’ombres (Values of the Shadow) ends this CD with its “exploration of a sombre region of dark sonorities of the electroacoustic palette and is also therefore a quest for the light” (of course!). Domains of the Shadow are flat space… the edges are sharp. Nothing offers protection or cover, everything shifts, jitters and moves. Electronic insects buzz and whirr, are silenced violently and then return mutated/evolved. Space tightens as we advance. Oozing ahead of us… A Glimpse of Light.

    Ascione incorporates a broad spectrum of techniques in his work. He has signature trademarks and they are good because they work effectively as suggestive audio information. This, together with his knowledge of how fast audible space can change raises him a notch above his contemporaries.

    As usual with the empreintes DIGITALes series, the full power of the sound quality is best appreciated under headphones unless you have extremely tolerant neighbours.

    … everything shifts, jitters and moves.

    Zoo dans Revue & Corrigée

    «Critique», Philippe Robert, Revue & Corrigée, no 27, 1 mars 1996
    vendredi 1 mars 1996 Presse

    Dan Lander passionné par le référent des sons enregistrés, a déjà à son actif la réalisation de deux anthologies, Sound by Artists et Radio Rethink: Art, Sound and Transmission ainsi que l’émission radiophonique “The Problem with Language” sur CKLN, Toronto, voici pour la petite histoire. empreintes DIGITALes nous offre avec Zoo un témoignage chronologique de l’œuvre de Lander, de 1988 à 1992. Première œuvre, Talking to a Loudspeaker, sans temps mort, est une série de dix inévérencieuses variations sur la radiodiffusion, de la présentation de “Mister Speaker” aux chants hilarants de Gregory Whitehead, interprétés au téléphone, sur Here comes everybody. Un travail d’un humour dévastateur, qui par instants, peut évoquer tout à la fois les borborygmes de Yamatsuka Eye John Zorn, Henri Chopin ou Jaap Blonk voire vos gargarismes dans la salle de bains. Plus narcissique, Destroy: Information Only parcoure la souffrance qu’éprouva dans son corps, à la suite de problèmes de dos, Dan Lander alors manœuvre. Des amis évoquent des souvenirs qui «peuvent ou pas coïncider avec la mémoire qu’il a des événements»: Marvin fait du café avant de laisser tomber la conversation pour un jeu vidéo tandis que Dave se plaint du prix des places pour les concerts de Yes(!) tout en préparant du maïs!!! Failed Suicide travaille sur la disparition et City Zoo / Zoo City, comme son nom l’indique est une visite au zoo. Superposition de sons animaux et de jingles publicitaires, enfant en colère que les parents, pour le calmer, finissent par amener dans un infâme bouge de restauration rapide internationalement renommé et qu’on ne citera pas, clients faisant leurs emplettes à la boutique de souvenirs. Soit beaucoup d’histoires pour un enregistrement vivant qui ne doit pas rester l’apanage exclusif des amateurs passionnés d’électroacoustique et d’art radiophonique. Éventuellement à écouter en parallèle du récent People Like Us, Guide to Broadcasting, paru chez Staalplaat. On pourra aussi se reporter au numéro 53 de la revue Musicworks où figurent Dan Lander et Gregory Whitehead.

    Zoo
    … un enregistrement vivant qui ne doit pas rester l’apanage exdusif des amateurs passionnés d’électroacoustique et d’art radiophonique.

    Roxanne Turcotte dans SOCAN — Paroles & Musique

    «L’électroacoustique à la portée des enfants», Patrick Marsolais, SOCAN — Paroles & Musique, 1 mars 1996
    vendredi 1 mars 1996 Presse

    Parmi la pléiade d’artistes s’adressant aux enfants, peu revendiquent une approche aussi originale que Roxanne Turcotte. Pas de comptines ou de reprises de grands succès enfantins pour la dame, mais bien de la musique électroacoustique. Qui donc a dit que le genre était trop cérébral…

    On serait évidemment porté à croire qu’on n’aborde pas la composition pour les enfants de la même manière que pour les adultes. Or Roxanne Turcotte, qui donne également dans la musique pour adultes, affirme pourtant le contraire: «Ça se ressemble beaucoup. L’idée, c’est de faire découvrir le monde sonore électronique aux enfants, l’enregistrement sonore, la modification des sons, etc. C’est donc un peu la même technique, c’est le langage qui est un peu différent.»

    L’électroacoustique, c’est bien connu, est réputée comme étant une musique sérieuse, difficile d’accès, et l’on se demande bien, en véritable profane, comment diable des enfants peuvent accrocher au genre: «Vous seriez surpris. Les jeunes sont capables d’en prendre beaucoup plus que les adultes. Comme leur oreille n’est pas formée, ils sont ouverts à plein de choses, alors que les adultes n’ont jamais vécu avec cette musique-là. Ils ont l’habitude d’entendre des harmonies ou des hauteurs de notes très précises. Quand on leur présente des extraits sonores électroacoustiques, ils ont donc de la difficulté avec ça. C’est le même phénomène pour la technologie.»

    Roxanne Turcotte a signé deux cassettes pour enfants à ce jour. Sons et tintamarre est un véritable projet électroacoustique, alors que Dododinouche est un projet de musique «utilitaire», faite pour endormir les enfants ou pour la relexation. Sa musique étant essentiellement instrumentale, il est donc permis d’espérer une exportation plus facile: «Définitivement, puisqu’il n’y a pas de barrières. On y travaille d’ailleurs de plus en plus.» Fidèle à son médium, Turcotte travaille beaucoup avec un programme de sons synthétiques et nombre d’échantillonnages. «Ce sont des capsules de sons que je modifie, tout en rejoutant toutes sortes de synthèses sonores. Je travaille dans un studio chez moi, et mon ordinateur se veut en fait mon enregistreur.

    Selon certaines sources, ses compos font un malheur auprès des bambins. C’est que Roxanne Turcotte a beau donner dans l’électro, l’humour y trouve toujours droit de cité.

    Robert Normandeau, Annette Vande Gorne dans Le Devoir

    «Donner corps à la musique», Mario Cloutier, Le Devoir, 27 février 1996
    mardi 27 février 1996 Presse

    Quel est l’intérêt de s’asseoir de vant des hauts-parleurs dans une salle de concert? Répondre à cette question c’est commencer à définir l’expérience électroacoustique. Et c’est ce que font très bien deux praticiens de ce vaste domaine du possible: les compositeurs, professeurs et coproducteurs de la série de musique électroacoustique ou acousmatique dans le cadre de Musiques échange Québec-Belgique, le Québécois Robert Normandeau et la Belge Annette Vande Gorne.

    La forme, c’est la réalité et la réalité figurée, d’expliquer la dame. Toute réalité passe par la forme et la figuration aussi. L’acousmatique tente de suggérér des formes dans la tête de l’auditeur.» Et de compléter Robert Normandeau: «la musique électroacoustique suggère, provoque fait naître des formes avec des moyens différents de la musique instrumentale ou traditionnelle.»

    Ce soir et demain, le public pourra donc en avoir plein les oreilles avec 14 pièces de 14 artistes qui représentent la quintessence de l’art acousmatique en Belgique et au Québec. À Montréal seulement, une vingtaine de compositeurs travaillent dans ce domaine. Le Québec est d’ailleurs reconnu mondialement pour sa force électroacoustique.

    Trois compositions ont été commandées spécialement pour Musiques-échange aux Québécois Gilles Gobeil, Robert Normandeau ainsi qu’au Belge Jean-Louis Poliart. Les deux programmes comprennent également des œuvres des Belges Ingrid Drese, Slavek Kwi, Todor Todoroff, Elizabeth Anderson, Stephan Dunkelman, et Marie-Jeanne Wyckmans, et des Québécois Luc Fortin, Marc Tremblay, Pierre Sainte-Marie, Stéphane Roy et Jacques Tremblay.

    Mais il n’y aura pas de musiciens ou de compositeurs sur la scène de l’Agora de la danse, que des orchestre de hauts-parleurs. Un tel dispositif «scénique» représente toutefois un intérêt indéniable pour les amateurs d’expériences musicales sonorisées et spatialisées. Donner corps à la musique, c’est un peu le credo des électroacousticiens, ces créateurs d’holographies sonores.

    «Dans un concert acousmatique, note Robert Normandeau, il y a l’idée de rituel qui rassemble plusieurs personnes dans un même lieu et, également, la projection de la musique dans l’espace. La perception du son et le pouvoir de discrimination de l’oreille humaine est très fort.»

    Mais la musique électroacoustique n’est pas qu’affaire de forme.

    Le contenu, hautement personnel et stylisé, des enregistrements renvoie à une présence indéniable, celle d’un auteur qui se pose en quelque sorte en dieu-le-père du son, le temps d’une piece musicale.

    «Dire exactement ce qu’on veut dire avec le temps qu’on veut utiliser pour le dire, explique Annette Vande Gorne. En musique électroacoustique, le message et le sens sont pleinement assumés par le compositeur.»

    Commne un romancier

    La musique électroacoustique ne fait pas partie des arts d’interprétation au même titre que les autres familles musicales. En concert tout est contrôlé, à l’opposé de ce qui survient avec la musique actuelle des Jean Derome, René Lussier et cie, par exemple. Mais le rapport à l’expérimentation est le même, sauf qu’ici l’acte d’improvisation se fait à l’avance.

    «Comme fait souvent le romancier dans un bouquin, raconte Annette Vande Gorne, les personnages mènent le jeu. En électroacoustique, les sons inscrivent la direction, la piste. Notre façon de penser les sons est complètement différente. Ils sont étudiés morphologiquement, selon la texture, la forme, l’espace, la représentation iconique…»

    Robert Normandeau travaille d’ailleurs dans le sens d’un cinéma pour l’oreille. Quand il compose, son organisation sonore se base sur les sons référentiels, mais il existe autant de styles et de caractères qu’il y a de compositeurs en musique électroacoustique.

    On aura également compris que cette grande famille musicale ouverte sur le futur, en raison d’une lutherie qui bouge continuellement, pose surtout la question de la perception et de la réception du public. Anne Vande Gorne donne l’exemple d’une de ses compositions construite uniquement avec de l’eau. «Il s’agissait de faire entendre ce qu’il y a dans l’eau, mais qui n’est pas de l’eau. Ce qui demande une écoute très attentive, les yeux fermés.»

    Robert Normandeau croit la communion non seulement possible, mais évidente avec le public «L’acousmatique est un art de la réflexion qui permet de mener jusqu’au bout une démarche profondément individuelle mais c’est en allant au fond de soi qu’on atteint à l’universel.»

    Zoo dans The Wire

    «Soundcheck Review», Phil England, The Wire, no 144, 1 février 1996
    jeudi 1 février 1996 Presse

    Radio was important in forming a national identity amongst Canadians otherwise separated by vast distances. It bred a strong, almost countercultural, radio art tradition, dating back to 1967 and pianist Glenn Gould’s pioneering Isolation trilogy. These three CDs continue that healthy Canadian traditon.

    Many of the artists included here Dan Lander, Christof Migone and Hildegard Westerkamp favour a “writing through sound” approach over traditional storytelling or Hörspiel. Sound events are edited and arranged on tape as a reappraisal of our audio landscape and as an examination of the referential as opposed to abstract in sound. Little attempt is made to ‘musicalise’ sound fragments in the inauthentic decorative sense often favoured by electroacoustic composers.

    The two Radius CDs compiled by Dan Lander are not the creative shot in the arm of his earlier collections Radiophonies and Radio Rethink) Of the elght pieces across this new pair, you need to be fluent in French to appreciate three of them. And I’m not.

    Meanwhile, his own Zoo disc contains four made-for-radio works. Talking to a Loudspeaker is a formative stab at a critique of radio which starts like a more humourless Negativland. It opens out as it goes along, but the real coup is provided at the end by radio artist Gregory Whitehead with an incantation — intoned long distance down the phone, each line repeated by the congregation assembled at the end — about the potential transmission has for celebratlng diversity and fostering community: “I dream of a time when everybody lives, breathes and touches each other on air…”

    In Destroy: Information Only Lander revisits people who visited him in hospital 15 years earlier. Its a piece about memory where diversity is celebrated at all levels: location, modes of discourse, interaction, experience. There’s no attempt to keep people on track. Rather it’s through these digressions (video games, camp fires, flatulence) that the subjects reveal themselves. An open-ended and endearingly naturalistic model for radio, where radio moves towards the participants rather than the reverse.

    Zoo
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