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  • La mécanique des ruptures, Gilles Gobeil dans Contact!

    «Review», Laurie Radford, Contact!, no 9:1, 1 septembre 1995
    vendredi 1 septembre 1995 Presse

    Winner of this past year’s Stockholm Electronic Arts Award and of numerous other international and national prizes over the past decade, Gilles Gobeil has established his refined and singular approach to electroacoustic composition with a growing series of works. This 1994 CD from empreintes DIGITALes brings together eight of his works from the past decade.

    The disc begins with Gobeil’s most successful work to date, Le vertige inconnu (1993), a work that in a sense summarizes the composer’s preoccupations found in varying degrees of evolution in the other works on the disc. He uses visceral sound materials that are drawn from machines, industry and the urban environment; fine attention to structural detail where abrupt, screaming sequences of grinding and whining metal are juxtaposed with the relative repose of whirring gears, hissing steam and rich, throbbing drones; and new spatial environments where these industrial voices are given shape, size, and speed as they collide and combine in ever-new trajectories and textures. Le vertige inconnu is severe, and of a beautiful purity of design and balance of form and material.

    Two works on the disc, Voix blanche (1988-89) and Là où vont les nuages… (1990-91), utilize the ondes Martenot in combination with tape and additional sources of sound generation and processing via MIDI (in the case of the Là où vont les nuages…). The ondes is not so much a soloist in these works but rather an equal sonic source contributing to and complementing the materials of the tape part with its crystalline, supple and haunting voice emerging from complex gestural and timbral constructs. It only predominates, like a sole survivor, in the ghostly interludes that hover softly between the main phrases of friction, collision and impending climactic punctuation.

    La ville machine (1992), “an electroacoustic drama on the subject of sound ecology”, is the heart of the disc both by its duration and its breadth of expression. There is an unflagging tension between breathless voices sharing images, nightmares, a mission fraught with confusion and apprehension, immersed in an environment constantly shifting from grotesque urban punctuations to collages of human activity, the seashore, the street, the playground… and the hopeful words of children. There is an urgency to the work and its contents, unsettling, yet optimistic in its unabashed confrontation and its embrace of the very source of the destruction it alludes to: the mechanized city.

    Rivage (1986) is perhaps the most blatantly visceral of the works presented here. It clearly reveals Gobeil’s early preoccupation with industrial sound materials and formal structures driven forward by the very weight of the sounds they contain. It features a more prominent use of fabricated materials in combination with environmental sources than the later works, but already maintains a darkly pensive character that finds its way into most of the later works.

    The earliest work presented on La mécanique des ruptures, Traces (1985) reveals, like Rivage, the seeds of Gobeil’s gestural and structural preoccupations: the contrast between highly charged textures and large, quivering spaces inhabited by delicate shimmers of sound and the chirping of natural environments.

    The reverse chronological order of the works on the disc takes us from concision and refinement back to a time of searching and discovery. Try reprogramming your CD player and follow the composer’s original journey!

    … the disc takes us from concision and refinement back to a time of searching and discovery. Try reprogramming your CD player and follow the composer’s original journey!

    Volt dans Paris Transatlantic

    «Out of Canada», Christopher Elson, Paris Transatlantic, no 2:3, 1 septembre 1995
    vendredi 1 septembre 1995 Presse

    Some music can be truly characterized as striking. Alain Thibault’s new album Volt, brought to us by Canadian publisher empreintes DIGITALes, really packs a punch. It positively pounds!

    The opening piece, Concerto pour piano MIDI, follows the classical concerto schema, but the computer driven synthesizers and sequencers drive us into a decidedly contemporary space. Jacques Drouin does an admirable job of sticking with what Thibault himself describes as “the nightmarish precision of tape.”

    E.L.VI.S. (Électro-lux vertige illimité synthétique) harnesses a team of willing saxophonists (Quatuor de saxophones de Montréal) to the synthesized plough and turns over some pretty unexpected ground: texts of songs made famous by Elvis Presley are synthesized and used as a rather touching foil for soundscaping (like landscaping…)

    Approximately equidistant between Ian Hammer’s Miami Vice theme and Pierre Boulez’s Le marteau sans maître, Thibault’s work chisels itself into our edgy modern consciousness, leaving a mark deeper than we might feel comfortable with. How many volts in a hammer, anyway?

    … really packs a punch. It positively pounds!

    Polyphonie-polychrome dans Revue & Corrigée

    «Critique», Albert Durand, Revue & Corrigée, no 25, 1 septembre 1995
    vendredi 1 septembre 1995 Presse

    Des nouveautés chez empreintes DIGITALes, voilà qui fait plaisir car cette étiquette de disques nous fait régulièrement découvrir des compositeurs ou des pièces délaissées par d’autres plus institutionnalisées.

    Voici le premier CD de Patrick Ascione (ex-æquo avec Métamorphose d’un jaune citron chez Métamkine, MKCD 014) qui, dans son travail, s’intéresse à l’espace (il compose beaucoup de pièces en multipiste) et à exprimer une relation entre peinture et musique concrète. Une musique agitée avec beaucoup d’éléments rythmiques et un bouillonnement de grands mouvements stéréophoniques qui, cependant, n’effacent pas les nombreuses teintes de ces dégradés sonores.

    … un bouillonnement de grands mouvements stéréophoniques…

    Titakti dans Revue & Corrigée

    «Critique», Jérôme Noetinger, Revue & Corrigée, no 25, 1 septembre 1995
    vendredi 1 septembre 1995 Presse

    Philippe Le Goff est de la nouvelle génération, de celle qui sait voir au-delà, qui sait qu’ailleurs existe et qui, éventuellement, veut en témoigner, comme par exemple les Kristoff K.Roll, Lionel Marchetti ou Dominique Petitgand.

    Philippe Le Goff est un voyageur, un défricheur. Titakti son premier disque, nous propose quatre études réalisées à partir de ses voyages au Nunavik (Arctique québécois) et au Nunavut (Territoires du Nord-Ouest), chez les Inuit. Les voix, les rires, la langue ont cette particularité inimitable et se confrontent parfois à des bribes de musique occidentale, on a aussi le souvenir, la trace du voyage dans l’interprétation de la musique des Inuits par des musiciens d’ici.

    On aurait pu imaginer une rencontre entre Philippe Le Goff et les Residents d’Eskimo.

    On aurait pu imaginer une rencontre entre Philippe Le Goff et les Residents d’Eskimo.

    Métamorphose d’un jaune citron, Patrick Ascione dans Revue & Corrigée

    «Critique», Jacques Debout, Revue & Corrigée, no 25, 1 septembre 1995
    vendredi 1 septembre 1995 Presse

    De mon enfance, rythmée par les insoutenables attentes de la parution du journal de Spirou débarquant, en milieu de chaque semaine, entre le sucre vif des pochettes surprises et le vert sexué du «Hérisson», à l’étal du libraire-confiseur-cafetier (partie terminale vers laquelle je ne me glisserai que bien plus tard), je garde, du jaune et du citron, un souvenir très particulier, via les aventures militaro-réacs vécues sur double planche couleur hebdomadaire par le capitaine Buck Danny, aviateur héros de l’impérialisme yankee, lui-même vainqueur de l’impérialisme nippon par quelques centaines de milliers de morts à mettons-presque-zéro, en ce jour du six août mille neuf cent quarante-cinq sur les stades non homologués d’Hiroshima et Nagazaki. Entre loopings et descentes en mortelles chandelles («Mayday, mayday, arrgh, ce maudit voile noir et mon hood qui ne s’ouvre plus!!!»), plongeant au milieu des atolls du Pacifique et, plus tard, dans le ciel de Corée, Buck Danny et ses amis, les sous-fifres Tumbler et Tucson, croisaient jaunes et citrons; mais entre leurs jaunes, toujours maudits et leurs citrons, régulièrement sales faces de, je n’ai jamais vu de métamorphose s’opérer, tout au plus la durée de la phrase, la permanence du discours hystérico-bidasso-raciste me permettaient-ils d’y voir filer la métaphore à la vitesse de mach 1 ou 2…

    Qu’on se rassure, Patrick Ascione n’emprunte guère aux attitudes homo-belliqueuses en deux dimensions de ces as pour barouds célestes ringards, tout juste un peu peut-être de cette vitesse (mais en nettement moins macho) ainsi que l’idée, d’avantage que la lettre, d’une certaine puissance de feu, puisque cette Métamorphoses d’un jaune citron, titre dont on ne sait s’il signifie la lente évolution d’un monochrome ou qualifie un quelconque état stationnaire allègrement coloré, est assez «baston», et qu’on pourra la ranger sans aucun mal aux côtés de Ton Dieu ne s’appelle-t-il pas égo? de Alain De Filippis, du Credo Mambo de Michel Chion ou du Gloire à… de Jérôme Noetinger, parus dans la même collection. Tout ici «cartonne» comme dans les meilleurs disques d’électricité et «c’est l’époque qui veut ça…» lisait-on justement à l’intérieur du programme du Cinéma pour l’oreille précédent.

    J’aime à raconter cette histoire: c’était l’été dernier, au Disobey, club londonien branché type, donc de fort modeste dimension, très enfumé, à la déco incertaine, aux chiottes épouvantables que précède une bière tiède servie par des jeunes femmes au charme insensé, à la faune limitante et, surtout, dotée d’une sono fabuleuse; derrière celle-ci, faisant le lien qu’il jugeait bon de faire entre les groupes se succédant dans la moiteur de la scène, officiait Bruce Gilbert, grand monsieur serré dans un costume noir élimé assez court, cravaté de rayures, crâne taillé court surplombant une paire de verres pour myope, quarantaine très avancée, mais qui sut faire face, en temps et en heure, en plein milieu des années punks, sur le front d’un drastique combo répondant au nom de Wire; et je me souviens très bien (à la combientième bière en était-on, ça je ne saurais le dire) avoir fait remarquer aux amis présents, alors que Bruce Gilbert en était à subtilement mixer un vinyl de Ligeti avec une trasherie techno-indus peut-être déjà passée de mode à ce moment-là, que c’était là, dans le décollage à 180° des aigus sur les haut-parleurs collés au plafond du Disobey, la meilleure musique de la soirée et que cela tenait sans doute à ce splendide mariage, tout autre que de raison, des coups de sabre de Hussards de la Garde du contemporain avec les coups de jus de l’électricité banlieusarde sale. Pour fêter l’évidente découverte, on s’en remit une… Et il y a de ça dans cette Métamorphoses d’un jaune citron de Patrick Ascione.

    À ceux que ces faciles propos d’ivrognes effrayeraient, je rappellerai l’année de composition de cette claquante métamorphose: 1979… C’est dans ces eaux-là, sur disque Cobalt, qu’apparut le premier noir de Ghédalia Tazartès, sur lequel Michel Chion, d’ailleurs, faisait cadeau de la moitié du Quasimodo Tango; il y a du Tazartès chez Ascione ou de l’Ascione chez Tazartès, ce je ne sais quoi qu’Alain De Filippis (grâce lui soit rendue) nomme le «Vas-y tout seul!»… et ceux-ci, tout seuls, y sont allés et n’en sont jamais totalement revenus.

    Pourquoi y être allé, et tout seul, alors direz-vous? «C’est l’époque qui veut ça…» répondent, en chœur, De Filippis et Ascione, et, du bout du bar du Disobey, je me sens assez d’accord avec eux.

    Tout ici «cartonne» comme dans les meilleurs disques d’électricité…

    L’ivresse de la vitesse, L’ivresse de la vitesse 1, L’ivresse de la vitesse 2 dans Village Voice

    «Review», A, Village Voice, 1 août 1995
    mardi 1 août 1995 Presse

    Dolden, a Canadian sampling fanatic, makes “crash music” on tape, overlaying hundreds of simultaneous overdubbed tracks for an astonishing and utterly original complexity of timbre. This two-disc set of nine works, split between pure tape and pieces for soloist and tape, ranges chronologically back to Veils of 1984-85, whose walls of sound with up to 280 tracks of the same instrument seethe slowly and loudly as though the gates of hell are opening. The harrowing title work (the well named “Intoxication by Speed”) features multiple virtual choruses making strange vocal sounds and several orchestras devolving into military rhythms, rock, and tape loops, while Beyond the Walls of Jericho boasts forests of plucked instruments, impossibly extended glissandos, and armies of percussion. As weary as I am of modernism, Dolden’s apocalyptic hypermodernism so transcends what the 20th century had in mind that it opens up a whole new realm.

    Dolden’s apocalyptic hypermodernism so transcends what the 20th century had in mind that it opens up a whole new realm.
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