Corazón Road dans La Marseillaise
Carole Rieussec
Ce jeune compositeur, collaboratrice de
Carole Rieussec
Ce jeune compositeur, collaboratrice de
Sous le pseudonyme de
Journal de voyage reconstitué en studio, d’après un périple en Amérique centrale, c’est un beau poème dramatique, la recréation d’un paysage à la fois sonore, sentimental et politique
A chamber opera for solo soprano with a cast that includes Santa Claus and
La
À partir d’un cadavre exquis, entre Jean et
D’abord il y eut l’envie de se voir.
Il se passait quelque chose ailleurs — important — mais où
Ça dépendait des témoignages…
Finalement, il restait deux places pour Mexico ce jour-là et c’était urgent, comme souvent.
On est parti, comme on serait descendu au coin de la rue.
Ça tombait bien, sous nos fenêtres il y avait des travaux et du coup, on n’en avait plus de coin de rue.
Donc on est parti, en se doutant bien qu’il faudrait revenir, se plonger dans le bourbier d’ici pour faire entendre notre voix.
Là-bas, il y avait ce luxe d’étrangeté — étroit — doux — cinglant — et quelques silences au-delà des mots, au-delà des sens…
Là-bas, au coin des nues, il y avait parfois des flics, comme ici alors. Mais aussi des odeurs différentes, des densités, des regards, des langues à déchiffrer, ce carré de tissu démesurément bleu, la lumière, des frousses pour rien, des races qui se côtoient, s’ignorent plus loin, des codes qui nous échappent, une enfant qui chantonne un air Jamaïcain. Notre curiosité en éveil, à pleins poumons, nous respirons le Yucatan. Parfois des secondes écartetees — blocs compacts et vides. Désert des sens et plein toucher du monde, d’un MONDE.
Nous allions le quitter, six pieds sous terre nuit et jour, six pieds sous terre dans un étrange et silencieux pays, sous la terre, ici, avec les haut-parleurs, fenètres sur l’extérieur, nous retrouvons ces sons, ces jeux de sons enregistrés au hasard des coins de nue. Dans le studio, underground, tout continue. On échange les idées, les savoir-faire, les bobinos, les envies, les points de vue. Les réponses aux sons de l’un, les modifications des esquisses de l’autre, les va-et-vient et les osmoses témoignent d’une doubie oreille…
En tout cas, le 14 janvier, on a eu le même choc en rentrant
Guerre du Golfe, silence, puanteur, tout est étrique et le ciel a disparu.
La Guerre du Golfe, le Mexique, le Belize, le Guatemala, rien à voir, tout à inventer.
Sûrement pas admettre.
Sûrement pas rester enfemmé dans le studio comme si de rien n’était. Toujours joyeux et vigilant, les troupeaux de Nagra enregistrent les sophismes, les platitudes et le vacamme poussif des faiseurs d’antiquité.
- Bande de faux frères
Les bruits, hors de leur histoire, brossés, limés, ré-éclairés, qui peuvent dire tant de choses
Pousser les sons vers elle, laisser les sons la décliner puisqu’ils la racontaient déjà. Paroles, marimba, textes, pluie des tropiques, violoncelles, camets de voyage. Carnet de voyage,
Mais pour dire quoi, pour faire passer quelles émotions, s’inscrire comment avec nos désirs et nos sons dans la tourmente du monde ambiant
Réveillez-vous les morts
C’est le son d’un trousseau de clés dans un ventre préparé de piano. Justicia, c’est un trou d’air poinçonné de percussions. Osez siffler jusqu’à ce qu’on trouve un bon air.
Mais qui va l’entendre
Grâce à SONARt et à
Roulades à terre. Danser pour penser. Épaissir, densifier toujours… À bientôt.
On n’a pas oublié l’étourdissante performance visuelle et vocale de
Elle vient de refaire son exploit, cette fois pour le disque. C’est-à-dire que
À l’écoute, on revoit, bien sûr, ses gestes, expressions et déplacements, sous les éclairages. Mais cette référence n’est pas indispensable. La voix suffit. La voix, avec toutes ses inflexions et sauts de registre suggérant plusieurs personnages qui dialoguent.
Je dirais même que le son ainsi isolé de l’image magnifie encore plus qu’à la scène la folle virtuosité du texte musical et de l’instrument qui le véhicule. Cette fois, le spectacle s’adresse à l’oreille.