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  • Corazón Road dans Répertoire des disques compacts

    «Critique», Jean Vermeil, Répertoire des disques compacts, no 62, 1 octobre 1993
    vendredi 1 octobre 1993 Presse

    Kristoff K.Roll, c’est Carole Rieussec et Jean-Christophe Camps. Un nom valise qui sent son Rita Mitsouko. La volonté de séduction de ce tandem est évidente, entre savant et branché: pourquoi pas, puisqu’il s’agit d’électroacoustique? Leur sérieux est tout aussi évident: on n’est pas ancien élève de Denis Dufour (Accord) pour rien. Leur œuvre brasse et compose des souvenirs d’un voyaoge en Amérique centrale. Ils s’en défendent, mais le côté reportage, carnet de route, est là, et c’est bien. Ce jeu d’impressions sonores est l’un des moyens les plus sympathiques de renouvellement de notre bonne vieille musique concrète. Nos compères ont du rythme, de la concision, de l’esprit. Ils sont même capables, un comble, de somprueux silences. On avance, avec eux, mieux que dans la récente Sonate baroque d’Alain Savouret (CDM). Quant au travail de studio, et de son en studio, et de synthèse du son dans le studio. il est aussi discret qu’efficace. A suivre de près…

    Lieux inouïs dans Concept

    «Critique», Concept, no 17, 1 octobre 1993
    vendredi 1 octobre 1993 Presse

    Une chose est sûre, les inconditionnels du «repère», du petit rythrme, de la structure rassurante, seront deboussoleés et refuseront cette œuvre avec violence, cette plongee acousrmatique dans l’inconnu…

    Des le premier titre, Jeu, le decallage est brutal. Comme placé dans un ascenceur qui s’ouvrirait à différents étages sur de nouveaux mondes, nous découvrons par sections des plages électroacoustiques relevant d’un état psychique particulier laissant toujours l’imaginaire et la surprise mener cette recherche aux aspects automatiques.

    Sans cesse la composition se dépouille d’artifices sonores, sombre plus profondément dans le minimalisme jusqu’à explorer par des voix detournées un son, une onde de synthèse, un bruit d’habitude quasi-imperceptible mais ici hyper-amplifié.

    L’écoute du troisième morceau: Rumeurs (Place de Ransbeck) nous propulse hors du terme musique, tel qu’il est vulgairenent préjugé. Nous sommes dans un univers de micro-bruitages qui paraissent parfois quotidiens mais pourtant jamais totalement identifiables.

    Impossible de fredonner cette musique en se proaenant ou de se remémorer la place exacte de ces plages sonores, nous ne pouvons que garder une vague impression de la sonorité entendue: une sorte d’iamge mentale auditive ou l’émotion doit sans doute résulter d’une satisfaction inconsciente qui peut nous pousser jusqu’au plaisir de garder sous la forme d’onoamatopées ces extravagances.

    Alors procurez-vous cette œuvre et decouvrez une nouvelle dimension en mettant le casque Lieux inouis… Virtuel…

    Anecdotes dans Concept

    «Critique», Concept, no 16, 1 septembre 1993
    mercredi 1 septembre 1993 Presse

    Compositeur canadien, Yves Daoust nous livre Anecdotes une œuvre d’une qualité remarquable. Nous écoutons une suite de schémas électroacoustiques caracterisant ce qu’on appelle la musique concrète.

    On pourra penser que ce ne sont que des bruits repompés, il n’empêche gue la destructuration et les collages, les interpretations, le souci des plans et le rapport entre l’imaginaire et la réalité ainsi que le rejet de l’académisme semblent caracteriser cette création.

    Un véritable décalage se produit dès le premier morceau, non conparable à l’écoute d’une autre musique. Ici le spectateur devient acteur: certains seront surpris de croire entendre des sonorités provenant peut-être de chez leurs voisins, de la rue ou même de leur propre lieu d’habitation. Il participe ainsi à l’élaboration de la musique, divague au travers de ses continuités jamais ennuyeuses qui créent une vie a part entière. Le modèle cubiste peut-être un bon exemple (rappelé par la pochette): decomposition des plans, points de vue unique et mentale de différents angles sur un même chose: la banalité quotidienne (bulletin météorologigue, circulation etc… ) Faute! La quotidienneté filtrée par un imaginaire regorgeant de creativité et d’humour… Rejet ou approbation… La réaction est passionnée de tous côtés… Excellent…

    Corazón Road, J-Kristoff Camps, Kristoff K.Roll, Carole Rieussec dans Crystal Infos

    «Zones d’actions concrètes», Bruno Heuzé, Crystal Infos, 1 septembre 1993
    mercredi 1 septembre 1993 Presse

    Venant étayer et expliciter ce que suggère aussi Corazón Road, leurs propos témoignent d’une réflexion poussée sur la création contemporaine et les rapports qu’elle peut, veut ou doit entretenir avec ces deux composantes parfois antithétiques que sont l’abstrait et la réalité politique du monde.

    Carnet de route

    B.H.: Comment peut-on présenter votre disque Corazón Road, et d’où est venu cette idée de carnet de voyage en Amérique Centrale?

    J.C.C.: Dans la musique que l’on fait, on utilise souvent des sons que l’on enregistre à l’extérieur, ce qui fait que l’on se promène très souvent avec un petit magnétophone et un micro. On a d’ailleurs réalisé des pièces faites à partir d’improvisation dans la rue, où l’on était acteur et où l’on agitait un corps sonore. On les a ppeléesles «Hey! tu sais quoi…?».

    C.R.: Nous étions donc au Mexique avec chacun un magnétophone et on a enregistré là-bas comme on le fait à Paris. Mais on n’est pas du tout partis avec l’idée prédéterminée de faire un carnet de voyage. C’est plutôt quand on est rentrés que l’envie s’est précisée. Alors on s’y est plongé et cela a duré un an et demi en studio.

    Malléabilité sonore

    B.H.: Avez-vous travaillé à partir d’images et de souverirs, ou plutôt dans une optique plus abstraite?

    C.R.: Les deux en permanence, car de toute façon en électroacousdque même si on est très abstrait on retombe toujours sur le matériau qui peut parfois dire non et ne pas vouloir rentrer dans la case. Cela oblige d’ailleurs à un va-et-vient très intéressant, et c’est souvent de là que nait le jeu de l’improvisation.

    Modernité et intelligence antique

    B.H.: L’électroacoustique est-elle forcément liée pour vous à l’idée de modernité?

    C.R.: Oui et non. Dans l’électro, il y a un côté évidemment contemporain et moderne. Mais en même temps cela force à avoir une sorte d’intelligence antique, car on est obligé de comprendre le b.a. ba de ce qui fait la spécificité de la musique, pour pouvoir travailler le matériau.

    Il y a très peu de procédés formels ou scolarisés et il faut les inventer. Pour cela il faut vraiment saisir ce qu’est la musique dans son essence basique. C’est une lecture qui crée en quelque sorte une grande trajectoire au travers de l’évolution de la musique, entre ce qu’elle est à son origine et ce que l’on peut en faire maintenant. C’est donc contemporain et antique à la fois.

    J.C.C.: Il y a aussi dans l’électroacoustique l’idée de détournement d’appareils qui n’ont pas été faits pour cela. En ce moment où l’on croit beaucoup à la technologie et où l’on se laisse facilement épater, le fait de détourner des machines faites pour servir l’information par exemple, de les poétiser et de leur donner une autre âme, me semble plus que moderne.

    C.R.: Un autre fait important qui explique notre goût pour cette musique, c’est l’aspect contemporain du matériau. Le fait que l’on puisse manipuler un matériau qui a une couleur socio-politique est une façon de dire le monde moins abstraite qu’avec n’importe quel instrument qui connote une tradition.

    Corazón Road dans Bad Alchemy

    «Critique», Rigobert Dittmann, Bad Alchemy, no 22, 1 septembre 1993
    mercredi 1 septembre 1993 Presse

    Corazón Road est le journal musical d’un voyage que Carole Rieussec et Jean-Christophe Camps ont entrepris fin 90, début 91 à travers l’Amérique centrale avec des escales au Yucatan, Belize City, Guatemala et Puerto Angel. Tous les deux, bien qu’ayant été étudiants chez Denis Dufour, ont réellement fait connaissance dans le sextet d’improvisation Les arènes du vinyle et se sont flnalement réunis sous le nom de Kristoff K.Roll. Leur objectlf: capter la poésie de tous les jours sous forme sonore, la «polyphonie, l’espace sur un seul son. Nous marchons… À chaque pas notre ouïe s’enivre un peu plus dans l’immense courant d’asphalte…»

    Un collage de «musique concrète» qui consiste en enregistrements pourtant peu spectaculaires: conversations, rires, chants, feu d’artifice de réveillon, bruit de ressac de l’océan Pacifique, le tout transportant par touches le pouls d’une autre culture. Par quelques mots-clé et impulsions sonores se crèe une sorte de «hörspiel» dans la lignée du travail de Luc Ferrari.

    L’ambiance correspond plus aux scènes de Lowry ou au «chant des insectes» de Bowles qu’aux attentes tourlstiques. Les différentes facettes de ce voyage à travers un pays étranger dégagent une tenslon étrange qui pourtant ne s’explique par aucun évenement dramatique. C’est un mélange de tristesse et de comique qui va blen au-delà du documentaire dans le domalme personel. Je plaide d’ailleurs pour une écoute casanière; ceci apportera au monde le moindre malheur.

    Gilles Gobeil dans SOCAN — Le Milieu

    «Gilles Gobeil a remporté le Prix SOCAN dans la catégorie œuvre électroacoustiques», SOCAN — Le Milieu, 1 septembre 1993
    mercredi 1 septembre 1993 Presse

    Le compositeur montréalais Gilles Gobeil a décroché le Prix de la SOCAN dans la catégorie œuvres électroacoustiques grâce à une pièce réalisée sur bande d’une durée de 15 minutes intitulée La ville machine. Âgé de 38 ans, Gobeil a été choisi à l’unanimité par les trois distingués membres du jury, à savoir alcides lanza, professeur à l’Université McGill, Pril Smiley, directeur adioint du Electronic Music Center de l’Université Columbia, à New York, et Paul Lansky, professeur à l’Université Princeton, au New Jersey, et pionnier reconnu dans le domaine de la composition assistée par ordinateur. Le jury a délibéré durant deux jours et écouté près d’une centaine d’œuvres soumises dans le cadre de ce concours.

    L’œuvre primée s’échafaude sur un texte dramatique de Lyette Limoges et met en vedette un narrateur et une narratrice.

    «Cette œuvre est intéressante à divers titres, commente Lansky. Au plan de la sonorité, nous avons affaire à une pièce très polie et excitante. Toutes sortes d’éléments des plus variés méritent d’être écoutés. Le compositeur traite le matériel sonore de manière renversante. Il a assurément l’oreille très fine. Les événements s’imbriquent entre eux de façon merveilleuse.»

    «Ce qui nous a attirés dans cette œuvre, ajoute Smiley, c’est son concept, qui était un peu plus audacieux [que les autres].»

    «Nous avons aussi cru que cette œuvre pourrait séduire un plus large auditoire de par la grande variété de son contenu. On pourrait la considérer comme une version moderne de War of the Worlds, lancé à l’assaut des années 90», de renchérir Lansky. Gobeil a étudié à l’Université de Montréal sous la tutelle de feu Serge Garant, de Marcelle Deschênes et de Francis Dhomont, et il accumule les prix non seulement au Canada mais aussi à l’étranger. Il a déjà été lauréat du Festivai de Bourges en France (en 1988 et 1989), du Concours Luigi Russolo en Italie (en 1987,1988 et 1989), du Concours Newcomp/USA (en 1987), du Prix Robert Fleming (en 1985) et du Concours des jeunes compositeurs de la SOCAN (en 1984). Il est membre de la Communauté électroacoustique canadienne et compositeur agréé au Centre de musique canadienne.

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