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  • La mécanique des ruptures dans Revue & Corrigée

    «Critique», Albert Durand, Revue & Corrigée, no 20, 1 juin 1994
    mercredi 1 juin 1994 Presse

    La mécanique des ruptures de Gilles Gobeil, huit pièces marquées par une quête de la rupture des matériaux, un climat basé en permanence sur la dualité tension/détente. Avec des pièces mixtes, comme Associations libres pour guitare (René Lussier) et bande, où le mariage des deux éléments est parfait. On note également une pièce avec texte, La ville machine, une sorte de fiction politico-futuriste avec une touche écolo.

    Le propos, souvent musclé, est parfaitement maitrisé mais hélas un peu trop similaire d’une pièce à l’autre, surtout que l’on retrouve souvent, en plus du procédé, des éléments sonores identiques. C’est un très bon disque mais il faut l’écouter pièce par pièce, jour après jour. À consommer avec modération.

    Le propos, souvent musclé, est parfaitement maitrisé…

    Amore dans Revue & Corrigée

    «Critique», Albert Durand, Revue & Corrigée, no 20, 1 juin 1994
    mercredi 1 juin 1994 Presse

    Dans cette série “compact-compact”, on trouve aussi Amore de Roxanne Turcotte: de l’électro branché avec une tendance musique de danse, un univers proche du clip rempli d’anecdotes et d’images du quotidien amoureux. Claire-voie de Wende Bartley: la voix est au centre du travail, qu’elle soit en direct, dans une pièce mixte, ou enregistree. Manipulée, transformée, elle touche souvent à une dimension quasi-sacrée. Alchimie de Mario Rodrigue: cinq pièces d’une même facture.

    Manipulée, transformée, elle touche souvent à une dimension quasi-sacrée.

    L’oreille voit dans Revue & Corrigée

    «Critique», Albert Durand, Revue & Corrigée, no 20, 1 juin 1994
    mercredi 1 juin 1994 Presse

    Dans le dernier numéro de R&C, nous vous présentions 3 nouveaux CDs de empreintes DIGITALes. En voici encore sept! Cela fait maintenant une collection de 21 titres qui place empreintes DIGITALes en tête des labels d’électroacoustique, par la quantité et la qualité. Chapeau!

    Avec ces nouveautés, c’est aussi le début d’une série intitulée “compact-compact”, des CDs de courte durée, environ 40 minutes, vendus à moitié prix (alors que le coût de fabrication est strictement le méme!). L’idée est de présenter le travail de compositeurs aujourd’hui plutôt que d’attendre des années qu’ils augmentent leur répertoire.

    C’est le cas par exemple avec Randall Smith. Ce compositeur canadien et autodidacte a découvert l’électroacoustique avec les disques 33 tours du GRM et de Philips, et principalement avec ceux de Bernard Parmegiani à qui il fait référence dans le titre de son disque, L’oreille voit pour L’œil écoute. Né en 1960, il appartient à la nouvelle sénération de compositeurs arrivée en studio en méme temps que les techniques actuelles. Ce sont de loin les pièces récentes les plus intéressantes: La volière, évocation d’un monde volatile enfermé dans une cage et The Black Museum, musée personnel de l’auteur où il nous expose ses réflexions musicales.

    … une collection […] qui place empreintes DIGITALes en tête des labels d’électroacoustique, par la quantité et la qualité.

    L’ivresse de la vitesse, L’ivresse de la vitesse 1, L’ivresse de la vitesse 2 dans Circuit

    «Critique», Dominique Olivier, Circuit, no 5:2, 1 juin 1994
    mercredi 1 juin 1994 Presse

    Enfin, pourrait-on dire, un musicien imaginatif et bien formé qui sait utiliser le matériau sonore à des fins artistiques et possédant une véritable personnalité de créateur, de l’originalité, du souffle, de l’intelligence. Rares sont les véritables compositeurs qui œuvrent avec ce médium difficile qu’est l’électroccoustique. Rodrigue exprime bien ses intentions sur la manière d’appréhender le matériau, dans cette phrase se rapportant à sa pièce Tilt (première pièce sur ce compact), qui est l’enjeu d’une partie de machine à boule: «l’électroacoustique m’aurait permis d’enregistrer les sons d’une de ces machines et d’y appliquer les transformations propres au médium, mais j’ai plutôt utilisé une vision subjective travaillant le propos d’une façon plus musicale qu’anecdotique en créant une machine imaginaire.» Si l’ensemble des textes de la pochette est truffé d’erreurs de français, il reste que cette phrase résume l’essentiel de ce qui différencie la musique de Rodrigue de celle, par exemple, de Roxanne Turcotte. Mentionnons par ailleurs que Tilt a obtenu le Grand Prix toutes catégories ainsi que le Premier prix de la catégorie électroacoustique au 7e Concours des jeunes compositeurs de Radio-Canada en 1986. Le travail de Rodrigue est minutieux, soigné, évocateur et sébuisant pour l’oreille sans être accrocheur, et surtout, il s’en dégage une «musicalité» qui n’est pas celle de l’art instrumental mais qui a une valeur intrinsèque. Cristaux liquides (1990) est une poésie sonore superbement évocatrice inspirée par les différents états de l’eau. Qu’est-ce concert? (1987) évoque pour sa part différents paysages sonores, anecdotiques ou virtuels, présentant des concerts entremêlés. Le voyageur (1993) et Fiano porte (1985) nous mettent respectivement en contact avec des univers céleste ou citadin, puis avec un monde de contrastes (rêve/réel, fluide/statique, doux/fort) qui s’exprime merveilleusement à travers les sons utilisés par le compositeur. Bref, un enregistrement qui est aussi un soulagement.

    … une véritable personnalité de créateur, de l’originalité, du souffle, de l’intelligence.

    Les méandres du rêve dans Circuit

    «Chronique de disques», Dominique Olivier, Circuit, no 5:2, 1 juin 1994
    mercredi 1 juin 1994 Presse

    La musique de Serge Arcuri, si elle est manifestement «inspirée», reste cependant à cheval entre deux tendances, apparemment contradictoires. L’exigence de qualité propre à la musique électroacoustique (lire plutôt «acousmatique») québécoise, qui fait maintenant école, et une approche plus commerciale tendant à donner à cette musique un caractère de divertissement, telle qu’on la rencontre associées au théâtre ou au cinéma, par exemple. Cela n’en fait pas pour autant une musique bâtarde ou inintéressante, mais vient certainement nuancer notre opinion à son sujet. Tout d’abord, disons que le projet des Les méandres du rêve est né d’une volonté du compositeur d’intégrer à son travail les avenues électroccoustiques, instrumentales et scéniques. En évolution depuis 1984, cette œuvre en mosaïque est construite sur la thématique hautement inspiratrice du rêve, donnant au créateur la possibilité d’aller chercher son matériau dans un vaste corpus d’éléments musicaux rappelant l’univers onirique. Mais là se trouve l’écueil, le stéréotype qui attend au tournant même le compositeur le mieux intentionné et le plus imaginatif. On ne peut bien sûr reprocher aux compositeurs de musique électroacoustique d’utiliser ces clichés, puisque la musique, comme le langage, en est faite. Devant les possibilités infinies de cet art encore neuf, le créateur est justifié de chercher un langage composé d’éléments signifiants pour l’auditeur. Mais la frontière reste facile à traverser entre une musique utilisant le stéréotype comme aide, comme support devant l’immensité des possibilités sonores, et une autre qui se sert de celui-ci comme élément constitutif et privilégié. Voilà le piège où glissent beaucoup de jeunes crécteurs qui abordent l’art électroacoustique, et c’est malheureusement le cas ici. Si on y retrouve tour à tour des échos de musique modale La porte des sables, minimaliste Lueurs ou balinaise Chronaxie, la musique de Serge Arcuri n’est pas anecdotique, mais plutôt évocatrice, et excelle dans l’art de créer des atmosphères. On voudrait pourtant que son talent l’amène à être plus exigeant intellectuellement.

    … excelle dans l’art de créer des atmosphères.

    Paul Dolden, Robert Normandeau, Stéphane Roy dans SOCAN — Paroles & Musique

    «Nos compositeurs triomphent en France», SOCAN — Paroles & Musique, 1 juin 1994
    mercredi 1 juin 1994 Presse

    On compte trois compositeurs canadiens parmi les gagnants du 3e Concours international Noroit de composition acousmatique, qui a eu lieu en mars dernier à Arras, France. Le montréalais Stéphane Roy s’est vu décerner le premier Prix du jury, d’une valeur de 3000$, pour Crystal Music, commandée par l’ACREQ (Association pour la création et la recherche électroacoustiques du Québec) avec le concours du Conseil des arts du Canada. Cette œuvre a été composée au Center for Computer Research in Music and Acoustic de l’Université Stanford, Californie, et complétée à la Faculté de musique de l’Universilé de Montréal. Paul Dolden de Vancouver, a reçu le deuxième prix pour L’ivresse de la vitesse, alors que le Prix du public est allé à Robert Normandeau, de Montréal, pour sa pièce Spleen (il avait reçu le premier Prix du jury et du Prix du public en 1991). Des 73 œuvres soumises provenant de 17 pays, le jury en a sélectionné six de l’Angleterre, du Brésil, des États-Unis et du Canada. Celles-ci seront publiées sur CD au cours de l’année 1994.

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