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  • Cycle de l’errance, Les dérives du signe, Mouvances~Métaphores dans Le Devoir

    «empreintes DIGITALes: coffret double et audace», Ginette Bellavance, Le Devoir, 1 novembre 1991
    vendredi 1 novembre 1991 Presse

    C’est à la Chapelle historique du Bon-Pasteur qu’aura lieu, demain soir, 19h30 un lancement de disque pour le moins éclatant: la présentation d’un coffret double de disques compacts consacrés à la musique électroacoustique de Francis Dhomont, suivie d’un concert «diffusion acousmatique» des œuvres du compositeur. L’événement n’est pas banal et ne manque surtout pas d’audace. On se demande tout de suite qui, à Montréal, a l’aplomb de s’embarquer dans pareille galère en espérant qu’un certain public emboite le pas. Il s’agit de la maison empreintes DIGITALes dirigée par deux compositeurs qui, certains jours, se déguisent en homme d’affaires pour servir la bonne cause: Jean-François Denis et Claude Schryer. En moins de deux ans c’est le septième lancement. Les quatre premiers disques sont déjà écoulés et repressés. Et dans une certaine radio de Vancouver, Électro clips (le quatrième rejeton) a été sur le «Top 10» de la station! Qui a dit que la musique actuelle était inaccessible… surtout la musique électroacoustique, un des ghetto dans le ghetto? Il faudrait peut-être réajuster son tir.

    «L’idée de cette maison de disques nous trottait dans la tête depuis longtemps» raconte Claude Schryer. Mais c’est à la fin de l’année 89 que les deux musiciens ont senti que le vent leur était favorable. Pour plusieurs raisons. Tous les éléments semblaient être de connivence et en place pour former une compagnie. La musique était prête, le répertoire existait. Les subventions devenaient tangibles, le marché semblait avoir ouvert une brèche. Le besoin d’être écouté et celui de découvrir se comportaient en vieux complices. Le pouls avait donc été tâté de tous les côtés «visibles». La réussite n’était pas garantie, mais le risque était jusqu’à un certain point calculé. Et c’est ainsi que «l’amour de la musique aidant, poursuit Claude Schryer on s’est lancé tête baissée. On voulait ouvrir avec éclat. Entrer par la grande porte. Alors on a mis en marché deux productions de front: Christian Calon et Robert Normandeau. Histoire de produire le plus d’impact possible sur le public et dans le milieu. Histoire de laisser des traces le plus rapidement possible.»

    Le nom tout d’abord est très accrocheur: empreintes DIGITALes. «Pour le jeu de mots, pour la belle imperfection» des sons comme celle «visuelle» de l’empreinte d’un pouce pour le côté artisanal de cette musique». La présentation est extrêmement soignée: les pochettes sont séduisantes, invitantes, la documentation intérieure généreuse et présentée en trois langues, puisque la distribution se fait également au Mexique. Tout ca dans le but de donner à cette musique la chance de percer le marché international. «Dès le début, les contacts avec la France, l’Allemagne et le Japon avaient été établis. Et aujourd’hui, on ne nous voit plus comme des marginaux! L’électroacoustique n’est plus considéré comme de la musique expérimentale, alternative. Elle fait partie des grands courants de la musique actuelle».

    Ce n’est évidemment pas par hasard que deux compositeurs se retrouvent à la «tête de empreintes DIGITALes». Il faut avoir l’amour de cette musique, trouver les moyens de la faire découvrir, croire qu’elle a les capacités de faire vibrer. ll faut aussi avoir les connaissances et l’expérience pour pouvoir la choisir». Car même si Denis et Schryer portent des costumes d’administrateurs certains matins, leur travail de sélection n’en est pas moins fascinant pour autant. «La conception de chaque produit devient de la création. Certains disques sont pour nous des œuvres d’art. Un peu comme si on était les conservateurs d’un musée d’art moderne. Au niveau esthétique, tous les courants sont représentés. Nous avons conscience que le médium est très varié et le champ d’exploration très large il n’y a donc pas de parti-pris. Il faut aimer, être prèts à défendre… sont nos principaux critères de sélection, parallèlement à la maturité compositeur, à l’unité de son œuvre au concept de sa création.»

    «Tout d’abord côté technique, l’avènement du disque compact a été un atout majeur. On ne se serait pas lancé dans cette aventure avec un outil comme le «disque noir». Notre but étant aussi de présenter la musique dans les meilleures conditions possibles, le compact devenait un allié indispensable. Il possède cet avantage extraordinaire de véhiculer le message du compositeur de façon parfaitement exacte et fidèle. Du côté artistique, Montréal est devenu, à mon avis, le centre de création électroacoustique le plus important en Amérique du Nord. On a l’impression d’être assis sur un volcan d’œuvres. La plupart de calibre international. Nos compositeurs sont récipiendaires de suffisamment de prix provenant de l’étranger pour que la preuve ne soit plus à faire. Je crois que le moment était venu… qu’il fallait foncer.»

    «Il est bien évident que dans le domaine de l’électroacoustique, le disque est un véhicule essentiel. Mais il n’exclut pas pour autant le concert. C’est plutôt un véhicule parallèle. Pour faire connaitre un disque, des tournées promotionnelles sont essentielles. En février 91, la tournée de concerts Traces électro autour du disque de Daniel Scheidt Action/Réaction en a été une preuve. Assez souvent d’ailleurs, certaines de ces musiques sont mieux servies par le médium du concert. C’est le cas de Francis Dhomont dont nous allons célébrer le 65e anniversaire samedi soir, en présentant Mouvances~Métaphores version disque et version concert. Il s’agit d’abord d’un coffret double, regroupant des œuvres marquantes du compositeur et pionnier qu’est Francis Dhomont. Une sorte d’hommage à sa grande contribution dans le domaine de l’électroacoustique au Québec. Il s’agit aussi d’un concert, organisé par la nouvelle société de concerts Réseaux, puisque la musique de Dhomont en est une faite pour un orchestre de haut-parleurs, sur mesure pour la diffusion acousmatique.

    Pour empreintes DIGITALes, la première étape ou première épreuve est passée. Les amateurs de musique électroacoustique ont été alertés et rejoints. La compagnie est maintenant prête à affronter la deuxième phase de leur programme: aller chercher un public plus large, intéresser les non-initiés. Comment? Claude Schryer nous dit que c’est très simple. empreintes DIGITALes a tellement de projets pour demain: «le [cédérom], le mini disque de 40 minutes, l’édition, l’analyse des œuvres incluse dans les livrets, la diffusion de musique de théâtre, les productions radiophoniques, les musiques mixtes… On sera présent partout. Partout où il y a des oreilles attentives».

    La présentation est extrêmement soignée: les pochettes sont séduisantes, invitantes, la documentation intérieure généreuse…

    Anecdotes dans Montreal Mirror

    «Digital Desiderio», Andrew Jones, Montreal Mirror, no 7:17, 10 octobre 1991
    jeudi 10 octobre 1991 Presse

    There are processors we can attach to our stereos to achieve the effect of hearing a symphony as we would in a large concert hall, so why shouldn’t we hear and play classical music complete with all the other sonic distractions of everyday life? So reasons Québécois electroacoustic composer Yves Daoust, who plays the traditional western suite form anything but straight here. There’s traffic, radio reports, a sonorous Italian announcer reading about toccatas, brushing of teeth, Castor Et Pollux digitally filleted by sampler, even the composer himself being interviewed! Daoust invests his compositions with skill, humour and a keen understanding of the classical form, offering us a new way of hearing the past.

    Action / Réaction dans Revue Notes

    «Disques», Alain De Filippis, Revue Notes, no 38-39, 1 octobre 1991
    mardi 1 octobre 1991 Presse

    Daniel Scheidt poursuit des recherches en informatique musicale. sur Action/Réaction son travail porte sur l’emploi de logiciels interactifs dans le champ de l’improvisation. L’ordinateur improvise ici au même titre que l’instrumentiste auquel il est confronté, il s’adapte à la personnalité de l’interprète et son «comportement» diffère d’une pièce à l’autre, avec George Lewis (trombone) son jeu est incisif, avec Lori Freedman il enrobe subtilement les sonorités de la clarinette basse.

    Les logiciels employés sont programmés pour réagir en temps réel aux données qui leur sont fournies (hauteur, dynamique, rhythme, phrasé). Dans Obeying the Laws of Physics la confrontation ordinateur/percussions perturbe l’audition, les timbres se confondent au point qu’il est difficile de distinguer ce qui les génère.

    Une remarque: l’approche de l’ordinateur se fait plus délicate avec les interprètes féminines, est-il programmé dans ce sens ou simplement subjugé par ses partenaires?

    Électro clips dans Revue Notes

    «Disques», Alain De Filippis, Revue Notes, no 38-39, 1 octobre 1991
    mardi 1 octobre 1991 Presse

    Non! La musique contemporaine n’est pas toujours austère et stérile, cette excellente compilation vient le rappeler.

    La musique électroacoustique a éclaté en de multiples directions et c’est un plaisir de voyager au gré des 25 univers proposés ici.

    Arrêts sur image: poésie sonore délirante (Zack Settel), espace méditatif (Charles Amirkhanian), cha-cha cubiste (Javier Álvarez), jeux d’enfants narquois (Michael Smith), uppercuts sonores liés à la guitare de René Lussier (Gilles Gobeil), cinéma d’épouvante humoristique (Roxanne Turcotte), Claude Schryer et Hildegard Westerkamp quant à eux nous proposent deux créations inspirés par le concept d’écologie sonore (utilisation de sons naturels sans traitements).

    Les autres compositions sont soit plus «classiques» soit franchement décevantes (John Oswald qui nous avait surpris par un très bon travail de reprise et d’adaptation du Parade de Satie nous propose ici un travail sans conviction). Électro clips reste néanmoins un ensemble très cohérent. Il est à parier que certains compositeurs présents ici auront encore à se faire entendre dans un proche avenir, n’attendez-pas ce moment-là pour les découvrir.

    … c’est un plaisir de voyager au gré des 25 univers proposés ici.

    Anecdotes dans Montréal Campus

    «Électraquoi?», Tony Esposito, Montréal Campus, 25 septembre 1991
    mercredi 25 septembre 1991 Presse

    Avec sa sœur, la musique actuelle, l’électroacoustique devient de plus en plus accessible. Comme au Festival de Victoriaville. Ce festival a souvent aidé à «déconfidentialiser» l’électroacoustique, souligne Jean-François Denis, compositeur et grand manitou d’empreintes DIGITALes, étiquette exclusivement électroacoustique. Cette année pourtant la présence électro est faible à Victo.

    De l’autre côté, l’Association pour la création et la recherche électroacoustiques du Québec (ACREQ) présente son programme pour la saison 91-92 où un événement est prévu à chaque mois, ou presque.

    On a également droit à des émissions radiophoniques sur l’électroacoustique. Soulignons, entre autres, «Sons d’esprits» sur les ondes de CKUT 90,3, qui présente en grande première le 26 septembre à 20h30, «Éclats de voix» de Robert Normandeau.

    Pendant que son confrère Alain Thibault compose la musique de Ne blâmez jamais les bédouins, Yves Daoust double sa présence dans la vie culturelle montréalaise en lançant un compact et en co-signant un spectacle.

    Anecdotes, sixième enfant d’empreintes DIGITALes, apparaît comme une réflexion électroacoustique sur la musique classique. Bandes sonores de bruits du quotidien (téléphone, radio, circulation, cours d’école, lavage de vaisselle et autres) et instruments de musique (clavecin flûte, piano et accordéon) se chevauchent tout en se laissant mutuellement de la place. Des extraits ou des références à Mozart, Bach, Fauré, Beethoven ou Rameau sont mélés au bruit des vagues ou des klaxons. L’émotion naît du piano nostalgique, de l’extase ou de l’angoisse de la voix de la claveciniste, du clavecin lui-même, instrument d’un autre âge, de la douceur de la vague ou de l’agressivité des notes lancées, seules, créant un espace, un avant et un après, avec toute l’intensité d’un pendant.

    La pièce Suite Baroque, en quatre parties, est intégrée au spectacle de Catherine Perrin, «Ni terrible, ni simple», actuellement à l’affiche à l’Espace Libre.

    On peut donc voir, à travers tous ces événements, que l’électroacoustique possède une présence qu’il suffit de reconnaître pour pouvoir en jouir.

    … l’électroacoustique possède une présence qu’il suffit de reconnaître pour pouvoir en jouir.

    Anecdotes dans Le Devoir

    «Anecdotes de Yves Daoust», Carol Bergeron, Le Devoir, 9 septembre 1991
    lundi 9 septembre 1991 Presse

    LE PROFESSEUR et compositeur de musique électroacoustique Yves Daoust lance aujourd’hui un disque compact sous étiquette empreintes DIGITALes et intitulé Anecdotes et qui rassemble des œuvres reflétant le travail de ses 12 dernières années. Cet événement a lieu à 17h à l’Espace libre de la rue Fullum et sera suivi d’un mini-concert où l’on pourra entendre des extraits du disque et rencontrer l’auteur et les interprètes, soit le pianiste Jacques Drouin et la flûtiste Lise Daoust.

    … des œuvres reflétant le travail de ses 12 dernières années.
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