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  • empreintes DIGITALes dans Vital

    «Review», Ios Smolders, Vital, no 19, 1 avril 1991
    lundi 1 avril 1991 Presse

    Montréal, Canada, is home base of DIFFUSION i MéDIA, an organization for the promotion of electroacoustic music that also runs empreintes DIGITALes. empreintes DIGITALes is a record label wich focuses its attention on electronic and electroacoustic music. It is run by composers Claude Schryer and Jean-François Denis.

    DiM surveys the whole landscape of american electronic composition and picks out the finest results. In 1991 a newsletter will see the daylight, in wich the music, composers and performing artists of empreintes DIGITALes are presented in print. In 1990 they have released a series of compact disks with samples of the finest american electronic music of today.

    … a series of compact discs with samples of the finest American electronic music of today.

    empreintes DIGITALes dans Spirale

    «Nouvelles empreintes musicales», Philippe Ménard, Spirale, no 105, 1 avril 1991
    lundi 1 avril 1991 Presse

    Après avoir voulu produire à compte d’auteur mon disque les Contes électroniques en 1987 et m’être totalement cassé la gueule dans cet impitoyable marché, j’ai voulu rencontrer quelques-uns de ceux qui, malgré l’hostilité ambiante, continuent de faire de la production indépendante de disques et de cassettes. J’ai rencontré les représentants des trois jeunes étiquettes qui me paraissaient les plus dynamiques du côté des musiques marginales: Michel F Côté pour Ambiances magnétiques, Jean-François Denis et Claude Schryer pour empreintes DIGITALes et Pierre Moreau pour Zénobie.

    Trois étiquettes pour trois créneaux musicaux presque exclusifs. Ambiances magnétiques pour les musiques populaires marginales, presque toujours à «beat», puise pour une large part dans la tradition de la musique improvisée, empruntant plusieurs de leurs traits musicaux tant au jazz qu’à l’écriture électroacoustique, mélangeant avec plaisir sons acoustiques et électroniques, naturels et culturels, forge dynamique d’un idiome hybride indissociable du concert ou de l’interprétation live. empreintes DIGITALes pour les musiques électroacoustiques savantes, musiques à trames comme les précédentes sont à beat, plus tenues, moins hachées, musiques très introspectives, psychologiques, promenades intérieures la plupart du temps dramatiques, pleines de surprises «catastrophiques» au détour des montages, musiques timbrales, colorées, très culturelles aussi par la présence et l’exploration de citations du répertoire, musiques selon un éventail qui va du style GRM (Groupe de recherches musicales de Paris) un peu académique à l’électropop sophistiqué. Enfin Zénobie, pour la musique de théâtre, musique d’application comme au cinéma, puisant ses traits évocateurs tant dans le répertoire du vingtième siècle que dans les idiomes jazzés, répétitifs, électroacoustiques, nouvel-âge même.

    J’ai volontairement négligé toutes les étiquettes institutionnelles à vocation pédagogique. Elles sont nombreuses, car presque toutes les grandes écoles de musique de Montréal ont la leur. J’ai voulu m’intéresser aux jeunes créateurs/entrepreneurs indépendants, davantage investis dans la diffusion publique des œuvres enregistrées. Dans ce contexte, la seule étiquette qui manque vraiment à mon tableau de chasse est Amplitude, pour le créneau jazz.

    Une première constatation générale: ces «labels» existent parce que, tels des drapeaux, ils flottent au-dessus de territoires inoccupés. À l’unanimité, on reconnaît qu’il n’y a pas de producteurs locaux pour ces musiques marginales, pas plus qu’il y a trois ans lorsqu’on me répondait: «Mon cher monsieur, Sylvie Tremblay n’a pas vendu 1000 copies de son dernier disque; quand on en aura écoulé 50 du vôtre, ce sera le grand max.» Dans les cas d’Ambiances magnétiques et de Zénobie, ce sont des expériences financièrement et humainement coûteuses avec d’autres producteurs qui ont conduit René Lussier, André Duchesne, Pierre Moreau à devenir producteurs. Ces musiciens ont donc occupé des territoires laissés libres. Et j’ai été agréablement surpris de constater avec quel respect mutuel chaque groupe s’est lancé dans la production, sans marcher dans les plates-bandes de l’autre.

    Deuxième constatation: ces «labels» tiennent par la volonté opiniâtre de leurs initiateurs. Tous ces producteurs indépendants, regroupés en collectif ou non, reconnaissent être à la fois missionnaires et entrepreneurs. Missionnaires parce qu’ils savent très bien que, si elle est culturellement nécessaire, l’entreprise n’est pas à court terme financièrement rentable. Mais entrepreneurs tout de même, parce qu’il y a des produits et un marché pour ces produits, que ce marché se travaille comme une bonne terre, qu’il y a les médias à sensibiliser, des droits de médiatisation à toucher, des subventions et programmes d’emploi divers à exploiter, et peut-être même sur un titre ou deux, de l’argent à faire. Ces jeunes producteurs, dans tous les cas à la fois compositeurs et diffuseurs, devraient être les premiers visés par toute nouvelle politique culturelle de notre si vaillant ministère! lls devraient être les premiers à bénéficier de l’aide publique pour les services qu’ils rendent à notre culture nationale. L’actuelle ministre aux si négligées affaires culturelles devrait vite reconnâître et aider ces indispensables agents de diffusion musicale au Québec.

    Troisième constatation: notre ministère québécois est honteusement absent de ces «affaires musicales». Si ces étiquettes existent et si les catalogues grossissent, c’est sans exception grâce au programme fédéral d’aide à l’enregistrement musical (PADES), administré soit directement par le ministère des Communications où il a vu le jour ou par le Conseil des Arts pour le volet «Musiques alternatives». Ce n’est pas sans intérêt de le mentionner à l’heure où notre ministère veut, dans la grande tourmente souverainiste, devenir seul «chef d’orchestre» des grandes œuvres culturelles.

    Pour le créateur, avoir des musiques enregistrces en circulation publique, c’est augmenter ses revenus à la fois par les droits mécaniques et les droits de médiatisation (radio, télévision, cinéma, etc.); c’est augmenter son «audibilité», donc ses chances d’obtenir des contrats de nouvelles musiques, d’enrichir le répertoire; c’est sortir de l’anonymat pour participer ouvertement à l’édification d’une culture vivante.

    Sauf pour Pierre Moreau (Zénobie), toutes les demandes d’aide adressées au Conseil des Arts l’ont été par les créateurs eux-mêmes, devenus pour l’occasion producteurs de leur propre musique. Ce ne sont pas les compagnies qui sollicitent l’aide mais les individus créateurs avec l’appui de la compagnie de production. Les raisons varient. La maison de production de l’étiquette empreintes DIGITALes, DIFFUSION i MéDIA, n’ayant pas les deux ans d’opération requis pour être admissible au programme, doit obligatoirement faire transiter sa demande par le compositeur. À la réception de la subvention, ce dernier la verse à la compagnie selon un protocole d’entente entre les deux parties. Ambiances magnétiques est un regroupement ou collectif de huit producteurs indépendants (Michel F Côté, Jean Derome, André Duchesne, Joane Hétu, Diane Labrosse, Robert Marcel Lepage, René Lussier et Danielle Palardy Roger), qui s’adressent directement au Conseil des Arts pour le compte d’Ambiances magnétiques. Mais selon Michel F Côté, le jour n’est pas loin où, sans doute, Ambiances magnétiques soumettra aussi des demandes d’aide. Zénobie étant une entreprise à but lucratif, ne peut être admissible au programme. Mais, de plus, il n’est pas sûr que la musique de théâtre soit jugée suffisamment «alternative» par les jurys pour être subventionnée! Moreau souligne l’hypocrisie qui consiste à produire sans but lucratif des disques avec lesquels on espère malgré tout faire de l’argent. Mais, on le verra, c’est encore un très petit marché et, en attendant d’en faire, on a besoin de l’aide publique au moins pour se mettre sur les rails de la lucrativité. À toutes les CIDEC et autres organismes d’aide, ne cherchez pas: voilà des «incubations» culturelles qui ont besoin de vous.

    Les produits

    Pour ma petite enquête, j’ai écouté le seul disque du catalogue Zénobie (Moreau), les quatre titres d’empreintes DIGITALes (Calon, Normandeau, Thibault, Électro clips), mais deux seulement des quinze titres d’Ambiances magnétiques. Ce n’est pas mon intention de faire une critique détaillée qui serait de toutes façons injuste surtout à l’endroit d’Ambiances magnétiques. Mais j’aimerais dégager quelques caractéristiques générales et jouer un peu de la comparaison entre les différents produits.

    Globalement, on a affaire à des productions très soignées, tant au plan sonore que visuel, techniquement irréprochables à quelques très minimes bruits de surmodulation pour un titre d’empreintes DIGITALes, très bien documentées. Grâce à l’enregistrement au laser, la musique électroacoustique bénéficie enfin d’une dynamique et d’une lisibilité qui rendent justice à ces œuvres si généreuses en gros sons et trames riches. Pour peu qu’on ait une chaîne de qualité, on prend un plaisir aussi grand que lors d’un concert de bandes (aussi appelé acousmatique). Des trois étiquettes, c’est certainement cette dernière qui a la palme de l’invention et de l’exploration sonores, menées par de véritables magiciens du son. Âmes sensibles et nourries des élixirs nouvel-âge, s’abstenir! Ces musiques sont dramatiques, quelquefois souffrantes, toujours exigeantes, sans concession à la moindre facilité. Elles sont à mille lieues des «douceurs» nouvel-âge, même si les homorythmies impulsives et quelquefois «japonisantes» d’un Thibault sont incomparables aux récits presque cinématographiques des deux autres.

    Thibault par le biais de ses percussions tonitrnantes fait un peu le pont avec les produits des deux autres étiquettes. La percussion (ou un certain beat) est très présente aussi dans la musique de Moreau, mais de façon généralement plus discrète et dans un contexte plus jazzant. En plus de sa grande mâîtrise de la modulation et de l’orchestration, c’est l’éclectisme de l’écriture de Moreau qui nous séduit. Plus mélodique et plus restrictive dans ses matériaux que les musiques d’empreintes DIGITALes, la musique appliquée de Moreau est aussi plus accessible, nous promenant dans des paysages sonores plus ou moins connus des écritures savantes traditionnelles, du jazz et du rock. Cet éclectisme est une sorte d’exigence de la commande théâtrale, et Moreau reste encore un des grands virtuoses du genre à Montréal.

    Les deux titres d’Ambiances magnétiques écoutés—les deux derniers: Des pas et des mois, Tétreault/Côté/Lussier, et Vous serez un ange, Letarte — appartiennent à ce courant de «new music» urbaine.

    Je m’empresserais d’ajouter: nouvelle musique populaire, en ce qu’elle tire les idiomes populaires vers l’innovation et l’expérimentation dans le sens contraire d’un Thibault ou d’un Moreau qui eux tirent les idiomes savants (et sérieux!) vers une plus grande légèreté et une plus grande accessibilité. On sent chez les créateurs d’Ambiances magnétiques la volonté de se faire une niche dans un genre hybride qui utilise une rythmique simple mais efficace et surtout très «transculturelle» comme support de l’improvisation, du «bruitisme» des disques coupés de Tétreault ou d’un requestionnement de la chanson avec Letarte. Les audaces sont un peu annulées par des facilités. En comparaison des deux autres étiquettes, au plan musical, c’est certes plus mince, moins fourni, plus artisanal; pour certaines pièces, plus familier; pour d’autres, totalement déroutant. Les mélismes modaux, presque grégoriens, de Geneviève Letarte sont trop semblables d’une chanson à l’autre pour vraiment nous accrocher à sa poésie du quotidien. Les musiques des pas et des mois sont données comme de très courts flashes sonores, très moqueurs mais trop courts à mon avis, sans aucun développement. Flash pour flash, je préfère les vingt-cinq électroclips d’empreintes DIGITALes qui sont de véritables petits bijoux sonores. Délectation garantie!

    … une dynamique et d’une lisibilité qui rendent justice à ces œuvres si généreuses…

    Action / Réaction dans Contact!

    «Compte rendu», Laurie Radford, Contact!, no 4:4, 1 avril 1991
    lundi 1 avril 1991 Presse

    Le tout dernier de cette étiquette, Action/Réaction, s’ajoute à son catalogue grandissant d’enregistrements électroacoustiques. Ce disque est une collection des œuvres de Daniel Scheidt. Réalisées au cours des cinq dernières années, ces œuvres servent d’introduction au travail fascinant du compositeur avec les systèmes interactifs. Un des aspects les plus importants de ce disque est la participation de cinq interprètes remarquables qui ont travaillé avec Scheidt durant le développement de ses logiciels de composition. L’auditeur est initié aux multiples aspects de cette musique mis en évidence par l’approche individuelle de chaque interprète, fait qui ne peut que favoriser cette manière de composer et augmenter la valeur de ce disque.

    Action/Réaction débute avec Obeying the Laws of Physics (1987), une des premières œuvres interactives du compositeur et qui a été exécutée de nombreuses fois par le percussionniste Trevor Tureski. Une part de risque qui faisait partie de l’exécution de cette œuvre semble avoir été remplacée par une interaction plus fine: entre les moments d’activité acharnée, chaque son a le temps d’apparaître, de s’exprimer avant de disparaître à nouveau. Il est cependant difficile de faire la part des sons qui sont provoqués par l’instrument de Tureski et de ceux qui proviennent de l’ordinateur, générés en réponse. Cette incertitude qui agrémente la présentation en concert de cette œuvre se transforme dans l’enregistrement en une certaine ambiguïté. (Il y a là peut-être un rapprochement visuel à faire entre l’enregistrement d’œuvres interactives et le tournage de la danse). Il faut noter que ce disque nous présente différentes exécutions des œuvres de Scheidt. La flexibilité de ce langage, du point de départ algorithmique en passant par les formes changeantes qui naîssent chaque fois qu’intervient un interprète différent est un aspect de ce compositeur qui fait la force de ses œuvres. A Digital Eclogue (1986) représente le début des explorations interactives de Scheidt. Il est tout à fait normal que cet enregistrement de 1986 se retrouve dans cette collection récente, ne serait-ce que pour son côté improvisateur et le subtil échange entre l’exécutant et l’ordinateur. Stories Told (1989) est une des œuvres majeures de ce disque. La soprano Catherine Lewis tisse une fascinante série d’«histoires» grâce à un langage inventé par Robin Dawes. Qu’il s’agisse de son aria en suspens au centre de l’’uvre, de la robustesse du début et de l’avant-dernière section ou de sa finale songeuse, cette pièce réussit à examiner notre capacité de donner un sens à une suite d’inflexions syntactiques et de nuances qui sont accompagnées de timbres attirants. (Les textes de ces histoires font partie du livret et ne peuvent qu’augmenter l’intérêt de cette œuvre). Le tromboniste George Lewis nous fait traverser le monde de Norm ’n George (1990) faisant preuve d’un grand vocabulaire d’improvisations. George Lewis est aussi renommé pour sa maîtrise des techniques d’extensions de l’instrument, masquant ses origines acoustiques et créant dans le contexte de cette uvre un mélange timbral et gestuel avec les réponses du système. Dans Squeeze (1990), Daniel Scheidt fait appel au joueur de clarinette basse Lori Freedman et, avec le même programme que dans la pièce précédente, réussit à explorer d’autres dimensions. La clarinette et l’ordinateur sont ressérrés de note en note d’une manière presqu’ imperceptible, créant de doux «clusters» qui vibrent en ascension dans des gestes qui se terminent avec d’élégants glissandi opposés.

    On reconnaît dans la présentation d’Action/Réaction, dans les textes d’appui français/anglais qui sont aussi attirants que pertinents, un souci de qualité qui fait la réputation de l’étiquette empreintes DIGITALes.

    Électro clips dans Vital

    «Review», Ios Smolders, Vital, no 19, 1 avril 1991
    lundi 1 avril 1991 Presse

    The Électro clips sampler contains 25 3-minute compositions. This really is a refreshing way of listening to electroacoustic music. Electroacoustic compositions tend to last at least 10 minutes. Here the composer (a.o. Dan Lander, Hildegard Westerkamp, Charles Amirkhanian) is forced to make a clear statement within a short period of time. And I must say that most of them manages rather well. This cd offers varied and very ‘entertaining’ electroacoustic music, something wich I have been missing lately.

    All cd’s are accompanied by extensive reading material, explaining the background of all music and composers on this cd. empreintes DIGITALes has produced a fine set of state-of-the-art music which I can recommend. There are more releases coming and I can’t wait to hear them.

    This cd offers varied and very ‘entertaining’ electroacoustic music…

    Volt dans Vital

    «Review», Ios Smolders, Vital, no 19, 1 avril 1991
    lundi 1 avril 1991 Presse

    It was a surprise to listen to Thibault’s cd. Whereas the music of the other cd’s was based on soundscape, on Volt we hear something quite different. Structure and tempo are most important. Thibault has written for MIDI-piano, saxophone, soprano and tape. There is a lot of persussion, obviuosly digital, with very fast and intricate rhythm patterns. Thibault combines rock, jazz and “studio-pop” in compositions with names like ELVIS (Électro-lux, vertige illimité synthétique).

    Thibault combines rock, jazz and “studio-pop”…

    Lieux inouïs dans Vital

    «Review», Ios Smolders, Vital, no 19, 1 avril 1991
    lundi 1 avril 1991 Presse

    Normandeau’s compositions are for the largest part acousmatic. Acousmatic is a term that comes from the Pythagorean brotherhood, who had to listen to lectures delivered from behind a curtain. In an acousmatic musical composition the apprehension of sound has no relation to its source. I don’t really know what Mr. Normandeau’s exact interpretation of this is, as it is very difficult for a listener ‘not’ to perceive the sources of the sounds in his music.

    But, that put aside, listening to Lieux inouïs (Unheard-of Places) is a very rewarding effort. The music is bound thematically (e.g. Jeu is a travel along all aspects of game and play) and musically left much more free, although there is a strong stuctural set-up. In contrary to lots of electroacoustic works wich constantly make the listener aware of the fact that he/she is listening to something very technical Normandeau’s pieces develop quite naturally. Following the acousmatic character, the music sounds like a sonic film.

    … listening to Lieux inouïs is a very rewarding effort.
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