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Robert Normandeau

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  • Robert Normandeau in La Libre Belgique

    “Surmonter l’irréparable”, HH, La Libre Belgique, October 24, 2007
    Wednesday, October 24, 2007 Press

    Gus Van Sant explore la culpabilité dans un requiem funèbre esthétiquement époustouflant.

    Dans le ciel, des nuages passent en accéléré. Pas de doute, on est dans un film de Gus Van Sant. Sauf que cette «signature» apparaît ici au second plan. Au premier, un pont et son défilé de voitures… Si Paranoid Park s’inscrit dans la lignée de la trilogie précédente de Van Sant, l’évolution est palpable: le cinéaste ne tourne plus seulement les yeux vers le ciel, mais aussi vers la terre, se plaçant dans l’entre-deux. Comme en témoigne la scène suivante, totalement hypnotique: au ralenti et sur un «paysage musical», des gamins défient l’apesanteur sur leurs planches de skateboard.

    On découvre alors Alex, ado banal, dont la caméra ne lâchera plus les déambulations pour tenter de traquer la moindre émotion, la moindre trace de culpabilité sur son visage, dans ses gestes. C’est qu’on comprend vite que le lycéen, en acceptant d’aller traîner à Paranoid Park — réputé pour accueillir les marginaux de Portland et des trafics en tout genre —, s’est retrouvé lié au meurtre sordide d’un gardien de nuit… Portland, la mort, l’adolescence, Van Sant convoque à nouveau ses thèmes favoris. De même, la mise en scène et le montage font beaucoup penser à Elephant: la caméra suit l’adolescent de dos, les ralentis délicats se multiplient, les scènes sont répétées…

    Un style en évolution

    Pourtant, quelque chose a changé. La mort n’apparaît plus ici absurde, vide de sens, comme dans Elephant ou Last Days, mais au contraire bien réelle. Elle est une réalité avec laquelle doit se débattre ce gamin de 16 ans. C’est là que tout bascule chez Van Sant. Il ne s’agit plus de placer les personnages, écrasés par le destin, dans un rapport à la transcendance, mais bien de fouiller leur for intérieur. La distance de Van Sant par rapport au propos est identique, mais la morale trouve ici sa place, intériorisée par le protagoniste, rongé par la culpabilité.

    Si le film apparaît du coup plus abordable, moins abstrait, le cinéaste n’a peut-être jamais été plus expérimental. Car pour mettre à nu l’âme d’Alex, Van Sant réinvente son cinéma ou, plus exactement, fait évoluer le style qu’il a mis en place film après film.

    Dès lors, ce qui pourrait apparaître comme des tics prend ici un autre sens. Les ralentis dilatent la temporalité pour extraire Alex du monde qui l’entoure. Avec plus de cruauté que jamais, toujours aussi désabusé et misogyne, Van Sant décrit, en effet, son quotidien — à la maison, à l’école, avec sa copine — comme le règne de la médiocrité. Marqué par l’irréparable, Alex, totalement transformé, n’est plus ce gamin insouciant, caricature de l’Américain refermé sur lui, mais un être en quête d’un ailleurs, d’une autre vie.

    Cet ailleurs est ici intérieur. Pour traduire ce cheminement émotionnel du personnage, le cinéaste fait appel à la musique de Nino Rota pour Fellini (Amarcord et Juliette des esprits), mais plus encore à ces «musical landscapes» de compositeurs comme Robert Normandeau, Ethan Rose, Frances White. Ces nappes complexes, par leur côté irréel, renforcent l’abstraction d’Alex au monde.

    Enfin, si certaines scènes sont ici encore répétées, ce n’est plus l’angle de caméra qui change, qui apporte une information nouvelle — comme dans Elephant par exemple — mais leur place dans le montage complexe pour lequel a opté Van Sant. Explosant la chronologie, mêlant à son récit des scènes de skateboard en super-8 et en vidéo, le cinéaste multiplie les couches, les niveaux de lecture pour conférer une densité à chacune de ses scènes. Froid, distant, Paranoid Park n’en est pas moins d’une force incroyable. Rien d’inutile ici, l’épure est maximale et le sens transparaît dans chacune des images de l’esthète Van Sant.

    Pour traduire ce cheminement émotionnel […] le cinéaste fait appel […] à ces «musical landscapes» de compositeurs comme Robert Normandeau

    October 17 – 21, 2007: New Works by Calon, Drese, Normandeau, Vande Gorne at L’Espace du son, Brussels

    Wednesday, August 1, 2007 In concert

    The 14th international acousmatic festival L’Espace du son will take place from October 17 to 21, 2007 at Théâtre Marni in Brussels. The opening night of the festival will celebrate the Musiques & Recherches’ 25th anniversary, premiering 3 musical works: Voix de l’aurore by Ingrid Drese, Murmures by Robert Normandeau, and Chœur des femmes 2, a movement from the opera Yawar Fiesta by Annette Vande Gorne on a libretto by Werner Lambersy. The day after, October 18, will be dedicated to Christian Calon’s music; October 19, to Jean-François Minjard; October 20, to Bernard Parmegiani; and October 21 to Beatriz Ferreyra and Ana Dall’Ara-Majek.

    September 11 – 23, 2007: Normandeau, Dhomont at Música Viva in Lisbon

    Thursday, July 5, 2007 In concert

    Música Viva Festival 2007 will take place from September 11 to 23, 2007 in Lisbon (Portugal). Amongst other events, the daily “Deep Listening” will present StrinGDberg by Robert Normandeau (September 18 to 23). On the 19 the “Loudspeakers Orchestra II” will also be an occasion to listen to: A nova música do rei by António Ferreira, and Here and There, Vol d’Arondes, Un autre Printemps, Premières traces du Choucas, Moirures (Inès Wickmann, vidéeo) by Francis Dhomont who will also give a master class.

    June 12 – July 1, 2007: Normandeau in UK and Belgium

    Wednesday, June 6, 2007 General

    Robert Normandeau will take part in the Electroacoustic Music Studies Conference in Leicester (UK), from June 12-15, 2007, to present a lecture entitled “La spatialisation timbrale ou le médium, c’est l’espace.” After that, he will go to the Musiques & Recherches studio in Belgium, from June 16 to July 1, to compose a new piece celebrating the 20th anniversary of Rumeurs (Place de Ransbeck). This work was composed in 1987, where Robert Normandeau was the first foreign composer invited to Musiques & Recherches. An audio excerpt of Rumeurs (Place de Ransbeck) is available on the CD Lieux inouïs’s page.

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