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  • Who Has the Biggest Sound? in 5:4

    “Review”, Simon Cummings, 5:4, November 19, 2014
    Wednesday, November 19, 2014 Press

    One of Canada’s great maverick composers, Paul Dolden, has a new CD out on the Starkland label showcasing one of his more recent major works, the title of which could be said to encapsulate much of what Dolden’s music stands for: Who Has the Biggest Sound? It has to be heard to be believed. Dolden’s practice of piling up layer upon layer of instrumental sounds until they become a rockface of highly compacted strata plays its part here, although there’s a clarity running throughout the work’s movements that is refreshing, and a recurring emphasis on beauty that seems to reflect a shift in outlook from his earlier work. All the same, no-one does a full-force tutti like Dolden, and the combination of voices and orchestra is used to initiate some almighty pile-ups, along the way peppered with weird carillon/jazz mash-ups with more superimposed saxes than you could shake a stick at, florid episodes running at Nancarrow-like breakneck speed, rock-out reveries a la Buckethead, Zappa-esque synth ensemble passages and a surreal take on country music. If this makes it sound like the piece is all allusion, it isn’t; every moment screams out (sometimes literally) Dolden’s handiwork, singling him out as one of very few composers prepared to make not the slightest effort at holding back. As electroacoustic onslaughts go, Who Has the Biggest Sound? is simply amazing (head over to YouTube for a sample). It’s coupled with The Un-Tempered Orchestra, a unique exploration of different tuning systems that may well cause the connection between your ears and your brain to malfunction.

    Dolden’s practice of piling up layer upon layer of instrumental sounds until they become a rockface of highly compacted strata plays its part here, although there’s a clarity running throughout the work’s movements that is refreshing, and a recurring emphasis on beauty that seems to reflect a shift in outlook from his earlier work.

    Who Has the Biggest Sound? in Monsieur Délire

    “Listening Diary”, François Couture, Monsieur Délire, November 12, 2014
    Wednesday, November 12, 2014 Press

    Who has the biggest sound? Paul Dolden, of course. Who could forget the dense, far-reaching, implacable sonic environments of L’ivresse de la vitesse and Délires de plaisirs? Dolden, after eight years of silence on record, is back with one of his strangest, deepest, most off-kilter works to date. This CD features two works. Who Has the Biggest Sound is a 15-movement, 52-minute opus where minute details pile up (and up, and up) to form… high-speed musical chases… dysfunctional country songs and tangos… and choirs of human, mammal, and insect voices. A master of ceremony steps in at times to try to put some order in the proceedings – comic relief that works well at times (More Unanswered Questions) but falls flat elsewhere. It’s the only weak link in an otherwise astounding work. And spoiler alert: it’s nature who has the biggest sound, the nicest melodies, and who plays the fastest. By a long shot. The second work on this CD is The Un-tempered Orchestra, a highly entertaining ride through non-Bach-approved tuning (and detuning) systems that can’t fail to evoke Harry Partch – if he’d ever had access to a 100+ ensemble. Dolden’s work – like Noah Creshevsky’s or MC Maguire’s – is so rich in layers that a single listen won’t reveal everything. Actually, this is the kind of record that will always give you something more. Strongly recommended.

    … the kind of record that will always give you something more.

    Dômes in La Presse+

    “Sous les dômes”, Alain Brunet, La Presse+, November 11, 2014
    Tuesday, November 11, 2014 Press

    Dans La part des anges, des chants humains s’élèvent au-dessus d’un champ sonore de cultures mixtes et produisent une formidable immersion. Kuppel fut créée à partir de prises de son extérieures dans une vile d’Allemagne: carillon d’une place publique, grincement d’une porte ou roulis de tramways constituent une œuvre plus typique de l’électroacoustique «d’autrefois». Inspirée par le pièce Blasted de Sarah Kane, Pluies noires met en scène des vibrations émanant de souffles puissants, construisant ainsi un immense poumon d’où émanent moult fréquences hétéroclites. Hamlet-Machine without Actors est un maelstrom dont l’objet est d’évoquer «l’oppression de l’homme par la société». Baobabs est fondée sur l’utilisation exclusive de la voix humaine et intègre les percussions de l’ensemble Sixtrum. Cinq œuvres distinctes, cinq dômes sous lesquels le compositeur Robert Normandeau se surpasse.

    Robert Normandeau se surpasse.

    Les corps éblouis, Impulsion, Musiques naïves, petits Big Bangs, Sous le regard d’un soleil noir, La mécanique des ruptures, Mantra, Puzzles, Kaleidos in La Scena Musicale

    “10 compositions québécoises: musique électroacoustique”, Émilie Payeur, La Scena Musicale, no. 20:3, November 1, 2014
    Saturday, November 1, 2014 Press

    Décidément, le Québec n’a rien à envier aux autres pays en matière de musique électroacoustique. En effet, la province regorge de compositeurs créatifs qui ne cessent de repousser les limites de leur discipline et d’être reconnus internationalement. Même si dans la majorité des cas, la musique de ces compositeurs se rapproche du style acousmatique que l’on peut entendre en Europe, il y a bel et bien quelque chose qui les distingue: ils ont un son et une esthétique bien à eux.

    Je vous propose donc une liste de dix œuvres incontournables par des compositeurs et compositrices d’ici afin de découvrir le panorama de notre production électroacoustique.

    Crystal Music (1994) de Stéphane Roy

    Dans Crystal Music, le compositeur Stéphane Roy traite sa matière sonore comme s’il s’agissait de verre en la dilatant, la moulant, la faisant se transmuter. D’ailleurs, la nature même des sons employés vient rappeler le verre, le cristal. Il y a quelque chose de nerveux, d’instable dans cette pièce. L’œuvre se caractérise par de grandes variations de la dynamique ainsi que par des explosions d’énergie qui émergent soudainement du silence pour ensuite s’éteindre aussi rapidement. À l’écoute, l’auditeur peut trouver des ressemblances avec certaines pièces les plus abstraites de Francis Dhomont. Ce n’est pas un hasard puisque Stéphane Roy a été son élève.

    Stéphane Roy est l’auteur d’un ouvrage sur l’analyse de la musique électroacoustique, L’analyse des musiques électroacoustiques: Modèles et propositions. Au cours de sa carrière, il a également enseigné à l’Université de Montréal ainsi qu’au Conservatoire de musique de Montréal. Sa pièce Crystal Music a notamment obtenu le premier prix au 3e Prix international Noroit-Léonce Petitot (Arras, France, 1994)

    Kaleidos, empreintes DIGITALes, 1996

    StrinGDberg (2001, 02, 03) de Robert Normandeau

    Véritable tour de force musical, StrinGDberg est une œuvre minimaliste 16 pistes entièrement basée sur deux sources sonores: une prise de son d’une vielle à roue d’une durée d’une minute et une autre tirée du jeu d’un violoncelle. Le caractère tramé de la pièce, voir méditatif, invite l’auditeur à pénétrer au cœur du son et à être témoin des microvariations qui surviennent, à s’en émouvoir même. Une partie plus rythmique, caractéristique de l’œuvre de Normandeau, s’insère vers la moitié de la pièce. Comme pour une bonne partie de son catalogue, StrinGDberg a été composée pour accompagner une pièce de théâtre, Mademoiselle Julie d’August Strindberg, dont la mise en scène était assurée par Brigitte Haentjens et présentée à l’Espace GO (Montréal) en mai 2001.

    Robert Normandeau enseigne à l’Université de Montréal. Ses œuvres ont été maintes fois primées lors de concours internationaux. Il est à noter qu’il est le cofondateur de Réseaux, une société de concerts dédiée à la diffusion des arts médiatiques qui a présenté les séries de concerts Rien à voir et Akousma.

    Puzzles, empreintes DIGITALes, 2005

    Les corps éblouis (1992-93, 94) de Christian Calon

    Les corps éblouis tire ses matériaux sonores d’une seule source: la guitare électrique. Véritable travail sur la métamorphose, non seulement des sons de base mais également dans sa durée, la pièce a été pensée afin d’engendrer un effet de spirale où tout s’imbrique dans une perpétuelle mouvance. Ici on reconnaît le savoir-faire exemplaire de Calon, et une technique d’écriture comparable à celles des Parmegiani et Dhomont de ce monde. Les corps éblouis a obtenu le 2e prix du jury au 22e Concours international de musique électroacoustique de Bourges (France, 1994) ainsi que des distinctions au Prix Ars Electronica (Linz, Autriche, 1995, 97).

    Christian Calon est un artiste indépendant œuvrant également en photographie et dont les œuvres ont maintes fois été récompensées aussi bien à l’international que chez nous.

    Les corps éblouis, empreintes DIGITALes, 1998

    Le vertige inconnu (1993-94) de Gilles Gobeil

    Le vertige inconnu est probablement la pièce la plus forte non seulement de l’album La mécanique des ruptures, mais aussi du répertoire entier de Gilles Gobeil. Construite à partir de sons concrets, dont on peut reconnaître la provenance, le compositeur crée un univers cinématographique quasi surréaliste à l’intérieur duquel coexistent grillons et machines à air comprimé. Toutes les habiletés de Gobeil qui en font un compositeur si unique sont brillamment illustrées dans cette pièce: articulations vives, rupture du silence par des explosions sonores soudaines… Le vertige inconnu a remporté le Prix des arts électroniques de Stockholm, un concours international de musique électroacoustique (Suède, 1994) et a obtenu le 2e prix au Prix Ars Electronica (Linz, Autriche, 1995).

    Gilles Gobeil est professeur en technologies musicales au Cégep de Drummondville (depuis 1992) et a été professeur invité de composition électroacoustique à l’Université de Montréal (2005-06) et au Conservatoire de musique de Montréal (2007). Il est également lauréat de plus d’une vingtaine de prix sur la scène nationale et internationale.

    La mécanique des ruptures, empreintes DIGITALes, 1994

    Sous le regard d’un soleil noir (1979-81) de Francis Dhomont

    Cette œuvre tourmentée, faisant partie du Cycle des profondeurs, explore et illustre l’univers de la schizophrénie en huit parties. Une des particularités de l’œuvre est l’emploi de la narration. Afin d’entrer dans le sujet, Dhomont utilise des textes du psychiatre et psychanalyste Ronald D Laing. Mais cette narration ne sert pas seulement à informer. Elle guide carrément le développement de la pièce, devenant même matériau sonore à certains moments. Selon Dhomont, cette œuvre propose la rencontre de l’imagination et de l’imagerie mentale produite par le traitement des sons. Sous le regard d’un soleil noir a obtenu le 1er prix de la catégorie Musique à programme au 9e Concours international de musique électroacoustique de Bourges (France, 1981).

    Originaire de Paris, Francis Dhomont a passé une bonne partie de sa vie à Montréal pendant laquelle il enseigna à l’Université de Montréal (de 1980 à 1996). C’est d’ailleurs lors de cette période qu’il composa Sous le regard d’un soleil noir. Il est une des figures les plus marquantes dans le domaine de la musique électroacoustique et son travail a été largement reconnu et encensé.

    Sous le regard d’un soleil noir, empreintes DIGITALes, 1996

    Water Music (1991) de Yves Daoust

    C’est par un beau jour de printemps que le compositeur eut l’idée de Water Music. Les gouttelettes tombant des glaçons fondants lui semblèrent mélodiques. La beauté de cette pièce vient du fait qu’elle met en vedette un matériau qui nous est assez familier, l’eau, permettant à l’auditeur de vraiment lui porter attention pour une fois. Le passage entre les différentes sections est particulièrement bien réussi.

    Parallèlement à son enseignement au Conservatoire de musique de Montréal (qu’il a quitté en 2011), Yves Daoust a contribué au développement de la scène électroacoustique au Québec, notamment en participant très activement en 1978 à la fondation et au développement du premier organisme au pays voué à la promotion et à la diffusion de la musique électroacoustique, l’ACREQ. En 2009, il a reçu le Prix Serge-Garant (Fondation Émile-Nelligan) pour l’ensemble de son œuvre.

    Musiques naïves, empreintes DIGITALes, 1998

    eXpress (2001-02) de Jean Piché

    Jean Piché est décidément un innovateur. Au départ compositeur (pensons à la pièce Taxis to Burning Sky), il s’est rapidement tourné vers l’image pour ensuite développer une toute nouvelle discipline à laquelle il donnera le nom de «vidéomusique». Ce que le compositeur tente de traduire, c’est une perception symétrique entre l’image et le son, une synergie. Pour eXpress, une œuvre pour trois écrans, Piché a filmé les images dans le train reliant Bourges et Paris. On peut y reconnaître des paysages. L’allure très cinétique d’Express est obtenue en réglant la caméra à une vitesse d’obturation très rapide avec une grande ouverture de l’objectif. La musique minimaliste et répétitive contribue à l’effet de transe de l’œuvre.

    L’enseignement et la recherche en composition électroacoustique à l’Université de Montréal occupent une part importante de la vie professionnelle de Jean Piché. Il est également impliqué dans le développement de logiciels. On lui doit notamment Cecilia, un logiciel de traitement sonore.

    www.jeanpiche.com/express.htm

    Big Bang II (1987, 95) de Marcelle Deschênes

    Dans Big Bang II, on se retrouve dans un univers postnucléaire. L’œuvre avait d’abord été conçue comme trame sonore servant d’accompagnement à une installation multimédia du sculpteur holographe et artiste de la lumière, Georges Dyens, intégrant sculptures holographiques, éclairages, fibre optique, musique électroacoustique, le tout en mouvement chorégraphié par un système de synchronisation programmée. De nature tramée et minimaliste, la pièce est brillamment écrite et a inspiré bon nombre de compositeurs.

    De 1980 à 97, Marcelle Deschênes enseigne à la Faculté de musique de l’Université de Montréal la composition électroacoustique et multimédia, la perception auditive et les techniques d’écriture électroacoustique. Elle met sur pied, développe et dirige un programme inédit en composition électroacoustique aux trois cycles (baccalauréat, maîtrise et doctorat).

    petits Big Bangs, empreintes DIGITALes, 2006

    Arksalalartôq (1970-71) de Micheline Coulombe Saint-Marcoux

    Cette pièce joue autour de l’abstraction de la parole, de la voix et même des instruments de musique. Arksalalartôq, d’après des textes des poètes québécois Noël Audet et Gilles Marsolais, exprime le vertige des mots, des sons, par analogie avec le jeu inuit où les participants (le plus souvent des femmes) mettent à l’épreuve leur capacité d’invention à créer et de résistance à émettre des sons, des mots pour la plupart sans signification. Entrecoupée par des sons percussifs ou dans d’autres cas tirés de synthétiseurs analogiques, Arksalalartôq rappelle certaines pièces de Stockhausen ainsi que Pierrot lunaire de Schönberg.

    En 1968, Iannis Xenakis recommande vivement à Micheline Coulombe Saint-Marcoux d’aller à Paris pour y étudier la musique électroacoustique avec le désormais célèbre Groupe de recherches musicales (GRM), ce qu’elle fit. À son retour à Montréal, elle enseignera au Conservatoire de musique de Montréal jusqu’à son décès en 1985.

    Impulsion, empreintes DIGITALes, 2001

    Mantra (1997) de Jean-François Laporte

    Dans l’ère moderne où nous vivons, nous sommes envahis, submergés par des sons de toutes sortes qui accompagnent notre existence. Jean-François Laporte les nomme «mantras», d’où le titre de la pièce. À l’image des mantras orientaux, ceux du compositeur doivent par exemple être d’une bonne longueur et se répéter de façon cyclique dans le temps. Pour cette pièce, Laporte a utilisé exclusivement les sons générés par un compresseur de refroidissement des patinoires lors d’une prise de son unique. Toutes les modifications timbrales ont été effectuées lors de la prise de son, sans aucune manipulation en studio.

    Jean-François Laporte est surtout connu pour ses instruments inventés. Il est fondateur et directeur artistique et général des Productions Totem contemporain (PTC), et ses œuvres sont éditées aux Éditions Babel Scores.

    Mantra, Cinéma pour l’oreille, 2000


    Je ne pourrais passer sous silence les œuvres de ces compositeurs qui deviendront sans doute des incontournables de la musique électroacoustique du Québec dans quelques années: Champs de fouilles (2008) de Martin Bédard, Transit (1998) de Louis Dufort, frequencies (a) (2011-12) de Nicolas Bernier, L’appel (2008) de Georges Forget… et la liste pourrait continuer.

    [Article édité en collaboration avec la rédaction du site Cette ville étrange. Chronique de la création musicale (www.cettevilleetrange.org).]

    Décidément, le Québec […] regorge de compositeurs créatifs qui ne cessent de repousser les limites de leur discipline et d’être reconnus internationalement.
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