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  • Dômes in Rif Raf

    “Love on the Bits”, Fabrice Vanoverberg, Rif Raf, no. 211, June 1, 2015
    Monday, June 1, 2015 Press
    D’une transcendance hypnotique qui dépasse les cieux, l’ici-bas et le très-haut fusionnent en des harmonies distillées à la perfection…

    Poupées mathématiques in EtherREAL

    “Critique”, Pierre-Luc Senécal, EtherREAL, May 27, 2015
    Wednesday, May 27, 2015 Press

    «Un sympathisant de gauche, qui éprouve un froid mépris envers les méthodes et idéologies actuelles de l’industrie, […] mais qui a aussi l’oreille qui regimbe à l’écoute des constructions sonores expérimentales et engagés de certains camarades.»

    Et vlan! C’est avec cette savate verbale que Dominique Bassal se présentait en décembre 2002, dans son écrit La pratique du mastering. Ingénieur du son reconnu pour son expertise unique en musique électroacoustique, c’est en tant que compositeur que Bassal lançait, en janvier 2014, son deuxième album sur l’étiquette montréalaise Empreintes digitales, la même étiquette pour laquelle il effectue la pratique délicate de «masteriser» les pièces des compositeurs depuis près de 15 ans. Ainsi, égalisation, correction de la dynamique, volume et autres traitements sont apportés afin de «normaliser» au possible l’écoute. De votre salon aux baffles de votre bagnole, la pièce sonnera «pareil».

    Avec 13 ans d’expérience et cinquante albums masterisés sous la cravate, Bassal a développé une opinion très critique des conditions d’écoutes et de la faible qualité de production des musiques électroacoustiques. Non seulement la qualité de production de cette musique n’a pas suivi les avancées observées dans la musique pop, mais en plus, le conformisme académique derrière sa réalisation en ont fait un genre répudié par le grand public. C’est donc une véritable croisade idéologique et esthétique à laquelle se livre Bassal, une lutte au nom de laquelle il s’est détourné de l’esthétique purement acousmatique propre à son tout premier album Ubiquités (2009).

    «Le second album Poupées mathématiques (2014) représente l’aboutissement d’énormément de questionnement de ma part sur la viabilité réelle de la musique électroacoustique. Pourquoi on fait ça? Pour qui compose-t-on? Sur le plan technique, il faut absolument trouver un format universel haute qualité qui rende justice au contenu, mais il faut également changer le contenu et sortir de notre tour d’ivoire.»

    Pour la haute qualité, Bassal a donc choisi de rendre sa musique disponible grâce à un disque Blu-Ray, capable de contenir les 6 pièces de l’album à 96 kHz, 24 bit, et ce, en format stéréo, 5.1 et 7.1. Et pour l’esthétique choisie?

    «Il s’agit de rendre le tout plus attrayant pour l’ensemble des gens. Pour faire ça, et j’admets que le processus n’est pas tout à fait abouti, j’ai intégré plusieurs éléments de musique conventionnelle que je composais moi-même et que je modifiais afin qu’il y ait ce cadre mélodique au sein d’un univers électroacoustique. Il y a des bouts de mélodies et de séquences rythmiques en soutien à cette trame narrative qui évoque la science-fiction, les espaces éclatés, tout ce qu’on peut imaginer.»

    À l’écoute, on trouve effectivement bien des choses que le compositeur promet. Chaque pièce est traversée par une panoplie d’instruments (carillon, ensemble de jazz et de cordes, violon, contrebasse et j’en passe) tout en étant drapée d’un tissu sonore, parfois enveloppant (merci à la version 7.1) parfois en trame de fond. Bien que le compositeur ait pris l’habitude d’écrire ses notes de programme après la composition, on tisse facilement les liens entre les titres et les univers qu’ils créent. Dans Choraal, un halo de voix désincarnées jaillissent et s’élancent en pétillant, et tout cela semble d’une terrible beauté. Il y a également un jeu important sur les clichés: La main visible est un égarement dans le jazz d’une Noir York City ou du film Birdman, Babylone les regrets est ouvertement une parodie des films américains kitsch aux gros violons et même Broto et sa z’complice est en référence aux vieux films de science-fiction avec ses sonorités plus datées.

    Avec cet à-cheval entre musiques acousmatique et instrumentale, plusieurs questions se posent, notamment par rapport à la prochaine direction à prendre. Le compositeur le dit lui-même, il s’agit d’une démarche temporaire, et il souhaiterait que le côté avenant et ouvert de sa musique soit généré par autre chose que des mélodies. En effet, certaines mélodies pourraient être plus recherchées, et les élans acousmatiques volent parfois la vedette par leur force et leur caractère magistral. S’il est vrai que de faire l’équivalence entre accessibilité et mélodie peut sembler naïf, il faut reconnaître que la démarche est sincère, la musique, bien faite, et surtout qu’elle «donne à voir».

    Sera-t-elle assez acousmatique pour séduire les puristes? Cela reste à voir, mais le plus important sera de voir si elle ouvre la porte à tous les auditeurs en quête d’une musique à la fois abstraite et accessible.

    … la démarche est sincère, la musique, bien faite, et surtout qu’elle «donne à voir».

    Dômes in Chain DLK

    “Review”, Vito Camarretta, Chain DLK, May 25, 2015
    Monday, May 25, 2015 Press

    Two years after the excellent Palimpsestes, empreintes DIGITALes offers another interesting collection of outputs for domes of directional loudspeakers, which can render the illusion of multidimensional sounds by means of stereophonic systems, by Prof Normandeau to more demanding followers of electroacoustic music. It includes five long impressive pieces that can reasonably be considered monumental as the composer acts as a sort of architect who erects sonic cathedrals: the opening La part des anges (2011, 12) sounds like a glimpse and an exploration inside a seraphic dimension, where hiccups of electricity, hazy steams and piercing frequencies are the set for angelic choirs, even if the slow sonic evaporation as well as the title refers to so-called “angels’ share,” the volatile part of aging alcohol that slowly evaporates through the walls of barrels; the resounding chiming bells on the following Kuppel (2005-06, 14) comes from the bells he recorded in the Markplaz in Karlsruhe (Germany) and the combination of its hypnotical tolls with other two recordings — the noises of urban tramways and the ones coming from a squeaking door close to the studio where he was working at the Zentrum fur Kunst und Medientechnologie Karlsruhe — could let you think that Robert managed to grab the breathe of that German city. The interactions of breathe, saxophone and sinister dins, that suddenly explodes in electrical storms which manage to emphasize the sense of tragedy, on the catchy Pluies noires (meaning “Obscure Rains”) got inspired by the theatre play Blasted by Sarah Kane, for which Robert composed the music ina stage direction by Brigitte Haentjens in 2008: such an ominous title refers to the pauses in the play that he rendered by means of the four seasonal stormy “explosions” (spring rain, summer rain, fall rain and winter rain) while having the tragic events that occurred in Bosnia in his own mind, so that he didn’t focus on the typical idea of abstract purification related to rain, but rather to the fact that “all these rains can hardly wash the darkness of the human soul at war.” The most recent piece of this collection, Hamlet-Machine without Actors (2014) is another composition he made for a stage by Brigitte Haentjens of the play Hamletmachine (1979) by Heiner Müller: the track, a shorter version of the original score which lasted one hour and fifteen minutes that got inspired by another work by Normandeau (Hamlet-Machine with Actors, which, as you can easily guess, incorporated the voices and the sounds of the actors of the play!), succeeds in describing the main theme of the play, that is “the oppression of man by the society, the representation of taboos — including sexual ones — through the show and the end of art.” The final Baobabs (2012-13) is mainly base on human voices: even if I’m not a fan of this kind of art, the adaptation of the acousmatic piece Le renard et la rose (1995), consisting of five movements (Babbling and rhythm; Nostalgia and timber; Anger and dynamic; Lassitude and space; Serenity and texture) by Prof Normandeau deserves to be listened.

    … the composer acts as a sort of architect who erects sonic cathedrals…
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