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  • Atlantide; Golgot(h)a in Le Devoir

    “Musiques sacrées”, Marie Laurier, Le Devoir, March 23, 1992
    Monday, March 23, 1992 Press

    Concert de musiques sacrées de la Société de musique contemporaine du Québec réunissant les compositeurs québécois, François Morel, Raynald Arsenault, Michel-Georges Brégent, Jean Lesage, Raôul Duguay, l’Ensemble de la Société de musique contemporaine du Québec et trois organistes solistes Danielle Dubé, Gisèle Guibord et Sylvain Barette sous la direction de Walter Boudreau. À l’église Saint-Jean-Baptiste le mercredi 25 mars à 20h. Le concert sera précédé du lancement du disque Atlantide de Michel-Georges Brégent et Golgot(h)a de Walter Boudreau et Raôul Duguay.

    Atlantide; Golgot(h)a in Voir

    “Critique”, Dominique Olivier, Voir, March 19, 1992
    Thursday, March 19, 1992 Press

    La nouvelle étiquette SONARt n’y va pas de main morte avec son premier disque, dont le lancement coïncide avec la présentation de Golgot(h)a en concert: deux de nos compositeurs les plus “heavy” se retrouvent sur cet enregistrement qui deviendra sans doute un classique. Un prix Gilson et un Prix spécial du jury du prix Italia, Golgot(h)a de Boudreau et Atlantide de Brégent se côtoient pour un mélange explosif, qui fera réagir les auditeurs les plus émotivement imperméables. Le son est excellent, on sent le travail excessivement fignolé qui mènera certainement ces deux monstres à la postérité.

    Le son est excellent, on sent le travail excessivement fignolé…

    Jean-François Denis, empreintes DIGITALes, SONARt in Continuum

    “Musiques à l’horizon”, Martin Geoffroy, Continuum, March 1, 1992
    Sunday, March 1, 1992 Press

    La devise du directeur de la maison de disque empreintes DIGITALes, Jean-François Denis, est qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même. Le succès que remportent les entreprises de ce compositeur québécois en témoigne da façon éloquente.

    Il y a seulement deux ans, Jean-François Denis fondait empreintes DIGITALes, une maison de disques entièrement consacrée à la production et à la diffusion de la musique électroacoustique. Entièrement dépendante de subventions, l’entreprise semblait suicidaire à prime abord, mais il fallait aussi prendre en considération qu’aucune autre compagnie de disques ne voulait investir dans l’électroacoustique. «Même des grosses compagnies comme Phillips ou Deutsche Grammophon n’étaient pas prêtes à mettre l’énergie et la qualité artistique nécessaires à une telle entreprise», souligne le directeur.

    Deux ans plus tard, empreintes DIGITALes a mis sur le marché sept disques compacts qui sont distribués un peu partout à travers le monde. Le dernier succès de la compagnie remonte à octobre 91 alors que l’étiquette lançait un album double de Francis Dhomont, compositeur émérite et professeur à l’Université de Montréal, accompagné d’un somptueux livret explicatif de 200 pages.

    Fort de ce succès, Jean-François Denis a déçidé de lancer l’étiquette SONARt, une maison de disques qui se voue exclusivement aux «musiques invisibles». Un premier disque consacré à des créations radiophoniques de Walter Boudreau et Michel-Georges Brégent sortira cette semaine. Selon Jean-François Denis, la musique invisible serait une musique instrumentale conçue exclusivement pour être écoutée sur haut-parleurs. La différence fondamentale avec l’électroacoustique (aussi une musique pour haut-parleurs) résiderait dans l’utilisation d’une instrumentation plus «classique». Par exemple, dans l’œuvre de Brégent, Atlantide, on retrouvera des chœurs, des instruments d’orchestre, une guitare électrique, des synthétiseurs et des instruments traditionnels de l’Ensemble Claude-Gervaise! Et que dire de Golgot(h)a, une œuvre de Walter Boudreau à laquelle le directeur de la SMCQ collaborera avec l’ineffable Raôul Duguay!

    Avant de devenir directeur d’empreintes DIGITALes (et maintenant de SONARt), Jean-François Denis a fait une maîtrise en électroacoustique au Mills College aux États-Unis, il a ensuite travaillé en création sonore dans un théâtre de San Francisco et est finalement revenu à Montréal comme professeur à l’Université Concordia. Compositeur de grand talent, le directeur n’a pas encore endisqué ses compositions sur empreintes DIGITALes pour des questions d’éthique. «empreintes DIGITALes et SONARt, ce n’est pas de l’auto-production, ce sont des maisons d’édition qui cherchent avant tout à diffuser du matériel original, intègre et curieux», affirme l’artiste.

    À l’automne, la prochaine voie que SONARt empruntera sera celle du théâtre avec l’adaptation discographique de la pièce de René-Daniel Dubois, Ne blâmez jamais les bédouins, mise en musique par Alain Thibault pour la soprano Pauline Vaillancourt. «Après, il y aura sans doute un volet cinéma, tout est permis», jubile le directeur. Jean-François Denis est un mélomane acharné, self-made man en dehors des conventions, il ne partage pas la vision de l’Association pour la création et la recherche électroacoustiques du Québec (ACREQ), une vénérable institution un peu trop encadrée pour un indépendant tel que lui.

    Jean-François Denis est un mélomane acharné, self-made man en dehors des conventions…

    empreintes DIGITALes in Circuit

    “L’électroacoustique sur orbite [1]”, Francis Dhomont, Circuit, no. 3:1, March 1, 1992
    Sunday, March 1, 1992 Press

    Planètes ignorées, univers à découvrir, neuf disques compacts tournent déjà dans nos lecteurs: Calon, Normandeau, Thibault, Électro clips, Scheidt, Daoust sur étiquette empreintes DIGITALes et une Anthologie de la musique canadienne, consacrée à la musique électroacoustique.

    Cela commence à se savoir, mais il n’est pas mauvais de le rappeler: l’expression «musique électroacoustique» devient, avec la prolifération des genres qu’elle recouvre, plus imprécise de jour en jour. Si, dans les années 1950 et 1960, elle renvoyait sans équivoque d’un courant de pensée — écoles concrète et électronique confondues — dont on peut dire, pour faire court, qu’il se démarquait des «musiques de notes,» et posait la question du fond en posant celle de la forme, il n’en va plus de méme aujourd’hui. En 1992, «électroacoustique» ne désigne assurément plus une quelconque tendance esthétique, mais, de façon à la fois plus pragmatique et plus vague, toutes sortes de produits sonores réalisés à l’aide des moyens qu’offre la technologie électroacoustique. Le terme est ainsi devenu progressivement l’auberge espagnole de toutes les manifestations sonores utilisant peu ou prou l’électronique. Il s’applique donc aussi bien aux instruments électrifiés de la musique populaire (guitares, boîtes à rythmes, etc.) qu’aux recherches d’organismes hautement spécialisés (Ina-GRM, Ircam, MIT, instituts et universités, etc.), sans oublier, du côté de la lutherie, le célèbre synthétiseur DX7, les «échantillonneurs» ou le protocole MIDI et, du côté des genres, les œuvres dites acousmatiques, mixtes, interactives, électro-instrumentales, etc.

    Les deux collections de disques compacts dont il sera question ici offrent un éventail très ouvert de styles et d’applications, témoignant ainsi de la vitalité du médium au Canada. Profusion stimulante mais qui rend le sujet de cette rubrique quelque peu pléthorique pour l’espace qui lui est alloué. Quand on saura, en effet, que ce sont… soixante-quatorze œuvres ou extraits qu’il faudrait commenter, on imaginera sans peine qu’il ait fallu faire des choix.

    Coïncidence symbolique, et somme toute réconfortante, au moment où disparaît le service RCI (Radio Canada International) après la réalisation d’une dernière Anthologie de la musique canadienne, surgit la toute jeune compagnie DIFFUSION i MéDIA dont la valeur semble ne pas vouloir attendre le nombre des années pour s’affirmer. Ceux qui connaissent le dynamisme de ses fondateurs, Jean-François Denis et Claude Schryer, ne s’en étonneront pas. Déjà cinq disques réalisés en moins de deux ans dont la qualité technique et le soin apporté à la présentation tant didactique qu’esthétique ou poétique sont irréprochables. Signe particulier — et assez rare pour étre souligné particulièrement — les compacts publiés par empreintes DIGITALes sont exclusivement consacrés au répertoire électroacoustique.

    … la qualité technique et le soin apporté à la présentation tant didactique qu’esthétique ou poétique sont irréprochables.

    Anecdotes in Option

    “Review”, Bill Tilland, Option, no. 43, March 1, 1992
    Sunday, March 1, 1992 Press

    Musique concrète, the reorganization of natural sounds (including music) into personalized sound collages, has in the past ten years or so acquired a dubious reputation as the preferred medium of many fledgling basement tapers. But French-Canadian Daoust and some of his labelmates represent the elite of the contemporary musique concrète community. Their work utilizes the latest in studio technology, and is painstakingly crafted, highly intellectual, and aimed at evoking specific memories and emotional states. In seven of his eight pieces on this CD, Daoust performs a gentle deconstruction of Western classical music, mixing everyday city sounds (traffic, phone conversations, etc.) with melodic fragments played on piano, harpsichord or accordion, or with short, sampled excerpts from classical flute repertoire. In doing this, Daoust is playing with several related premises, one being traditional classical music’s increasing artificiality and distance from contemporary culture, and the culture’s corresponding trivialization of the music. Daoust’s work is not just cultural criticism, but also engrossing listening. Good musique concrète is highly associational, and the attentive listener gets involved in the process. Pieces function as ambiguous but intriguing stories, with certain recurring sounds serving as motifs, and everything rendered with an eerie, almost hallucinogenic clarity suggestive of a dream vision.

    Cycle de l’errance, Les dérives du signe, Mouvances~Métaphores, Francis Dhomont in Revue & Corrigée

    “Critique”, Jérôme Noetinger, Revue & Corrigée, no. 12, March 1, 1992
    Sunday, March 1, 1992 Press

    La rencontre entre le label canadien empreintes DIGITALes et Francis Dhomont était inévitable. En effet, Francis Dhomont (né à Paris en 1926) est, depuis son arrivée au canada en 79, à la base de la dynamique québécoise en ce qui concerne la musique acousmatique. Alors il fallait lui rendre hommage et c’est pour ses 65 ans qu’est sorti ce double CD accompagné d’un livret de 220 pages (français/anglais), pour tout savoir sur ce compositeur resté trop longtemps dans l’ombre, et agrémenté de témoignages de nombreuses personnalités. Deux CDs. Le cycle de l’errance et Les dérives du signe qui présentent sept pièces composées entre 1982 et 1991, plus de deux heures et demi de musique qu’il faut savourer avec patience en y revenant régulièrement. Sept pièces marquees par le mouvement, l’espace («Mouvances») et le voyage constant entre concret et abstrait («Métaphores»). Il s’en dégage une grande unité renforcée parfois par le retour d’éléments sonores d’une pièce à l’autre (encore une marque du mouvement mais aussi le prolongement du discours). Du fait de cette cohérence, je me demande finalement si ce double CD n’est pas à recommander à toute personne désireuse de découvrir la musique acousmatique. Mais ensuite… gare à l’accoutumance!

    … à recommander à toute personne désireuse de découvrir la musique acousmatique. Mais ensuite… gare à l’accoutumance!
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