Jean-François Denis, empreintes DIGITALes in Les Cahiers de l’ACME
Ancien président de la CÉC (Communauté électroacoustique canadienne),
Qu’est-ce que DIFFUSION i MéDIA
Qu’entendez-vous par art médiatique
Je veux parler des arts technologiques
Quelles sont les limites que vous vous étes imposées
La règle première qui régit notre travail est de s’investir dans des projets qui nous tiennent à cœur. Les limites de la société seront déterminées par nos goûts et si les projets ne concernent pas l’électroacoustque, ils seront édités sous un autre nom.
Comptez-vous vous limiter aux compositeurs canadiens
Dans l’absolu, non. Toutefois, au début, nous devrons nous y tenir par manque de moyens
Si un compositeur étranger obtient les subsides nécessaires, peut-il se faire produire chez vous
Tout à fait, pour autant que le projet nous plaise.
Y-a-t-il des rapports entre la CÉC et vous
Non, les seuls contacts que nous entretenons sont ceux que nous avons avec les compositeurs ou que nous pouvons avoir avec n’importe quel autre organisme.
Votre action se limite-t-elle à des compositeurs connus et reconnus ou bien envisagez-vous aussi, par exemple, de produire un CD qui reprendrait les meilleures œuvres d’étudiants durant une période de cinq ans afin de promouvoir ainsi de jeunes compositeurs
Nous n’avons pas encore envisagé d’autres perspectives que celles citées plus haut
Avez-vous des projets en coproduction
Nous comptons produire, avec l’Ina-GRM, un double CD de
Quels sont les rapports que vous entretenez avec d’autres maisons de productions
Comme nous ne faisons concurrence à personne, nous ne pouvons avoir que de bons rapports avec les autres maisons, fructueux ou non. Toutefois, ceux-ci n’ont encore rien donné de concret par manque de temps. Le projet de coproduction avec l’Ina-GRM prouve que c’est possible et même souhaitable pour la diffusion mutuelle de nos productions. Nous sommes donc ouverts à toute collaboration sous fomme d’échanges de services (réseau de diffusion, fichier, etc). Nous collaborons avec une publication dont le premier numéro est sorti le mois dernier et qui s’intitule Leonardo Music Journal et nous sommes en relation directe avec une nouvelle revue de musicologie qui s’appelle Circuit. De cette manière, nous pourrons créer un réseau de producteurs car il est primordial, dans la situation où se trouve l’électroacoustique, de conjuguer les efforts fournis.
Votre rayon d’action en Amérique du Nord se cantonne-t-il au Canada
Il y a un pré-circuit aux États-Unis. Le plus dur, dans notre domaine, concerne la diffusion. il est très simple de trouver un distributeur dans un pays étranger, mais il est difficile d’en trouver un
Vous envisagez, comme le laissait supposer le début de notre entretien, la publication de livres… Qu’en est-il exactement
DIFFUSION i MéDIA est, en effet, intéressé par la publication d’une série de livres. Exemple tout à fait imaginaire,
Ces analyses seront-elles écrites par un analyste ou par les compositeurs
Je pense que pour l’électroacoustique il est plus intéressant de le faire faire par le compositeur et je vois ces fascicules plus comme des indices que comme des analyses. Il est évident que nous introduirons les partitions d’écoute dans ces
Les aides gouvernementales semblent importantes dans le fonctionnement d’empreintes DIGITALes, comment, dès lors, éviter le piège de la musique exclusivement canadiennne
Ceci est une de nos préoccupations essentielles. Toutefois, a y a encore beaucoup de musiques québécoises et canadiennes qui méritent d’être éditées en disques compacts. Nous avons cependant différents projets — avec un compositeur anglais notamment — mais il nous faut de l’argent et aussi du temps pour en trouver. En attendant des jours meilleurs, une des solutions permettant de pallier à ce problème est d’ouvrir les portes aux coproductions. Il faut multiplier les contacts, non seulement avec les sociétés de distributions, mais aussi avec les organismes de relations entre les pays francophones.
Quel rôle pourrait jouer votre société lors de l’organisation d’un festival d’électroacoustique au Canada, un peu celui des CD des lauréats du concours de Bourges par exemple
Si nous avons les fonds, c’est envisageable puisque cela correspond à la notion de concept. Pour le moment, c’est impensable sur le plan financier, d’autant plus que ce genre de projet implique d’endosser l’activité d’un groupe qui ne partage pas nécessairement les mêmes politiques que les nôtres.
En tant qu’ancien Président de la CÉC, comment ressentez-vous les changements inhérents aux fonctions différentes effectuées dans votre nouveau travail
Ce travail me pemmet de moduler mes énergies qui, à la CÉC, étaient diluées. Ce projet est privé, plus personnel, je n’ai plus à être démocratique ou représentatif d’une institution. À la présidence de la CÉC, je devais consacrer une énergie incroyable à consulter les gens et à les convaincre si le besoin s’en faisait sentir. Avec DIFFUSION i MéDIA, les décisions se prennent plus rapidement et doivent enthousiasmer les deux partenaires. Le travail est donc tout à fait différent, moins prestigieux peut-être, mais plus épanouissant car il me permet de réaliser plus rapidement des idées qui me tiennent à cœur.

![Jean-François Denis [Photo: Brad Ardley (SOCAN), Toronto (Ontario, Canada), September 17, 2025]](https://res.electrocd.com/image.php/image/d/denis_je_15346.jpg?width=n2&cropratio=1:1)


