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  • Les lauréats du 2e Concours Destellos sont…

    mercredi 9 septembre 2009 Général

    La Fondation Destellos a annoncé les résultats de son 2e Concours de composition électroacoustique: Diana Simpson a reçu le premier prix pour son œuvre Papyrus et le prix Motus a été attribué à Tormenta de campos fértiles de Fernando Iazzetta. L’œuvre Still Voices de Pete Stollery s’est méritée une mention honorifique. Le jury 2009 était composé de Cort Lippe, Robin Minard, Jonty Harrison, Wilfried Jenztsch et Daniel Teruggi; le jury des prix Motus était constitué de Vincent Laubeuf, Guillaume Contré, et Todor Todoroff.

    25 septembre – 21 octobre 2009: De l’acousmatique à Aix-en-Provence, France

    vendredi 4 septembre 2009 En concert

    Inés Wickmann et Francis Dhomont sont parmis les invités du festival L’opus à l’oreille, qui se déroulera du 25 septembre au 21 octobre 2009 à la Fondation Vasarely à Aix-en-Provence (France). Pendant le festival, ils feront la création de 3 vidéomusiques: Urbs, Terres et ciels et Kronos. Le 10 octobre, Dhomont présentera une conférence et son œuvre Corps et âme sera diffusée lors d’un concert le soir même. Aussi au programme du festival: des vidéomusiques d’Inés Wickmann (vidéo), Ingrid Drese (musique) et Beatriz Ferreyra (musique).

    Black Bile Extempore dans Dagens Nyheter

    «Stefan Östersjö och Nastasha Barrett: Black Bile Extempore», Martin Nystrom, Dagens Nyheter, 2 septembre 2009
    mercredi 2 septembre 2009 Presse

    John Dowlands sång “Can she excuse my wrongs” från 1597 är föremål för den mest otyglade dekonstruktion på detta album signerat den norska elektronmusiktonsättaren Natasha Barrett och den svenske gitarristen Stefan Östersjö. Här blir allt som inte tillhör själva strukturen utan som utgör musikens själva “air” – drillarna, arpeggiona och de rytmiskla accenterna – ny musik i de mest hisnande förvandlingar. Nattligt koltrastkvitter, sprakande eldar och flyende skuggor.

    En dialog med Dowlands över 400-åriga musik som frigör och sätter i rörelse. Kanske räcker inte idéerna för ett helt album, men höjdpunkterna är flera och hettan omisskänlig. Hör den spöklika känslan av hemsökelse i “Where shadows do for bodies stand”, den sönderscratchade “My woe wants comfort”, tumultet i “Unquiet thoughts” eller det skimrande postklassiska soundet i “Earth with her flowers”.

    Sur fond blanc dans Goûte mes disques

    «Chronique», Simon, Goûte mes disques, 2 septembre 2009
    mercredi 2 septembre 2009 Presse

    Une fois de plus en mode coopératif, Nicolas Bernier fait équipe cette fois avec Jacques Poulin-Denis afin d’offrir un album au concept premièrement étrange, et instantanément génial. Au dos de la jaquette, un premier panneau directionnel: «Sur fond blanc explore les thèmes de l’espace intérieur, du vide et de l’absence. Sur ce canevas neutre de textures électroniques et de paysages sonores apparaissent des bribes insaisissables de vie, d’allégories et de souvenirs.» Tout est là.

    Si la «théorie des fonds» (qui soutient que chaque chanson est écrite sur un fond coloré, détaché pour la plupart du temps de la volonté de son auteur) s’est souvent retrouvée à instituer la musique sur un papier peint couleur arc-en-ciel, rares sont les essais musicaux à se pencher du côté neutre de la palette. Par peur peut-être. Car comment articuler le blanc, la moelle de toute chose, distant car central et pourtant révélateur instantané de toute forme de vie artistique en mouvement? La moindre éclaboussure musicale transforme le blanc en un autre blanc, moins neutre. Mais que dirait l’auditeur en se voyant plongé dans un monde où le blanc se superposerait au blanc? Aurait-il l’impression que la feuille plane une fois mise en boule aurait quelques propriétés de plus que cette même feuille blanche et plane?

    On pourrait pourtant le croire à l’écoute de cette œuvre abyssale. Sur fond blanc est de ces grandes explorations où les pièces se succèdent avec cohérence et mystère. Découverte après découverte, l’auditeur sent ses pas frôler le sol dans des galeries impériales aux murs immaculés, aux sols semblables aux plafonds. On rencontre ici et là des incursions de field recording en forme de souvenirs passés, de conversations anxiogènes de par leur angoissant naturel (Olo); des monuments d’electronica qui s’envolent au simple bruit de votre respiration (l’énorme Emm, Mur) et des embarcadères ambient qui vous feraient presque oublier la promiscuité des lieux. Sur fond blanc est un espace pour les rêveurs aux consciences faussement cartésiennes, pour ceux qui ne pensaient jamais rêver sur toile couleur neige.

    Évocatrice jusqu’au bout des ongles, la musique de notre duo pose là les bases d’un essai sur la finitude humaine et musicale, les deux étant à ce point collés qu’il est difficile d’en détacher le romantique de l’intellectuel. Sur fond blanc ou l’histoire de deux synesthètes (personnes aux sens combinés, percevant la musique sous forme de couleurs par exemple) surdoués, racontant le purgatoire que sont nos vies sous des formes artistiquement décuplées, faisant mentir la neutralité sous un habit de contes pour mauvais enfants. D’ores et déjà un classique.

    D’ores et déjà un classique.

    Les arbres dans Goûte mes disques

    «Chronique», Simon, Goûte mes disques, 2 septembre 2009
    mercredi 2 septembre 2009 Presse

    Décrire un disque comme Les arbres a tout d’un exercice fastidieux. On commencera par dire qu’il s’agit là d’une collaboration entre le producteur originaire de Montréal Nicolas Bernier et son compère Urban9, ce dernier œuvrant comme artiste visuel. Mais au-delà des mots, Nicolas Bernier tend à créer une véritable machine de sentiments, rendant la tentative de justification de mon engouement vaine et presque inutile. Coincé entre une musique acousmatique abyssale et une dérive des matériaux électroniques les plus divers, Les arbres se dégage rapidement des schémas souvent froids et monochromes imposés par la musique concrète.

    C’est que l’ensemble est sûrement trop bien pensé et orchestré pour y avoir quoi que ce soit à redire. Basé sur de longues envolées solitaires d’un piano qui s’abandonne à des improvisations presque aléatoires, les titres composés par Nicolas Bernier dessinent avec lenteur des paysages désertés, rongés par la vermine. De plan séquence en plan séquence, on découvre un savoir-composer hors norme, bien souvent mis en pratique par des glissements abrupts, des ruptures qui nous ouvrent subitement les portes d’un autre théâtre, ou se joue une autre fin du monde. Ces pianos mélancoliques ne seraient bien évidemment rien sans l’orchestration minimaliste qui les entoure: grésillements électriques, vibraphones, guitares et cuivres en tous genres font dévier ces lignes mélancoliques de leur tentation sentimentaliste pour mieux orienter l’auditeur vers une introspection inévitable et douloureuse.

    À ce titre, la prose de Nicolas Bernier n’a rien de féérique, il travaille sur le plan de la finalité bien humaine qui le compose en s’assurant de vider sa musique des vieilles composantes ésotériques qui mineraient le sérieux du propos. Les six pistes de ce projet colossal abordent des ambiances violentes par leurs pouvoirs d’évocation, par l’interaction sensée de leurs composantes. Et dès que tout aura fondu à vos côtés, vous pourrez apprivoiser la bête et jouer avec elle à découvrir les plaines et montagnes d’un monde où se côtoient fourmis mécaniques, ombres fantomatiques, geysers émotionnels et autres escaliers de cordes déchirantes. Pas étonnant alors qu’on parle de photographie sonore, de captation, de fixation, de réformation sonore, de bricolage ou encore d’archivage au sein de cette superproduction.

    C’est que finalement Nicolas Bernier est un maître en la matière, un élève appliqué qui, plein de références dans les poches, retranscrit avec passion l’enseignement du savoir que renferme la musique électroacoustique qui lui a été inculqué à l’Université de Montréal. Mais au-delà des schémas carrés et coincés que peuvent renfermer un cursus universitaire, Nicolas Bernier explose littéralement en proposant une perle electronica/concrète/classique/ambient/noisy dont le retentissement a une portée universelle. Un disque qui laissera très certainement des traces à tout ceux qui auront le bonheur d’y laisser traîner une oreille. Passionné et passionnant.

    Un disque qui laissera très certainement des traces à tout ceux qui auront le bonheur d’y laisser traîner une oreille. Passionné et passionnant.
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