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  • 19 février 2004: Les amis de Musiques & Recherches

    mardi 10 février 2004 En concert

    Quatrième concert de son Cycle acousmatique, Les amis de Musiques & Recherches présente le 19 février 2004, au Petit Théâtre Mercelis de Bruxelles (Belgique), des œuvres dédiées à cette association pour la musique acousmatique. Au programme, des compositions de Dhomont, Chion, Ferreyra, Tutschku et Bayle. La mise en son sera assurée par la compositrice et directrice de Musiques & Recherches, Annette Vande Gorne.

    Sings the Blues dans Benzine

    «Critique», Benoît, Benzine, 10 février 2004
    mardi 10 février 2004 Presse

    Voici un artiste qui mériterait largement sa place sur le label de Coldcut (Ninja Tune) ou qui pourrait prétendre être le frère de son d’un Kid 606!

    Très proche de ces artistes magnant la paire de ciseaux et le tube de colle musical, Todd Drootin aka Books on Tape pratique l’art du recyclage et en fait presque un art de vivre (la musique) à part entière. Sur ce second album Sings the Blues (avec sa pochette très Blue note) le jeune homme convie toutes les sonorités bizarroïdes de la terre pour une orgie sonore avec pour maître de cérémonie l’homme et son sampler. Ecoutez voir…

    Récupérateur invétéré, passionné de sonorités électro incroyables, sans limites proprement dites, Books on Tape assemble des choses sans forme et leur donne une seconde vie en les associant à des breakbeats rêches et abrasifs qui font que sa musique ne ressemble à aucune autre. Usant de musiques de films de série Z, de bruits de cassette vierge, de samples de voix piquées à droite, à gauche, ou même de sons issus de tableaux de jeux vidéo, Books on Tape touche à tout sauf au blues, et encore on en est pas sûr.

    Melting-pot sonore, parfois proche de l’indigestion, cet album est à lui tout seul une véritable curiosité sonore. Et on imagine bien ce fou génial des machines s’éclater comme une bête sur scène, face à ses machines, et proposer des prestations audiovisuelles d’une certaine intensité.

    Artiste hors-norme, capable de vous surprendre à chaque seconde par des assemblages sonores invraisemblables, Books on Tape vaut vraiment le détour pour peu que vous soyez amateur de broken-beat et autres bizarreries hip-hop déjantées. Pour les autres, une fois la curiosité passée, il leur sera sans doute difficile d’aller jusqu’au bout de cet assemblage baroque, mais maîtrisé, signé par un musicien DJ affranchi. ★★ 1/2

    Books on Tape vaut vraiment le détour pour peu que vous soyez amateur de broken-beat et autres bizarreries hip-hop déjantées.
    ★★½

    Isostasie, Rhizomes, Évidence matérielle, Traces, Jeu d’ombres, Sources / scènes, Tao, La limite du bruit, Jonty Harrison, Åke Parmerud, Denis Smalley, Annette Vande Gorne, empreintes DIGITALes dans electrocd.com

    «Itinéraire en Europe du Nord», François Couture, electrocd.com, 9 février 2004
    lundi 9 février 2004 Presse

    Voici une piste d’écoute sans prétention, une invitation au voyage; pas un tour guidé, mais plutôt un itinéraire, un peu comme les récits de voyages de l’ère romantique. Ce sera donc un itinéraire d’écoute, une invitation à découvrir une sélection hautement subjective de compositeurs d’un coin du globe. Notre destination: l’Europe du Nord.

    La France règne en reine despotique sur la musique électroacoustique européenne. L’influence persistante de l’œuvre de Pierre Schaeffer, plus de cinquante ans après l’invention de ce qu’il a baptisé la musique concrète, et la force d’attraction qu’exerce l’Ina-GRM ont tendance à occulter aux yeux du monde le travail qui se fait ailleurs en Europe.

    Alors partons d’une voisine de la France, la Belgique. Celle-ci doit en grande partie sa vie électroacoustique à Annette Vande Gorne, animatrice infatigable du centre Musiques & Recherches. Sa musique fait preuve d’une rare sérénité dans le domaine des musiques pour bande. Tao, un cycle sur les cinq éléments primitifs (l’air, la terre, le métal, le feu et l’eau), demeure un classique du genre. La compositrice y épuise les transformations possibles des sons associés à ces éléments avec une maîtrise et une poésie peu communes. Élève de Vande Gorne, Stephan Dunkelman partage sa grâce, une grâce qu’il transmute en mouvement. Souvent issues de collaborations avec des chorégraphes, ses œuvres sont mues par une force intérieure qui oppose à la charge philosophique (quasi mystique, en fait) de Vande Gorne la sensualité du geste. Ses pièces Rituellipses et Thru, Above and Between, parues sur le disque Rhizomes, méritent une attention particulière.

    Une courte traversée de la Mer du Nord et nous voilà en Angleterre. Nous nous dirigeons sur Birmingham, un important pôle créatif en musique électroacoustique, grâce au travail du compositeur Jonty Harrsison et de son Birmingham ElectroAcoustic Sound Theatre (ou BEAST), un espace de diffusion et d’expérimentation qui nous a donné plusieurs compositeurs de talents. Harrison est un incontournable. Sa pièce Klang (parue sur Évidence matérielle) figure parmi les œuvres électroacoustiques les plus connues des 25 dernières années. La clarté architecturale de ses œuvres et sa façon distinctive de comprimer les sons en jets d’énergie le placent au même niveau que les Henry, Dhomont et Bernard Parmegiani de ce monde. On retrouve sa manière de faire chez l’un de ses élèves, Adrian Moore, en particulier dans son intérêt pour les sources sonores simples (un marqueur sur un tableau blanc, une feuille de papier aluminium) exploitées à travers des transformations complexes. Sieve, parue sur le disque Traces, utilise un ludisme accrocheur pour rendre ce processus transformatif transparent.

    Denis Smalley est d’origine néo-zélandaise, mais il réside au Royaume-Uni depuis le milieu des années 70. Sa contribution au corpus acousmatique et au concept de diffusion sonore en fait non seulement le contemporain mais en quelque sorte l’acolyte de Harrison. Les deux compositeurs partagent d’ailleurs un même souci de la forme, un même intérêt dans le déplacement dans l’espace-temps de corps sonores abstraits. Wind Chimes (sur Impacts intérieurs) et Base Metals (sur Sources/Scènes) illustrent bien cette beauté un peu froide mais fascinante. L’un de ses élèves, John Young (un autre Néo-zélandais qui a étudié et enseigne maintenant en Angleterre), utilise une approche similaire tout en remplaçant les sources sonores élémentaires (c’est-à-dire issues des éléments et donc en quelque sorte philosophiques) par des images aux évocations plus chargées. Les pièces de son premier album, La limite du bruit, présentent à l’auditeur plusieurs occasions de replonger dans ses souvenirs au son d’une balançoire qui grince ou d’une porte qui craque (comme autant de madeleines dans les tasses de thé de Proust). Time, Motion and Memory constitue un morceau de choix.

    L’électroacoustique scandinave demeure encore trop peu connue chez nous, mais le catalogue d’empreintes DIGITALes nous permet d’y faire un court arrêt pour compléter ce périple. Natasha Barrett a étudié avec Harrison et Smalley et a fait partie du BEAST, mais depuis 1998 elle habite la Norvège. Là, elle a su s’écarter du style de ses maîtres à penser et se laisser imprégner du climat nordique. Ses Three Fictions, parues sur Isostasie, méritent plusieurs écoutes. Enfin, terminons cette piste d’écoute avec l’un des phares de la musique électroacoustique d’aujourd’hui, le Suédois Åke Parmerud, dont la pièce Renaissance (parue sur Jeu d’ombres) redonne au synthétiseur analogique ses lettres de noblesse sans tomber dans la nostalgie.

    Sings the Blues dans Pop Matters

    «Review», Adrien Begrand, Pop Matters, 6 février 2004
    vendredi 6 février 2004 Presse

    The last album that I heard that worked the same way as Books on Tape’s new one, Sings the Blues, was King of Woolworth’s charmer, Ming Star. Not that they sound remotely like each other, mind you, but both of these electronic albums have the same appeal. Neither artist is trying to turn electronic music on its ear; instead of pushing the proverbial envelope, they’re just happy in their own little niche. Ideas may be recycled from other artists’ work, and this music isn’t anything that will make your jaw hit the floor the first time you hear it, but given time you feel yourself warming up to the music until you realize that, in its own innocuous way, the material is well-crafted, accessible, and quite enjoyable.

    Books on Tape, the moniker of Los Angeles artist Todd Drootin, keeps things amazingly simple, compared to many of his peers. Sings the Blues is yet another clever laptop collage of samples and beats, but compared to more ambitious fare like Four Tet and Manitoba, he works more like a jazz artist, establishing a very simple primary melody in a song and just letting loose for the duration of the piece, acting as a cut-and-paste soloist. It’s a 65-minute mishmash of myriad musical styles that is sometimes dark, sometimes warm, the overall tone of the record changing with almost every track, but in the end that’s half the fun.

    Credit Drootin’s girlfriend Kerri for inspiring him to create this album. Drootin plundered her personal record collection, covering a wide variety of genres, for sampling ideas, and as it turns out, the idea worked out quite well, sometimes magnificently. Sings the Blues is a bit of a tongue-in-cheek title, which Drootin alludes to in the brief intro Laptop Blues, a track that basically consists of a lazy, amateurish acoustic guitar progression that’s given a silly, slightly warped effect by Drootin. Republic Of gets down to more serious business, however, as it mines the languid, funky trip hop sounds of early Massive Attack, minimal samples of guitar, fretless bass, and strings providing a murky, noir-like tone. See You In Tokyo sounds just as sinister, but this time the song is propelled by an acoustic drum sample (note the outstanding use of the ride cymbal sample), and has more of an early ’80s electro touch. The terrific She’s Dead To Me cranks up the intensity, a frenzied blend of synth bleeps, screeches, and frenetic beats, while the more dance-oriented Pointe du pied and Girls Up Front are more playful, each possessing whimsical melodies.

    The latter half of the album returns to the darker side of Books on Tape’s sound. The careening Death In the Sex Shop sounds like a video game soundtrack, with its frantic jungle beats and siren-like synths adding to the song’s menacing, nocturnal feel. The song immediately segues into Siberian Soundsystem, one of the album’s most inspired moments, as Drootin adds swirling noise that weaves in and out of the stark breakbeats, making for a harrowing, enthralling listening experience. But the true highlight of Sings the Blues is the seven-and-a-half-minute The Crucial, an entrancing, intoxicating blend of a slow, insistent drum sample, a looped acoustic guitar riff, and a brief saxophone sample that repeats throughout the track. Over the course of the song, Drootin throws in various samples, like electric piano, flute, synth, jungle-like snare drum samples, and electric guitar, making the song an extended, free-form solo. The sax may add an instantly recognizable sound that would strike the listener as being “jazzy”, but it’s what Drootin does with the other elements of the track, his spontaneity and inventiveness, that makes this song more jazz-influenced than the usual electronic piece.

    Sings the Blues does run a little long (65 minutes), and it would have been nice to hear Drootin continue in the direction of The Crucial, but for the most part he manages to keep things fresh. The album might hit a speed bump here and there, but the ride is mostly fun, and never dull.

    … a 65-minute mishmash of myriad musical styles that is sometimes dark, sometimes warm, the overall tone of the record changing with almost every track…
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